Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mercredi, 20 septembre 2017 -
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La pression démographique représente un énorme défi pour la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, les infrastructures et la préservation de l’environnement. Que faire en RDC ? Améliorer la connaissance de la dynamique familiale et repositionner la planification familiale.

La pression démographique en RDC

Maitriser la démographie en République Démocratique du CongoLa population mondiale a atteint 7 milliards d’habitants en 2011. L’Asie est la région la plus peuplée au monde, mais la population africaine augmente plus vite. L’Afrique a la plus forte croissance démographique (2,3 %) au monde(1). D’ici 2100, l’Afrique aurait une population de 3,5 milliard en 2100, contre un milliard aujourd’hui.

La RDC figure parmi les pays africains ayant une plus forte croissance démographique. Un homme sur cent habitants de la planète vit en RD Congo. La RDC verrait sa population actuelle de 70 millions doubler dans 23 ans, tripler voire quadrupler d’ici 2100 si les projections se matérialisent.

La population congolaise est jeune et se rajeunit davantage avec près de 68 % des personnes âgées de moins de 25 ans. L’âge médian estimé à 21 ans en 1984, est passé à 15,5 ans en 2009. La jeunesse de la population congolaise génère de nombreux besoins en matière de formation et de création d’emplois qui sont loin de rencontrer la capacité nécessaire d’accueil tant dans les écoles que sur le marché du travail.

La pression démographique en RDC représente un défi énorme pour la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, les infrastructures et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

C’est ainsi que « maîtriser la démographie » est retenu parmi les « 10 défis » du Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la pauvreté de deuxième génération en RDC.

La relation entre la pression démographique et le développement

L’expérience, surtout en Afrique du Nord, au Moyen Orient et en Asie, montre qu’il y a de très bons résultats associés à la maîtrise active de la fécondité. La transition d’une fécondité de 6-7 enfants par femme vers le taux de renouvellement de 2,1 enfants prend généralement plusieurs décennies, mais peut parfois être plus rapide. Dans le cas de la transition démographique en Thaïlande, la fécondité a baissé d’un enfant tous les cinq ans.

Ainsi, selon l’UNFPA, 20 % de la croissance économique entre 1960 et 1995 en Asie de l’Est était due à la réduction de la fécondité. En Honduras et en Colombie il est estimé qu’éviter les grossesses non-voulues augmenterait les revenus des ménages de 10 % à 20 %. Pour chaque dollar investi dans la planification familiale, les coûts publics liés aux naissances seront réduits par 1,3 dollar.

Que faire en République Démocratique du Congo?

  • Améliorer la connaissance de la dynamique démographique

On ne dispose pas des données à jour et fiables à des échelles géographiques réduites. Le deuxième recensement général de la population et de l’habitat est une opération capitale qui permettra d’approfondir la connaissance des liens entre la population et la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, les infrastructures et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

L’amélioration de l’utilisation des données de population dans les programmes de développement. Ceci passe par la réalisation des études permettant de mieux :

  • cibler les zones de pauvreté aigue et de développer des projets spécifiques de construction d’écoles ou d’hôpitaux ;
  • approfondir l’analyse de la répartition spatiale et des interrelations avec l’environnement.
  • Repositionner la planification familiale

En Afrique subsaharienne, 39 % des grossesses sont non-désirées. Il faut pour cela augmenter l’accès aux services de planification familiale à moindre coût par l’accroissement de l’offre et la création de la demande de planification familiale. En RDC, le taux de prévalence de contraceptifs est de 5,4 % en 2010 alors que la moyenne en Afrique subsaharienne, bien que faible, s’élève à 17 %. Dans les pays africains les plus avancés, ce taux varie entre 30 et 50 %. Selon l’UNFPA, environ 38 % des zones de santé en RDC offrent les services de planification familiale.

Le gouvernement, les acteurs politiques et les leaders communautaires avec l’appui des partenaires au développement dont l’UNFPA, peuvent conjointement avec la société civile et les églises lancer une campagne publique sur les avantages pour la qualité de vie d’avoir moins d’enfant. On sera plus sûr d’avoir des enfants bien formés, bien nourris, en bonne santé, si la famille est moins nombreuse. Il faut aussi introduire des nouveaux modèles d’émancipation et d’autonomie auprès des femmes.

Ainsi, différents chantiers pourraient être engagés pour accompagner l’accès et l’utilisation des contraceptifs et la transition démographique, notamment :

  • la sensibilisation des jeunes scolarisés et non scolarisés, et surtout les filles, sur leurs droits sexuels et reproductifs;
  • assurer l’accès prolongé des filles aux études et qu’elles aient des opportunités de travail pour retarder l’âge de mariage;
  • améliorer l’accès aux soins en milieu rural : la réduction de la mortalité infantile est corrélée avec la baisse de la fécondité (effets biologiques et comportementaux);
  • assurer l’électrification rurale (au moins des lampes solaires) qui permet d’améliorer la qualité de la vie : faciliter les études, accéder à la télévision et à la diffusion de modèles d’émancipation et d’autonomie auprès des femmes;
  • envisager certaines incitations économiques, comme par exemple enseignement et santé publique gratuits pour les deux premiers enfants pour les familles qui acceptent la planification familiale.

PNUD, ONU-REDD, FNUAP
Ecocongo.cd

Le MECNT réagit au rapport de l'ONG Global Witness sur la fiscalité forestière en RDCSuite au récent rapport publié par l’organisation non gouvernementale Global Witness concernant la fiscalité forestière en RDC des exercices fiscaux 2011 et 2012, le Ministre de l’environnement, conservation de la Nature et tourisme, Bavon N’SA MPUTU ELIMA, a tenu une réunion d’échange avec monsieur Reiner Tegmeyer, représentant de cette ONG dans notre pays.

