Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : samedi, 21 octobre 2017 -
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Parcs Nationaux

Parcs Nationaux (10)

Au péril de sa vie, Rodrigue Katembo, ce ranger du parc RD-congolais de Virunga a mené une enquête clandestine pour documenter et diffuser des informations sur les tentatives de forage pétrolier, dans le parc national des Virunga, par l’entreprise britannique, SOCO. Son enquête avait provoqué un tollé général et a forcé l’entreprise britannique à se retirer du projet. Son courage lui a valu le Goldman Environmental Prize 2017.

Rodrigue MUGARUKA, Goldman Environmental Prize 2017 - Photo Emmanuel KATAYA

Le RD-Congolais Rodrigue Mugaruka Katembo vient de remporter, ce 24 avril à Washington,  le Goldman Environmental Prize pour l’édition 2017. Ce RD-congolais est récompensé pour ses efforts déployés dans la lutte contre les tentatives de forage pétrolier de SOCO, entreprise britannique dans le parc national de Virunga. Au péril de sa vie, Rodrigue Katembo a mené une enquête clandestine pour documenter et diffuser des informations sur la corruption et les pots-de-vin caractéristiques autour des tentatives de forage pétrolier dans le Parc national des Virunga.

En effet, Global Witness, ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles avait relevé que les hauts responsables politiques et militaires RD-congolais avaient reçu des pots-de-vin de la part de SOCO pour intimider voire assassiner les opposants au projet de l’entreprise britannique d’exploiter le pétrole dans ce vieux parc national d’Afrique. L’enquête de Rodrigue Mugaruka illustre ces faits. Les images réalisées par ce RD-Congolais, pendant son enquête clandestine, ont figuré en bonne place dans le documentaire Virunga qui a été présenté pour la première fois en avril 2014 à l’occasion du festival Tribeca Film Festival et a attiré un public international immense à travers Netflix.

De grands médias spécialisés dans le journalisme d’investigation ont repris l’histoire et, en juillet 2015, devant la révolte croissante du public face à la conduite de SOCO, l’Église d’Angleterre a annoncé qu’elle retirait sa participation de 1,8 millions de dollars dans l’entreprise. Quelques mois plus tard, en novembre 2015, SOCO avait annoncé l’abandon de son permis pétrolier dans le Bloc 5. «C’est un grand plaisir et une réussite, pour moi et pour tout le peuple RD-congolais, d’avoir mené une action salvatrice obligeant à cette entreprise d’abandonner ses velléités d’exploiter le pétrole dans notre parc», s’est réjoui Rodrigue Katembo, l’homme à qui le Parc national de Virunga doit, presque, sa survie.

Légaliste jusqu’au-boutiste

Alors que SOCO annonçait les activités de forage dans le parc national Virunga, Rodrigue Mugaruka Katembo, lui, avait déjà senti le roussi. Il a décidé d’ouvrir, en 2010, une enquête avec Emmanuel De Merode, le directeur du parc. Pour mener cette courageuse opération, Rodrigue Mugaruka Katembo a puisé sa force dans les textes nationaux et internationaux protégeant les parcs nationaux. «Je savais que ce n’était pas normal, parce que ce parc est un patrimoine mondial. Je connais les textes nationaux et internationaux qui le protègent, stipulant qu’on ne peut pas mener des activités contraires à la conservation de la nature dans le parc. Personne n’a le droit d’endommager le riche écosystème de ce sanctuaire», a déclaré Rodrigue Mugaruka Katembo qui, dès lors, s’est donné pour mission d’empêcher toute exploitation du pétrole dans ce parc.

Avec son directeur, Emmanuel De Merode, ils ont convenu de documenter avec soin toute preuve de corruption liées à ce dossier ; ils ont rencontré un metteur en scène qui a aidé Rodrigue Katembo à utiliser des caméras cachées afin d’enregistrer des images des employés et des sous-traitants de SOCO offrant des pots de vin et discutant d’activités illégales.

En 2011, au cours d’une de ses patrouilles matinales habituelles, Rodrigue Mugaruka Katembo est tombé sur quelques véhicules dont les occupants affirmaient avoir l’autorisation légale de venir dans le Parc National des Virunga pour y installer une base d’exploration pétrolière près de la rivière Rutshuru, à Nyamushengero «Qu’ils aient des autorisations venues directement de Kinshasa, pour moi, toute activité contraire à la conservation des parcs était illégale», a précisé Rodrigue Mugaruka Katembo.

