Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : samedi, 23 septembre 2017 -
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Les ministres de l’Economie et de l’Environnement de l’Afrique de l’Est et du Centre se réuniront du 3 au 5 octobre 2017 à Brazzaville

Logo officiel de la COP 23 - Crédit photo: Climatechange-theneweconomy.com

La conférence extraordinaire regroupant les ministres de l’Economie et de l’Environnement des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale -CEEAC- et ceux de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Est -CEEAE- aura pour but d’examiner l’accélération de l’opérationnalisation de la Commission climat du Bassin du Congo, le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, le Fonds de l’économie verte en Afrique centrale et l’adoption d’une position commune face à la COP23. Soudan Nonault, ministre congolaise du Tourisme et de l’Environnement a annoncé cette rencontre au cours d’une conférence sur le thème «Enjeux de la participation du Congo à la 23ème Session de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques». La prochaine COP se tiendra du 6 au 17 novembre 2017 à Bonn en Allemagne. «La COP 23 revêt une grande importance pour le Congo, en ce qu’elle permettra au chef de l’Etat Congolais, Denis Sassou N’Guesso, président de la Commission climat pour le Bassin du Congo de l’Union Africaine créée le 16 novembre 2016 à Marrakech au Maroc de présenter à la Communauté internationale les outils visant le fonctionnement de ladite Commission», a-t-elle souligné. Après la COP 21 de Paris en France en 2015, la COP 22 de Marrakech au Maroc en 2016 où ont été adoptés respectivement l’Accord de Paris et l’Action de l’accord de Paris, la COP 23 se focalisera sur l’opérationnalisation dudit accord.

Christian MUTOMBO

Depuis 1991, la Semaine mondiale de l’eau est organisée chaque année à Stockholm par le Stockholm International Water Institute -SIWI. Elle offre un cadre privilégié d’échange sur les problématiques mondiales de l’eau et de l’assainissement tant entre les acteurs institutionnels qu’entre ceux du secteur privé ou du monde de la recherche.

Des enfants en train de s'approvisionner en eau - Crédit photo: Un.org

L’édition 2017 de la Semaine mondiale de l’eau était axée sur le thème des eaux usées et de leur réutilisation, dans la nette continuité de l’adoption en 2015 des objectifs de développement durable -ODD-. Avant la COP23 qui se tiendra à Bonn en novembre 2017, la Semaine mondiale de l’eau permettra de faire le point sur les initiatives « eau et climat » de l’agenda de l’action climatique.

L’eau est cruciale pour assurer la sécurité alimentaire, préserver la santé et satisfaire les besoins en énergie. Le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement constitue la première cause de mortalité dans le monde. La pénurie d’eau affecte aujourd’hui 40% de la population mondiale. Plus de 80 % des eaux usées sont rejetées sans traitement dans l’environnement. Sous l’effet combiné du changement climatique, de la multiplication des catastrophes naturelles et de la croissance démographique, les ressources en eau sont sous pression croissante et aggravent les tensions géopolitiques déjà existantes. Estimé à Euro 380 Milliards, le marché mondial de l’eau, qui comprend l’approvisionnement, l’utilisation et le traitement, connaît en outre une croissance annuelle de 10%. Il s’agit d’un secteur porteur pour les 750 grands groupes, entreprises de taille intermédiaire et PME.

Christian MUTOMBO

La banque indienne d'import et d'export (Exim India) a octroyé au gouvernement tanzanien un prêt de 92,18 millions de dollars pour réhabiliter et améliorer le système d'approvisionnement en eau à Zanzibar.

Crédit photo: Un.org

Cette aide financière servira à prendre en charge l'aménagement, la réhabilitation et l'amélioration du système d'approvisionnement en eau à Zanzibar, la ville la plus importante de l'archipel. La ville est confrontée depuis quelques années à des problèmes d'eau. Fréquemment victime de la montée de la mer, la population arrive difficilement à avoir accès à une eau potable. «L'eau est très salée, alors elle ne peut pas être utilisée pour quoi que ce soit. Vous utilisez beaucoup d'eau et de savon si vous l'employez pour laver le linge ou la vaisselle. L'autre difficulté est que vous ne pouvez pas l'utiliser pour cuisiner ou boire. C'est pourquoi nous devons marcher sur de longues distances pour chercher de l'eau dans des puits d'eau douce», a déclaré une jeune fille.

