Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : samedi, 21 octobre 2017 -
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Espèces endémiques et menacées

Espèces endémiques et menacées (4)

Selon un rapport du WWF International publié le mardi 18 avril 2017, 30% des sites naturels et mixtes classés au patrimoine mondial par l'Unesco sont menacés par le prélèvement illégal d'espèces menacées. La Tanzanie, elle, a payé le lourd tribut.

Crédit photo: AFP

Ils devaient être le dernier rempart pour protéger des espèces animales en danger. Mais, faute de moyens, ils subissent aussi le braconnage et la déforestation ou encore la pêche illégale. Selon un rapport du WWF International publié mardi 18 avril,  presque 30% des 238 sites naturels et mixtes classés au patrimoine mondial sont menacés par le prélèvement illégal d'espèces menacées. Plus précisément, 43 sites sont menacés de braconnage, tandis que des cas d'exploitation forestière illégale sont recensés dans 26 sites. Quant à la pêche illégale, elle est rapportée dans 18 des 39 sites marins et côtiers actuellement définis. Lors de la seule année 2016 à Sumatra, 5% des tigres du site classé de la forêt tropicale de l'île ont été tués. La réserve de Sélous, en Tanzanie, a perdu 90% de ses éléphants depuis son inscription au patrimoine mondial de l'Unesco en 1982. Même la France est concernée avec des coupes illégales de bois dans le parc national de la Réunion.

Conséquences économiques

L'ONG de protection des animaux WWF sonne l'alerte. Les sites classés abritent 40% des derniers éléphants d'Afrique et un tiers des tigres sauvages. D'autres espèces animales protégées comme les macaques, les pangolins, les rhinocéros y sont également abattues, et on y coupe illégalement des arbres millénaires comme l'ébène ou le bois de rose à Madagascar. Le WWF rappelle les conséquences économiques de ces trafics. Au Belize, 50% des habitants vivent du tourisme ou de la pêche. Protéger au moins sa barrière de corail est indispensable pour le pays. Selon le rapport, le braconnage des éléphants aurait fait perdre 25 millions de dollars de revenus par an à l'Afrique.

Christian MUTOMBO MALAMBA

Le verdict est tombé depuis le 27 juin dernier. Au Tribunal de grande instance de Mbandaka, en province de l’Equateur, la sentence a été prononcée contre Mawonda Akonzi François inculpé pour possession illégale d’un bonobo -Pan paniscus-, une espèce totalement protégée en RD-Congo. Ce trafiquant des bonobos a été condamné à trois ans de prison ferme et devra débourser la somme de USD 5.000 comme amende conformément aux dispositions de l’article 78 de la loi n°14/003 du 11 février 2014 sur la conservation de la nature en RD-Congo. «Ce jugement est une preuve éloquente de l’implication et de la détermination des autorités RD-congolaises dans l’application de la loi à venir à bout des réseaux de criminels fauniques», s’est réjoui Alfred Yoko, chef de programme faune sauvage du WWF-RDC.

Groupe de bonobos dans le sanctuaire Lola ya Bonobo - CGC

Le 27 avril dernier, Mawonda Akonzi François a été arrêté à Mbandaka en possession illégale d’un bonobo -Pan paniscus- qu’il envisageait de ramener à Kinshasa par voie fluviale. Le prévenu a été ensuite déféré au tribunal de grande instance et le bonobo saisi confié à la Direction provinciale de l’Institut congolais pour la conservation de la nature -ICCN- à Mbandaka.

Son arrestation est le fruit de la collaboration entre les partenaires locaux appuyés par le WWF et les autorités politico-administratives pour la lutte contre la criminalité faunique. Ce programme de lutte contre le trafic faunique est soutenu financièrement par l’Agence américaine pour le développement international -USAID.

Laurent OMBA

Le trafiquant chinois d'ivoire entouré de policiers kényans - Photo AFPUn ressortissant chinois a été condamné mardi par un tribunal kényan à la peine la plus lourde prononcée au Kenya pour possession et trafic d’ivoire, au nom d’une nouvelle loi plus dure de protection de la faune.

Tang Yong Jian, 40 ans, a été contraint à payer une amende d’environ 170.000 euros ou, à défaut, faire 7 ans de prison.