Une vie dédiée

Rodrigue Katembo a payé un lourd prix pour son militantisme. En septembre 2013, il a été arrêté et torturé pendant 17 jours. Il a repris son travail dès sa libération. «C’était dur pour ma famille. Je savais que j’allais mourir parce que le dossier était sensible», a-t-il reconnu. A ce jour, Rodrigue Katembo est le gestionnaire du Parc National de l’Upemba, où il poursuit son travail de défense de la vie sauvage contre les actes de braconnage, d’exploitation illicite des minerais et contre l’installation de villages illicites administrés par des milices en plein cœur du Parc. En 2016, il a réussi à chasser plus de 1400 creuseurs artisanaux de coltan et cassitérite, et a contribué à la fermeture de huit carrières minières. Avec ses rangers, il a également assuré le gardiennage des derniers éléphants du Katanga contre leur braconnage, et 68 autres éléphants ont pu retourner dans le Parc depuis avril 2016. Rodrigue Katembo a amené des activités contre la déforestation de la vallée de la rivière Lufira et a renforcé les patrouilles pour protéger les derniers zèbres de la RD-Congo: leurs effectifs sont passés de 54 individus en mai 2015 à 72 aujourd’hui.

Remis tous les ans à des héros de l’environnement issus des six continents habités, le Goldman Prize rend hommage aux personnes luttant pour la protection de l’environnement et leurs communautés. Le prix a été créé en 1989 par Richard N. Goldman et sa femme Rhoda H. Goldman, philanthropes et défenseurs des droits civiques.

Rodrigue Katembo a gagné ce prix devant cinq autres candidats venus de l’Amérique, Australie, de l’Inde, de la Slovénie, du Guatemala.

Christian Emery MUTOMBO MALAMBA

 

L’ICCN et le WWF au front

L’Institut congolais de conservation de la nature -ICCN- et le Fonds Mondial pour la Nature -WWF- ont signé, jeudi 19 mai dernier à Monkoto dans la province de la Tshuapa, un accord de cogestion visant l’amélioration de la gestion et des services écologiques fournis par le parc national de la Salonga ainsi que la préservation de sa biodiversité. «Plus, il y aura cette biodiversité à la Salonga, plus les investisseurs injecteront les ressources qui bénéficieront à la conservation et aux populations», a expliqué Jean Claude Muhindo Bakwabaya, Directeur national du WWF. Au cours de cette cérémonie ouvrant une nouvelle page dans l’histoire de ce parc, son nouveau directeur, Olivier Nelson, a été officiellement installé.

Banderole du lancement officiel de la cogestion du Parc National de la Salonge - Photo WWF

Travaillant en étroite coopération avec l’Institut congolais de conservation de la nature -ICCN- et ses partenaires, le Fond mondial pour la nature -WWF- a, depuis 2005, mis en œuvre un programme de conservation dans le Parc national de la Salonga -PNS- et dans le paysage environnant le parc. En dépit de ces initiatives de conservation, les valeurs du PNS étaient toujours menacées. Conscients de cela, le WWF ensemble avec ses partenaires ont résolu de mettre en place un programme plus ambitieux, sous une approche novatrice. Cette résolution se traduira par l’élaboration d’un programme de Cogestion du plus grand parc forestier d’Afrique dont la toile de fond a été l’accord signé le 19 mai dernier entre le WWF et l’ICCN.

