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mercredi, 02 novembre 2016 09:05

POLLUTION DE L’AIR EN AFRIQUE

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La RD-Congo parmi les pays les plus touchés

18 929 est le nombre des morts prématurés provoqué par la pollution de l’air intérieur et extérieur en RD-Congo. L’ex-Zaïre, avec l’Egypte, l’Ethiopie et le Nigéria, forment le trio des pays d’Afrique les plus touchés par ce fléau. Le rapport, publié par l’Organisation de coopération et de développement économique -OCDE- estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains.

Bus émettant des gaz polluants dans les rues d'Abidjan - Issouf Sanogo - AFP

Les africains sont des victimes d’un air de plus en plus malsain. Le nouveau rapport de l’OCDE affirme sans détours que les décès prématurés provoqués par la pollution de l’air intérieur et extérieur ont augmenté de 36% entre 1990 et 2013. Un fléau supplémentaire pour un continent déjà en bute à la malnutrition et à un accès lacunaire à l’eau potable. En 1990, 181 291 africains décédaient prématurément de la pollution extérieure par les particules fines. Ils étaient 246 403 en 2013. La pollution de l’air intérieur faisait 396 093 morts prématurés en 1990, ils étaient 466 079 en 2013. Ces résultats que vient de publier l’OCDE dévoilent un phénomène qui n’avait fait l'objet jusqu’ici d'aucune évaluation. Le continent africain était le dernier à n’avoir pas mesuré les effets de la pollution atmosphérique sur la population, au contraire de l’Asie où la dégradation massive de l’air est en revanche désormais bien connue. «Ce n’est pas une surprise de constater qu’entre 1990 et aujourd’hui, et sur les périodes intermédiaire de cinq ans, le poids de la mortalité par la pollution de l’air en Afrique a grimpé en corrélation avec la croissance de la population urbaine», peut-on lire dans le rapport. En un quart de siècle, les villes africaines sont passées de 196 millions à 466 millions d’habitants, soit une augmentation de 20% tous les cinq ans. Dans les mêmes intervalles, la mortalité par les particules fines et les hydrocarbures a cru de 5,3% entre 1990 et 1995 pour s’accélérer à 8,3% entre 2010 et 2015. La RD-Congo, le Nigéria, l’Ethiopie et l’Egypte sont les pays les plus touchés par ce fléau. L’ex-Zaïre a enregistré en 2013 près de 18 929 cas de décès prématurés causés par les particules fines et hydrocarbure. 39 825 morts ont été enregistrés au Nigéria, 35 805 en Egypte et 19 993 en Ethiopie.

Sources de pollution

La situation africaine est bien plus complexe que dans le reste du monde, et singulièrement des pays développés. Dans les métropoles occidentales, la principale source de pollution reste le trafic automobile qui intervient dans la moitié des morts attribuables à l’air pollué. Dans les villes africaines, cette source est exacerbée par le fait que les pots catalytiques sont absents des véhicules, que les modèles sont plus anciens et les carburants de moins bonne qualité -l’essence n’est plus plombée en Afrique que depuis 2006- et que les infrastructures routières sont insuffisantes pour écouler le trafic. Beaucoup de pays africains ont réussi à développer quelques projets dans le cadre des mesures d’atténuation appropriées à l’échelle nationale -NAMA-. Celles-ci couvrent bien la promotion des énergies renouvelables que l’efficacité énergétique. La RD-Congo a bien pris du retard dans ce processus. Selon les sources proches du ministère de l’Environnement, ce processus stagne parce qu’il manque une appropriation nationale des autorités. La décision du premier ministre Matata d’interdire les voitures fabriquées avant 2004 a été une belle entame. Cependant, le pays a faussé par un manque criant d’engagement politique. «C’est une démarche qui implique tout le monde, des privées comme services publics. Parce que tout le monde doit être conscient de la nécessité de changer notre mode de développement», a commenté Rolly Ngoy, médecin œuvrant au sein de l’ONG Congo Green Citizen. Des millions de générateurs au diesel qui pallient les insuffisances de la distribution électrique et la combustion des déchets entassés dans des décharges à ciel ouvert sont aussi tant d’autres sources de pollution, a confié le Dr. Rolly Ngoy. Dans les bidonvilles, la principale source de cuisson des aliments est par ailleurs le charbon de bois dans des foyers ouverts, principale source de pollution de l’air intérieur. L’OCDE a noté que ce problème de santé publique s’ajoute à des fardeaux sanitaires qui n’ont pas encore été résolus comme l’accès à l’eau potable, le traitement des eaux usées, la malnutrition qui restent des problèmes majeurs dans 28 des 54 pays africains. «L’Afrique ne pourra pas se focaliser sur le nouveau risque de pollution par les particules si des sujets anciens comme la sous-alimentation des enfants, avec ses 275 000 morts en 2013, n’ont pas été réglé», a noté le rapport. L’Afrique devrait en effet passer de 1,2 milliard d’habitants actuellement à 2,5 milliards en 2050 et 4,4 milliards en 2100 où le continent pèsera 40% de la population mondiale. Au total, l’OCDE estime que la pollution de l’air coûte tous les ans 200 milliards d’euros aux pays africains.