Tout en soulignant la nécessité de la collaboration entre son ministère et la société civile évoluant dans le secteur environnemental, Bavon N’SA MPUTU ELIMA a démontré à son interlocuteur par des preuves palpables, les efforts qu’entreprend le Gouvernement en vue d’assainir le secteur forestier congolais. Cela est visible aujourd’hui avec le démantèlement effectif des exploitants opérant jadis industriellement avec des permis artisanaux ainsi que la mise en place des dispositifs de contrôle et de traçabilité des bois, à travers le programme de contrôle de la production et de la commercialisation des bois soutenu par la Banque Mondiale en collaboration avec la direction de contrôle et de vérification interne du ministère de l’environnement, conservation de la nature et tourisme.

Concernant le rapport de Global Witness intitulé « les forets de la RDC victimes d’une grande braderie », le Ministre congolais de l’Environnement a déploré le manque d’approche participative de la part de cette ONG, qui aurait dû préalablement, comme l’exigent les normes, recueillir les avis et observations du  Ministère avant de le rendre public. Ce qui lui aurait évité certaines inexactitudes. Des inexactitudes, ce rapport de Global Witness  en contient un grand nombre:

  • Le rapport fait état de 90% des taxes forestières qui seraient absentes des caisses publiques. Et pour asseoir cette affirmation, l’ONG se fonde uniquement sur la taxe de superficie, oubliant que dans le secteur, il existe d’autres taxes notamment, d’abattage, de reboisement, ainsi des impôts directs et indirects. Il est de ce fait préjudiciable de focaliser des recherches sur une taxe exclusivement et d’affirmer que 90% de toutes les taxes sont absentes des caisses publiques. A considérer que l’affirmation de Global Witness sur la taxe d’abattage soit vraie, comment 10% d’une seule taxe puissent équivaloir à 10% de toutes les taxes dues au secteur forestier ?
  • Ce rapport se fonde sur des données erronées des superficies concédées. Renseignements pris et comparés à ce qu’a publié Global Witness, au lieu d’à peu près 15 millions d’hectares pour toutes les concessions forestières en RDC, ce chiffre est en réalité de 12,5 millions. En enlevant les 3 millions d’hectares rétrocédés dans le domaine public, les superficies concédées sont d’à peu près 8,5 millions d’hectares et largement en deçà de ce que publie cette ONG.
  • Ce rapport n’a pas pris en compte la contribution obligatoire dans le cadre de la réalisation des clauses sociales
  • Le rapport n’a nullement tenu compte des sommes versées au Trésor public dans le cadre du Programme de Contrôle de la Production et de la Commercialisation des Bois (PCPCB) appuyé par la Banque Mondiale. A titre illustratif, de janvier 2013 à ce jour, plus de 85.000 m3 des bois ont été saisis dans le cadre de ce programme et des amendes conséquentes ont été versées au trésor.
  • Le rapport se base exclusivement sur les données du Ministère des finances arrêtées à la fin de chaque année, sans vérifier les données des recouvrements forcés opérés par la DGRAD au-delà de l’exercice annuel et également de la loi portant reddition des comptes du Budget de l’Etat pour l’exercice 2011, déjà publiée, et pour l’exercice 2012, non encore publiée
  • Le rapport évoque des généralités quant au nombre des exploitants en défaut de s’acquitter des droits dus au Trésor, alors qu’en ce cas, des précisions s’imposent et leur liste doit être rendue publique.

Comme on peut le constater en lisant minutieusement ce rapport de Global Witness, il y a manifestement la volonté de nuire à l’image de la RDC de la part de cette ONG. De ce rapport truffé d’erreurs peut-être voulues, quelle leçon tirer? Il faudrait désormais lire par deux fois tout rapport d’organisations internationales censées accompagner notre pays en vue d’asseoir une bonne gouvernance dans le secteur environnemental. Car, Global Witness a réussi à semer le doute dans la tête des observateurs avertis sur la crédibilité qu’on doit accorder à tous ces rapports qui versent dans le sensationnel et que la plupart des congolais   considèrent comme une parole d’évangile.

Une chose est vraie aujourd’hui : les choses changent dans le bon sens en RDC dans le secteur de l’environnement avec le leadership de Bavon N’SA MPUTU ELIMA qui l’assainit  peu à peu. Et ces ONG qui s’évertuent à jeter le discrédit sur l’effort qui est fait actuellement, n’auront bientôt plus de l’eau à mettre dans leur moulin. Au risque de se discréditer elles-mêmes, comme c’est le cas avec Global Witness dans son dernier rapport bidon. L’heure est donc venue pour un partenariat basé sur le respect et la vérité entre le gouvernement congolais et les ONG internationales qui voudraient l’accompagner dans son effort de faire de la RDC un pays respectable.

Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (MECNT)

En cette journée mondiale de la gentillesse, n’oublions pas que les deux choses les plus précieuses au monde sont l’amour et l’imagination. Et ce sont deux ressources renouvelables. Un texte de Yann Arthus-Bertrand.

La surface de la Terre reçoit en l’espace d’une heure plus d’énergie du soleil que l’humanité n’en consomme sur une année entière. Si nous trouvions le moyen d’exploiter cette ressource, alors les problèmes énergétiques auxquels nous sommes confrontés seraient réglés. Bien entendu, c’est loin d’être le cas. Mais, l’irruption du solaire et de l’éolien dans l’équation énergétique mondiale constitue une transformation essentielle.

Yann Arthus-BertrandC’est encore trop peu de choses, et en ces temps de débat sur la transition énergétique, il est légitime de s’interroger sur l’importance que pourront prendre ces énergies dans les décennies à venir. Mais une chose est sûre, une révolution prend place sous nos yeux. En 20 ans, entre 1992 et 2012, l’électricité produite à partir d’énergie solaire a été multipliée par 300, celle à partir d’énergie éolienne par 30. Quant aux agrocarburants, qui sont également une forme d’énergie renouvelable dépendante du soleil, ils ont été multipliés par 3000. (Je ne discuterai pas ici des problèmes qui leur sont associés).