Contribuer à la conservation la biodiversité

Selon des sources au WWF, ce programme de cogestion du PNS vise à contribuer à l’objectif global de la conservation de la biodiversité, à la réduction de la pauvreté et à la stabilisation des effets du changement climatique. «Dans le cadre de la gestion des aires protégées, il s’agit de réduire la tendance à la surexploitation des aires protégées et d’établir les conditions d’une gestion durable contribuant à la protection de la biodiversité et à l’exploitation durable des forêts tropicales ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie des populations locales», a fait savoir la source. Intervenant lors des cérémonies officielles de signature de l’accord de cogestion, organisées à Monkoto au cœur du PNS dans la province de la Tshuapa, le Directeur national du WWF, Jean Claude Muhindo Bakwabaya, expliqué: «ce qui fait de la cogestion une innovation à la Salonga, c’est son caractère inclusif, intégral et participatif qui remet véritablement la population au centre de la conservation». Et de préciser: «aujourd’hui plus que jamais, le message du WWF et de l’ICCN est clair et révolte positivement les communautés de la Tshuapa qui comprennent pour la première fois que les éléphants, les bonobos, les perroquets etc. du PNS sont économiquement plus importants pour eux et les futures générations. Non pas à cause de leur ivoire mais bien lorsqu’ils sont vivants, se reproduisent, sont visités etc.». Puis: «plus il y aura cette biodiversité à la Salonga, plus les investisseurs injecteront les ressources qui bénéficieront à la conservation et aux  populations». A en croire le Directeur national du WWF, l’ennemi le plus redoutable à combattre quel que soit le prix à payer, ce sont les réseaux de trafiquants d’ivoire et d’espèces,qui, malheureusement travaillent en complicité avec les membres des communautés locales. Jean Claude Muhindo, dans son allocution, a, en plus, estimé que la cogestion de la Salonga par l’ICCN et le WWF est une dernière chance pour cette province de profiter des retombées de cet immense héritage légué par la nature et de lutter contre la pauvreté. Ce, parce qu’«aujourd’hui, il n’existe aucune infrastructure à Monkoto. Le niveau d’éducation est l’un des plus alarmants du pays et pourtant les éléphants ont été massivement massacrés pour leurs ivoires vendus aux trafiquants dans des grandes villes qui n’ont rien rapporté aux communautés. Par contre, c’est à cause des quelques éléphants, bonobos, et autres espèces emblématiques encore vivantes, qu’aujourd’hui Monkoto et la Tshuapa commencent à avoir quelques infrastructures grâce aux investissements des partenaires financiers engagés dans la protection de Salonga», a-t-il argué.

Oliver Nelson, nouveau directeur du PNS, installé

Pour sa part, le Directeur général de l’ICCN, Wilungula Balongelwa Cosma, a de prime à bord exprimé sa gratitude à l’endroit de tous les partenaires. «C’est la première fois qu’une enveloppe aussi importante soit allouée à la gestion du PNS. Ce qui est pour nous une occasion de remercier nos partenaires pour leur engagement ininterrompu dans nos différents parcs», a-t-il dit, avant de préciser: «le programme de cogestion prévoit une enveloppe importante aux projets bénéficiant aux populations environnantes du parc».

Au cours de cette même cérémonie de signature d’accord, le nouveau Directeur du PNS, Oliver Nelson, a été officiellement installé. Différentes personnalités ont rehaussé de leur présence cette manifestation. Notamment, les représentants du gouvernement central et provincial, l’ambassadeur de l’Union Européenne, l’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne et le représentant adjoint de l’USAID en RD-Congo, venus témoigner leur soutien à cette initiative.

Plus grand parc forestier d’Afrique

Créé en 1970 et couvrant une superficie évaluée à 33.350 km²,  le Parc National de la Salonga -PNS- représente la plus grande étendue de forêt dense humide protégée en Afrique. Constitué de deux grands blocs «nord» et «sud», chacun constitué de trois secteurs, séparés par le couloir de Monkoto -45 km de large-, il est le parc national forestier le plus grand d’Afrique et le deuxième parc de forêt tropicale au monde. En 1984, le PNS a été  inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses espèces phares dont le bonobo, l'éléphant de forêt, le paon congolais,etc. Cependant, en raison de la guerre civile qu’a traversé le pays, il figure depuis 1999 sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Laurent OMBA

Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, Joseph Kabila Kabange, les organisations de la Société civile du Nord-Kivu ont fait part de leur opposition à l’exploitation du pétrole dans le lac Edouard, une partie intégrante du parc national de Virunga. A la veille de la COP 21, elle estime que la RD-Congo devra abandonner le projet d’exploitation pétrolière dans le Virunga pour mériter ses droits en tant que poumons vert mondial. «Devant la nécessité de renforcement du pouvoir économique du pays pour permettre au Gouvernement de concrétiser votre vision de la révolution de la modernité, nous restons convaincus qu’il serait mieux de valoriser toutes les potentialités que regorgent les aires protégées à travers les investissements verts», lit-on sur cette lettre.

