Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : lundi, 26 juin 2017 -
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Eau et Electricité

Eau et Electricité (14)

Dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel garanti -SMIG- est de USD 3 par jour, pour s’approvisionner en eau potable, certaines familles du quartier Kinkole, dans la commune de la N’sele dépensent plus que leur revenu mensuel. Selon les sources administratives de la commune de N’sele, il n’existe jusqu’à ce jour aucun projet public d’approvisionnement en eau potable pour ce quartier. Reportage.

Kinkole: Une jeune femme parcourant plusieurs kilomètres pour s'approvisionner en eau

Les habitants du quartier Kinkole, situé à quelques 50 Km du centre-ville de Kinshasa, dans la commune de N’Sele, éprouvent depuis toujours des difficultés pour se procurer de l’eau potable. La majorité de la population de ce quartier parcourt, chaque jour, de longues distances à la recherche de l’eau en vue de répondre à leurs besoins ménagers -lessive, vaisselle et autres-.

D’autres recourent aux eaux de la rivière Mosolo dont la bonne qualité n’est pas évidente. «Nous souffrons pour nous approvisionner en eau potable. Nous consommons de l’eau puisée dans la rivière Mosolo, ici à Kinkole au quartier Canada», s’écrie Marceline Tshiyoyo, une mère de famille résidant dans ce quartier.

Selon les responsables municipaux, près de 376.000 habitants vivent dans ce site historique rendu célèbre par la célébration de la journée du poisson chaque 24 juin sous le mandat du maréchal Mobutu. Malgré la présence du fleuve Congo qui coule à quelques encablures et d’autres rivières et ruisseaux qui baignent ce site, les résidants de ses 31 quartiers ne sont pas desservis en eau potable par la regideso. Et pourtant, non loin de là un château d’eau est visible sur le terrain de la Régie des voies aériennes -RVA-, le long du boulevard Lumumba, peu après la station de distribution d’essence Plazza.

En l’absence des services compétents de la REGIDESO dans ce coin éloigné du centre-ville, la fourniture de l’eau potable est assurée par des organisations non-gouvernementales qui ont installé des bornes fontaines. Parmi ces ONG figure le Réseau d’approvisionnement et de distribution d’eau potable-RADEP-. Cette structure fournit cette denrée de base aux habitants des quartiers Bahumbu 1, Bahumbu 2 et SICOTRA, dans la commune de N’Sele.

Des budgets familiaux déficitaires malmenés quotidiennement

Seuls 173 abonnés reçoivent l’eau grâce à des raccordements installés par le RADEP. Le reste de la population, avec des budgets familiaux déficitaires, doit délier sa bourse au quotidien pour avoir de l’eau potable dont l’accès est pourtant garanti par la Constitution de la République au même titre que l’électricité. «Nous achetons l’eau chaque jour. Un bidon de 25 litres revient à 100 CDF. Avec 8 membres de famille, nous dépensons 30 000 CDF en moyenne par semaine. A cela s’ajoutent les frais de transport quotidien de 1.500 CDF», poursuit Marceline Tshiyoyi, appelant de tous ses vœux l’implication de l’entreprise publique en charge de la distribution de l’eau qu’est la REGIDESO.

Ces difficultés d’accès à l’eau potable dans la commune de N’Sele ont un impact négatif sur l’expansion de la ville vers Est. Sous la poussée démographique, les gens installent leurs pénates sur les flancs des collines et vallées proches du Mont Cristal, la chaine des montagnes à laquelle appartient Mangengenge.

«Les habitations font pousser des champignons sur ces terrains occasionnant la création de nouveaux quartiers avec le désavantage du non-raccordement aux voies de distribution en eau potable», commente Léon Tshibuyi, étudiant en urbanisme. A ses dires, les nouveaux occupants éprouvent d’énormes difficultés car leurs lieux d’habitations sont pris en sandwich entre le mont Cristal et le quartier Mpasa. Le relief y est accidenté. L’accès à l’au potable n’est pas évidente sans oublier la carence de moyens de transport pouvant faciliter la mobilité des personnes et des biens.

Recours au forage des puits d’eau potable

Certes, la rivière Mosolo et d’autres ruisseaux serpentent entre les collines. Mais, il faut transporter cette eau jusqu’aux différents chantiers. Un maçon abordé dans un chantier sur la route de l’Union européenne témoigne: «pour avoir l’eau, nous recourons aux services des mamans avec lesquelles nous fixons un prix. Elles puisent de l’eau dans des bassins qu’elles viennent déverser dans des fûts. Nous utilisons au moins quatre mille litres en cas de coulage. Chaque fût nous coûte 3.000 CDF».