Les raisons d’une telle croissance sont multiples, mais tiennent en partie à une baisse considérable des coûts, liée à de très nombreux progrès technologiques. En d’autres termes, c’est grâce à la créativité humaine. Je suis loin d’être un technophile béat ou un avocat inconditionnel de la science. Mais force est de constater que ces progrès sont considérables. Et cela me permet d’en venir à mon point : il est une ressource dont nous disposons en abondance sur Terre mais qui est souvent mésestimée : la créativité.

C’est une idée que défend remarquablement bien un chercheur américain, Ramez Naam, dans un livre que je viens de lire : “The infinite resource”. Naam rappelle également une chose très juste à propos de la puissance des idées. C’est qu’elle ne diminue pas quand on les utilise. A l’inverse du pétrole, par exemple, qui part en fumée lorsqu’il est consommé par le moteur de votre voiture (du CO2 responsable de l’effet de serre, en fait). A l’inverse, les œuvres de Bach ne valent pas moins parce qu’elles ont été écoutées et jouées des milliers et des milliers de fois… Et vous pouvez partager une bonne idée avec vos proches et cela les enrichira sans pour autant vous appauvrir, ce qui n’est pas possible avec la plupart des biens matériels.

La créativité n’est pas seulement technologique, elle est aussi sociale, politique, culturelle, artistique, etc. Elle constitue aussi l’une des caractéristiques fondamentales de notre société ouverte et démocratique. Nous avons besoin d’elle pour inventer un nouveau modèle de société et le faire advenir. Elle est  la clé de notre temps, celle qui permettra l’émergence des nouvelles formes politiques et sociales que nous attendons.

La créativité n’est pas la seule ressource renouvelable dont nous disposons en abondance. Il en est une autre, non moins importante : l’amour. Comme la créativité, l’amour est inépuisable : Plus on en donne, plus on est capable d’en donner et plus on est capable d’en recevoir. Ce n’est pas parce que vous aimez votre femme ou votre mari que vous aimez moins vos enfants. En fait c’est souvent le contraire, chaque amour s’enrichit des autres amours.

C’est vrai au niveau personnel, mais c’est également vrai au niveau social. Ce n’est pas parce que vous vous sentez concerné par la protection de la biodiversité que vous ne vous intéressez pas à la famine en Afrique, par exemple, ou inversement.

L’amour, entendu au sens large, c’est-à-dire comme une forme d’empathie et de bienveillance, est le ciment de toute vie sociale, la pierre de voûte d’un « vivre ensemble ». C’est aussi une force de transformation immense. Allié à la créativité, l’amour est révolutionnaire. Ensemble, ce sont les ressources renouvelables les plus importantes de notre société. Il faut apprendre à les recueillir et à les utiliser comme on le fait pour l’énergie solaire. C’est – aussi – l’enjeu de la transition écologique à venir.
Yann Arthus-Bertrand

Voici 3 étapes pour rendre ton téléphone moins nocif pour l'environnement

Comment rendre son téléphone portable moins nocif pour l'environnement?Quand tu le choisis

  • Évites ceux avec un grand écran LCD, des fonctions GPS, FM et vidéos car ils consomment plus d’énergie.
  • Renseigne-toi sur les modèles « écolos ». Certains ne contiennent pas de PVC, dont l’incinération dégage des éléments cancérigènes. D’autres sont en plastique issu du bambou ou du maïs.
  • Equipe-toi d’un chargeur qui alerte quand la batterie est pleine, ou mieux d’un chargeur solaire ou à dynamo qui te permet de produire toi-même l’électricité, sans polluer.       

Quand tu t'en sers

  • Si tu recharges la batterie avec un chargeur standard, ne le laisse pas branché quand la charge est terminée.        

Quand tu en changes

  • Évites d’en changer trop souvent. C’est le plus sûr moyen de diminuer ton impact. Méfie-toi des arguments des opérateurs : points de fidélité, offres promotionnelles, nouveaux modèles. Si tu achètes un téléphone neuf, laisse ton ancien portable au distributeur. S’il peut être réparé, il servira à une personne qui n’a pas les moyens d’en acheter un neuf. Sinon, il sera démantelé et les éléments précieux ou toxiques seront recyclés.
  • Si tu as un vieux portable au fond d’un tiroir, ne le mets surtout pas à la poubelle. Porte-le dans une déchèterie.

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une seconde vie pour les matières plastiquesLes plastiques sont omniprésents dans notre vie. Au-delà de leurs atouts, une fois utilisés, ils génèrent des déchets volumineux. Ces déchets occupent un volume important dans les points de collecte et autres installations de gestion de déchets tels que les sites de décharges. Leur dissémination dans la nature est inesthétique et leur biodégradabilité est, dans la plupart des cas, faible.
Ce qui a comme conséquences: le bouchage de caniveaux, la stagnation des eaux favorisation la propagation des maladies hydriques et provoquant des inondations; enfouis dans le sol, ils le rendent imperméable entrainant ainsi l'appauvrissement et l'infertilité des sols avec des répercussions néfastes dans la production agricole.

Pourtant, le ramassage des déchets plastiques peut se présenter comme une source de revenus durables car les déchets plastiques ont une valeur économique avérée malgré le faible cout des produits pétroliers de base qui ne favorise pas l'émergence d'un marché important des produits plastiques recyclés à Kinshasa.
Néanmoins, ces déchets plastiques ont également des débouchés au niveau local.

