Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : samedi, 16 décembre 2017 -
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CITES

CITES (9)

Mammifère insectivore le plus braconné au monde, le pangolin sera désormais classé en Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction -CITES. Ce qui implique l’interdiction de son commerce international. La décision a été prise lors des assises de la 17ème Conférence des Parties -COP 17- de la CITES qui se tient à Johannesburg en Afrique du Sud, depuis le 24 septembre 2016. Satisfait, le WWF estime que cette décision permettra une meilleure protection de 8 espèces de Pangolin particulièrement menacées par le commerce international.

Le pangolin - Crédit Photo Arynews.tv

Pour la cheffe de la délégation du WWF pour la COP17 de la CITES, Ginette Hemley, c’est une grande victoire et une nouvelle aussi extraordinaire que rare pour les pangolins, l’une des espèces les plus menacées et les plus braconnées.

«Ce jour marque une belle avancée pour la conservation des espèces sauvages. Donner aux huit espèces de pangolins une protection totale dans le cadre de la CITES écarte toute question relative à leur commerce légal et rendra la tâche plus difficile aux trafiquants qui seront plus lourdement sanctionnés», a-t-elle analysé non sans reconnaitre que la lutte ne s’achève pas ici. «Les pays Parties à la CITES doivent maintenant se mobiliser pour que la décision soit appliquée. Le commerce illégal sera toujours une menace pour les pangolins tant que la demande de viande et d’écailles persistera. Nous devons redoubler d’efforts pour combattre le braconnage et le trafic de ces espèces, et réduire la demande de produits illégaux issus de la faune sauvage, notamment en Chine et au Vietnam», a appelé Ginette Hemley. A l’en croire, les pangolins auront une véritable chance de survie si les pays s’engagent et agissent avec la même détermination dont ils ont fait preuve aujourd’hui.  Peut-être les pangolins perdront-ils alors le titre de mammifère le plus braconné.

Une des organisations de conservation indépendantes les plus grandes et les plus respectées au monde, le WWF se fixe comme mission de stopper la dégradation de l’environnement naturel de la Terre et de construire un avenir où les humains pourront vivre en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique de la planète, en veillant à ce que l’utilisation des ressources naturelles renouvelables soit durable et en promouvant la réduction de la pollution et de la surconsommation.

Laurent OMBA

En marge de la 17ème Conférence des Parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction -COP 17 de la CITES-, le Fonds mondial pour la nature -WWF- a réitéré sa position face à la criminalité faunique toujours croissante. Depuis le début de cette année, il n’a cessé d’inviter les gouvernements des pays à reconnaître la gravité de la criminalité faunique et de prendre des mesures énergiques à la COP de la CITES, prévue à Johannesburg en Afrique du Sud du 24 septembre au 5 octobre 2016.

Logo officiel de la COP17 CITES

En RD-Congo, le WWF, en synergie avec TRAFFIC, lutte, via son programme faune sauvage, contre le commerce illégal de l’ivoire. Son principal cheval de bataille est d’arracher la signature d’un arrêté national interdisant la détention et le commerce des produits en ivoire. De cette manière, le WWF a initié le projet ALCRIF -Application de la loi et lutte contre la criminalité faunique en RDC- avec le soutien financier de l’USAID qui mène des opérations coup de poing contre les détenteurs illégaux d’ivoire. Ces opérations sont accomplies grâce à une étroite collaboration avec l’Institut congolais pour la conservation de la nature -ICCN- et la Police nationale.

Une des plus grandes ONG internationales vouée à la protection de l’environnement, le WWF est très actif dans la CITES depuis l’entrée en vigueur du traité en 1975. Il fait activement la promotion d’une application plus stricte du traité au profit de la conservation de la faune.

Aussi désignée comme la Convention de Washington, la CITES est un accord international entre Etats dont le but est de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. Sa mission est de réglementer la coopération internationale dans le cadre du commerce des plantes et des animaux sauvages. Ce, en vue de préserver certaines espèces de la surexploitation.