Le propriétaire d’une maison en construction le confirme à son tour et appelle à l’intervention de l’Etat RD-congolais. «Les autorités se rendent compte des constructions qui poussent et de l’occupation du site par la population. Nous avons des inquiétudes sur une éventuelle intervention de la REGIDESO pour nous approvisionner en eau potable comme c’est le cas dans d’autres communes de la capitale. Le forage des puits d’eau potable peut dans un premier temps atténuer quelque peu nos souffrances», plaide-t-il.

Selon les services administratifs de la commune de N’Sele, il n’existe jusqu’à ce jour aucun projet public d’approvisionnement en eau potable pour les populations locales. Répondre à ce besoin est pourtant une obligation des pouvoirs publics pour les besoins élémentaires des 376.000habitants.

Marie-Claire LUKADI/Africanews/CGC 

Eau propre et assainissement, le plus important Objectif de Développement Durable

Le Fonds humanitaire que soutient la Suède depuis 2006 a déjà permis de construire, en dix ans, 8 084 points d'eau et 192 000 latrines en RD-Congo. Pour François Landiech, chargé de programmes humanitaires au sein de l'Ambassade de la Suède en RD-Congo l’Objectif 6 du Développement durable -ODD-, lié à eau propre et assainissement, est le plus le plus important des ODD. Décryptage.

Approvisionnement en eau dans un point d'eau dans un quartier périurbain de Kinshasa

D’entrée de jeu, le chargé de programmes humanitaires au sein de l'Ambassade de la Suède en RD-Congo, François Landiech affirme que l’eau est presque tout. «L'eau, c’est la vie. L'eau, c’est la santé. L'eau est un droit humain. L’assainissement aussi. Nous ne survivrions pas 3 jours sans eau», a expliqué le chargé de programmes humanitaires à l’Ambassade de la Suède en RD-Congo dans une publication. Il ajoute que l’'eau est une richesse qui est gaspillée et négligée quand on en a beaucoup. Mais l'histoire de l'humanité foisonne de conflits concernant l'accès à l'eau et le contrôle de celle-ci. L'eau est la ressource essentielle qui rend les villes et leurs économies viables. Elles disparaîtraient sans eau. «Les maladies d'origine hydrique et l'assainissement sont des vulnérabilités majeures des pays en développement. C’est ce qui tue les enfants de moins de cinq ans, comme cela est le cas en RD-Congo», a-t-il dit puis qu’ajouter que des nombreuses maladies peuvent être évitées grâce à l'accès à une eau potable salubre et à un assainissement adéquat.

En RD-Congo, le problème n'est pas le manque d'eau, bien au contraire, mais un accès abordable et équitable à une eau de qualité. Ceci est capital pour garantir la santé infantile. «Il est prouvé que l'état nutritionnel des enfants s'améliore lorsque l'accès à l'eau potable et à l'assainissement leur est garanti. Un enfant peut tomber dans la malnutrition aiguë sévère, perdant du poids, car il souffre d'une maladie diarrhéique, causée le plus souvent par la consommation d'eau non salubre et de mauvaises conditions sanitaires», a commenté François Landiech.

La Suède met la main à la patte

En RD-Congo en 2017, il y a 2 millions d'enfants sévèrement malnutris. «Notre soutien financier à l'aide humanitaire fournit à nos partenaires luttant contre la malnutrition les ressources nécessaires pour assurer à la fois le traitement nutritionnel et l'accès à l'eau potable salubre. Il existe une stratégie mondiale qui s’appelle WiN (WASH in Nutrition). Notre partenaire Action Contre La Faim l'applique», a informé le chargé de programmes humanitaire à l’Ambassade suédoise à Kinshasa.

La RD-Congo est également touchée par une épidémie de choléra. «L’UNICEF que nous soutenons a ainsi compté plus de 25.000 cas et 650 décès depuis Janvier 2017», a-t-il révélé. Le choléra est une maladie d'origine hydrique. La contamination se produit par contact avec de l'eau non-salubre contenant les bactéries du choléra (vibrion), par le contact avec des mains sales, des ustensiles et des récipients de stockage d'eau souillés.

