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Un comité de 10 experts mis sur pied

Jeudi 19 novembre dernier à Gisenyi, la RD-Congo et le Rwanda avaient signé un accord portant essentiellement sur la surveillance du lac Kivu pendant l’exploitation du gaz méthane contenu dans ce lac qu’ils partagent à leur frontière. 5 mois après la signature de cet accord, les deux pays voisins se sont mis de nouveau d’accord en vue de mettre en place un comité pour cette fin. Composé de 10 experts, ce comité a été installé le mercredi 27 avril dernier à Goma dans la province de Nord-Kivu.

Paysage du lac Kivu - Photo Vancouver51.wordpress.com

La phase de coopération entre la RD-Congo et le Rwanda pour l’exploitation du gaz méthane au lac Kivu entre dans une nouvelle phase. Après la signature de l’accord en novembre dernier, il a été question le mercredi 27 avril 2016 de mettre sur pied un comité avec comme mission de sécuriser de façon commune les travaux d’extraction du gaz et d’épargner les populations riveraines du danger lié à la non-exploitation de ce gaz. Cette équipe de surveillance est composée de dix experts venus de ces deux pays voisins.

Si la RD-Congo n’a jusque-là initié aucune activité pour exploiter le gaz du lac Kivu, le Rwanda pour son compte a concocté un projet pilote devant produire 3 mégawatts d’électricité à partir du gaz méthane extrait du lac.

De l’avis du ministre RD-Congolais des Hydrocarbures, Aimé Ngoy Munkena, Kinshasa veut prendre tout son temps avant d’exploiter le lac Kivu. Devant la presse, il a déclaré que le tour de la RD-Congo viendra. Le ministre a en plus signifié qu’au niveau du gouvernement des paramètres nécessaires sont en train d’être réunis pour emboiter le pas au Rwanda. Conscient du danger qui guette les populations riveraines avec l’exploitation du gaz dans le lac Kivu, le gouverneur du Sud-Kivu, Marcelin Cishambo, a fait savoir que le gaz méthane est à la fois une richesse et un danger. «Le risque d’explosion gazeuse fait peur aux populations riveraines. Ces habitants attendent d’être informés sur le moment d’exploitation effective du gaz», a-t-il laissé entendre. Ces propos du gouverneur du Sud-Kivu avoisinent ceux tenus par Crispin Atama, alors ministre des Hydrocarbures, lors de la signature de l’accord sur la surveillance du lac Kivu pendant l’exploitation du gaz méthane au lac Kivu. «Notre lac contient du gaz méthane qui n’est pas toujours bon au contact avec l’environnement et le corps humain. Alors, lorsqu’on exploite le gaz afin de le transformer en électricité, il faut faire très attention. Et c’est cette attention qui nous amène ici», avait-t-il déclaré. Puis: «lorsqu’on exploite le lac, il faut que toutes les conditions techniques et technologiques soient bien surveillées. La surveillance ne doit pas être faite par un seul pays pour que nous mettions nos populations riveraines en protection, qu’elles soient de la RD-Congo ou du Rwanda».

Avec le Nyos et le Monoun du Cameroun, le lac Kivu est l’un des lacs du monde contenant de très fortes concentrations en gaz. Environ de 60 km3 de son étendue contient du méthane dissous alors que près de 300 km³ est concentré en dioxyde de carbone. Le lac lui-même s’étend sur 2 370 km².

Laurent OMBA

mercredi, 20 avril 2016 14:47

L'exploitation du gaz méthane du lac Kivu

Écrit par

Paysage du lac Kivu - Photo Vancouver51.wordpress.com

Reportage réalisé par EnviroNews à Goma (Nord Kivu) dans la partie Est de la RD. Congo. Il fait état des risques réels d’implosion de ces gaz dissous dans le lac, qui si rien n'est fait, pourrait coûter la vie à plus de 3 millions d’âmes causant ainsi un désastre environnemental sans précédent.

La grande question que nous nous sommes posée est celle de savoir: « Le Rwanda exploite déjà de son coté, mais pourquoi ça bloque en RDC? »

Les enfants des pecheurs, au bord du lac Kivu, à Rubavu (Rwanda) - Photo AFPSous les eaux calmes du lac Kivu, à la frontière entre Rwanda et République démocratique du Congo (RDC), sommeille une véritable bombe potentiellement mortelle, mélange de méthane et de CO2, que le Rwanda veut transformer en électricité.

Les 2.370 km2 du lac Kivu – soit quatre fois la taille du lac Léman entre la France et la Suisse – dont la profondeur atteint 485 mètres par endroits, contient, selon les estimations, quelque 60 km3 de méthane dissous et environ 300 km3 de dioxyde de carbone (CO2).

« Le lac Kivu est un lac à problème (…) dans lequel on trouve du dioxyde de carbone en volume assez important et du méthane (…) un gaz qui peut servir de détonateur à une éruption limnique », une remontée des eaux profondes chargées en gaz mortel qui se répandrait alors dans l’atmosphère, explique Matthieu Yalire, chercheur à l’Observatoire volcanologique de Goma, sur la rive congolaise du lac.

Avec ceux de Nyos et de Monoun au Cameroun, le lac Kivu est l’un des trois lacs au monde renfermant de très fortes concentrations de gaz. En 1986, le CO2 brutalement libéré par le lac Nyos avait tué par asphyxie plus de 1.700 habitants alentour. Deux ans auparavant, un phénomène semblable avait tué 37 personnes autour du lac Momoun.