Elle confère, aujourd’hui, une protection -à des degrés divers- à plus de 35.000 espèces sauvages et compte 183 Parties.

Laurent OMBA

Dimanche 5 juin 2016, à travers toute la planète, l’on a célébré la journée mondiale de l’Environnement -JME- sous le thème «Luttons pour la vie sauvage: tolérance zéro contre le commerce illégal de la vie sauvage». L’édition 2016 de cette journée, considérée à juste titre comme le principal instrument par lequel les Nations Unies entendent œuvrer à une prise de conscience mondiale face aux problèmes environnementaux et promouvoir des actions politiques en matière de durabilité environnementale, s’oppose au commerce illégal de la vie sauvage qui érode la précieuse biodiversité de la planète Terre, nous prive de notre patrimoine naturel et conduit les espèces au bord de l’extinction.

Poster de sensibilisation JME 2016 - PNUE

L’Angola a accueilli les célébrations en marge de cette journée. Selon la ministre angolaise de l’Environnement, Maria de Fátima Jardim, son pays tient à devenir un nouvel Angola dans lequel les peuples et les animaux peuvent faire l’expérience de la paix et de la prospérité, où l’environnement occupe le cœur et l’esprit de ses habitants à part entière, en accord avec les Objectifs de développement durable.

D’après le Programme des nations unies pour l’environnement -PNUE-, la criminalité liée aux espèces sauvages met en danger des espèces mythiques telles que les éléphants, les rhinocéros, les tigres, les gorilles et les tortues de mer. A titre d’exemple, cette agence de l’ONU a épinglé qu’en 2011, une sous-espèce de rhinocéros, le rhinocéros de Java, a été déclarée éteinte au Vietnam, alors que le dernier rhinocéros noir de l’ouest disparaissait du Cameroun la même année. Les grands singes ont quant à eux disparu de la Gambie, du Burkina Faso, du Bénin et du Togo et ils pourraient disparaître d’autres pays sous peu. «Le commerce illégal endommage les économies et les écosystèmes, alimente le crime organisé ainsi que la corruption et l’insécurité à travers le monde», peut-on lire dans le document du PNUE.

En vue de soutenir l’effort mondial contre le commerce illégal de la vie sauvage, des célébrités et des ambassadeurs de bonne volonté de l’ONU ont initié des actions dans le cadre d’une campagne inédite, intitulée WildForLife. Cette campagne vise à mobiliser des millions de personnes à prendre des engagements et des mesures contre ce fléau qui tue un éléphant chaque 15 minutes. Toutes ces personnalités conjuguent des efforts pour changer la situation des espèces menacées. Parmi elles, le compositeur et chanteur Libanais, Ragheb Alama, engagé pour les calaos à casque, l’actrice Chinoise Li Bingbing et la star ivoirienne du football, Yaya Touré, engagés pour les éléphants, la star de Bollywood Jacqueline Fernandez qui plaide en faveur des tigres. Soutenue par son compatriote footballeur, Junior Neymar, le mannequin brésilien, Gisele Bündchen, s’est aussi engagé en faveur des tortues de mer.

Instaurée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1972, la journée mondiale de l’environnement est l’occasion de soulever régulièrement les questions essentielles de la protection de l’environnement et ses conséquences sur la qualité de vie des populations et la survie de la planète. Elle se veut, en plus, une «Journée pour tous» où chacun peut agir concrètement en faveur de l’environnement et transformer ses actes individuels en une force collective capable d’avoir un impact positif exponentiel sur la planète.

Laurent OMBA

La conférence sur l’exploitation illégale des produits de la faune et de la flore d’Afrique se tiendra du 27 au 30 avril 2015 à Brazzaville. Objectif : élaboration un programme d’actions concrètes pour lutter contre le braconnage, assorti d’un mécanisme de financement durable.

Composition de Jean Vilar - Jeanvilarsciences.free.fr

Organisée par la République du Congo, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), cette conférence est appelée à mettre en place des mesures susceptibles de sécuriser la biodiversité d’Afrique pour la durabilité et la paix mondiale. 