«Des latrines inadéquates provoquent la contamination de l'eau. Les matières fécales entrent en contact avec l'eau consommée par les personnes vivant dans les quartiers avec des latrines et des égouts inadéquats. Elles tombent malades et se contaminent les uns les autres. Cela provoque une épidémie», a commenté François Landiech puis d’ajouter : «les risques sont plus élevés en milieu urbain sans infrastructures et services d'assainissement appropriés, comme c'est le cas à Kinshasa et ailleurs en RD-Congo. Combien de temps est-il perdu chaque jour pour aller chercher de l'eau à un point éloigné? Nous savons que cette tâche incombe injustement aux femmes et aux enfants. Nous savons aussi que c’est en chemin vers ou depuis le point d'eau que surviennent les agressions sexuelles».

François Landiech insiste par ailleurs que fournir de l'eau et des latrines qui soient sûres et adaptées au genre, à l'âge et aux handicaps éventuels des utilisateurs est une priorité de protection. En RD-Congo, la Suède soutient plusieurs partenaires humanitaires fournissant une assistance adéquate dans le secteur de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène (WASH). Ses interventions dans ce secteur sont une priorité absolue dans les situations d'urgence, comme lors des déplacements forcés, quand il y a une épidémie, après des catastrophes naturelles, comme des inondations, détruisant les abris, etc. Le Fonds humanitaire que soutient la Suède depuis 2006 a permis de construire, en dix ans, 8 084 points d'eau et 192 000 latrines en RD-Congo. «Cela a sauvé des millions de vies», a conclu François Landiech.

Christian MUTOMBO

La Banque africaine de développement -BAD- va mobiliser une enveloppe budgétaire de 5,5 milliards de dollars d’ici 2019 pour financer le secteur de l’eau en Afrique. Le financement de la BAD en faveur du secteur sur le continent a ainsi cru d’une moyenne annuelle de USD 70 millions à USD 700 millions ces 8 dernières années pour atteindre USD 1,2 milliards par an lors des prochaines années.

Point d'approvisionnement en eau à Kidal (Mali) - Photo Maliactu.info

Le portefeuille actif de la Banque dans le secteur de l’eau est de USD 3,2 milliards et ce portefeuille va augmenter considérablement pour atteindre plus de 5,5 milliards en 2019. En Afrique, depuis les 4 dernières années, la BAD s’est engagé à financer 213 projets pour un montant USD 7 milliards dans le domaine des changements climatiques. Ce financement va être triplé pour atteindre 5 milliards par an, dont une grande partie dans le secteur de l’eau.

Pour rappel, les taux d’accès aux services d’alimentation en eau potable et de l’assainissement de l’Afrique subsaharienne sont les plus bas au monde et cette carence se répercute négativement sur la santé et la qualité de vie de ses habitants.

Plus de 280 millions de personnes n’ont pas accès à une source améliorée d’eau potable en Afrique et que plus de 430 millions n’ont pas accès à un service d’assainissement, selon le programme de monitoring OMS/UNICEF pour l’eau et l’assainissement.

Christian MUTOMBO

Jeudi 28 juillet dernier, la coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique -CORAP- en accord avec les organisations de la société civile engagées dans le suivi du projet grand Inga, réunies au siège du CENADEP, ont pris acte de la décision de la Banque mondiale, du 25 juillet 2016, de suspendre son assistance technique en faveur du gouvernement RD-congolais dans le cadre du développement du projet hydroélectrique Inga III basse chute et de quelques sites de taille moyenne en RD-Congo, avec à la clé un montant d’USD 73,1 millions.

Une des façades du barrage Inga - Lacroisette.org

La décision de la Banque mondiale de suspendre le financement du projet Inga III n’a pas laissé indifférente la société civile RD-congolaise. Trois jours après l’annonce de cette décision, soit le jeudi 28 juillet 2016, il s’est tenu, à Kinshasa, une séance de travail entre la Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique -CORAP- et les organisations de la société civile engagées dans le suivi du projet grand Inga. Au sortir de cette séance de travail, les parties prenantes ont déclaré «prendre acte de la décision de la Banque Mondiale, du 25 juillet 2016, de suspendre son assistance technique en faveur du gouvernement congolais dans le cadre du développement du projet hydroélectrique Inga III basse chute et de quelques sites de taille moyenne en RD-Congo, avec à la clé un montant d’USD 73,1 millions». Au travers de cette attitude de la Banque Mondiale, les organisations de la société civile ont décelé un malaise entre l’exécutif RD-congolais et l’institution de Bretton Woods qui est son partenaire. 