Famille de gorilles dans le Parc des Virunga - Photo Worldpulse.com

«La participation de la RD-Congo à la COP 21 est perçue, par les populations locales dépendantes des ressources naturelles, comme une occasion où des compensations seront légitimement revendiquées dans ce combat mondial, non seulement contre le réchauffement climatique, mais aussi contre leur pauvreté en gérant durablement le deuxième massif forestier mondial», telle est l’explication qu’avance les organisations de la Société civile du Nord-Kivu, toujours embarrassées par la présence et la persistance du projet d’exploitation du pétrole au lac Edouard, dans le parc national de Virunga. Elle estime que ce projet présente un grand risque de crucifier les milliers de population qui dépendent de ce lac. «Disposer de la deuxième réserve forestière du monde ne confère pas nécessairement à la RD-Congo le pouvoir d’exploiter le pétrole dans un des sites du patrimoine mondial de l’Humanité, cette activité présentant aussi des risques pour le réchauffement climatique», révèlent ces ONG Nord-kivutiennes. Elles ont de ce fait invité le Chef d’Etat RD-congolais à vendre le développement vert de la RD-Congo, et l’ont exhorté à veiller au strict respect des engagements internationaux de la RD-Congo en abandonnant toute idée d’activité pétrolière dans les aires protégées et en abrogeant l’Ordonnance n°10/044 du 18 juin 2010 portant approbation du contrat de partage de production pétrolière conclu entre la RD-Congo et l’entreprise Soco International, pour le bloc V comprenant le parc national de Virunga. Pour ces ONG, la RD-Congo, étant un modèle dans la promotion de l’économie verte au cœur de la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté, il serait mieux de valoriser toutes les potentialités que regorgent les aires protégées à travers les investissements verts. S’appuyant sur une étude récemment publiée, elles arguent que le lac Edouard, une fois gérée à travers un suivi participatif et un système de gouvernance efficace, peut générer une valeur économique approchant USD 240 millions dans les dix prochaines années.

Laurent OMBA    

 

«Protéger le lac Edouard, l’intégralité du Parc National des Virunga, c’est protéger les droits de tout un peuple et décourager les manœuvres des prédateurs»

La survie des communautés riveraines du Parc National des Virunga -PNVi- n’est pas négociable. Tel est le leitmotiv ayant conduit les organisations de la société civile œuvrant pour la promotion et la protection de l’environnement et des droits de l’Homme au Nord-Kivu à adresser une lettre ouverte au Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, dans laquelle elles s’opposent à l’exploitation du pétrole dans les périmètres actuels du PNVi comprenant le lac Edouard. 

Parc des Virunga - Crédit Photo Martin Harvey-WWF

Leur opposition se fonde sur le fait qu’investir dans l’exploitation durable des ressources, dans le tourisme, dans les pêcheries, et dans l’énergie durable, c’est investir dans le futur, dans le long terme tout en permettant la stabilité économique du pays. En plus, estiment ces organisations, c’est contribuer à une transformation durable des conflits par une paix sociale que ne peut offrir l’exploitation pétrolière. Dans leur missive, ces organisations ont rappelé le cas de la province de Kongo central -ex Bas-Congo- où l’exploitation pétrolière, datant de plus de 50 ans, n’a pas encore prouvé la durabilité de développement à la base. Preuve à l’appui, elles ont argué que «les données actuelles restent éloquentes et présentent une quantité estimée de poissons capturés dans le lac Edouard à environ 17,700 tonnes par an, avec près de 12.500 tonnes par an pour la consommation locale et 5,200 tonnes étant commercialisés. Bref, le total de capture dans le lac Edouard représente une valeur totale de 30 à 35 millions de dollars américains chaque année». Et de poursuivre «les richesses naturelles de la RD-Congo et du PNVi fournissent aux populations et au pays entier de l’eau, des aliments et contribuent à lutter contre le changement climatique. Elles ont, en même temps, un potentiel énorme pour stimuler le développement économique durable du pays si la paix et la bonne gouvernance suivent»

