Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mardi, 27 juin 2017 -
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Démographie

Démographie (1)

La pression démographique représente un énorme défi pour la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, les infrastructures et la préservation de l’environnement. Que faire en RDC ? Améliorer la connaissance de la dynamique familiale et repositionner la planification familiale.

La pression démographique en RDC

Maitriser la démographie en République Démocratique du CongoLa population mondiale a atteint 7 milliards d’habitants en 2011. L’Asie est la région la plus peuplée au monde, mais la population africaine augmente plus vite. L’Afrique a la plus forte croissance démographique (2,3 %) au monde(1). D’ici 2100, l’Afrique aurait une population de 3,5 milliard en 2100, contre un milliard aujourd’hui.

La RDC figure parmi les pays africains ayant une plus forte croissance démographique. Un homme sur cent habitants de la planète vit en RD Congo. La RDC verrait sa population actuelle de 70 millions doubler dans 23 ans, tripler voire quadrupler d’ici 2100 si les projections se matérialisent.

La population congolaise est jeune et se rajeunit davantage avec près de 68 % des personnes âgées de moins de 25 ans. L’âge médian estimé à 21 ans en 1984, est passé à 15,5 ans en 2009. La jeunesse de la population congolaise génère de nombreux besoins en matière de formation et de création d’emplois qui sont loin de rencontrer la capacité nécessaire d’accueil tant dans les écoles que sur le marché du travail.

La pression démographique en RDC représente un défi énorme pour la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, les infrastructures et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

C’est ainsi que « maîtriser la démographie » est retenu parmi les « 10 défis » du Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la pauvreté de deuxième génération en RDC.

La relation entre la pression démographique et le développement

L’expérience, surtout en Afrique du Nord, au Moyen Orient et en Asie, montre qu’il y a de très bons résultats associés à la maîtrise active de la fécondité. La transition d’une fécondité de 6-7 enfants par femme vers le taux de renouvellement de 2,1 enfants prend généralement plusieurs décennies, mais peut parfois être plus rapide. Dans le cas de la transition démographique en Thaïlande, la fécondité a baissé d’un enfant tous les cinq ans.

Ainsi, selon l’UNFPA, 20 % de la croissance économique entre 1960 et 1995 en Asie de l’Est était due à la réduction de la fécondité. En Honduras et en Colombie il est estimé qu’éviter les grossesses non-voulues augmenterait les revenus des ménages de 10 % à 20 %. Pour chaque dollar investi dans la planification familiale, les coûts publics liés aux naissances seront réduits par 1,3 dollar.

Que faire en République Démocratique du Congo?

  • Améliorer la connaissance de la dynamique démographique

On ne dispose pas des données à jour et fiables à des échelles géographiques réduites. Le deuxième recensement général de la population et de l’habitat est une opération capitale qui permettra d’approfondir la connaissance des liens entre la population et la croissance économique, la lutte contre la pauvreté, la sécurité alimentaire, la santé, les infrastructures et la préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

L’amélioration de l’utilisation des données de population dans les programmes de développement. Ceci passe par la réalisation des études permettant de mieux :

  • cibler les zones de pauvreté aigue et de développer des projets spécifiques de construction d’écoles ou d’hôpitaux ;
  • approfondir l’analyse de la répartition spatiale et des interrelations avec l’environnement.
  • Repositionner la planification familiale

En Afrique subsaharienne, 39 % des grossesses sont non-désirées. Il faut pour cela augmenter l’accès aux services de planification familiale à moindre coût par l’accroissement de l’offre et la création de la demande de planification familiale. En RDC, le taux de prévalence de contraceptifs est de 5,4 % en 2010 alors que la moyenne en Afrique subsaharienne, bien que faible, s’élève à 17 %. Dans les pays africains les plus avancés, ce taux varie entre 30 et 50 %. Selon l’UNFPA, environ 38 % des zones de santé en RDC offrent les services de planification familiale.

Le gouvernement, les acteurs politiques et les leaders communautaires avec l’appui des partenaires au développement dont l’UNFPA, peuvent conjointement avec la société civile et les églises lancer une campagne publique sur les avantages pour la qualité de vie d’avoir moins d’enfant. On sera plus sûr d’avoir des enfants bien formés, bien nourris, en bonne santé, si la famille est moins nombreuse. Il faut aussi introduire des nouveaux modèles d’émancipation et d’autonomie auprès des femmes.

Ainsi, différents chantiers pourraient être engagés pour accompagner l’accès et l’utilisation des contraceptifs et la transition démographique, notamment :

  • la sensibilisation des jeunes scolarisés et non scolarisés, et surtout les filles, sur leurs droits sexuels et reproductifs;
  • assurer l’accès prolongé des filles aux études et qu’elles aient des opportunités de travail pour retarder l’âge de mariage;
  • améliorer l’accès aux soins en milieu rural : la réduction de la mortalité infantile est corrélée avec la baisse de la fécondité (effets biologiques et comportementaux);
  • assurer l’électrification rurale (au moins des lampes solaires) qui permet d’améliorer la qualité de la vie : faciliter les études, accéder à la télévision et à la diffusion de modèles d’émancipation et d’autonomie auprès des femmes;
  • envisager certaines incitations économiques, comme par exemple enseignement et santé publique gratuits pour les deux premiers enfants pour les familles qui acceptent la planification familiale.

PNUD, ONU-REDD, FNUAP
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