Il avait été arrêté mi-janvier en possession de 3,4 kilos d’ivoire brut dans une valise à l’aéroport international de Nairobi, où il était en transit entre le Mozambique et la Chine. Il avait plaidé coupable lundi de possession illégale et de trafic d’ivoire.

Le tribunal lui a infligé l’amende maximum prévue par la nouvelle loi, aux termes de laquelle les infractions les plus graves – l’atteinte à un animal d’une espèce menacée – sont passibles de la prison à vie.

Cette peine est la première infligée aux termes de la loi promulguée fin décembre, qui durcit considérablement les sanctions encourues par braconniers et trafiquants, contre lesquels les sanctions étaient jusqu’ici considérées comme extrêmement clémentes au regard des montants générés par le trafic et de l’ampleur du massacre des grands mammifères d’Afrique.

« Jugement historique »

Paul Udoto, chargé de communication du Service de la Faune kényane (KWS), agence gouvernementale chargée de la gestion des Parcs nationaux et de la protection de la nature, a salué « un jugement historique » et un « précédent remarquable », attribuable à la nouvelle législation.

La nouvelle loi va faire « du massacre de la faune sauvage une activité très coûteuse », a-t-il expliqué à l’AFP: ceux qui y sont impliqués vont « perdre beaucoup d’argent et passer de longues années dans les prisons kényanes ».

Le gouvernement kényan avait annoncé mi-2013 le durcissement de la législation, en raison de la légèreté des peines prononcées par les tribunaux kényans.

En avril, un trafiquant chinois arrêté au Kenya avec 439 pièces d’ivoire avait été condamné à une amende d’environ 265 euros, un montant représentant moins d’un euro par pièce saisie, alors que selon des experts, un kilo d’ivoire se négocie autour de 2.500 dollars au marché noir.

Le fait que les trafiquant ne soient plus punis « d’une simple tape sur les doigts » est une « motivation majeure pour nos +Rangers+ (gardes armés des parcs) et pour ceux impliqués dans le processus judiciaire » contre la contrebande, a estimé M. Udoto.

Mardi, un autre tribunal kényan a parallèlement condamné à un million de shillings (8.400 euros) d’amende ou cinq ans de prison un Kényan arrêté en possession illégale d’oiseaux.

Lundi soir, un autre ressortissant chinois a été arrêté à l’aéroport de Nairobi, en possession de bijoux en ivoire, alors qu’il était en transit entre Lubumbashi (République démocratique du Congo) et la Chine.

Lutte difficile

Les braconniers collectent l’ivoire ou les cornes de rhinocéros sur des animaux abattus au Kenya. Mais ils utilisent aussi le pays – hub aéroportuaire et portuaire – comme point de passage des trophées braconnés dans la région.

Les trafics très lucratifs de l’ivoire et de la corne de rhinocéros ont explosé ces dernières années, alimentés principalement par la forte demande en Asie et au Moyen-Orient.

L’ivoire y est utilisée en médecine traditionnelle et dans la fabrication d’objets décoratifs et la corne de rhinocéros s’y vend à prix d’or en raison de ses prétendues vertus médicinales, bien qu’elle ne soit composée que de kératine, la même matière que les ongles humains.

Malgré le durcissement de la législation, la lutte va rester difficile contre les réseaux mafieux de trafiquants.

Le Kenya a saisi en 2013 trois importantes cargaisons d’ivoire, représentant plus de 8,5 tonnes au total, dans des conteneurs à destination de l’Asie mais ni les expéditeurs ni les destinataires n’ont été identifiés jusqu’ici.

Selon le KWS, 162 éléphants ont été massacrés au cours des seuls six premiers mois de l’année 2013, contre 384 en 2012 au Kenya, qui compte environ 37.000 éléphants. Estimée à environ 167.000 individus en en 1973, la population des pachydermes kényans était tombée à 20.000 en 1989, date de l’interdiction mondiale du commerce de l’ivoire.

Il reste moins de 500.000 éléphants en Afrique, contre plusieurs millions au milieu du XXe siècle. Outre le braconnage, leur survie est aussi menacée par l’extension des zones urbaines.