Les plastiques peuvent donc être ramassés et préparés pour être vendus. Cela permettrait à ceux qui les récoltent de gagner de l'argent et en même temps de jouer un rôle important dans l'assainissement de la ville de Kinshasa. Il y a donc lieu d'encourager leur recyclage.
Une seconde vie peut être donnée aux déchets plastiques par le recyclage mécanique, qui consiste à mise en fusion et à la transformation de déchets plastiques en nouveaux produits. De ce fait, le plastique devient une matière première.

Les matières plastiques sont d'abord triées, nettoyées, lavée puis extrudé pour donner des granulés. Parfois, il ne faut pas extruder la matière, mais uniquement la lacérer ou la broyer. Les granulés servent de matière secondaire pour la production de nouveaux produits plastiques tels que: tuyau en pvc utilisé pour l'électrification de bâtiment, arrosoirs, bassine, boite en castration, etc.

Notons que, l'obtention d'une bonne qualité de granulé dépend premièrement d'un bon tri sélectif de déchets plastiques. L'incompatibilité de certains polymères entre eux, la difficulté de reconnaitre et de séparer les différents polymères induisent de nombreux problèmes au niveau du tri sélectif.
Pour permettre un bon tri sélectif des différentes catégories de déchets plastiques, un module de formation sur la gestion des déchets a été mis en place par UMOJA DEVELOPPEMENT DURABLE, afin de présenter différentes étapes du tri sélectif et d'expliquer comment est organisée une filière de recyclage des matières plastiques.
Ce module permet d'avoir suffisamment de connaissances sur le processus du recyclage des déchets plastiques dès l'amont jusqu' en aval, c'est-à-dire, du ramassage de déchets plastiques ménagers à la production des granulés.

Cette formation est appuyée par une visite sur le terrain à l'atelier de recyclage de déchets plastiques d'UDD afin de lier la théorie à la pratique. Un atelier adapté au contexte kinois, utilisant une technologie simple et appropriée à un environnement ou l'on rencontre les défaillances techniques liées aux manques de pièces de rechange.

Kivivi KIKADI
UMOJA DEVELOPPEMENT DURABLE (UDD)

La République démocratique du Congo regorge en son territoire, la première forêt tropicale en Afrique et reste la deuxième au monde après la forêt d'Amazonie en Amérique latine spécialement au Brésil. Ces deux forêts, selon des études, constituent le poumon du globe grâce aux quantités importantes de carbone qu'elles absorbent et permet de combattre la pollution que produise les grandes nations industrielles du monde.

Vue de la foret d MAYOMBE,réserve de biosphère de LukiDes statistiques démontrent que la RDC, à elle seule, dispose de 155 millions d'hectares d'espace forestier. Un patrimoine très précieux pour l'humanité qu'il faille préserver jalousement pour l'équilibre écologique du monde. Mais la question que les observateurs se posent, est de savoir si le pays a des moyens pour assurer la protection de ses forêts qui sont constamment sollicitées par les populations locales pour leur survie et par les exploitants forestiers à la recherche permanente des grumes pour la fabrication de bois etc. ?
Le Gouvernement de la République ne saurait avec des moyes forts limités, faire face seul à cette problématique qui exige à la fois des moyens colossaux et des stratégies à même de répondre à cette préoccupation. C'est cette optique que l'exécutif congolais ne s'empêche pas de recourir aux bailleurs de fonds et autres partenaires internationaux pour gérer à bon escient ses espaces forestiers. Et parmi ces partenaires figurent en bonne place, la Banque mondiale qui, depuis des longues années, met à la disposition du gouvernement, des moyens aussi bien financiers et techniques pour l'aider à résoudre tant soit peu, ce problème.

Pourquoi la B.M s'intéresse-t-elle tant au secteur forestier ?

La Banque mondiale se préoccupe de la gestion durable des forêts à travers le monde parce que les ressources forestières constituent une source de subsistance pour les pauvres et offre des opportunités de développement et d'autres services importants à l'échelle mondiale.

Cette institution de Bretton Wood s'est engagée à accompagner le gouvernement congolais dans ses efforts de réforme du secteur forestier à cause de l'importance sociale, économique et écologique des forêts de la RDC. En effet, près de 40 millions de Congolais dépendent de la forêt pour l'énergie, l'alimentation, la pharmacopée, la construction, les terres agricoles et les revenus monétaires. Le programme que la Banque mondiale et les autres bailleurs de fonds appuient, comporte trois objectifs stratégiques.

  • Promouvoir le développement économique du secteur forestier, non seulement à travers la production du bois et des produits forestiers non-ligneux mais aussi par le biais de programmes des services environnementaux. - S'assurer que ce développement économique va de pair avec le développement social, c'est-à-dire la création d'emploi, l'établissement d'infrastructures sociales dans les zones rurales, la protection des modes de vie des peuples autochtones - Etre sûr enfin que ce développement économique et social est durable d'un point de vue environnemental, c'est-à-dire que le potentiel productif de la ressource forestière est maintenu et que la biodiversité forestière est sauvegardée.
  • L'engagement actuel de la Banque mondiale dans le secteur de l'environnement et forêt est de 115 millions de dollars US et représente 8 % du montant global du Portefeuille de la Banque mondiale en RDC. Le Portefeuille comprend cinq projets majeurs :
  • Le Projet forêt et conservation de la nature (PFCN) : la mise en retraite des fonctionnaires ayant atteint l'âge (en cours) donnera l'opportunité au ministère de l'Environnement de se rajeunir et de lancer un vaste programme de formation pour permettre au gouvernement de mieux gérer les forêts, tout en créant des centaines d'emplois pour les jeunes universitaires et professionnel. - Le Forêt Carbon Partnership (FCPF) : ce projet va aider le pays à élaborer une stratégie de développement alternative qui va réduire la déforestation en échange d'une compensation financière.

A ce sujet d'ailleurs, il faut reconnaître que la RDC accuse un grand retard. Certains pays au monde notamment le Brésil bénéficie du crédit carbone depuis des années déjà. Et permet à son gouvernement d'assurer une protection responsable et bien planifié de ses réserves forestières. Selon certaines sources ce pays reçoit une dotation de plus de 10 milliards de dollars US annuellement.