Le ministère de l'Environnement de Zanzibar a expliqué que la montée du niveau de la mer a entraîné le mélange de l'eau de mer avec les sources d'eau douce et la contamination des puits dans la ville. Zanzibar n'a pas de fleuves et la principale source d'eau qui demeure souterraine, dépend des précipitations actuellement irrégulières. Afin de venir à bout du problème, en octobre 2012, le Programme d'adaptation en Afrique (PAA) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a construit un pipeline de huit kilomètres depuis le village de Kilimani, à l'intérieur, jusqu'au village de Nungwi. Un grand réservoir d'eau près du village de Kilimani maintient la fourniture d'eau. Cette solution a permis de fournir près 15.000 villageois. Un système qui doit aujourd'hui, être mis à jour, d'où le financement de Exim India.

Eximbank of India, de plus en plus africaine

L'engagement d'Exim India aux côtés des pays africains devient de plus en plus remarquable. Une politique conforme à la déclaration du gouvernement indien lors du 3ème sommet Inde-Afrique. Economie la plus dynamique du monde en 2016, l'Inde avait annoncé fin 2015, qu'elle allait accorder aux pays africains des prêts concessionnels d'un montant global de 10 milliards de dollars, ainsi qu'une aide de 600 millions de dollars entre 2016 et 2020. Depuis, plusieurs pays ont bénéficié du soutien de la banque. Janvier 2017, elle a avait débloqué 87 millions de dollars pour l'acquisition de 500 autobus en Côte d'Ivoire. Un peu plus tôt en août 2016, quelques semaines après son implantation, la banque a accordé un prêt de 118 milliards de FCFA au gouvernement ivoirien, avec un taux d'intérêt de 1,75%, deux ans de différé et 12 ans de délai de paiement, pour l'achat de 3.600 véhicules de transport routier, dont le but était de contribuer à la politique de renouvellement du parc des transporteurs routiers de la Côte d'Ivoire.

CGC/Tribune d’Afrique

C’est bien un triste constat que les pays de l’Afrique centrale ont conclu, lors de l’atelier de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), organisé du 13 au 16 mars 2017 à Kigali, au Rwanda. Ils s’estiment être les moins servis en termes de financement climatique.

Credit photo : Bfmtv.com

Près de 40 délégués des pays membres de la COMIFAC se sont réunis à Kigali en vue d’examiner la mise en œuvre de l’Accord de Paris et d’accroître les capacités des acteurs dans la mobilisation des financements internationaux destinés à la lutte contre les changements climatiques. Disposant du deuxième massif forestier du monde, l’Afrique centrale est malheureusement la région la moins bénéficiaire des financements climatiques, à en croire les pays de la COMIFAC.

Loin de rester sous la posture des victimes, les membres de cette commission ont surtout défini les différentes contraintes pouvant expliquer cette situation : la complexité des procédures des certains mécanismes financiers, le manque de moyens humains et techniques. Pour remédier à cette situation, les pays membres de la COMIFAC ont reconnu l’importance du renforcement des capacités en matière de la mobilisation des ressources financières allouées à la lutte contre les changements climatique.

Les experts de la COMIFAC souhaitent donc comprendre les différents mécanismes de financement de lutte contre les changements climatiques, mais aussi élaborer des notes conceptuelles des projets régionaux d’atténuation et d’adaptation. Par ailleurs, les pays d’Afrique centrale s’activent à mettre en place dans les prochains jours des idées de projets prioritaires et susceptibles d’être financés.

Christian MUTOMBO

 

L'Organisation météorologique mondiale, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique -NOAA- et l'Administration américaine de l'aéronautique et de l'espace –NASA- ont confirmé que l’année 2016 a été la plus chaude jamais enregistrée.

