Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : lundi, 26 juin 2017 -
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Forêts

Forêts (3)

La cuvette centrale, région s’étendant de la partie centrale de la RD-Congo au Congo-Brazza regorge un énorme puits de carbone. 30 milliards de tonnes de dioxyde de carbone sont piégés dans cette zone, a révélé la revue Nature.

La majestueuse forêt du Bassin du Congo - Photo Geo.fr

Le puits en question s’étend sous la région de la Cuvette centrale, en plein Bassin du Congo, le deuxième massif forestier du monde à cheval entre plusieurs pays d’Afrique centrale, du fleuve Congo au Congo-Brazzaville, jusque dans l’ouest de la RD-Congo. 30 milliards de tonnes de dioxyde de carbone équivalant à 20 années d’émissions aux États-Unis est la quantité colossale de carbone piégée dans cette tourbière tropicale dont l’ampleur a été découverte puis précisée par des images satellites et des expéditions sur le terrain, a fait savoir l’équipe scientifique internationale dans un article publié dans la revue Nature. La zone humide, écologiquement si précieuse car formée par la décomposition de végétaux sur une période de plusieurs milliers d’années, s’étend sur 55 000 mètres carrés et est d’une profondeur de six mètres. La plupart des tourbières, qui recouvrent environ 3% des superficies terrestres émergées, sont situées dans le nord du globe, en Sibérie, au Canada ou en Alaska par exemple. Elles sont plus rares en zone tropicale, et celle découverte dans le Bassin du Congo pourrait être la plus importante des tropiques et regrouper 30% du dioxyde de carbone des tourbières tropicales. Sa transformation à des fins de production alimentaire ou d’extraction minière pourrait être catastrophique, s’est alarmé l’un des auteurs de l’étude, Simon Lewis, professeur à l’Université de Leeds en Angleterre. «On a observé en Asie du sud-est que des espaces similaires ont été asséchées et converties à la production d’huile de palme et aux plantations de riz, ce qui a eu pour conséquence des émissions massives de dioxyde de carbone», a indiqué le scientifique. Le dioxyde de carbone est un des plus important gaz à effet de serre, responsable de l’augmentation de la température terrestre. En fonctionnant comme des puits à CO2, les océans et les forêts  limitent l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère.

Christian MUTOMBO

Le MECNT réagit au rapport de l'ONG Global Witness sur la fiscalité forestière en RDCSuite au récent rapport publié par l’organisation non gouvernementale Global Witness concernant la fiscalité forestière en RDC des exercices fiscaux 2011 et 2012, le Ministre de l’environnement, conservation de la Nature et tourisme, Bavon N’SA MPUTU ELIMA, a tenu une réunion d’échange avec monsieur Reiner Tegmeyer, représentant de cette ONG dans notre pays.

Tout en soulignant la nécessité de la collaboration entre son ministère et la société civile évoluant dans le secteur environnemental, Bavon N’SA MPUTU ELIMA a démontré à son interlocuteur par des preuves palpables, les efforts qu’entreprend le Gouvernement en vue d’assainir le secteur forestier congolais. Cela est visible aujourd’hui avec le démantèlement effectif des exploitants opérant jadis industriellement avec des permis artisanaux ainsi que la mise en place des dispositifs de contrôle et de traçabilité des bois, à travers le programme de contrôle de la production et de la commercialisation des bois soutenu par la Banque Mondiale en collaboration avec la direction de contrôle et de vérification interne du ministère de l’environnement, conservation de la nature et tourisme.