Journal L'Observateur

mercredi, 30 octobre 2013 17:37

Lola ya Bonobo, havre de paix des bonobos

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Dans la zone périphérique ouest de la ville de Kinshasa, près des chutes de la Lukaya vit un écosystème spécifique qui accueille depuis 1994 une espèce de grand singe endémique de la République Démocratique du Congo. Vous l'avez deviné, il s'agit du bonobo (Pan paniscus).

En 1994, Claudine ANDRE fonde le sanctuaire des bonobos, appelé affectueuse Lola ya bonobo, en français "Paradis des Bonobos".
En effet ce havre de paix pour cette espèce proche de l'homme à plus 98%, accueille une soixantaine de bonobos répartis dans 3 enclos boisés simulant leur milieu naturel.
Au sanctuaire des bonobos sont accueillis les bonobos orphelins, victimes de la déforestation, de la dégradation des forets, de trafics illégaux de viande de brousse dans les profondeurs des forets primaires et marécageuses de la RDC. Cette espèce menacée est victime des activités de son cousin l'Homo sapiens.

Parlons bonobo

Les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés, les bonobos et les humains descendent d'un ancêtre commun. La séparation d'avec les orangs-outans date de 16 millions d'années et celle d'avec les gorilles de 10 millions d'années mais il n'y a que 6 millions d 'années que les chimpanzés, les bonobos et les humains se sont séparés. L'homme partage plus de 98.2% de ses gènes et a en commun: un cerveau assez développé, une grande taille, des bras longs et pas de queue.

Le bonobo est une espèce endémique de la République Démocratique du Congo et nulle part ailleurs. Son habitat se situe dans la foret primaire et marécageuse de la RDC, sur la rive gauche du fleuve Congo et la rive droite de la rivière Kasai.

Découvert en 1929 par l'anatomiste Ernest SCHWARTZ, le bonobo a une espérance de vie de 50 à 60 ans, mesure entre 90cm à 1m pour les femelles et 1m à 1m20 pour les mâles. Il pèse entre 25 à 35kg pour les femelles et 35 à 50kg pour les mâles.
Contrairement aux hommes, l'organisation sociale des bonobos est matriarcale. Ce sont les femelles qui décident de la destinée de l'espèce. Le chef ou la cheffe n'existant pas, c'est l'alliance des femelles adultes qui prend la plupart des décisions, gère le partage de la nourriture et désamorce l'agressivité des mâles. Chez les bonobos, les contacts sexuels permettent de réduire le stress en cas de conflit ou tension, mais aussi lors de grandes excitations comme le partage des aliments favoris ou l'accueil de nouveaux bonobos dans le groupe

La vie à Lola ya bonobo

Dès qu'un bonobo orphelin issu du trafic de viande de brousse est repéré à la vente ou chez un particulier, Claudine ANDRE avertit les OPJ(Officiers Police Judiciaire) du Ministère de l'Environnement. Ils le récupèrent au nom de la loi en vigueur en RDC et le confient à Lola ya Bonobo.

Dès son arrivée au sanctuaire, l'équipe de Lola ya bonobo se mobilise pour le sauver car les bonobos sont extrêmement fragiles.
Il est d'abord soigné et lavé: une équipe de soigneurs lui donne les premiers soins et le bébé est mis en quarantaine dans les bras de personnes qui en prennent soin durant le temps de la quarantaine.

Ensuite, il entre dans la Nursery où auprès des mamans de substitution, il retrouve sa confiance et sa joie de vivre.

Vers 4 à 5 ans, les petits sont mis en contact avec les bonobos juvéniles et adultes du sanctuaire. Et dès qu'il sont prêts, ils rejoignent l'enclos "des grands". Une équipe de soigneurs prennent alors soin d'eux.



En juin 2009, un premier groupe de bonobos venant du sanctuaire a été réintroduit dans leur milieu naturel près de Basankusu (Equateur) sur le site "Ekolo ya Bonobo, le pays des bonobos en lingala.

Congo Green Citizen
Les amis de Bonobos du Congo (ABC)

mardi, 01 octobre 2013 23:12

Au fil du Fleuve Congo

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C'est au Katanga près du village de Mufos, à 1740 mètres d’altitude, sur un plateau marécageux, que le fleuve Congo prend sa source non loin de la frontière zambienne. On y accède par la piste de Kilela Balanda. L'origine du fleuve est constituée de plusieurs petites rivières. L’une d’elles, la Lualaba, est considérée comme la vraie source. Les européens prétendent qu'elle a été découverte le 14 septembre 1892 par l’expédition Bia, Francqui et Cornet. Si ça les agace, ça fait quand même bien rigoler les katangais.

Fleuve CongoAu delà de l’émotion que procure le fait d’être à la source d’un fleuve aussi extraordinaire, la réalité des lieux est une simple nappe d’eau claire dans un endroit calme et ombragé. L’intérêt de ce lieu est surtout symbolique. Un cérémonial est instauré au nom des ancêtres par le chef du village avant la visite de la source.

Il faut d’abord implorer leur clémence avant d’autoriser le visiteur à l’approcher. Une fois cette étape franchie, celui-ci est invité à jeter un peu d’argent dans l’eau en faisant un vœu. Chaque visite se fait avec une joyeuse escorte villageoise qui accompagne le visiteur sur le chemin qui mène à la source.  En ces lieux on a bien du mal à s'imaginer que ce mince filet d'eau va progressivement grossir jusqu'à accumuler le deuxième débit fluvial de la planète et drainer les eaux d'un territoire de 3 691 167 kilomètres carrés. Ce monstrueux bassin versant s'étale sur 9 Etats et comprend la quasi totalité de la République Démocratique du Congo. S'y ajoutent des eaux zambiennes, tanzaniennes, burundaises, rwandaises, centrafricaines, camerounaises, congolaises et angolaises. A son embouchure ce sont plus de 80 000m³ d'eau douce qui chaque seconde se précipitent dans l'océan Atlantique. 