En outre, les organisations signataires de la lettre ouverte ont appelé le gouvernement RD-congolais à plus de responsabilités, et à se soucier des moyens de subsistance des communautés locales qui seraient menacées par l’exploitation du pétrole. La RD-Congo, assènent-elles, a déjà défendu, à Doha au Qatar à la COP 18 en 2012, son plan stratégique national REDD+ de développement vert à l’horizon 2035 incluant 17% d’aires protégés dont le PNVi, site du patrimoine mondial. Nous tous devons donc veiller à ce que les choix et les options économiques levées permettent de profiter aux générations futures. «Le pétrole est un peu partout au pays en dehors des Aires protégées. Faites un moratoire de 25 ans sur les décisions déjà prises en rapport avec l’exploitation du pétrole dans les espaces riches en biodiversité, pour la stabilité et crédibilité de la RD-Congo», ont-elles suggéré au PM. 

Par ailleurs, ces organisations n’ont pas tari de mots pour louer les efforts consentis par le gouvernement en vue d’anéantir les forces négatives dans la partie Est de la RD-Congo. «Nous restons reconnaissantes aux efforts du Gouvernement dans le rétablissement de la paix, à ce jour où les opérations contre les FDLR, Sokola 2, sont en train d’être menées en province du Nord-Kivu», ont-elles déclaré, avant d’estimer que «le démantèlement de ces groupes armés aura des effets positifs sur la sécurité et la stabilité de la zone, sur la faune et la flore du PNVi, y compris le lac Edouard». Et de conclure «cela aura comme impact, le développement de l’éco-tourisme et l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines, par un autre modèle de développement, fondé sur la valorisation des ressources naturelles de la zone».

Laurent OMBA

Troupeaux de buffles et d'éléphants dans le Parc National de Virunga - Photo RadiookapiL’opération de comptage aérien de grands mammifères de savane du parc national des Virunga au Nord-Kivu et du parc ougandais le Queen Elisabeth national parc, a été lancée samedi dernier, dans la zone frontalière entre l’Ouganda et la RDC. Elle concerne particulièrement les éléphants, les buffles et les antilopes. Un survol de reconnaissance est prévu ce lundi sur le parc national de Virunga, ont précisé experts de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) qui participent à l’opération.

Le recensement a commencé le 14 juin du côté ougandais, où les experts avaient été préalablement formés à cet effet. Les experts de l’ICCN, qui participent à ce comptage, ont bouclé dimanche une formation de deux jours sur la méthodologie harmonisée de cette opération au niveau de tous les pays d’Afrique où elle se déroule.

Un survol de reconnaissance est prévu ce lundi dans le parc national des Virunga ; avant le comptage proprement dit qui devrait se dérouler de mardi à jeudi. Au-delà du comptage de grands mammifères, cette opération vise aussi à identifier les zones de grand braconnage ainsi que les zones du parc envahies par la population riveraine.

Le chargé des programmes à l’ICCN, Ephrem Balole, explique comment va se dérouler le comptage:
«Nous allons survoler la zone de savane, d’abord par le sud, en quittant l’Ouganda, on va aller vers le Congo; les savanes qui sont au niveau de Lulimbi jusqu’au niveau de la Rwindi au sud du lac Edouard. Et puis nous allons aussi survoler les savanes qui sont au nord du lac Edouard. Nous sommes en train de compter les grands mammifères qui sont les éléphants, les buffles et les antilopes.»

En effet, la RD Congo avait une importante population des grands mammifères ; mais cette population a très sensiblement diminué, a-t-il déploré. Cette diminution est consécutive à «un braconnage à grande échelle» dans cette zone, selon l’ICCN.

Pour l’instant, a précisé Ephrem Balole, la concentration des mammifères se trouve pour le moment dans la zone frontalière entre le Congo et l’Ouganda.

«Cette population, il est important de pouvoir la connaître; parce que c’est la zone frontalière avec l’Ouganda qui va constituer la zone de repeuplement du parc national des Virunga dès que la situation au Congo sera totalement stabilisée», a-t-il estimé.