Ayant pour thème centrale : «Sécuriser la biodiversité d’Afrique pour la durabilité et la paix mondiale», la conférence sera parrainée par la commission de l’Union Africaine (UA). Elle s’appuiera sur les conclusions des réunions antérieures dont la mise en œuvre des résultats devrait se faire de manière concertée. 

La conférence permettra aux Etats africains et leurs partenaires techniques et financiers d’adopter une stratégie africaine et un plan d’action devant apporter une réponse adéquate au trafic transfrontalier des produits des espèces de la biodiversité en danger.

Cette rencontre permettra en claire d’élaborer une feuille de route internationale pour lutter contre le commerce illégal des espèces sauvages de la faune à tous les niveaux en Afrique, impliquant les pays africains et les pays consommateurs. 

Les Africains y saisiront l’occasion pour mettre en place un programme d’actions conjointes et concrètes pour lutter contre le braconnage, assorti d’un mécanisme de financement durable, d’échange d’information sur la circulation illicite des produits de la faune et de la flore et de renforcement de capacités ; et un projet de mise en œuvre de la stratégie africaine commune sur la lutte contre le commerce illicite de faune et de la flore sauvages. 

Commerce illicite, un fléau mondial 

« Les organisations de conservation ne peuvent pas résoudre seules le problème du braconnage des éléphants, tant la menace est alimentée par le commerce international des cornes des rhinocéros et de pointes d’ivoire d’éléphants », pense un spécialiste RD-congolais. 

Le trafic illégal d'espèces sauvages est passé à la quatrième place au classement mondial des commerces illicites, juste derrière le trafic de drogue, la fabrication de fausse monnaie et la traite des êtres humains.

A ce jour, beaucoup d’espèces animales et végétales sont victimes d’une pression effrénée qui menace dangereusement les équilibres écologiques mondiaux. Parmi les espèces les plus menacées figurent le rhinocéros et l’éléphant d’Afrique, espèces emblématiques qui sont en voie d’extinction.

En effet, des données scientifiques démontrent que les éléphants en Afrique centrale sont gravement menacés par le commerce de l'ivoire et vont disparaitre si la tendance actuelle se confirme. 

Christian-Joseph MUTOMBO 

 

La police kenyanne présente le 5 juin 2014 302 pièces d’ivoire, dont 228 défenses d’éléphants, saisies dans le port de Mombasa - Photo AFPLes réseaux de braconnage qui déciment notamment éléphants et rhinocéros d’Afrique bénéficient souvent de protections haut placées mais des militants espèrent mettre fin à leur impunité grâce à un site internet permettant de dénoncer crimes et criminels de façon confidentielle.
Les fondateurs de WildLeaks – sorte de WikiLeaks de la vie sauvage – le présentent comme la première plateforme en ligne sécurisée de lancement d’alerte dédiée à l’environnement et aux crimes contre la nature.

Alors que sur le terrain, les gardes des parcs affrontent les armes à la main des braconniers équipés de matériel militaire et toujours plus déterminés, WildLeaks espère rassembler des informations sur les têtes des réseaux et leurs protecteurs.

« Nous avons par exemple reçu un tuyau très intéressant sur un individu très puissant au Kenya, lié au gouvernement et qui est derrière le trafic d’ivoire », a affirmé à l’AFP à Dar es Salaam le fondateur de WildLeaks, Andrea Crosta.

Ce genre de personne « ne sera jamais pris de l’intérieur. Ils sont trop puissants. Il faut de l’aide de l’extérieur. Donc dans l’immédiat, nous essayons de collecter des preuves », poursuit cet ancien consultant en sécurité et protecteur de l’environnement de longue date, âgé de 45 ans.

Le braconnage des éléphants et des rhinocéros a explosé ces dernières années en Afrique, alimenté par la forte demande d’ivoire et de corne en Asie où ils ont atteint des prix astronomiques qui font saliver gangs criminels internationaux et groupes armés.