Source : Agence Américaine Océanique et Atmosphérique

L'année 2016 a été la plus chaude depuis que les scientifiques ont commencé à mesurer les températures. L’année 2016 a été la deuxième année consécutive de tous les records. Avant elle, 2015 avait déjà été l'année la plus chaude jamais enregistrée. 2016 fait pire, avec une hausse d'environ 1,1°C par rapport à la fin du XIXe siècle. L’année qui vient de s’achever a été extrême, tant en termes de températures moyennes que de répercussions : la calotte glaciaire de l'Antarctique se réduit comme peau de chagrin ; l'océan Arctique connaît un réchauffement sans précédent ; la banquise arctique a enregistré une fonte record. Les scientifiques alertent maintenant sur le risque d'un dégel du permafrost, ces terres gelées du Grand Nord qui renferment de grandes quantités de carbone et de méthane. Si ces gaz à effet de serre sont libérés par le dégel, ils risquent d'augmenter fortement les températures terrestres. Mais en 2016, un autre phénomène indépendant des gaz à effet de serre a contribué à la hausse des températures. Pendant les premiers mois de l'année, le courant marin équatorial El Niño a réchauffé une partie de l'océan Pacifique. Mais même après la fin du phénomène El Niño, les températures sont restées particulièrement chaudes par rapport à la normale. Cette tendance s'inscrit dans le long terme : presque toutes les années de ce XXIe siècle ont battu des records de chaleur.

Christian MUTOMBO

La cuvette centrale, région s’étendant de la partie centrale de la RD-Congo au Congo-Brazza regorge un énorme puits de carbone. 30 milliards de tonnes de dioxyde de carbone sont piégés dans cette zone, a révélé la revue Nature.

La majestueuse forêt du Bassin du Congo - Photo Geo.fr

Le puits en question s’étend sous la région de la Cuvette centrale, en plein Bassin du Congo, le deuxième massif forestier du monde à cheval entre plusieurs pays d’Afrique centrale, du fleuve Congo au Congo-Brazzaville, jusque dans l’ouest de la RD-Congo. 30 milliards de tonnes de dioxyde de carbone équivalant à 20 années d’émissions aux États-Unis est la quantité colossale de carbone piégée dans cette tourbière tropicale dont l’ampleur a été découverte puis précisée par des images satellites et des expéditions sur le terrain, a fait savoir l’équipe scientifique internationale dans un article publié dans la revue Nature. La zone humide, écologiquement si précieuse car formée par la décomposition de végétaux sur une période de plusieurs milliers d’années, s’étend sur 55 000 mètres carrés et est d’une profondeur de six mètres. La plupart des tourbières, qui recouvrent environ 3% des superficies terrestres émergées, sont situées dans le nord du globe, en Sibérie, au Canada ou en Alaska par exemple. Elles sont plus rares en zone tropicale, et celle découverte dans le Bassin du Congo pourrait être la plus importante des tropiques et regrouper 30% du dioxyde de carbone des tourbières tropicales. Sa transformation à des fins de production alimentaire ou d’extraction minière pourrait être catastrophique, s’est alarmé l’un des auteurs de l’étude, Simon Lewis, professeur à l’Université de Leeds en Angleterre. «On a observé en Asie du sud-est que des espaces similaires ont été asséchées et converties à la production d’huile de palme et aux plantations de riz, ce qui a eu pour conséquence des émissions massives de dioxyde de carbone», a indiqué le scientifique. Le dioxyde de carbone est un des plus important gaz à effet de serre, responsable de l’augmentation de la température terrestre. En fonctionnant comme des puits à CO2, les océans et les forêts  limitent l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère.

Christian MUTOMBO

La sécheresse et les inondations font un million de déplacés en Afrique

Un rapport du Centre de surveillance des déplacements internes estime à 14 millions le nombre de personnes obligées de fuir leur foyer entre 2009 et 2015 à cause de dérèglements climatiques, dont 1,1 million rien que l'année dernière. La sécheresse et les inondations sont les deux principales causes et s'ajoutent à la guerre et aux expropriations.

Des déplacés dans les zones désertiques de l'Afrique de l'Ouest - Photo Beninfo.info