Concernant le rapport de Global Witness intitulé « les forets de la RDC victimes d’une grande braderie », le Ministre congolais de l’Environnement a déploré le manque d’approche participative de la part de cette ONG, qui aurait dû préalablement, comme l’exigent les normes, recueillir les avis et observations du  Ministère avant de le rendre public. Ce qui lui aurait évité certaines inexactitudes. Des inexactitudes, ce rapport de Global Witness  en contient un grand nombre:

  • Le rapport fait état de 90% des taxes forestières qui seraient absentes des caisses publiques. Et pour asseoir cette affirmation, l’ONG se fonde uniquement sur la taxe de superficie, oubliant que dans le secteur, il existe d’autres taxes notamment, d’abattage, de reboisement, ainsi des impôts directs et indirects. Il est de ce fait préjudiciable de focaliser des recherches sur une taxe exclusivement et d’affirmer que 90% de toutes les taxes sont absentes des caisses publiques. A considérer que l’affirmation de Global Witness sur la taxe d’abattage soit vraie, comment 10% d’une seule taxe puissent équivaloir à 10% de toutes les taxes dues au secteur forestier ?
  • Ce rapport se fonde sur des données erronées des superficies concédées. Renseignements pris et comparés à ce qu’a publié Global Witness, au lieu d’à peu près 15 millions d’hectares pour toutes les concessions forestières en RDC, ce chiffre est en réalité de 12,5 millions. En enlevant les 3 millions d’hectares rétrocédés dans le domaine public, les superficies concédées sont d’à peu près 8,5 millions d’hectares et largement en deçà de ce que publie cette ONG.
  • Ce rapport n’a pas pris en compte la contribution obligatoire dans le cadre de la réalisation des clauses sociales
  • Le rapport n’a nullement tenu compte des sommes versées au Trésor public dans le cadre du Programme de Contrôle de la Production et de la Commercialisation des Bois (PCPCB) appuyé par la Banque Mondiale. A titre illustratif, de janvier 2013 à ce jour, plus de 85.000 m3 des bois ont été saisis dans le cadre de ce programme et des amendes conséquentes ont été versées au trésor.
  • Le rapport se base exclusivement sur les données du Ministère des finances arrêtées à la fin de chaque année, sans vérifier les données des recouvrements forcés opérés par la DGRAD au-delà de l’exercice annuel et également de la loi portant reddition des comptes du Budget de l’Etat pour l’exercice 2011, déjà publiée, et pour l’exercice 2012, non encore publiée
  • Le rapport évoque des généralités quant au nombre des exploitants en défaut de s’acquitter des droits dus au Trésor, alors qu’en ce cas, des précisions s’imposent et leur liste doit être rendue publique.

Comme on peut le constater en lisant minutieusement ce rapport de Global Witness, il y a manifestement la volonté de nuire à l’image de la RDC de la part de cette ONG. De ce rapport truffé d’erreurs peut-être voulues, quelle leçon tirer? Il faudrait désormais lire par deux fois tout rapport d’organisations internationales censées accompagner notre pays en vue d’asseoir une bonne gouvernance dans le secteur environnemental. Car, Global Witness a réussi à semer le doute dans la tête des observateurs avertis sur la crédibilité qu’on doit accorder à tous ces rapports qui versent dans le sensationnel et que la plupart des congolais   considèrent comme une parole d’évangile.

Une chose est vraie aujourd’hui : les choses changent dans le bon sens en RDC dans le secteur de l’environnement avec le leadership de Bavon N’SA MPUTU ELIMA qui l’assainit  peu à peu. Et ces ONG qui s’évertuent à jeter le discrédit sur l’effort qui est fait actuellement, n’auront bientôt plus de l’eau à mettre dans leur moulin. Au risque de se discréditer elles-mêmes, comme c’est le cas avec Global Witness dans son dernier rapport bidon. L’heure est donc venue pour un partenariat basé sur le respect et la vérité entre le gouvernement congolais et les ONG internationales qui voudraient l’accompagner dans son effort de faire de la RDC un pays respectable.

Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (MECNT)

La République démocratique du Congo regorge en son territoire, la première forêt tropicale en Afrique et reste la deuxième au monde après la forêt d'Amazonie en Amérique latine spécialement au Brésil. Ces deux forêts, selon des études, constituent le poumon du globe grâce aux quantités importantes de carbone qu'elles absorbent et permet de combattre la pollution que produise les grandes nations industrielles du monde.