M. Costa se dit certain que WildLeaks peut être une arme cruciale contre le braconnage qui menace la survie des pachydermes d’Afrique. Le site a reçu son premier tuyau dans les 24 heures qui ont suivi son lancement en février et a récolté depuis 45 informations et fuites, dont 28 jugées utiles.

Les renseignements recueillis sont de toutes sortes, et vont du braconnage du tigre à Sumatra à la coupe illégale de bois dans l’est de la Russie ou au Mexique, en passant par la contrebande de faune et flore sauvage vers les Etats-Unis.

Certaines de ces informations sont transmises à des agences de répression, d’autres partagées avec des organisations de défense de l’environnement spécialisées dans le domaine concerné. WildLeaks a également lancé à deux reprises sa propre enquête et une troisième devrait l’être prochainement.

Le site utilise un système informatique de cryptage pour préserver l’identité de ses informateurs.

« C’est vraiment une idée intelligente », estime Mimi Arandjelovic, chercheuse à l’Institut Max Planck pour l’Anthropologie de l’évolution, partenaire de WildLeaks dans le combat contre le commerce des grands singes en Afrique centrale et occidentale. « Les gens peuvent rencontrer des blocages quand il s’agit de dénoncer ces choses, donc pouvoir le faire de façon anonyme ne peut être que positif ».

Selon Richard Thomas de l’ONG TRAFFIC, principal réseau de surveillance du commerce de flore et faune sauvage, « il s’agit d’une nouvelle approche contre les crimes contre l’environnement » mais « elle fera ses preuves dans le temps, si des informations utiles sont recueillies et adressées aux agences spécialisées pour des actions concrètes ».

Principal enjeu pour que le projet WildLeaks réussisse: le faire connaître auprès du public et gagner la confiance des informateurs potentiels, admet M. Crosta, qui était à Dar es Salaam pour rencontrer des partenaires potentiels et passer le mot sur son projet.

WildLeaks n’a pour l’heure reçu aucun renseignement venu de Tanzanie, pays d’Afrique de l’Est dont les éléphants et rhinocéros sont actuellement décimés.
En 2011, M. Crosta avait mené – sur ses fonds propres, affirme-t-il – une enquête sous couverture de 18 mois sur le braconnage d’espèces sauvages et était parvenu à rencontrer des trafiquants.

Ses conclusions suggéraient notamment que le trafic d’ivoire était un élément-clé du financement des insurgés somaliens shebab, des résultats néanmoins contestés par des experts de l’ONU.

Mais le message de WildLeaks est clair: faire cesser le braconnage nécessite d’agir contre les chefs, richissimes et influents, de gangs criminels bénéficiant souvent de connexions à hauts niveaux dans certains pays.

« Nous ne traquons pas les braconniers ou trafiquants de petite envergure, mais ceux qui sont au-dessus d’eux, y compris les responsables gouvernementaux corrompus », explique Andrea Crosta.

Pour l’heure WildLeaks n’a permis aucune arrestation, mais son fondateur l’attribue à la jeunesse du projet et au fait qu’il est plus difficile d’atteindre les échelons supérieurs des réseaux criminels.

« Vous ne pouvez pas simplement continuer à attraper et incarcérer les braconniers, parce qu’il y en a une réserve infinie par ici », assure-t-il, « ce n’est pas la solution ».

Agence France Presse

Un rhinocéros blanc au zoo de Johannesburg en Afrique du Sud le 25 juillet 2013 - AFP/Archive de Stephan de SakukinUn braconnier sud-africain a été condamné à 77 ans de prison pour avoir abattu trois jeunes rhinocéros, alors que le massacre de ces animaux pour leur corne s’accélère d’année en année.

« C’est l’une des plus lourdes peines jamais prononcées (en matière de braconnage) et nous espérons que cela enverra un message ferme aux braconniers », a commenté le porte-parole de SANParks (Parcs nationaux sud-africains), Reynold Thakhuli, après avoir rendu public le verdict.