Les catastrophes naturelles dues au changement climatique ont poussé 1,1 million d’Africains à quitter leur foyer en 2015. Un record, selon un rapport du Centre de surveillance des déplacements internes -IDMC, International Displacement Monitoring Centre- publié, il y a quelques jours. Si trente-trois pays sont concernés un peu partout sur le continent, quelques-uns sont plus particulièrement touchés, comme l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Malawi et le Nigeria. On estime ainsi à 14 millions le nombre de déplacés climatiques entre 2009 et 2015. En prenant en compte ceux qui fuient la guerre, l’IDMC arrive à un total de 12,4 millions de personnes déplacées internes en Afrique en 2015, soit 9 500 personnes obligées chaque jour de quitter leur foyer. Celles-ci viennent s’ajouter aux 5,4 millions de réfugiés africains, une catégorie distincte de celle des déplacés internes. Les inondations représentent la principale cause de déplacement climatique, et la plus lourde de conséquences, car elles détruisent les habitations, les récoltes et les infrastructures et perturbent les systèmes d’éducation et de santé. Viennent en seconde position les projets de développement urbains, qui ont pour conséquence d’exproprier les petits propriétaires, comme c’est notamment le cas en Éthiopie, où la politique du gouvernement à ce sujet est à l’origine d’un conflit larvé dans deux grandes régions du pays. Adoptée en 2009 et ratifiée par 40 pays africains, la convention de Kampala oblige pourtant ses signataires à porter assistance aux personnes déplacées internes. Mais comme le déplore l’IDMC, le manque de données empêche beaucoup d’États africains d’analyser le phénomène et de prendre des mesures en conséquence. «L’observation des déplacements internes a progressé au cours des dernières années mais il y a encore trop de disparités dans nos informations», a expliqué ainsi au site Quartz Maya Sahli Fadel, rapporteur spéciale de l’Union africaine sur les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes déplacées. Puis de conclure: «Pour deux des principaux facteurs, la sécheresse et les projets de développement urbains, nous manquons même de l’information la plus basique».

Christian MUTUMBO

Le rapport du WWF insiste sur le besoin de repenser nos modes de production, de consommation, de mesure de la réussite et de valorisation de l’environnement naturel

ONG Internationale œuvrant contre la dégradation de l’environnement naturel de la planète, le Fond mondial pour la nature -WWF- a récemment rendu public le rapport Planète vivante 2016. Dans ce rapport, l’homme est présenté comme premier responsable de la disparition des espèces sauvages à un rythme sans précédent par la surexploitation infligée à la Terre pour la première fois de son histoire. Selon ce rapport, les populations d’espèces sauvages de la planète pourraient fondre de deux tiers d’ici 2020. «Le phénomène ne concerne pas seulement les merveilleuses espèces que nous adorons tous, mais toute la biodiversité, dont dépend la bonne santé des forêts, des fleuves et des océans. Otez-en les espèces, et les écosystèmes vont s’effondre, emportant avec eux l’air propre, l’eau, l’alimentation et les services climatiques qu’ils nous fournissent», a fait observer Marco Lambertini, Directeur général du WWF International.

Photo de couverture du rapport Planète Vivante 2016

Le récent rapport Planète vivante du Fond mondial pour la nature -WWF- interpelle et prévient suite à la surexploitation infligée à la Terre pour la première fois de son histoire. Les populations d’espèces sauvages de la planète pourraient fondre de deux tiers d’ici 2020. Pour Ken Norris, Directeur scientifique de la Société zoologique de Londres, le comportement humain est toujours un facteur de déclin des populations sauvages à l’échelle du globe, surtout dans les habitats d’eau douce, où son impact est le plus marqué. «Les espèces disparaissent au cours de notre existence à un rythme sans précédent», a regretté Marco Lambertini, Directeur général du WWF International. Et d’alerter: «le phénomène ne concerne pas seulement les merveilleuses espèces que nous adorons tous, mais toute la biodiversité, dont dépend la bonne santé des forêts, des fleuves et des océans: ôtez-en les espèces, et les écosystèmes vont s’effondrer, emportant avec eux l’air propre, l’eau, l’alimentation et les services climatiques qu’ils nous fournissent». Puis: «étant donné que nous disposons des outils permettant de résoudre le problème, il nous faut commencer à les employer sans plus tarder si nous tenons sérieusement à préserver une planète vivante pour notre survie et notre prospérité ».

D’après le rapport, la production alimentaire, engagée dans la satisfaction des demandes complexes d’une population humaine croissante, se trouve aux avant-postes de la destruction des habitats et de la surexploitation des espèces sauvages. Pragmatique, le rapport Planète Vivante 2016 a formulé une série de solutions pouvant amener le monde à se nourrir convenablement et durablement. Il se penche sur les mutations fondamentales à opérer dans les systèmes énergétique et financier mondiaux pour répondre aux attentes de durabilité des générations futures et insiste sur le besoin de repenser nos modes de production, de consommation, de mesure de la réussite et de valorisation de l’environnement naturel. «Nous nous trouvons à un moment décisif: c’est maintenant, en effet, que nous devons saisir l’occasion qui s’offre à nous d’orienter nos systèmes alimentaire, énergétique et financier dans une direction plus durable», a appelé le DG du WWF International.