Nous soutiendrons cette thèse officielle pourtant battue en brèche par les géographes qui considèrent, conformément à la pratique qui veut qu'on prenne pour source l'affluent le plus long, comme c'est le cas pour le Nil, la rivière Tshambezi, en Zambie, comme la source du Congo. La Tshambezi change un peu en aval, son nom en Luapula, traverse le lac Moero où elle rentre en RDC rebaptisée Luvua avant de rejoindre la Lualaba à mi-chemin entre Bukama et Kongolo. 

Nous allons tenter de vous faire parcourir les plus de 4700 kilomètres du périple de cet énorme collecteur qui atteint par endroits 230m de profondeur.

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Lionel SANZ

L’Afrique Centrale possède aujourd’hui l’une des rares forêts tropicales du monde encore quasiment inexplorée. La forêt du Bassin du Congo ainsi que d’autres écosystèmes soudano- sahéliens situés au nord de l’Afrique Centrale font de cette partie du continent africain une région unique dont la biodiversité est riche et variée.

En effet, l’Afrique Centrale abrite de nombreuses espèces d’animaux, d’oiseaux et d’insectes qui, pour beaucoup, ne sont présentes que dans cette région ou qui deviennent rares ailleurs ; c’est le cas de l’éléphant de forêt, du gorille de plaine, du bongo, sans oublier des espèces marines telles que la baleine, la tortue luth ou le lamantin.

De plus, l’Afrique Centrale dénombre une quantité très large d’ethnies dont le peuple premier que constituent les Pygmées – le peuple de la forêt. Toutes recèlent une richesse culturelle incroyable bien que peu visible et/ou accessible pour les étrangers.
Toutefois, malgré ces potentialités, l’activité touristique dans la sous-région ne constitue pas, pour le moment, une part importante de l’activité à l’échelle du continent africain : seulement 3% du nombre total des arrivées sur le continent et tout juste 1% des recettes touristiques pour l’ensemble du continent.

De ce fait, il est vital pour l’Afrique Centrale d’affirmer sa différence – une terre d’expédition où la découverte de la nature et l’échange humain se paient au prix de l’effort (physique). Il convient donc de valoriser cette originalité en développant des produits spécialisés et innovants. Il ne s’agit pas d’imiter ce qui se fait « ailleurs et partout » avec des conditions souvent plus faciles et moins onéreuses. L’Afrique Centrale est singulière en ce sens où  le niveau de développement touristique est encore embryonnaire et que les conditions (politiques, juridiques, infrastructurelles, etc.) ne sont pas encore toutes réunies pour faciliter son essor. Il faut donc faire de ces handicaps des atouts qui attireront les voyageurs et s’engager dès maintenant dans le tourisme responsable pour se positionner sur le marché.

Les aires protégées d’Afrique Centrale ont une valeur inestimable et constituent des réservoirs de la biodiversité à l’échelle mondiale. En ce sens, on attribue souvent aux aires protégées :

  • une valeur écologique et patrimoniale : la biodiversité est un héritage qui résulte de l’Histoire de notre planète, de l’évolution du monde vivant et souvent de l’intervention de l’Homme. En Afrique Centrale, huit aires protégées sont classées Patrimoine Mondial de l’Humanité;
  • une valeur culturelle : la biodiversité est souvent une composante identitaire, symbolique, voire religieuse de groupes humains et de sociétés;
  • une valeur économique : la biodiversité est une source de richesse. Elle est source de biens qui ont une valeur d’usage direct. Elle fournit à l’Homme son alimentation, une grande partie de ses vêtements et de ses habitations, de nombreuses substances pharmaceutiques, etc. Elle soutient de nombreux services écologiques et présente une multitude de potentialités non exploitées car non connues ou ne présentant pas un besoin actuel.


Les aires protégées sont considérées comme des lieux privilégiés pour le développement de l’écotourisme et du tourisme communautaire.

En globant les principes du développement durable, l’écotourisme peut faire prospérer les aires protégées de trois façons : en générant de l’argent pour gérer et protéger les habitats naturels et les espèces, en donnant la chance aux communautés locales de faire des gains économiques et en sensibilisant le grand public sur les problèmes de conservation et de valorisation du patrimoine naturel et culturel.

Quant au tourisme communautaire (incluant diverses catégories de tourisme – écotourisme, tourisme culturel, agritourisme, etc.), il est basé sur le sens de la propriété et de la responsabilité communautaire. En ce sens, ce sont les communautés qui sont à l’origine du développement de l’activité touristique. Le tourisme communautaire se positionne ainsi comme un outil privilégié de développement local pour les populations vivant en périphérie des aires protégées.

L’activité touristique en Afrique Centrale est au stade embryonnaire dans bon nombre de pays : São Tomé et Principe, Cameroun, Congo, Gabon, etc.

Le potentiel touristique de l’Afrique Centrale est réel et n’est plus à démontrer. Tout le monde s’entend pour dire que les formes de tourisme les plus appropriées au contexte sous-régional sont celles en lien avec la découverte du patrimoine naturel et culturel, incorporant la dimension « aventure » et couvrant une gamme très large en matière de qualité de l’offre allant du simple au luxe. Ces types de produits correspondent parfaitement aux attentes actuelles des marchés.

Il est essentiel de garder à l’esprit que le développement du tourisme apporte à la fois des retombées positives comme négatives. Il peut être aussi préjudiciable que profitable. Il convient donc de prendre, dès le début, des mesures appropriées répondant aux critères du tourisme responsable dans la planification et la gestion de l’activité touristique afin qu’elle se positionne comme un véritable outil de développement local, de valorisation du patrimoine culturel et de préservation de la biodiversité.