Une telle catastrophe sur le lac Kivu pourrait tuer jusqu’à 2 millions de riverains rwandais et congolais. Or, la forte présence de méthane dans le lac et la proximité du volcan Nyiragongo, un des plus actifs d’Afrique, rendent l’événement loin d’être hypothétique.

En 2002, une éruption du Nyiragongo avait laissé craindre un bouleversement de la « stratification » (disposition des couches d’eau) du lac, susceptible d’entraîner une remontée des couches chargées en gaz. « Pour l’instant le lac est stable mais pour combien de temps? », interroge Matthieu Yalire, qui estime qu’extraire le méthane permet de « stabiliser » le lac.

Pour Martin Schmid, chercheur à l’Institut suisse de recherche sur l’eau et les milieux aquatiques (Eawag), « il est essentiel d’extraire le gaz du lac, au moins à long terme (…) si on laisse les gaz s’accumuler pendant une longue période, il faudra s’attendre à un moment à une éruption catastrophique de gaz ».

Mais cette concentration explosive de méthane fait aussi du lac Kivu le seul au monde où ce gaz peut être exploité commercialement.

A Karongi, sur la rive rwandaise, au pied des collines verdoyantes parsemées de bananeraies, l’entreprise américaine ContourGlobal, spécialisée dans la construction et la gestion de centrales électriques, finalise les préparatifs du projet KivuWatt qui vise à transformer la menace en aubaine et le gaz mortel en source d’énergie commercialisée.

Des centaines d’ouvriers s’affairent autour d’une plateforme qui, d’ici fin 2014, sera installée sur le lac, d’où elle aspirera le méthane piégé dans les profondeurs.
Sur sa rive Nord, près de la localité de Rubavu, un projet-pilote du gouvernement rwandais produit déjà 2MW d’électricité à partir du méthane lacustre. Mais le projet KivuWatt est d’une toute autre ampleur.

Sa première phase prévoit de générer 25 mégawatts (MW) destinés au réseau local puis, à terme, 100 MW, distribués dans l’ensemble du pays, soit permettant de quasiment doubler la capacité de production actuelle du Rwanda, d’environ 115 MW.

L’électrification du pays est un des objectifs du gouvernement rwandais qui veut que d’ici 2017 70% de sa population ait accès à l’électricité contre seulement 18% aujourd’hui.

Le méthane va aussi permettre de remplir un autre objectif: diversifier les sources d’énergie du Rwanda. Aujourd’hui, 46% de son électricité est d’origine thermique et la facture annuelle du carburant importé pour alimenter ces centrales s’élève à 40 millions de dollars.

« Il n’y a pas de forage, le gaz est pompé dans les couches inférieures (des eaux) du lac qui sont saturées en méthane », explique Yann Beutler, chef du projet KivuWatt, un investissement d’environ 200 millions de dollars à capitaux privés, mais financé à hauteur d’environ 45% par des prêts d’institutions internationales d’aide publique au développement.

« A partir du moment où cette eau remonte à la surface, elle libère le gaz (méthane et CO2) et ce gaz est collecté », poursuit M. Beutler. Méthane et CO2 sont séparés, le méthane envoyé vers une centrale sur la rive, tandis que le CO2 est redissous dans l’eau et le tout renvoyé dans les profondeurs du lac.

L’ensemble du processus est conçu pour que « la structure du lac et la faune et la flore du lac ne soient pas modifiées », assure-t-il.

ContourGlobal a signé une concession de 25 ans avec l’Etat rwandais et un accord avec EWSA, l’entreprise publique de production et distribution d’électricité au Rwanda, qui lui rachètera l’électricité produite durant cette même période.

Agence France Presse

Vue du ciel des rivages du Lac Tanganyika (RDC) - Direct.cdLes services de l’Urbanisme, de l’Habitat et l’Inspection de l’environnement et conservation de la nature d’Uvira ont interdit la construction des maisons à moins de 50 mètres des rives du lac Tanganyika et des rivières de cette cité du Sud-Kivu. Dans un communiqué publié le mercredi 5 mars, ces services indiquent que ces constructions polluent  ces cours d’eau et menacent la vie de leurs occupants.

D’importants dégâts matériels et humains ont été enregistrés à Uvira lors des pluies qui ont occasionné les crues des cours d’eau. Les principales victimes étaient les personnes habitant les maisons construites au bord du lac et des rivières.
Selon le responsable du service de l’habitat, Shelinda Shelin, des centaines de maisons sont envahies et détruites par les eaux du lac Tanganyika depuis le début de la saison pluvieuse dans la région.
Il accuse les propriétaires de ces habitations de n’avoir pas respecté la limite de 50 mètres exigée pour construire au bord d’un cours d’eau.
Pour le chargé de conservation de la nature à Uvira, les constructions réalisées le long des rivières et du Lac Tanganyika sont l’une des causes de pollution de ces cours d’eau.

Il explique également que ces constructions menacent la reproduction des poissons. Les personnes qui construisent ces maisons coupent les roseaux bordant les cours d’eau. Cette végétation est la zone de reproduction de poissons.
La société civile locale salue cette mesure. Elle réclame des sanctions contre les services de l’Etat qui ont vendu à des particuliers des terrains sur lesquels il est interdit de construire.

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