Elles ont, néanmoins, réitéré leur soutien au projet grand Inga tout en émettant 5 revendications clés en rapport avec ledit projet. «La prise en compte des risques que peuvent encourir les communautés d’Inga lors de la construction du barrage Inga 3 BC et la réhabilitation des familles affectées par Inga 1 et 2» est la première de ces revendications de la part de la société civile qui insiste aussi sur l’affectation d’au moins 50% de l’électricité, qui sera produite, aux besoins de la population RD-congolaise. «Le respect des normes techniques, environnementales et sociales internationales, notamment les politiques de sauvegarde, les recommandations de la Commission Mondiale des barrages, la Déclaration Universelle des droits de l’homme et autres instruments connexes, la norme technique de construction, ainsi que les lois de la RD-Congo, entre autres la loi portant principes fondamentaux sur l’environnement, la loi relative au secteur de l’électricité, la loi sur la passation marchés publics, etc.», ont également réclamé ces organisations de la société civile, avant d’insister sur la plus large diffusion de l’information concernant le projet Inga III auprès du grand public ainsi que sur l’implication effective de la société civile dans toutes les phases du déroulement de ce projet.

Elles ont, par ailleurs, interpellé toutes les parties prenantes au respect des engagements pris sur la manière de conduire le projet, notamment sur les études d’impacts environnementaux et sociaux et d’autres études complémentaires 

Laurent OMBA

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, mercredi 6 juillet 2016, un don de 11 millions de dollars EU au profit de la République démocratique du Congo (RDC), destiné à faire avancer un projet qui vise à étendre à court terme l’accès à l’électricité à moindre coût dans le pays, ainsi que dans les pays de la région des lacs équatoriaux du Nil.

Un transformateur de la Société Nationale d'Electricité (SNEL) - Radio Okapi

Les taux nationaux d’accès à l’électricité dans la région des lacs équatoriaux du Nil sont faibles – entre 2 et 17 % – ; en RDC, ce taux s’élève à 4 %. Les régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, que cible le Programme d’action subsidiaire des lacs équatoriaux du Nil (NELSAP) en RDC, cumulent une demande en électricité non satisfaite de 115 MW, outre les interruptions intempestives de l’alimentation en électricité. La production d’électricité relève en majorité d’une autoproduction par le biais de générateurs électriques fonctionnant au diesel.

Le projet NELSAP a pour objectif global d’améliorer l’accès à l’électricité dans les pays de l’Initiative du Bassin du Nil par une hausse des échanges transfrontaliers en électricité. Le projet entend établir des interconnexions Ouganda-Rwanda et Kenya-Ouganda, et renforcer celles qui existent déjà entre le Burundi, la RDC et le Rwanda.

La mise en œuvre de la composante RDC du NELSAP permettra de combler le déficit énergétique des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ; de promouvoir les échanges d’énergie entre les pays reliés au réseau interconnecté régional ; et d’accroître le taux d’accès à l’électricité dans la zone du projet de 4 à 7 %. Enfin, les populations et les opérateurs économiques de la zone du projet pourront économiser le coût d’achat du combustible nécessaire à leur autoproduction d’électricité au moyen des groupes diesel.

Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, a souligné que, « en RDC, le projet permettra d’augmenter la fourniture en électricité, essentiellement d’origine hydroélectrique, à un prix beaucoup plus faible que le coût obtenu en autoproduction. Il répond donc à la mission de la BAD, qui est de faciliter l’accès durable à l’électricité dans toute la région ».

Cette composante RDC du projet englobe la construction de la ligne 220 kV Goma-Bukavu (95 km) et du poste de Buhandahanda ; la construction de la ligne 220 kV Goma-Gisenyi (13 km) et du poste de Goma ; les études, le suivi et la supervision du projet ainsi que la gestion du projet.

La Banque cofinance la composante RDC du projet avec les Pays-Bas, qui ont octroyé un don de 6,5 millions d’euros à la RDC. Mobilisé auprès de la BAD, de l’Union européenne, du gouvernement allemand/ KfW (banque allemande pour le développement), de l’Agence japonaise de coopération internationale, du gouvernement des Pays-Bas, de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement, le financement total du projet NELSAP (qui couvre la RDC, le Rwanda, le Burundi, le Kenya et l’Ouganda) s’élève à 223 millions de dollars. Les pays bénéficiaires y contribuent pour environ 10 millions de dollars EU.

Christian MALAMBA

 

Le 18ème Congrès international et l’exposition de l’Association Africaine de l’Eau -AAE- s’ouvre, du 22 au 25 février à Nairobi avec le thème «Accès durable à l’eau et à l’assainissement en Afrique».