En République Démocratique du Congo l’ICCN est  l'entreprise publique qui participe activement au développement du tourisme dans les aires protégées. Elle a trois missions : assurer la protection de la flore et de la faune, favoriser la recherche scientifique et le tourisme dans le respect de la conservation ainsi que gérer les stations de capture dans et en dehors des réserves.

La RDC est un pays continent et les potentialités de mise en tourisme sont grandes, particulièrement dans les parcs de Garamba et de Virunga. Néanmoins, le contexte géopolitique du pays depuis ces dernières années, n’est pas un climat propice ni à l’accueil des touristes ni au développement de l’activité.

Pourtant l’ICCN, conjointement avec l’Office National du Tourisme tente de renouer avec l’activité touristique dans les aires protégées du pays en développant notamment le partenariat public- privé et en invitant autant que possible les populations locales à initier leur propre projet.

Réseau des Aires protégées d'Afrique Centrale (RAPAC)
Atelier sur le tourisme responsable dans les aires protégées d'Afrique Centrale
www.rapac.org

Pour les forêts tropicales humides comme celles du Bassin du Congo, le bois énergie1 a longtemps été considéré comme abondant et issu de l'exploitation du bois d'œuvre ou de l'agriculture. Cependant, de récentes observations en République Démocratique du Congo (RDC), République du Congo, République Centrafricaine et au Cameroun font état de schémas de production variés et d’une augmentation de la demande urbaine, ainsi que d’une évolution de la consommation du bois énergie qui s’opère au profit du charbon de bois. L’augmentation de la demande urbaine en bois énergie est à l’origine d’une pression accrue sur les ressources forestières de la région, ce qui est particulièrement problématique du fait de l’absence de mesures incitatives pour la restauration ou la gestion durable de ces ressources. Toutefois, elle a également permis à de nombreuses populations locales de gagner un revenu, grâce à la production et à la commercialisation de bois énergie.
Le secteur du bois énergie dans le Bassin du Congo est essentiellement informel ; il n’existe donc que peu de données à ce sujet. La RDC, où d’abondantes ressources forestières couvrent environ 155,5 millions d’hectares, (Eba’a Atyi et Bayol 2009) fait partie des pays les plus pauvres du monde : elle occupe ainsi la 168ème place sur les 169 pays classés sur l’échelle de l’indice du développement humain 2010 (PNUD 2011). Le projet Makala 2 vise à améliorer nos connaissances relatives au secteur du bois énergie, ainsi que la gestion de ce secteur au profit des centres urbains en RDC. Il oppose les zones d’approvisionnement en bois énergie des savanes et des forêts dégradées aux alentours de Kinshasa, et une région largement dotée en forêts tropicales humides encore intactes près de Kisangani. Ce dossier présente des données importantes sur le secteur du bois énergie et des recommandations pour en améliorer la gestion.

Augmentation de la demande dans les centres urbains

La consommation de bois énergie dans les centres urbains en RDC augmente du fait de la croissance de la population et de l’absence d’autres sources d’énergie. Les ménages dépendent fortement du combustible de bois pour leurs besoins quotidiens en énergie de cuisson (à hauteur de 87 % à Kinshasa et de 95 % à Kisangani). Des entreprises telles que les boulangeries, les brasseries, les restaurants, celles consacrées à la production de briques et au forgeage de l’aluminium dépendent également du bois énergie pour leur activité quotidienne. Pour les seules villes de Kinshasa et Kisangani, le volume du marché du bois énergie (4,9 millions m3) représente plus de 12 fois le volume de la production nationale officielle de bois d’œuvre [400 000 m3 (OITB 2011)]. À Kinshasa, la capitale du pays, qui regroupe près de 6 millions d’habitants 4, la valeur totale du marché du charbon de bois est estimée à 143 millions de dollars US en 2010, soit 3,1 fois la valeur des exportations nationales de bois d’œuvre du pays. [46 millions de dollars US en 2010 (FAO 2011)]
La zone d’approvisionnement en bois énergie de Kinshasa s’étend vers le sud-ouest et le nord-est, sur une distance moyenne de 102 km pour le bois de chauffe et de 135 km pour  le charbon de bois (Figure 2). Les provinces de Kinshasa et du Bas-Congo fournissent l’essentiel du bois énergie (43 % et 34 % respectivement), le reste (23 %) étant transporté par le fleuve Congo depuis les provinces de Bandundu, de l’Equateur et la Province Orientale sur des distances pouvant atteindre 1000 km. La capitale de la Province Orientale, Kisangani, est approvisionnée par six voies principales (rivière et route), les distances moyennes parcourues étant de 25 km pour le bois de chauffe et de 37 km pour le charbon de bois (Figure 3).
Le secteur du bois énergie offre un nombre important d’emplois dans le secteur informel. Le secteur forestier formel emploie 15 000 personnes (Eba’a Atyi et Bayol 2009), alors que le secteur informel de la production de bois énergie pour la seule ville de Kinshasa emploie plus de 300 000 personnes. La plupart des opportunités lucratives se trouvent au niveau de la production, les revenus liés au bois énergie complétant largement le revenu moyen des ménages (la part des revenus générés variant de 12 % pour les récolteurs de bois de chauffe autour de Kisangani à 75 % pour les producteurs de charbon de bois autour de Kinshasa). Les revenus issus du bois énergie fournissent aux ménages un capital qu’elles investissent dans d’autres activités (essentiellement dans l’agriculture et dans une moindre mesure dans de petites activités comme l’élevage et la pêche). Cependant, dans l’ensemble, les revenus des producteurs restent faibles, plus de la moitié gagnant moins de 50 dollars US par mois, ce qui témoigne du niveau élevé de la pauvreté dans le pays.