Radiookapi.net

Okapi en captivité dans la réserve à faune à Okapis (RFO) - Photo RadiookapiLa Réserve de la faune Okapi (RFO) héberge encore plus de trois mille okapis à l’état sauvage. Le nouveau directeur de cette réserve, Lucien Gédéon Lokumu a assuré, mercredi 4 juin, que cette découverte redonne de l’espoir pour reprendre la capture de ces mammifères à Epulu, village situé à plus de 200 kilomètres au Sud-Ouest de Bunia (Province Orientale), en vue de les apprivoiser. En juin 2012, les miliciens de Paul Sadala alias Morgan avaient tué les quinze okapis en captivité à Epulu.

« Il y a encore beaucoup d’okapis dans la RFO. Les okapis que Morgan avait tués étaient en captivité. Mais dans leur milieu naturel, il y en a encore. Nos derniers recensements les évaluent à trois mille quatre cents », a affirmé Lucien Gédéon Lokumu.

Des représentants des bailleurs de fonds sont presque tous revenus à Epulu, siège de la RFO. Ils sont revenus pour reprendre la captivité des Okapi et les replacer dans la réserve, indique le responsable de cette réserve.

« Je suis à Epulu avec tous les partenaires. Ce sont eux qui s’occupent de a protection des okapis. Ils sont revenus en provenance de Beni. Ils avaient fui quand Morgan tuait les okapis. Comme on évolue vers la stabilisation et la sécurisation de la RFO, le monde verra encore les okapis dans la station d’Epulu », a-t-il assuré.
Les combattants Maï-Maï du chef milicien Morgan avaient tué, en juin 2012, quinze okapis en captivité depuis 1987. L’institut Congolais pour la conservation de la nature(ICCN) avait parlé « d’un coup dur ».

A l’allure d'un zèbre et d’une girafe, l’okapi est un animal qui vit exclusivement en Ituri en RDC. C’est une espèce protégée depuis 1993 et figure sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Son habitat est de plus en plus restreint. Même à l’intérieur de la réserve d’Epulu, l’animal est victime du braconnage. La population d’okapis est estimée entre 10 000 et 35 000 individus. La tendance de leur reproduction serait à la baisse.

Radiookapi.net

Derniers hippopotames des Virunga - RDCongo - Photo Flickr ObjectifbrousseLe directeur du parc des Virunga, Emmanuel de Mérode, blessé par balles lors d’une attaque dans l’est de la RDC, a repris son poste après un séjour de convalescence au Kenya, selon l’Agence France Presse, citant le chargé de communication de l’ICCN et le Gouverneur du Nord-Kivu. «Le travail que nous avons commencé ensemble est très important pour nous tous. Quoi qu’il arrive, ce travail ne doit pas être arrêté», a déclaré Emmanuel de Mérode, s’adressant à son équipe à Rumangabo, au Nord-Kivu.

Selon Olivier Musikya, chargé de communication de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), qui protège le parc, M. de Mérode a repris son poste mardi 20 mars.

Le lendemain, il a été reçu par le gouverneur de province, Julien Paluku, qui a confirmé que le directeur du parc «va bien».
Dans la soirée, M. de Mérode a tenu à assurer son équipe de tout son engagement pour continuer son travail.

«Il faut continuer, il ne faut jamais lâcher, c’est une chose extrêmement importante. Il faut maintenir ce courage et cette discipline, et nous y arriverons», a-t-il ajouté.

Le 15 avril, M. de Mérode, 43 ans, nommé directeur du parc en 2008, avait été grièvement touché par balle à l’abdomen et au thorax lors d’une attaque menée par des hommes armés non identifiés dans une forêt située à une trentaine de kilomètres au nord de Goma. Il était sans escorte.

Une enquête a été ouverte sur l’attaque, qui a suscité de vives condamnations en RDC et à l’étranger. Le 18 avril, le conservateur belge a été évacué vers le Kenya, où vit sa famille.

Radiookapi.net

Vue des montagnes du Parc des Virungas (RDC) - Consoglobe.com « Le déficit de communication entre les populations riveraines du Parc-national de Virunga et les autorités, est l’un des obstacles qui bloquent parfois l’exploitation rationnelle de ce parc au profit de ces mêmes populations », a affirmé samedi 5 avril à Goma, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, à l’ouverture du forum « Alliance Virunga » organisé par la direction provinciale de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) du parc.