Agence France Presse (Nairobi)

Un plan d’urgence international pour sauver les éléphants d’AfriqueLes principaux pays impliqués dans le commerce de l’ivoire, dont la Chine et la Thaïlande, se sont mis d’accord mardi lors d’un sommet au Botswana sur un plan d’urgence pour enrayer le massacre des éléphants d’Afrique par les braconniers.

Des représentants des pays frappés par le braconnage (Gabon, Kenya, Niger, Zambie…), des pays de transit de l’ivoire (Kenya, Malaisie, Philippines, Vietnam…) et des principaux consommateurs (Chine, Thaïlande…) ont pris quatorze « mesures d’urgence », a indiqué l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), co-organisateur de la conférence avec le gouvernement botswanais.

Les 30 pays présents à Gaborone prônent une approche de « tolérance zéro ». Ils se sont notamment engagés à considérer comme un « crime grave » le trafic d’espèces sauvages, ce qui permettra de « déverrouiller efficacement la coopération internationale (…), y compris l’assistance juridique mutuelle, la saisie d’actifs et la confiscation, l’extradition, et d’autres outils pour tenir les criminels responsables de la criminalité de la faune », selon la version française du texte de l’accord.

Parmi les autres mesures, figurent le renforcement de l’arsenal juridique des peines contre les braconniers et les trafiquants d’ivoire pour les rendre « dissuasives », et la mobilisation de moyens nécessaires et des efforts pour sensibiliser les populations vivant avec les éléphants.

Dans les pays où l’ivoire est prisé, il est également prévu « des stratégies ciblées –y compris, le cas échéant, des approches dirigées par le gouvernement– pour influencer le comportement des consommateurs ».

Ces mesures doivent être prises d’ici la fin 2014.

Il est grand temps d’agir, car l’éléphant d’Afrique est menacé par une inquiétante augmentation du braconnage ces dernières années. Encouragé par la pauvreté et la corruption et alimenté par une très forte demande d’ivoire en Asie, le trafic finance au passage plusieurs groupes terroristes en Ouganda, en Somalie ou au Soudan.

On ne compte plus qu’un demi-million d’éléphants en Afrique contre 1,2 million environ en 1980, et leur nombre pourrait baisser de 20% ces dix prochaines années si rien n’est fait, selon un rapport publié lundi. D’autres spécialistes sont encore plus pessimistes, le « braconnage industriel » de groupes armés menaçant maintenant l’Afrique australe où vivent plus de la moitié des pachydermes du continent.

« Notre fenêtre d’opportunité pour lutter contre le commerce illégal de l’ivoire se ferme, et si nous n’endiguons pas la marée, les générations futures condamneront notre manque de volonté pour agir », a mis en garde mardi l’hôte de la conférence, le président botswanais Ian Khama, dont le pays abrite plus de 200.000 éléphants –pour l’instant épargnés par le massacre.

« Il est maintenant temps que l’Afrique et l’Asie unissent leurs forces pour protéger cette espèce universellement appréciée et indispensable », a-t-il ajouté.
Six pays ont signé le texte mardi à Gaborone, les 24 autres devant le faire formellement plus tard, a précisé à l’AFP Simon Stuart, le président de la commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.

« Les 30 pays présents ici se sont mis d’accord sur les 14 mesures urgentes. Nous avons un consensus, c’est une bonne nouvelle », a souligné le responsable.
Concrètement, il s’agit aussi selon M. Stuart de faire pression sur le « gang des huit » pays accusés de passivité face au trafic d’ivoire: Kenya, Ouganda, Tanzanie à l’origine, Malaisie, Philippines et Vietnam pour le transit, et bien sûr Chine et Thaïlande à l’arrivée, qui pourraient faire l’objet de sanctions à la prochaine réunion de la Convention sur le commerce international des espèces protégées (Cites) en juillet 2014.

La directrice générale de l’UICN Julia Marton-Lefèvre espère déjà que la conférence de Gaborone fera école.

« Nous espérons que ces résultats iront au-delà de l’accent mis par le sommet sur les éléphants d’Afrique et encourageront des efforts plus larges visant à lutter contre le commerce illégal d’autres espèces menacées, tels que les rhinocéros et les pangolins », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Agence France Presse (AFP)

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