Cette peine montre que « les tribunaux sont prêts à éradiquer le fléau du braconnage », a-t-il ajouté, interrogé par l’AFP.
Mandla Chauke a été condamné pour avoir abattu trois rhinocéros dans le célèbre parc national Kruger, qui est la cible principale des braconniers, dont la plupart viennent du Mozambique voisin.

Sur 588 rhinos abattus illégalement sur les six premiers mois de l’année, 370 l’ont été dans le Kruger. 62 braconniers ont été arrêtés sur la même période.
Début juillet, deux Mozambicains avaient été condamnés à 16 ans de prison pour le même crime.

La corne de rhinocéros se vend à prix d’or sur le marché noir de la médecine asiatique, où on lui prête différentes vertus, jamais démontrées par la science.

AFP via Goodplanet.info

Des sacs d’écailles de pangolin saisis par les douanes de Hong Kong - Information Services Department/AFP/ArchivesLes mystérieux pangolins, ces mammifères au corps recouvert d’écailles et surtout présents en Afrique et en Asie du sud est, sont une espèce menacée d’extinction car leur chair est trop appréciée en Asie, selon un communiqué publié lundi par la CITES, (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction).

L’animal, qui ressemble à un artichaut doté de pattes et d’une queue, est l’unique mammifère au monde recouvert d’écailles. Ses écailles sont comme une armure contre les prédateurs de la nature, mais ne le protègent pas contre les braconniers.

Selon le groupe spécialisé sur le pangolin, qui est établi à Londres à la Société de zoologie, les pangolins sont à présent le groupe de mammifères au monde le plus victime de commerce illégal, avec plus d’un million d’entre eux capturés dans la nature au cours des 10 dernières années.

En dépit d’une interdiction du commerce des pangolins sauvages en Asie, le commerce illégal de ces animaux est florissant.
Les consommateurs sont prêts à payer des fortunes pour la viande de Pangolin, servie comme une délicatesse lors de repas de fête en Asie.
En médecine traditionnelle chinoise, les écailles de pangolin sont aussi considérées comme pouvant traiter de nombreuses affections, telles que le psoriasis ou une mauvaise circulation.

« Toutes les 8 espèces des pangolins sont à présent menacées d’extinction, en raison notamment de leur commerce illégal en Chine et au Vietnam » a déclaré le Professeur Jonathan Baillie, co-président du groupe spécialisé sur les pangolins et directeur des programmes de conservations à la Société de zoologie de Londres.
« Au 21ème siècle, on ne devrait vraiment plus manger d’espèces en voie d’extinction », a-t-il estimé.

Le groupe spécialisé a lancé mardi un programme d’action pour la conservation de l’espèce, pour mettre fin au commerce illégal et assurer le futur des pangolins en Afrique et en Asie.

Pour Dan Challender, co-président du groupe de spécialistes, « il faut que les gouvernements chinois et vietnamiens commencent par établir  d’urgence un inventaire de leurs populations de pangolins et publient les chiffres » pour empêcher le commerce illégal de l’espèce.
Le pangolin pèse entre 2 et 35 kilos, selon son espèce, et mesure entre 30 et 80 cm. Le pangolin géant, le plus grand des espèces, mesure 1,5 mètre et pèse 35 kilos.

La plupart des pangolins sont des animaux nocturnes qui se nourrissent essentiellement d’insectes.
Le mot pangolin vient du mot malais ‘pangguling » et signifie « quelque chose qui se roule », soit la position qu’adopte l’animal lors qu’il se sent menacé.

AFP via Goodplanet.info

Cadavres de rhinocéros dépourvus de leurs cornes (Afrique Centrale) - Photo Roadsmag.comPlus de quarante pays –certains victimes et d’autres réputés complices– participent jeudi à Londres à une réunion d’une ampleur sans précédent contre le trafic des animaux, préconisant « une tolérance zéro » contre les braconniers et autres marchands d’ivoire ou de cornes de rhinocéros.

A l’initiative du gouvernement britannique et des princes Charles et William, la conférence, qui rassemble chefs d’Etat, ministres et organisations internationales, doit permettre de réfléchir à des solutions pour enrayer un trafic en pleine croissance.