Pour  le gouverneur, à travers cette Alliance, l’Etat et les populations locales devraient tirer les dividendes de l’exploitation de ce patrimoine, parlant notamment la création des centrales hydroélectriques dans trois territoires de la province.

La création de ces centrales permettra à ces populations d’avoir de l’électricité.
« Si on voit les implications et les dividendes qu’on peut tirer du parc, si on voit les plaidoyers que l’ICCN a déjà fait pour que nous disposions d’une centrale à Rutshuru, à Mutuanga, à Lubero et que les populations auront de l’électricité à grâce au parc, les populations auront à protéger le parc », a déclaré Julien Paluku.

Selon lui, la sensibilisation devra aussi atteindre les couches sociales riveraines pour qu’elles comprennent les biens fondés de l’exploitation rationnelle dans ce parc.

L’alliance Virunga vise la valorisation  de la pêche, de l’énergie, de l’agriculture et du tourisme au profit des populations.

Radiookapi.net

Image Landsat du Lac Edouard dans le Parc National des VirungasLe parc national des Virunga, la plus vieille réserve naturelle d’Afrique, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a surmonté bien des aléas mais l’avenir de ce joyau du patrimoine mondial de l’humanité apparaît sérieusement menacé par les convoitises que suscite son sous-sol.
En cause: la détermination d’une petite société britannique, SOCO International, à mener, avec l’appui de Kinshasa, des activités d’exploration pétrolière au sein du parc national des Virunga.

Créé en 1925 sous la colonisation belge, cette zone protégée s’étend sur près de 800.000 hectares à la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) l’a inscrite en 1994 sur sa liste du patrimoine mondial « en péril ».
Ironie du sort, cet espace abritant une biodiversité exceptionnelle se trouve en effet au Nord-Kivu, province déchirée par les conflits depuis plus de vingt ans.
Plus que la déforestation, le braconnage, la présence de groupes armés, de soldats, ou de populations installées illégalement dans l’enceinte du parc, ce sont les dommages irréparables que causerait une éventuelle exploitation pétrolière qui inquiètent.
« Cela constituerait un risque de pollution majeur pour le site, situé non loin des sources du Nil », a déclaré au début du mois le commissaire européen au Développement Andris Piebalgs.

SOCO a obtenu en 2010 du gouvernement congolais un contrat de partage de production pétrolière portant sur une concession à cheval sur une partie des Virunga.
A la suite d’une campagne de protestation internationale, Kinshasa a suspendu en 2011 le permis d’exploration attribué à SOCO dans l’attente des résultats d’une « évaluation environnementale stratégique » (EES).
Pour les opposants au projet, parmi lesquels le Fonds mondial pour la nature (WWF) et plusieurs associations locales, c’est insuffisant.
Ils arguent que les contrats et permis attribués par l’Etat violent la loi congolaise sur la conservation de la nature et la convention de l’Unesco sur la protection du patrimoine mondial.

Ils dénoncent le fait que SOCO soit déjà à l’œuvre depuis plusieurs mois au sein du parc car le gouvernement a associé l’entreprise à l’EES, situation pour eux anormale, où elle se retrouve juge et partie.

« A ce stade, assure SOCO, aucun forage n’est prévu ni garanti », mais ses adversaires s’inquiètent des tests sismiques qu’elle s’apprête à mener et affirment qu’il s’agit ni plus ni moins d’activités d’exploration pétrolière masquées aux conséquences graves pour l’environnement.

Kinshasa met en avant la nécessité d’exploiter le pétrole au nom du développement économique de la RDC, un des pays les plus pauvres au monde.
Mais pour Bantu Lukambo, directeur général de l’ONG Initiative pour le développement et la protection de l’environnement, c’est une illusion.

Basé à Goma, la capitale du Nord-Kivu, il cite comme un contre-exemple la ville de Muanda, sur l’océan Atlantique, à l’autre bout du pays, où l’or noir est exploité depuis une trentaine d’années, et refuse d’ »accepter la malédiction du pétrole ».

Un récent rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement note que « loin de constituer une manne pour le développement », l’exploitation du pétrole à Muanda a plutôt entraîné « pollution » et dégradation de l’environnement.