Des enfants africains autour d'un point d'eau - Photo Planetevivante.wordpress.com

Ce congrès se déroulant tous les 2 ans dans un pays africain différent est un forum scientifique et technique pour faire l’état des lieux du développement du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique. Il regroupe une cinquantaine de pays africains. Cette manifestation est conjointement organisée par l’AAE et la Nairobi City Water & Sewerage Company -NCWSC-, en synergie avec le gouvernement du Comté de Nairobi et le Ministère kenyan de l’Eau et de l’Irrigation. «Ce rendez-vous de Nairobi sera l’occasion de faire le point, ensemble, sur les défis actuels et proposer de nouvelles avenues innovantes pour améliorer l’accès durable à l’eau et l’assainissement en Afrique, s’inscrivant ainsi dans les Objectifs de Développement Durable -ODD-», ont déclaré les organisateurs dans un communiqué. Le congrès comportera un symposium, des sessions techniques, des ateliers, des événements parallèles et une exposition internationale. La veille du congrès, le 2ème Forum des Jeunes professionnels de l’Eau et de l’Assainissement et le 2ème Forum du Réseau des Femmes auront également lieu. Le dernier jour du Congrès, les organisateurs prévoient des visites techniques. On attend à Nairobi plus de deux mille participants du monde entier, dans la foulée des récents congrès de l’AAE à Kampala en 2010, Marrakech en 2012 et Abidjan en 2014, où le nombre de visiteurs, venus d’Afrique et du reste du monde, avait été important. Le public habituel du congrès comprend des décideurs politiques, des bailleurs de fonds, des universitaires, des chercheurs, des professionnels, des organismes internationaux de coopération, des étudiants et des ONG. Le paradoxe est que plus de 300 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable, selon l’AAE, pour qui moins de 5 % de ressources hydriques du continent sont exploités. Une situation pour le moins paradoxale, étant donné que la plupart des problèmes d’approvisionnement en eau auxquels sont confrontées les populations africaines ne proviennent pas toujours de l’indisponibilité de l’eau, «mais de la difficulté au niveau de la mobilisation», ont révélé les experts.  En effet, révèle l’AAE, sur quelque 5400 milliards de m3 d’eau renouvelables que recèle l’Afrique, les Africains n’en consomment que «4 % pour boire, irriguer et produire de l’énergie». Ce qui démontre l’énorme fossé entre les potentialités et la réalité vécue au quotidien par des centaines d’Africains.

L’Afrique espère urgemment améliorer les indicateurs d’accès à l’eau potable tels que recommandés par les Objectifs pour le développement durable -ODD-, qui «exigent de réduire de moitié la population n’ayant pas accès à l’eau potable».

L’Association africaine de l’Eau -AAE- est une Association professionnelle regroupant des établissements, des entreprises ou des sociétés exerçant dans les secteurs de l’eau potable, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique. Créée en 1980, l’Union africaine des distributeurs d’Eau UADE- devient l’AAE en 2003, afin de mieux s’adapter pour intégrer les organismes de régulation, les opérateurs et les sociétés de gestion du patrimoine, et pour coopter les fournisseurs privés de services, les ONG, les chercheurs et les professionnels du monde universitaire, de la recherche et des politiques publiques.

Christian MUTOMBO

Alors que des coupures intempestives et des délestages meublent depuis plusieurs années le quotidien des Kinois, la Société nationale d’électricité -SNEL- invite les Kinois à la patience. D’ici 2016, plus rien ne sera comme avant.

Transformateur d'une station SNEL- Photo Radio Okapi

«D’ici 2016, la qualité de la desserte en électricité va beaucoup s’améliorer à Kinshasa», a déclaré à la presse Eric Mbala, le directeur général de la SNEL. Le Directeur général de la SNEL est convaincu au regard de travaux se déroulant dans les sites d’Inga et Zongo que 2016 sera l’année où Kinshasa aura de moins en moins de soucis du courant électrique. «L’année prochaine, nous allons en masse vivre la remise en service de plusieurs groupes. Nous aurons déjà, cette année, la deuxième ligne haute tension Inga - Kinshasa», a promis Eric Mbala qui ajoute que la centrale de Zongo II, devant être achevée cette année, sera effective pour 2016. Pendant que tous les projets visant l’amélioration de la desserte électrique à Kinshasa avancent bien, rassure le DG Eric Mbala, mais, la capitale RD-congolaise devra encore patienter quelques années pour vaincre totalement les problèmes de la desserte électrique. «Il faut attendre 2022 pour voir tout le problème d’électricité, y compris le délestage, être définitivement résolu», a prédit le DG. Selon certaines statistiques sur l’accès en électricité, Kinshasa est l’une des villes la moins desservie. Des coupures intempestives d’électricité, des délestages prolongés ainsi que diverses pannes électriques meublent depuis plusieurs années les vécus des habitants de la capitale RD-congolaise.