De l’avis de ce document, la protection adéquate de l’environnement, de même que le développement économique et social, passe par une transformation urgente du système qui impose aux individus, aux entreprises et aux gouvernements de rompre avec l’approche court-termiste prévalant jusqu’ici pour y substituer une démarche visionnaire assurant aux générations futures l’avenir qu’elles méritent. «Un environnement naturel fort est indispensable pour combattre la pauvreté, améliorer la santé et poser les bases d’un avenir juste et prospère. Nous avons prouvé que nous savions ce qu’il fallait faire pour bâtir une planète résiliente pour les générations futures, il ne reste plus maintenant qu’à agir en conséquence », a analysé Lambertini.

Le rapport illustre, par ailleurs, l’élan désormais insufflé par les récents accords mondiaux sur le changement climatique et le développement durable. Il présente également l’Agenda 2030 pour le développement durable comme un guide essentiel à la prise de décision, capable de placer la sauvegarde de l’environnement sur un pied d’égalité avec la défense des intérêts économiques et sociaux.

Laurent OMBA

mercredi, 02 novembre 2016 09:05

POLLUTION DE L’AIR EN AFRIQUE

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La RD-Congo parmi les pays les plus touchés

18 929 est le nombre des morts prématurés provoqué par la pollution de l’air intérieur et extérieur en RD-Congo. L’ex-Zaïre, avec l’Egypte, l’Ethiopie et le Nigéria, forment le trio des pays d’Afrique les plus touchés par ce fléau. Le rapport, publié par l’Organisation de coopération et de développement économique -OCDE- estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains.

Bus émettant des gaz polluants dans les rues d'Abidjan - Issouf Sanogo - AFP

Les africains sont des victimes d’un air de plus en plus malsain. Le nouveau rapport de l’OCDE affirme sans détours que les décès prématurés provoqués par la pollution de l’air intérieur et extérieur ont augmenté de 36% entre 1990 et 2013. Un fléau supplémentaire pour un continent déjà en bute à la malnutrition et à un accès lacunaire à l’eau potable. En 1990, 181 291 africains décédaient prématurément de la pollution extérieure par les particules fines. Ils étaient 246 403 en 2013. La pollution de l’air intérieur faisait 396 093 morts prématurés en 1990, ils étaient 466 079 en 2013. Ces résultats que vient de publier l’OCDE dévoilent un phénomène qui n’avait fait l'objet jusqu’ici d'aucune évaluation. Le continent africain était le dernier à n’avoir pas mesuré les effets de la pollution atmosphérique sur la population, au contraire de l’Asie où la dégradation massive de l’air est en revanche désormais bien connue. «Ce n’est pas une surprise de constater qu’entre 1990 et aujourd’hui, et sur les périodes intermédiaire de cinq ans, le poids de la mortalité par la pollution de l’air en Afrique a grimpé en corrélation avec la croissance de la population urbaine», peut-on lire dans le rapport. En un quart de siècle, les villes africaines sont passées de 196 millions à 466 millions d’habitants, soit une augmentation de 20% tous les cinq ans. Dans les mêmes intervalles, la mortalité par les particules fines et les hydrocarbures a cru de 5,3% entre 1990 et 1995 pour s’accélérer à 8,3% entre 2010 et 2015. La RD-Congo, le Nigéria, l’Ethiopie et l’Egypte sont les pays les plus touchés par ce fléau. L’ex-Zaïre a enregistré en 2013 près de 18 929 cas de décès prématurés causés par les particules fines et hydrocarbure. 39 825 morts ont été enregistrés au Nigéria, 35 805 en Egypte et 19 993 en Ethiopie.