Pour Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale du cercle de réflexion International Crisis Group, « la confirmation des réserves de pétrole dans l’Est exacerberait la dynamique de conflits à l’oeuvre » au Kivu.

Désavouée par le gouvernement britannique, SOCO refuse de s’aligner sur le groupe pétrolier français Total, qui, bien qu’ayant signé avec Kinshasa un accord similaire au sien, s’est engagé à ne pas entrer dans le périmètre du parc.

L’entreprise se justifie en faisant valoir que son intérêt est très limité géographiquement, que son bloc n’englobe pas la zone d’habitat du gorille des montagnes, espèce menacée, et qu’elle « ne cherchera jamais » à développer des activités dans ce secteur.

Peu importe, répond l’Unesco, exploration et exploitation pétrolières ne sont « pas compatibles » avec les statuts du patrimoine mondial et le parc risque donc d’être déclassé en partie, ce que ses défenseurs veulent à tout prix éviter.

Pour contrer les projets de SOCO, le WWF fait campagne pour convaincre que la RDC a beaucoup plus à gagner sur le plan économique en protégeant le parc et en y développant le tourisme, une pêche et des projets hydroélectriques durables plutôt que de chercher à y extraire du pétrole dont la présence n’a encore rien d’avéré.

Agence France Presse

Source: Radio OkapiLe vice-président de la majorité présidentielle au parlement allemand, Dr Christian RUCK s’engage à empêcher la destruction du patrimoine congolais au parc national de Virunga au Nord-Kivu. Il l’a fait savoir jeudi 1er août à Kinshasa où il clôturait une mission de trois jours. Il estime que l’exploitation pétrolière détruirait la biodiversité de ce parc classé patrimoine mondial de l’Unesco en péril. Plusieurs espèces animales et végétales rares y vivent.

Virunga est le plus beau parc au monde qui peut attirer beaucoup de touristes et contribuer à l’économie congolaise, a déclaré Dr Christian RUCK, au cours d’une conférence de presse sanctionnant la fin de sa mission de trois jours à Kinshasa.

L’exploitation pétrolière détruit l’environnement, a-t-il affirmé, en réaction au projet d’exploration et de production du pétrole dans le bloc 5 du rift albertin Est accordé à l’entreprise SOCO internationale en juin 2010 par les autorités congolaises.

Le député allemand du groupe parlementaire CDU affirmé avoir déjà initié des motions parlementaires dans son pays pour s’opposer à ce projet et au braconnage dans le parc national des Virunga.

Après avoir écrit au chef de l’Etat congolais, Joseph KABILA, il a dit être venu faire son plaidoyer auprès du président de l’Assemblée nationale, du ministre des Hydrocarbures et sensibiliser les protecteurs de l’environnement à la protection de la biodiversité.

Créé en 1925 sous l’appellation de parc national Albert, le parc national des Virunga s’étend sur 7.800 km². Il abrite des gorilles en voie de disparition et 3 000 autres espèces d’animaux. Il a été classé site du patrimoine mondial en péril depuis 1994.

Depuis la signature de l’ordonnance présidentielle accordant l’exploration et la production du pétrole dans le bloc 5 du rift albertin Est de la RDC à l’entreprise SOCO internationale en juin 2010, ce projet bute à des résistances de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), des élus locaux et des ONG environnementales. Ce bloc couvre environ les trois quarts de la superficie totale du parc.

Groupes armés

Selon le député DUCK, l’Allemagne appuie la transition vers une exploitation contrôlée et certifiée des matières premières extraites de l’Est du Congo. Il a précisé que son pays était prêt à aider la RDC à mettre fin à la guerre dans l’est et à instaurer la paix.

«Dès mon retour en Allemagne, je vais rapporter à l’ambassadrice du Rwanda [à Berlin] mon opinion mais aussi le désir du parlement allemand de [voir le Rwanda] faire une paix durable avec la Congo», a promis Dr Christian RUCK.

Il a fait cette déclaration en présence de son homologue congolais Didace PEMBE, président du Parti écologiste (PECO), qui a affirmé que la présence des groupes armés portait préjudice à l’écosystème. Il a plaidé pour que ces «forces négatives » soient démantelées pour rendre les «parcs nationaux viables et exploités à des fins commerciales».

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