Essayer d’autres sources 

Pour les responsables de la SNEL, ces coupures sont causées par la baisse de la production, au transport et à la distribution d’électricité. Et Eric Mbala de rassurer que son équipe s’y penche pour trouver des solutions. «Il y a des problèmes sectoriels qui sont limités dans le temps, qui sont engendrés par l’exécution des travaux. Nous communiquons avec la clientèle pour qu’elle comprenne le temps qu’il faut pour exécuter ces projets pour améliorer la desserte électrique. Que ce soit Inga ou à Zongo, ces travaux se poursuivent», a expliqué le Directeur général de la SNEL qui reconnait l’existence des nombreux imprévus entravant la bonne exécution des travaux. «Evidemment quand on exécute un projet, il peut y arriver des imprévus susceptibles de freiner les travaux», a-t-il reconnu. Eric Mbala a évoqué le cas de la fièvre hémorragique d’Ebola officiellement déclarée au mois d’aout jusqu’en novembre en RD-Congo. «Quand on a déclaré l’épidémie d’Ebola, nous, nous avons eu des entrepreneurs expatriés qui ont fermé les chantiers. Et là, ça provoque des glissements», a rappelé l’ADG de la SNEL.

Les travaux ont depuis repris leur cours normal, a-t-il précisé. Alors que les prévisions de l’Agence internationale des énergies renouvelables –IRENA- prévoient que d’ici à 2030, près d’un quart des besoins énergétiques du continent africain pourrait être couvert par les énergies renouvelables, la RD-Congo est un pays presque « réfractaire » aux énergies renouvelables alors que le pays regorge d’énormes potentiels en géothermie, en ensoleillement, en ressources de biomasses, comme l’atteste l’Atlas sur le énergie renouvelable réalisé par le Programme des Nations Unies sur le développement et l’ONG Néerlandaise SNV. «Il est temps que nous puisons repenser nos sources d’énergies. Le pays se voit émergent d’ici 2030, et cette émergence dépendra aussi de la diversification de nos sources électrique. La SNEL est appelée à investir dans les recherches et études pour investir dans autres types de sources du courant», communique un cadre d’une structure d’électrification rurale.

Christian J.MM

La conclusion de l’Association africaine de l’eau -AAE- est plus que limpide : plus de 300 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable. L’Afrique n’exploit que 5% de ces ressources hydriques.

Puits d'eau asséché dans une région de l'Afrique - Photo Informatiquesansfrontieres.org

L’Association africaine de l’eau -AAE- a fait un cinglant constat, plus de 300 millions d’Africains sont privés d’eau potable. Une situation pour le moins plutôt paradoxale, étant donné que la plupart des problèmes d’approvisionnement en eau auxquels sont confrontées les populations africaines ne proviennent pas toujours de l’indisponibilité de l’eau, «mais de la difficulté au niveau de la mobilisation», selon François Olivier Gosso, le président du Conseil technique et scientifique. En effet, révèle l’AAE, sur quelque 5400 milliards de m3 d’eau renouvelables que recèle l’Afrique, les Africains n’en consomment que «4 % pour boire, irriguer et produire de l’énergie». Ce qui démontre l’énorme fossé entre les potentialités et la réalité vécue au quotidien par des centaines d’Africains. Dans ce contexte, a insisté un expert en ressource hydraulique au ministère de l’Environnement et du développement durable. «De nombreux défis interpellent autant les gouvernements et les sociétés chargées de l’approvisionnement des populations en eau potable. Le plus urgent est d’améliorer les indicateurs d’accès à l’eau potable tels que recommandés par les Objectifs du millénaire pour le développement -OMD- qui exigent de réduire de moitié la population n’ayant pas accès à l’eau potable», a suggéré l’expert du MEDD. Cette réalité amène les africains à prendre à bras le corps le problème de la quasi inexistence de l’eau potable pour les Africains, dont même ceux dont la nature a gratifié d’une hydrologie incommensurable continuent de s’abreuver à l’eau souillée des puits et des marigots, s’exposant à de nombreuses maladies hydriques. Par ailleurs, une bonne exploitation des ressources hydriques devrait permettre à des millions d’Africains d’accéder à l’électricité, ce qui est loin d’être le cas, notamment en Afrique subsaharienne, hormis l’Afrique du Sud.