Sources de pollution

La situation africaine est bien plus complexe que dans le reste du monde, et singulièrement des pays développés. Dans les métropoles occidentales, la principale source de pollution reste le trafic automobile qui intervient dans la moitié des morts attribuables à l’air pollué. Dans les villes africaines, cette source est exacerbée par le fait que les pots catalytiques sont absents des véhicules, que les modèles sont plus anciens et les carburants de moins bonne qualité -l’essence n’est plus plombée en Afrique que depuis 2006- et que les infrastructures routières sont insuffisantes pour écouler le trafic. Beaucoup de pays africains ont réussi à développer quelques projets dans le cadre des mesures d’atténuation appropriées à l’échelle nationale -NAMA-. Celles-ci couvrent bien la promotion des énergies renouvelables que l’efficacité énergétique. La RD-Congo a bien pris du retard dans ce processus. Selon les sources proches du ministère de l’Environnement, ce processus stagne parce qu’il manque une appropriation nationale des autorités. La décision du premier ministre Matata d’interdire les voitures fabriquées avant 2004 a été une belle entame. Cependant, le pays a faussé par un manque criant d’engagement politique. «C’est une démarche qui implique tout le monde, des privées comme services publics. Parce que tout le monde doit être conscient de la nécessité de changer notre mode de développement», a commenté Rolly Ngoy, médecin œuvrant au sein de l’ONG Congo Green Citizen. Des millions de générateurs au diesel qui pallient les insuffisances de la distribution électrique et la combustion des déchets entassés dans des décharges à ciel ouvert sont aussi tant d’autres sources de pollution, a confié le Dr. Rolly Ngoy. Dans les bidonvilles, la principale source de cuisson des aliments est par ailleurs le charbon de bois dans des foyers ouverts, principale source de pollution de l’air intérieur. L’OCDE a noté que ce problème de santé publique s’ajoute à des fardeaux sanitaires qui n’ont pas encore été résolus comme l’accès à l’eau potable, le traitement des eaux usées, la malnutrition qui restent des problèmes majeurs dans 28 des 54 pays africains. «L’Afrique ne pourra pas se focaliser sur le nouveau risque de pollution par les particules si des sujets anciens comme la sous-alimentation des enfants, avec ses 275 000 morts en 2013, n’ont pas été réglé», a noté le rapport. L’Afrique devrait en effet passer de 1,2 milliard d’habitants actuellement à 2,5 milliards en 2050 et 4,4 milliards en 2100 où le continent pèsera 40% de la population mondiale. Au total, l’OCDE estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains.

Christian Joseph MUTOMBO MALAMBA

 

Madagascar, Ethiopie puis la RD-Congo sont les principaux pays cédant le plus leurs terres aux investisseurs étrangers. Rapport polémique de Thinking Africa.

Crédit photo Farmlandgrab.org

Thinking Africa, composé de jeunes chercheurs, d’universitaires et d’experts, a publié un classement des pays africains en fonction de la superficie de leurs terres arables cédées aux investisseurs étrangers depuis l’an 2000, par location ou par vente. Le think thank, s’est servi, à cette fin, d’études nationales ainsi que de rapports d’institutions telles que l’Union africaine, l’ONU et la Banque mondiale.

Avec plus de 3,7 millions d’hectares de terres agricoles cédées, Madagascar arrive en tête du classement. Suivent l’Ethiopie avec 3,2 millions d’hectares, la RD-Congo pointe à la 3ème place avec 2,8 millions d’hectares, la Tanzanie avec 2 millions d’hectares, et le Soudan avec 1,6 million d’hectares de terres cédées à des investisseurs étrangers.

Si certains analystes y voient un véritable accaparement «honteux» de terres agricoles qui pourraient être mises en valeur par d’autres moyens, d’autres estiment qu’il s’agit en réalité d’une opportunité de mettre les capitaux étrangers au service du développement des pays africains par une meilleure productivité agricole.

Ainsi, contrairement au géographe et chercheur à l'Université de Lomé, Edoh Komlan Théodore, qui déplore «un choix cornélien, une mainmise de l'étranger sur une partie du patrimoine qui constitue indubitablement une aliénation, une perte de souveraineté», l’Administrateur principal du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest –CSAO-, Jean Zoundi Sibiri, préfère jouer la carte de l’optimisme. «Il faut se garder de diaboliser le phénomène et bien faire le distinguo entre des porteurs de projets venus uniquement en Afrique produire pour l’exportation et faire du profit, et les pays africains qui ont mis au point des politiques agricoles à même de répondre à leurs demandes locales», a-t-il confié au site d’information Slate Afrique.

L’étude de Thinking Africa relève que la cession des terres arables a rapporté à l’Afrique en un quart de siècle près de 100 milliards de dollars. Quant aux investisseurs les plus actifs sur le marché du foncier agricole africain, ils sont essentiellement chinois avec 4,5 millions d’hectares, américains avec 3,2 millions d’hectares, britanniques 2,5 millions d’hectares, malaisiens 2,5 millions d’hectares, sud-coréens 2,3 millions, et saoudiens avec 2,1 millions.

Christian MUTOMBO

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