De fait, la situation est alarmante à cause d’une recrudescence marquée depuis dix ans du braconnage qui met en péril l’existence même de plusieurs animaux rois de la savane africaine et de la jungle asiatique.
« Il n’y a pas de temps à perdre » face à « l’ampleur inimaginable » du fléau dans certains pays, a martelé jeudi matin le prince Charles.

La conférence de Londres met l’accent plus particulièrement sur trois espèces emblématiques, des seigneurs en déclin et menacés de disparition à moyen terme: les éléphants d’Afrique, les rhinocéros et les tigres.

En amont de la réunion, plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont symboliquement procédé à des destructions de leurs stocks d’ivoire sur la place publique, et les Etats-Unis se sont engagés à durcir leurs règles face au trafic.

Mais sur le terrain, le massacre continue. En dix ans, 62% de la population des éléphants de la forêt africaine a été décimée et leur survie n’est, à ce rythme, plus assurée. Mille rhinocéros ont été tués l’année dernière en Afrique du Sud, contre… treize en 2007, et le nombre de tigres vivants à l’état sauvage en Asie a chuté de 100.000 à 3.200 en cent ans.
« Malheureusement tous les rhinos sauvages du monde pourraient tenir dans le stade de Wembley et il resterait encore de la place », a déploré le prince William.

Le commerce illégal d’animaux, qui « a échappé à tout contrôle » selon le professeur Jonathan Baillie de la société zoologique de Londres, est plus que jamais motivé par l’appât de gain.
Selon les experts, le commerce illégal d’espèces menacées représente un marché de 8 à 10 milliards de dollars par an. Une corne de rhinocéros, par exemple, est désormais plus précieuse que l’or, se négociant au prix de 40.000 euros le kilo.

Le trafic est tiré par une forte demande en Asie, où on attribue des vertus médicinales aux cornes et aux os de tigre. Mais ces pièces, surtout l’ivoire, constituent aussi de plus un plus un symbole de puissance et de richesse, malgré le moratoire sur le commerce de l’ivoire décidé en 1989.
« Ce n’est pas seulement une crise environnementale. C’est devenu une industrie criminelle, à l’échelle de celle des drogues, des armes et du trafic humain », a souligné jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

A la conférence de Londres, la Grande-Bretagne espère trouver un accord global qui inclut à la fois les nations refuge d’Afrique et « des pays comme la Chine ou le Vietnam qui sont destinataires » des produits illégaux.
« Nous devons faire preuve d’une tolérance zéro devant la corruption et afficher l’engagement de tous les gouvernements à n’avoir aucun lien commercial avec des produits issus d’espèces en danger », a insisté William Hague.

Mais, si plusieurs chefs d’Etat africains sont bien présents à l’image des présidents du Botswana, du Tchad, du Gabon et de Tanzanie, « la Chine n’envoie pas d’officiel plus haut placé que son vice-ministre des forêts » et « le Vietnam son vice-ministre de l’agriculture », regrette le Times dans son édition de jeudi, tout en saluant la présence de l’acteur Jackie Chan, ambassadeur de la cause.

La conférence espère assécher la demande en interdisant le commerce, traduire les braconniers devant la justice pour briser les réseaux criminels et offrir aux communautés africaines des sources de revenus alternatives.
L’argent reste le nerf de la guerre pour financer des moyens modernes, tels des drones ou des tests ADN. Sachant que le commerce illégal est devenu tellement lucratif que les « Rangers » ne font que rarement le poids face à des braconniers équipés d’armes de guerre et de hélicoptères.

Agence France Presse (AFP)

mardi, 12 novembre 2013 22:27

Interpol contre le trafic d'ivoire

Écrit par

Pour lutter contre le braconnage et le trafic d’ivoire, Interpol et la communauté internationale adoptent des méthodes inspirées de celles utilisées pour lutter contre le trafic de drogue.