Christian Joseph MUTOMBO

 

Le mini réseau d’eau installé par le Service National d’Hydraulique Rurale (SNHR), en partenariat avec Comité International de la Croix Rouge (CICR), a été piraté. Des membres du Comité d’eau, en collusion avec de gens peu scrupuleux, y ont connecté frauduleusement 168 bornes fontaines. Et, ainsi, vendent l’eau du SNHR.

Une des stations relais de la Société Nationale d'Electricité - Photo Radio Okapi

Grâce à la collaboration entre le SNHR et le CICR, la Cité de Baraka a été dotée d’une adduction gravitaire partant du captage d’une source d’eau d’un débit de 16m3/ seconde à Kibokoboko, village situé à 18 km de là. Le SNHR a construit un mini réseau de 5000 m et placé 54 bornes fontaines à 2 robinets afin de donner de l’eau potable à toute la population du coin. Cette adduction a sensiblement contribué à l’amélioration des conditions de vie des habitants. Mais, les 54 bornes ne répondent pas totalement à la demande qui est grande à Baraka. Le tandem SNHR-CICR le sait. Il est d’ailleurs à la cherche des voies et moyens pour solutionner le problème, souffle-t-on.

Ce Réseau du SNHR vient d’être piraté. Des membres du Comité d’eau, les  mêmes qui a été formé et mis en place par le SNHR, et avait la charge de gérer ces ouvrages d’eau parce que SNHR ne peut commercialiser cette denrée, en collusion avec de gens peu scrupuleux, y ont connecté frauduleusement 168 bornes fontaines. Ils se sont fait du beurre sur le dos de la population.

La justice est faite !

Informé, le Directeur national de SNHR, Georges Koshi Gimeya, a instruit son coordonnateur provincial du Sud-Kivu de dissoudre ce Comité d’eau et d’en installer immédiatement un autre, plus responsable. Le Parquet de Grande instance d’Uvira s’est saisi du dossier. Il a également appliqué la loi, ordonnant la destruction des bornes fontaines pirates. Selon le chargé de suivi du nouveau comité, Longetha, joint au téléphone, on dénombre, à ce jour, 124 bornes fontaines démolies. L’opération continue jusqu’à ce que la loi soit entièrement appliquée. Un début de solution…étant donné qu’une bonne partie de la population de Baraka reste encore sur sa soif.

Georges Koshi a dépêché un de ses agents, Ingénieur Cédric Ifandja, sur place, avec des moyens et des matériels pour construire 10 bornes fontaines. Ce, pour alléger un tout petit peu la difficulté d’approvisionnement en eau saine.

Cédric Ifandja y a laissé des matériels. Et grâce à ces derniers et de l’argent perçu dans la vente de l’eau au robinet soit 500 FC le mois par maison, le nouveau Comité d’eau a également ajouté 12 bornes fontaines. Ce qui fait un total de 22 bornes fontaines récemment construites, qui, additionnées aux 54 déjà opérationnelles, font 76 bornes fontaines. Des sources renseignent que le SNHR et le CICR envisageraient effectuer un ou deux forages industriels à Baraka afin que tout le monde ait ses 20 litres d’eau tel que recommandé.

Monde Rural

Un taux d’électrification rural inférieur à 50% ne permet pas d’entrer dans les Objectifs du millénaire pour le développement. Pourtant en RD Congo, ce taux est inférieur à 1%. Pire, le service chargé d’électrifier le milieu rural est complètement oublié par l’Etat.

