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Fleuve Congo

Fleuve Congo (2)

Cela a tout l’air d’un canular! Pourtant, ça ne l’est pas. A l’île Bakongo sur le fleuve Congo, à 3 heures de Kingabwa en pirogue et 1 heure par hors-bord, dans la ville de Kinshasa, tout semble complètement hors du temps. Imaginez qu’en ce 21ème siècle, des enfants vont à l’école non seulement en pirogues, mais ils les utilisent aussi comme bancs en période de crue.

Elèves d'une école rurale en RDC - Photo un.org

Un tour à l’île Bakongo équivaut quasiment à remonter le temps jusqu’à l’époque médiévales. Le décor, partagé entre la féerique beauté de la nature et l’improbable habitat, laisse sans mot. Tout rappelle les vieilles vidéos réalisées des premiers explorateurs en province de l’Equateur. Or, on est bien à Kinshasa, en 2015. Qui pis est ! Entourée de 5 îlots, l’île Bakongo compte plus de 300 familles. Cette population vit essentiellement de la pêche artisanale, la riziculture, le maraîchage et l’élevage de la volaille. Elle vit dans des maisons en pilotis qui n’ont ni toilette, ni eau potable, ni électricité. Elle n’a absolument pas d’infrastructures socioéconomiques de base. En saison pluvieuse, le village est complètement inondé, mais toujours habité. Ce qui fait que la pirogue y est le seul moyen de transport.

L’île n’a qu’une seule école primaire créée en 1999, qui fonctionne sous la couverture de la communauté protestante CBCO. Elle est tenue par l’ONG CADF. L’établissement n’a qu’une seule salle de classe. C’est plutôt un bidonville fait de tôles et pailles fixées sur des poteaux. Pour toute administration, l’école ne dispose que d’une seule personne qui est également l’unique enseignant. Il a la charge de 57 élèves, donc 30 filles et 27 garçons, tous les niveaux confondus. Les classes étudient à tour de rôle, soit 2 heures par classe. «Certains enfants sortis de là sont universitaires aujourd’hui», confie le responsable de CADF. Les parents paient les frais avec des biens en nature (poissons, fruit, légumes, vêtements, …) équivalant à FC 8000 (USD 8) par trimestre afin de soutenir l’instituteur. Certains élèves de l’îlot voisin de Ndjoli/Nganda Bamongo ont dû abandonner l’école à cause de la distance et des pluies parce qu’ils sont encore trop jeunes et ce périple comporte beaucoup de risques.

Il est important que le gouvernement provincial de Kinshasa et surtout le Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire prennent en compte cette école dans le projet de construction de 1000 écoles par an. Ces enfants des familles de pêcheurs, pauvres qu’ils sont, ne réclament que d’avoir des classes accessibles mêmes en période de crue. La pêche ne devrait pas être le seul avenir qui les attend. Car, ils ont les mêmes droits que les autres enfants au regard de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948.

En plus, ces enfants, comme le reste de villageois de Bakongo, vivent dans une forte promiscuité. Le taux de paludisme y est élevé. Celui des maladies sexuellement transmissibles (VIH) aussi. Les enfants et les femmes enceintes n’accèdent pas au vaccin, les nouveau-nés n’accèdent pas non plus aux CPS.

Hugo Mabiala Bondo/Monde Rural

mardi, 01 octobre 2013 23:12

Au fil du Fleuve Congo

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C'est au Katanga près du village de Mufos, à 1740 mètres d’altitude, sur un plateau marécageux, que le fleuve Congo prend sa source non loin de la frontière zambienne. On y accède par la piste de Kilela Balanda. L'origine du fleuve est constituée de plusieurs petites rivières. L’une d’elles, la Lualaba, est considérée comme la vraie source. Les européens prétendent qu'elle a été découverte le 14 septembre 1892 par l’expédition Bia, Francqui et Cornet. Si ça les agace, ça fait quand même bien rigoler les katangais.

Fleuve CongoAu delà de l’émotion que procure le fait d’être à la source d’un fleuve aussi extraordinaire, la réalité des lieux est une simple nappe d’eau claire dans un endroit calme et ombragé. L’intérêt de ce lieu est surtout symbolique. Un cérémonial est instauré au nom des ancêtres par le chef du village avant la visite de la source.

Il faut d’abord implorer leur clémence avant d’autoriser le visiteur à l’approcher. Une fois cette étape franchie, celui-ci est invité à jeter un peu d’argent dans l’eau en faisant un vœu. Chaque visite se fait avec une joyeuse escorte villageoise qui accompagne le visiteur sur le chemin qui mène à la source.  En ces lieux on a bien du mal à s'imaginer que ce mince filet d'eau va progressivement grossir jusqu'à accumuler le deuxième débit fluvial de la planète et drainer les eaux d'un territoire de 3 691 167 kilomètres carrés. Ce monstrueux bassin versant s'étale sur 9 Etats et comprend la quasi totalité de la République Démocratique du Congo. S'y ajoutent des eaux zambiennes, tanzaniennes, burundaises, rwandaises, centrafricaines, camerounaises, congolaises et angolaises. A son embouchure ce sont plus de 80 000m³ d'eau douce qui chaque seconde se précipitent dans l'océan Atlantique. 

Nous soutiendrons cette thèse officielle pourtant battue en brèche par les géographes qui considèrent, conformément à la pratique qui veut qu'on prenne pour source l'affluent le plus long, comme c'est le cas pour le Nil, la rivière Tshambezi, en Zambie, comme la source du Congo. La Tshambezi change un peu en aval, son nom en Luapula, traverse le lac Moero où elle rentre en RDC rebaptisée Luvua avant de rejoindre la Lualaba à mi-chemin entre Bukama et Kongolo. 

Nous allons tenter de vous faire parcourir les plus de 4700 kilomètres du périple de cet énorme collecteur qui atteint par endroits 230m de profondeur.

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Lionel SANZ

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