Vue de la foret d MAYOMBE,réserve de biosphère de LukiDes statistiques démontrent que la RDC, à elle seule, dispose de 155 millions d'hectares d'espace forestier. Un patrimoine très précieux pour l'humanité qu'il faille préserver jalousement pour l'équilibre écologique du monde. Mais la question que les observateurs se posent, est de savoir si le pays a des moyens pour assurer la protection de ses forêts qui sont constamment sollicitées par les populations locales pour leur survie et par les exploitants forestiers à la recherche permanente des grumes pour la fabrication de bois etc. ?
Le Gouvernement de la République ne saurait avec des moyes forts limités, faire face seul à cette problématique qui exige à la fois des moyens colossaux et des stratégies à même de répondre à cette préoccupation. C'est cette optique que l'exécutif congolais ne s'empêche pas de recourir aux bailleurs de fonds et autres partenaires internationaux pour gérer à bon escient ses espaces forestiers. Et parmi ces partenaires figurent en bonne place, la Banque mondiale qui, depuis des longues années, met à la disposition du gouvernement, des moyens aussi bien financiers et techniques pour l'aider à résoudre tant soit peu, ce problème.

Pourquoi la B.M s'intéresse-t-elle tant au secteur forestier ?

La Banque mondiale se préoccupe de la gestion durable des forêts à travers le monde parce que les ressources forestières constituent une source de subsistance pour les pauvres et offre des opportunités de développement et d'autres services importants à l'échelle mondiale.

Cette institution de Bretton Wood s'est engagée à accompagner le gouvernement congolais dans ses efforts de réforme du secteur forestier à cause de l'importance sociale, économique et écologique des forêts de la RDC. En effet, près de 40 millions de Congolais dépendent de la forêt pour l'énergie, l'alimentation, la pharmacopée, la construction, les terres agricoles et les revenus monétaires. Le programme que la Banque mondiale et les autres bailleurs de fonds appuient, comporte trois objectifs stratégiques.

  • Promouvoir le développement économique du secteur forestier, non seulement à travers la production du bois et des produits forestiers non-ligneux mais aussi par le biais de programmes des services environnementaux. - S'assurer que ce développement économique va de pair avec le développement social, c'est-à-dire la création d'emploi, l'établissement d'infrastructures sociales dans les zones rurales, la protection des modes de vie des peuples autochtones - Etre sûr enfin que ce développement économique et social est durable d'un point de vue environnemental, c'est-à-dire que le potentiel productif de la ressource forestière est maintenu et que la biodiversité forestière est sauvegardée.
  • L'engagement actuel de la Banque mondiale dans le secteur de l'environnement et forêt est de 115 millions de dollars US et représente 8 % du montant global du Portefeuille de la Banque mondiale en RDC. Le Portefeuille comprend cinq projets majeurs :
  • Le Projet forêt et conservation de la nature (PFCN) : la mise en retraite des fonctionnaires ayant atteint l'âge (en cours) donnera l'opportunité au ministère de l'Environnement de se rajeunir et de lancer un vaste programme de formation pour permettre au gouvernement de mieux gérer les forêts, tout en créant des centaines d'emplois pour les jeunes universitaires et professionnel. - Le Forêt Carbon Partnership (FCPF) : ce projet va aider le pays à élaborer une stratégie de développement alternative qui va réduire la déforestation en échange d'une compensation financière.

A ce sujet d'ailleurs, il faut reconnaître que la RDC accuse un grand retard. Certains pays au monde notamment le Brésil bénéficie du crédit carbone depuis des années déjà. Et permet à son gouvernement d'assurer une protection responsable et bien planifié de ses réserves forestières. Selon certaines sources ce pays reçoit une dotation de plus de 10 milliards de dollars US annuellement.

Journal L'Observateur

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