Moins d'approvisionnement, moins d'accès

En RDC, les pratiques non durables et la déforestation s’observent essentiellement dans les zones périurbaines, les régions de savanes et en périphérie des zones protégées (Schure et al. -sous presse). Les deux tiers du bois énergie produit pour Kinshasa et Kisangani proviennent de l’agriculture sur brûlis, le tiers restant provenant des forêts (en général de forêts dégradées situées le long des rivières dans la région de Kinshasa, et de forêts primaires aux alentours de Kisangani). Les coûts pour l’environnement ne sont pas internalisés ; les producteurs replantent rarement les arbres. La demande dépasse l’offre pour les forêts périurbaines de Kinshasa qui s’appauvrissent rapidement.
Les distances aux ressources vont en s’accroissant, de même que les problèmes accompagnant l’approvisionnement en bois énergie, comme les conflits portant sur l’accès aux arbres. Contrairement à Kinshasa où chaque arbre disponible est utilisé, la tendance autour de Kisangani est plus à la sélection, ce qui a abouti à la dégradation des sources d’arbres les plus utilisées. Parmi les diverses essences de bois utilisées pour la production de bois énergie, on recense couramment celles utilisées pour le bois d’œuvre et les produits forestiers non ligneux (PFNL). En ce qui concerne les diverses essences utilisées pour la production de bois énergie, il existe très peu d’informations sur l’état de conservation de la majorité de ces essences. Par exemple, la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), inventaire exhaustif de l’état de conservation des espèces animales et végétales dans le monde, n’a évalué que quelques essences utilisées pour la production de bois énergie (UICN 2011). Parmi celles-ci, certaines courent le risque de devenir des espèces menacées à l’avenir comme Milicia excelsa, Pterocarpus angolensis et Irvingia gabonensis, alors que deux espèces – Millettia laurentii et Autranella congolensis – ont été évaluées respectivement comme en danger et en danger critique d’extinction.
Le code forestier et la législation foncière comprennent des cadres réglementaires pour le secteur du bois énergie. Il existe des solutions juridiques possibles pour la gestion de la production du bois énergie, à savoir : (1) les plantations publiques ; (2) les plantations privées ; (3) le reboisement de parcelles agricoles ; (4) l’exploitation de bois énergie avec permis d’exploitation et de carbonisation du bois ; et (5) les forêts communautaires rurales. (...)

Recommandations

Face à l’augmentation de la demande en bois énergie et à l’absence d’énergies de substitution à court terme, le gouvernement congolais doit s’atteler immédiatement à l’amélioration de la gestion du secteur, et ce en collaboration avec les parties prenantes. Le programme national de réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation (REDD) impulse un élan dans ce sens, car son programme d’investissement forestier (FIP)7 récemment approuvé accorde une place importante aux bénéfices possibles pouvant être tirés de la production et de la consommation dans le domaine du bois énergie. A l’avenir, les interventions devront prendre en considération la dépendance d’un grand nombre de personnes à la production de bois énergie et l’importance de la commercialisation de celui-ci en tant qu’activité lucrative. Ces activités appartiennent encore à la sphère informelle, de sorte que la coopération entre les différents secteurs – énergie, forêts, aménagement du territoire et agriculture – est nécessaire pour professionnaliser et formaliser ces activités sans nuire aux moyens de subsistance des personnes impliquées. De nouvelles options de gestion combinant l’agroforesterie, les plantations et l’amélioration de l’efficacité énergétique au niveau du producteur et du consommateur peuvent offrir des opportunités permettant de garantir des approvisionnements futurs durables en énergie, tout en assurant le maintien des ressources naturelles du pays.

Au niveau de la production :

  1. Reconnaître l’importance du secteur qui fournit des revenus à un grand nombre de personnes
  2. Améliorer l’efficacité énergétique des fours de carbonisation (en agissant sur les compétences en matière de production et la technologie).
  3. Sensibiliser à la protection des essences de valeur et menacées.
  4. Replanter les arbres (pour des usages multiples) dans les systèmes de plantation et d’agroforesterie. 5. Améliorer les droits des récolteurs et des producteurs pour ce qui est de l’accès aux arbres et aux terrains afin d’encourager une meilleure gestion et de réduire les conflits.
  5. Améliorer la transparence au niveau du règlement des taxes et cibler les taxes informelles qui augmentent les coûts de production.

Au niveau des ventes et de la consommation :

  1. Promouvoir le bois énergie issu des forêts de plantation et éviter celui issu des essences d’arbres de valeur ou menacées.
  2. Reconnaître l’importance du bois énergie comme source principale d’énergie pour la cuisine dans les ménages et comme source d’énergie essentielle pour les entreprises et industries.
  3. Se pencher à nouveau sur le faible niveau d’adoption de foyers de cuisine à faible consommation d’énergie et soutenir les activités qui encouragent leur utilisation.
  4. Soutenir l’accès à des énergies de substitution (comme le gaz, l’électricité et la bioénergie à petite échelle) données de la recherche sur le terrain entre 2009 et 2011.
  5. Les estimations de la population de Kinshasa diffèrent largement d’une source à l’autre. Cette étude s’est appuyée sur les données du dernier recensement effectué par la division urbaine du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité (2010) qui fait état de 5,8 millions d’habitants.
  6. Direction du reboisement et de l’horticulture du ministère de l’Environnement, communication personnelle, Kinshasa, août 2009.
  7. Division urbaine du ministère de l’Environnement à Kinshasa, communication personnelle, Kinshasa, avril 2010.
  8. Le programme d’investissement forestier de la RDC (Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme) a été entériné lors de la réunion du sous- comité en juin 2011.

Jolien Schure, Verina Ingram, Jean-Noël Marien, Robert Nasi et Emilien Dubiez
Centre de recherche forestière internationale (CIFOR)
www.cifor.org

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