Panneaux solaires photovoltaiques au Maroc - WPPHOTO

Peu de gens savent ce qu’est le Service national des énergies nouvelles (SENEN). Même l’Etat qui a mis en place ce service spécialisé du Ministère du Développement rural, semble l’ignorer. A ces jours, les agents passent des journées entières à s’ennuyer dans des bureaux. Ils n’ont rien à faire. Pourtant, le service est censé s’occuper de la promotion des énergies renouvelables et de l’électrification en milieu rural, conformément à l’ordonnance portant attribution des Ministères qui confère l’électrification rurale à la tutelle du Ministère du développement rural. En RD Congo, l’électrification en milieu rural a un taux de moins de 1%. Or, il est admis qu’un taux inférieur à 50% ne permet pas d’entrer de plain-pied dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Le pays est donc loin, alors très loin de répondre au critérium des OMD. Le défi à relever est grand. L’outil pour le faire est disponible. Mais les moyens lui manquent. En effet, le SENEN a pour objectif de réduire le déficit énergétique chronique en milieu rural par la promotion et la mise en œuvre de technologie des énergies renouvelables tout en préservant l’environnement. Cet office est bien structuré à travers le pays. Au niveau central, il est géré par une Direction Nationale. Au niveau provincial, par des coordinations provinciales. Et local, par des stations. Il compte une cinquantaine d’ingénieurs compétents dans les différentes filières des énergies renouvelables. Notamment l’énergie solaire, l’énergie éolienne, la biomasse et la micro hydroélectricité.

Des réalisations qui transforment des cités

A en croire Joseph Kolomanta Mbuta, Chef de division technique du service, le SENEN a, à son actif, plusieurs réalisations. Entre autres, des études d’identification des sites des énergies renouvelables à Kinshasa et dans les différentes provinces de la RD Congo. Par exemple, à Madimba dans le Kongo Central, il a installé 5 kits photovoltaïques et 2 séchoirs solaires. Et 1 kit photovoltaïque à l’hôpital général de Kimbangu. Un autre à la mission Miyamba et à Luozi.

Des études ont été menées pour la réhabilitation de la microcentrale de Lemfu sur la rivière Luhuga. Dans la Province du Bandundu, le SENEN a réalisé une installation des kits solaire à la mission Kenge, les installations des kits solaires à Bomongo, Bolomba, Gemena, en province de l’Equateur. Il a aussi installé un hydro générateur de 40 KVA à la mission protestante de la 26ème CMLK, 20 kits photovoltaïques et 22 séchoirs au Sud Kivu. Des installations des kits ont été également réalisées à Pangi et Kimbondo, dans le Maniema. Dans les deux Kasaï, des installations de kits solaires ont été aussi réalisés à Katakokombe et à Dimbelenge. Dans l’inter-land de Kinshasa, les SENEN a placé des kits au centre de nutrition Mikondo, à Ndako pembe, au plateau de Bateke, au centre socio médical du Mont carmel. Il a mis des kits photovoltaïques à Bibwa. Des kits photovoltaïques et 2 séchoirs solaires ont été aussi placé à Nd’jili brasserie, à Mbudi et à Matadi Kibala. Ce qui démontre qu’avec des moyens, cette structure du Développement rural est capable de beaucoup de choses.

Le SOS de SENEN

Pour Kolomanta, un programme d’électrification en milieu rural avec un budget conséquent s’avère nécessaire. Malheureusement, jusqu’à ce jour, le service est sous logé. Les moyens logistiques et financiers ne viennent pas. D’où le personnel est démotivé. Le Chef de division technique insiste pour que l’autorité prenne conscience de ce secteur hautement stratégique pour le développement du pays. «Comment penser aux villages modernes sans énergie?», s’interroge-t-il. Il faut que désormais le volet énergétique soit pris en compte dans les futures négociations avec les partenaires bi et multilatéraux. Le Ministère du Développement rural vise l’amélioration des conditions de vie de populations rurales. Avec plus au moins 80.000 villages sur l’ensemble du pays, la tâche est immense en matière d’électrification rurale. Compte tenu de l’hydrographie du pays et au taux d’ensoleillement, il est facile d’accorder la priorité à l’hydroélectricité et au solaire. Le pays est situé de part et d’autre de l’Equateur. Ce sont les 2 types d’énergies qu’on doit mettre à profit. Les autres formes d’énergies étant peu connu de la population (notamment, la bio masse, éolienne, géothermique et énergie de marré), il y’a trop de difficultés d’appropriation de la technologie. En tenant compte de tous ces problèmes, les acteurs du secteur énergétique sont en train de concevoir un plan du développement énergétique à l’horizon 2025-2040 pour l’amélioration du taux de desserte qui devra aller jusqu’à 30% en milieu rural. A ce niveau, les opérateurs vont recourir à des technologies de production de petite puissance d’une manière autonome et décentralisée. Le SENEN souhaite passer à l’étape de matérialisation. Il travaille donc déjà à l’amélioration des capacités techniques de ses cadres et agents en attendant la mobilisation des moyens financiers.

Natacha MINGI/Monde Rural 

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