Christian Joseph MUTOMBO MALAMBA

 

Il faut vite étendre le projet PAUK ! 

Kimbwala, cité en pleine construction située dans la commune de Mont-Ngafula à Kinshasa a peut-être été une laissée-pour-compte du projet d’assainissement urbain de Kinshasa -PAUK-, initié par l’Union européenne et consistant en l’installation des poubelles publiques dans les quartiers de Kinshasa. Faute des poubelles publiques, dans ce quartier, les rues et rivières se transforment en dépotoirs. Reportage.  

Dépotoir d'ordures dans un quartier de la ville de Kinshasa

Alors qu’à travers la ville de Kinshasa, capitale de la RD-Congo, la gestion des déchets s’avère être une tâche bien plus ardue en dépit de certains projets mis en place par l’autorité de la ville, dans la cité de Kimbwala, située dans la commune de Mont-Ngafula -partie Ouest de Kinshasa-, la situation est bien plus calamiteuse. Une grosse épine dans la jambe. 

Tout simplement parce que cette cité, en pleine construction, ne bénéficie d’aucune politique en matière de gestion des déchets. «Je suis à Kimbwala depuis plus de 5ans, et je trouve bizarre qu’il n’y ait aucune organisation en ce qui concerne les résidus», se plaint Mwadi, habitante de cette cité, avant de révéler que «nous avons à maintes reprises contacté la responsable du quartier à ce sujet, mais notre démarche n’a jamais trouvé gain de cause». Alpha, un autre habitant du quartier analyse: «cette situation ne trouve pas d’issue car la commune est trop vaste et les autorités municipales ne maitrisent ni ne connaissent parfaitement ce qui se passe dans les recoins de la commune». Et de poursuivre «le découpage territorial ne devrait pas seulement concerner les provinces»

Un comportement destructeur

La responsable du quartier, exigeant l’anonymat, estime que «cette tâche ne relève pas de sa compétence». Nous ne sommes pas, explique-t-elle, assez soutenus financièrement par les autorités nationales. D’où «toutes les difficultés que nous rencontrons dans le secteur de l’environnement, et l’absence constatée des poubelles publiques». 

Dans l’entre-temps, la population, abandonnée à son triste sort, se lance dans des pratiques aux conséquences multiples et incalculables. Si certains se donnent la peine d’enfouir ces déchets, composés en grande partie des objets ménagers, dans le sous-sol, d’autres par contre transforment la voie publique en dépotoir. «Nous creusons un trou un peu plus profond pour entasser nos déchets. Une fois rempli, nous enterrons et creusons un nouveau trou», a fait savoir Mwadi. 

D’autres encore préfèrent déverser leurs résidus dans la rivière traversant cette cité à partir de la place Pompage jusqu’au quartier voisin de Malueka. Au croisement des avenues Salongo et Matadi une poubelle s’est installée sans que personne ne s’en préoccupe. 

Les plus nantis du quartier, quant à eux, s’abonnent aux entreprises de ramassage des déchets moyennant une somme à payer à la fin de chaque mois.

Intégrer la partie Ouest de Kinshasa 

Et, en transformant les avenues et rivières en dépotoirs, la population s’expose elle-même à des maladies et contribue ainsi à la destruction de l’environnement. Ce, du fait que les objets jetés polluent parfois bien longtemps après qu’on ne soit plus de ce monde. 

Il est vrai que la plupart d’objets ménagers, comme l’allumette -6 mois-, le papier toilette -2 semaines à 1 mois- sont rapidement biodégradables. Mais, il y en a qui, sans intervention extérieure, peuvent demeurer pendant plus de 10 ans voire plus de 100 ans. A l’instar du ticket de bus -environ 1 an-, papier de bonbon -5 ans-, boîte de conserve -50 ans-, sac en plastique -450 ans-, etc.

Une situation qui devrait interpeller les autorités de la ville à étendre le projet d’assainissement urbain de la ville de Kinshasa -PAUK-, initié par l’Union européenne. A travers ce projet, des poubelles publiques, dont l’accès est gratuit, ont été implantées par-ci par-là dans la ville.

Laurent OMBA

Rejets dans les océans de déchets plastiques - Photo AFP/Archives Mike ClarkeLe rejet dans les océans de déchets plastique causent des dégâts estimés à au moins 13 milliards de dollars et menacent la vie marine, le tourisme et la pêche, a averti l’ONU à l’ouverture de sa première Assemblée sur l’environnement lundi à Nairobi.

« Les matières plastiques jouent un rôle crucial dans la vie moderne mais les impacts environnementaux de la façon dont nous les utilisons ne peuvent être ignorés », a estimé dans un communiqué Achim Steiner, le chef du Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE) dont le siège est à Nairobi.

« Il faut prendre les mesures appropriées pour empêcher dès le début les déchets plastique de se retrouver dans l’environnement, ce qui se traduit par un seul objectif fort : réduire, réutiliser, recycler », a-t-il ajouté.