Interpol contre le trafic d'ivoireLe département Américain de gestion de la faune et de la flore a annoncé qu’il allait détruire le stock d’ivoire confisqué par le pays depuis les années 1980. Les autorités américaines espèrent ainsi envoyer un message de « tolérance zéro » aux braconniers au moment où Interpol organise à Nairobi, au Kenya, une réunion conjointe avec le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) pour faire face à une crise majeure sur tout le continent africain.

En effet, le trafic d’ivoire et le braconnage des éléphants prennent des proportions inquiétantes, malgré l’interdiction du commerce de l’ivoire il y a 20 ans par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune ou de flore sauvages menacées d’extinction, ou convention de Washington). Et en deux décennies, le braconnage a non seulement pris une ampleur inégalée, mais il s’est aussi profondément transformé. Les amateurs du siècle précédent ont cédé la place à des réseaux mafieux opérant à l’échelle internationale. Ils se sont armés, agissent en bande, et sont décidés à en découdre s’il le faut. Ils se déplacent désormais de nuit, en hélicoptère, équipés de lunettes de vision nocturne et de fusils d’assaut ou d’armes automatiques.

25 000 éléphants tués en 2012 pour leur ivoire

Le nombre des pachydermes diminue rapidement dans la plupart des régions d’Afrique. Et s’il reste environ 400 000 individus sur le continent, plus de 25 000 ont été tués en 2011 et 2012. Le braconnage à grande échelle se multiplie et par exemple, près de 450 éléphants ont été tués en quelques semaines dans le parc national de Bouba Ndjida au Cameroun en 2012, par des groupes venus du Tchad ou du Soudan.

Les rhinocéros sont également menacés – pour leur corne à laquelle la médecine asiatique prête des vertus miraculeuses. Plus de 600 animaux ont été tués en 2012, mais sur une population totale beaucoup plus petite – de l’ordre de 20 000 individus.

Une demande croissante

Les Etats-Unis sont les seconds importateurs d’ivoire au monde après la Chine. Depuis le début des années 1980, ils ont confisqué plus de 6 tonnes d’ivoire illégal – ce qui reste modeste en regard de certaines prises en Afrique ou en Chine. En Tanzanie, la police vient ainsi d’arrêter 3 ressortissants chinois en possessions de 797 défenses provenant de plus de 400 animaux (l’équivalent de plusieurs tonnes) note l’agence de presse Reuters.

En Asie, l’ivoire est un symbole de richesse, devenu de plus en plus populaire ces dernières années avec l’émergence de la classe moyenne dans cette région. Avec l’augmentation de la demande, un kilo d’ivoire se revend à Pékin plus de 2 220 dollars. La communauté internationale tente par divers moyens de lutter contre ce braconnage. En Afrique, il s’agit de renforcer les dispositifs légaux et répressifs pour dissuader les braconniers. Mais l’enjeu est aussi, comme pour le trafic de drogue, de démanteler les filières, et dans les pays destination, de diminuer la demande.

Pour Robert G. Dreher, qui représente le gouvernement Américain sur les sujets de l’environnement et des ressources :
« la destruction de cet ivoire domestique est un message clair que les produits commercialisés illégalement ne devraient pas être consdiérés comme des produits de valeur. Réintroduire ce stock dans le marché légal ne serait pas une option viable puisqu’il a été prouvé que les petites ventes ne faisaient que stimuler le marché au lieu de le satisfaire », rapporte le New York Times.

Les Etats-Unis ne sont pas les premiers à détruire leur stock d’ivoire. Les Philippines, le Kenya et le Gabon l’ont déjà fait par le passé à des fins similaires.

En Chine, le gouvernement a également réaffirmé sa volonté de collaborer avec les instances internationales et vient de démanteler un réseau important : plus de 100 millions de dollars d’ivoire ont été saisis notent l’agence de presse Xin Hua et le South China Morning Post.

Malgré tout, selon une étude récente, près de 70% des Chinois n’ont pas conscience de la relation entre massacre des éléphants et commerce de l’ivoire.

Roxanne Crossley
GoodPlanet.info

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