Les déchets plastique tuent la vie marine, soit parce qu’ils sont ingérés par des animaux tels que tortues ou baleines, soit parce qu’ils « endommagent les habitats naturels essentiels tels que les récifs coralliens », explique le PNUE dans un rapport, ajoutant que de petits fragments de plastique avaient été retrouvés jusque dans les glaces polaires.

Le PNUE fait également part de ses « inquiétudes concernant la pollution chimique, la propagation d’espèces invasives (telles que des champignons) par les fragments plastiques et les dégâts économiques causés aux secteurs du tourisme et de la pêche dans de nombreux pays ».

L’essentiel des déchets plastique terminent au milieu de l’océan dans les vastes « continents de plastique », lieu de convergence de divers courants marins, mais les conséquences croissantes des micro-plastiques (morceaux de moins de cinq mm de diamètre) sont particulièrement inquiétantes, estime le PNUE.

« Leur ingestion a été constatée à grande échelle dans les organismes marins, notamment les oiseaux, les poissons, les moules, les vers et le zooplancton (…) devenant au final une source de produits chimiques dans notre nourriture », poursuit le PNUE.

La nouvelle Assemblée des Nations unies pour l’Environnement (UNEA), qui se réunit dans la capitale kényane jusqu’au 27 juin, se veut, selon l’ONU, « une plate-forme mondiale pour l’élaboration de politiques environnementales au plus haut niveau » et permettra de « placer l’environnement sur un même pied d’égalité que les questions liées à la paix, la sécurité, la finance, le commerce ou la santé ».

L’UNEA, qui se réunira ensuite tout les deux ans, doit aborder à Nairobi des questions telles que la criminalité liée aux espèces sauvages, le braconnage ou la réforme des subventions aux combustibles fossiles.

Agence France Presse

une seconde vie pour les matières plastiquesLes plastiques sont omniprésents dans notre vie. Au-delà de leurs atouts, une fois utilisés, ils génèrent des déchets volumineux. Ces déchets occupent un volume important dans les points de collecte et autres installations de gestion de déchets tels que les sites de décharges. Leur dissémination dans la nature est inesthétique et leur biodégradabilité est, dans la plupart des cas, faible.
Ce qui a comme conséquences: le bouchage de caniveaux, la stagnation des eaux favorisation la propagation des maladies hydriques et provoquant des inondations; enfouis dans le sol, ils le rendent imperméable entrainant ainsi l'appauvrissement et l'infertilité des sols avec des répercussions néfastes dans la production agricole.

Pourtant, le ramassage des déchets plastiques peut se présenter comme une source de revenus durables car les déchets plastiques ont une valeur économique avérée malgré le faible cout des produits pétroliers de base qui ne favorise pas l'émergence d'un marché important des produits plastiques recyclés à Kinshasa.
Néanmoins, ces déchets plastiques ont également des débouchés au niveau local.

Les plastiques peuvent donc être ramassés et préparés pour être vendus. Cela permettrait à ceux qui les récoltent de gagner de l'argent et en même temps de jouer un rôle important dans l'assainissement de la ville de Kinshasa. Il y a donc lieu d'encourager leur recyclage.
Une seconde vie peut être donnée aux déchets plastiques par le recyclage mécanique, qui consiste à mise en fusion et à la transformation de déchets plastiques en nouveaux produits. De ce fait, le plastique devient une matière première.

Les matières plastiques sont d'abord triées, nettoyées, lavée puis extrudé pour donner des granulés. Parfois, il ne faut pas extruder la matière, mais uniquement la lacérer ou la broyer. Les granulés servent de matière secondaire pour la production de nouveaux produits plastiques tels que: tuyau en pvc utilisé pour l'électrification de bâtiment, arrosoirs, bassine, boite en castration, etc.

Notons que, l'obtention d'une bonne qualité de granulé dépend premièrement d'un bon tri sélectif de déchets plastiques. L'incompatibilité de certains polymères entre eux, la difficulté de reconnaitre et de séparer les différents polymères induisent de nombreux problèmes au niveau du tri sélectif.
Pour permettre un bon tri sélectif des différentes catégories de déchets plastiques, un module de formation sur la gestion des déchets a été mis en place par UMOJA DEVELOPPEMENT DURABLE, afin de présenter différentes étapes du tri sélectif et d'expliquer comment est organisée une filière de recyclage des matières plastiques.
Ce module permet d'avoir suffisamment de connaissances sur le processus du recyclage des déchets plastiques dès l'amont jusqu' en aval, c'est-à-dire, du ramassage de déchets plastiques ménagers à la production des granulés.

Cette formation est appuyée par une visite sur le terrain à l'atelier de recyclage de déchets plastiques d'UDD afin de lier la théorie à la pratique. Un atelier adapté au contexte kinois, utilisant une technologie simple et appropriée à un environnement ou l'on rencontre les défaillances techniques liées aux manques de pièces de rechange.

Kivivi KIKADI
UMOJA DEVELOPPEMENT DURABLE (UDD)

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