Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mardi, 27 juin 2017 -
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Changements climatiques

Changements climatiques (38)

Les 1 300 délégués, réunis au Centre de conférence de Bonn (Allemagne) depuis lundi 19 octobre pour travailler le projet de texte du futur accord, se sont mis d'accord sur un texte de négociation. Un texte pas ambitieux. Prochaine étape : la pré-COP à Paris du 8 au 10 novembre.

Laurent Fabius et Christiana Figueres-Photo RFI

Soulagement à Bonn en Allemagne vendredi 24 octobre soir avec l’approbation d'un texte de négociation par les 195 pays réunis depuis lundi 19 octobre 2015. Les discussions auront été difficiles et intenses tout au long de la semaine mais face à l'urgence de parvenir à un accord en décembre, les négociateurs ont travaillé jusqu'au dernier moment pour finaliser le texte qui est passé de 20 pages en début de session à 51 pages à sa clôture. Si la structure du texte qui avait été proposé comme base de travail a été conservée, chaque section a été complétée par des articles alternatifs ou au sein d’un même article par différentes options qui devront être tranchées à Paris.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a salué un texte «plus long mais plus équilibré», soulignant que, comme président de la COP21, il sera «à l'écoute de tous les pays dans un esprit de transparence et de dialogue, avec la ferme intention d'aboutir à un accord ambitieux». La pré-COP organisée à Paris du 8 au 10 novembre sera l'occasion «d'avancer alors qu'il reste de temps», a-t-il expliqué.

Si ce nouveau document a pu être accepté par tous, encore beaucoup de travail reste à réaliser pour arriver à un accord. «Si nous voulons transformer ce texte en accord juridique, nous devrons travailler différemment à Paris», a affirmé le Pérou qui assure la présidence de la COP20. La Secrétaire exécutive de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), Christiana Figueres a déclaré que le projet de texte comprend des options supplémentaires qui reflètent les préoccupations des pays en développement. «Nous avons maintenant un texte qui appartient aux Parties, qui est équilibré et complet. Le défi pour les gouvernements est de le ramener à une structure beaucoup plus concise, claire et cohérente en vue de son adoption à Paris».

Mettez de côté vos différences

La semaine aura permis de clarifier les positions sur quelques points, comme le suivi des engagements nationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES). Il reste encore à travailler sur des sujets comme le financement des politiques climatiques des pays du Sud par les pays du Nord. «Nous n'avons pas réellement négocié cette semaine, nous avons clarifié les options, mais nous ne pourrons pas répéter ça la prochaine fois, vous devez être prêts à négocier à Paris dès le premier jour», a expliqué Laurence Tubiana, la représentante spéciale de la France pour la Conférence Paris climat.

Illustrant l'urgence à combattre le réchauffement de la planète, le délégué mexicain Roberto Dondisch Glowinski a lancé un appel émouvant à la tribune de la session de clôture des travaux, alors que l'ouragan Patricia menace son pays. «Je ne pense pas que j'ai besoin d'en dire plus sur l'urgence d'un accord. Je vous demande à tous de mettre de côté vos différences afin qu'ensemble nous puissions commencer à travailler», a-t-il déclaré-t-il, applaudi par la salle. La COP21 doit s'ouvrir le 30 novembre en présence de chefs d'État invités à venir donner une impulsion politique. Les négociateurs se pencheront ensuite de nouveau sur le texte, avant de passer la main la dernière semaine aux ministres.

CGC

La RD-Congo s’aligne sur la liste des pays africains ayant déposé leur Contribution prévue déterminée -CPDN- au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements. L’ex-Zaïre évalue à USD 21,622 milliards les besoins en financement de sa CPDN. Bienvenu Liyota, ministre de l’Environnement et du développement durable -MEDD- conditionne cette contribution à l’effort mondial d’atténuation par l’accompagnement de la vision de développement vers l’émergence de la RD-Congo à l’horizon 2030.

De gauche à droite Vincent KASULU, SG à l'EDD, Bienvenu LIYOTA, Ministre de l'EDD, Alain BUSSY, Directeur du cabinet du Ministre de l'EDD

En route vers la COP 21 de Paris, la RD-Congo tient à jouer son rôle de leader environnemental au regard de l’immensité de son massif forestier. Déjà, tel que déclaré par Joseph Kabila au vice-président de la commission européenne sur l’énergie, le géant africain a déposé depuis le samedi 15 août 2015 sa Contribution prévue déterminée au niveau national -CPDN- qui porte sur la période de 2021 à 2030. La CPDN RD-congolaise estime à USD 21,622 milliards les besoins de financement dans le cadre de deux aspects complémentaires des changements climatiques, à savoir l’adaptation et l’atténuation. Concrètement, USD 12,54 milliards sont destinés à la mise en œuvre des initiatives d’atténuation et USD 9,08 milliards aux mesures d’adaptation. «Les mesures d’atténuation proposées concernent les trois plus important secteurs: l’agriculture, les forêts et l’énergie. Ces mesures portent dans le secteur de l’énergie sur l’hydro-électrification, l’amélioration de la filière bois-énergie et l’amélioration du transport», a déclaré Bienvenu Liyota. Dans le secteur de l’agriculture, les initiatives RD-congolaises vont porter sur la sédentarisation agricole, le développement de l’agriculture intensive et de l’agro-industrie. En ce qui concerne le secteur des forêts, les mesures d’atténuation relèveront de la réduction de la déforestation et de la dégradation des forêts ainsi que du renforcement du stock de carbone. Alors que le taux de réduction des GES prévue en l’an 2030 est de 17%, ce qui représente environ 77 millions de tonnes équivalent CO2, la RD-Congo a néanmoins conditionné sa contribution à l’effort mondial d’atténuation par un accompagnement de sa vision de développement vers l’émergence à l’horizon 2030.

Une part sûre

Le ministre s’affiche très optimiste quant à l’acquisition de ce fond. Il a laissé entendre que pour les efforts fournis par son pays, la RD-Congo est classée en ordre de priorité pour recevoir ce financement. «Nous n’allons pas à Paris pour vendre nos forêts en contrepartie de ce financement», a tapé du poing Liyota non sans insister que la RD-Congo n’y ira pas en solo. Elle a juste soumis sa CPDN tout comme les 5 autres pays africains. Pour preuve, avant d’aller à la COP 21, les pays africains se retrouveront d’abord au Maroc, sur invitation de la ministre marocaine de l’Environnement, puis en Turquie pour préparer cette réunion de haute envergure. Dans sa CPDN, la RD-Congo a aussi inscrit des mesures relevant du Programme d’action nationale d’adaptation et des mesures d’adaptation en réponse aux actions d’atténuation proposées dans les secteurs de l’énergie et du transport. «Les résultats escomptés des initiatives relatives à l’amélioration de l’accès à l’énergie propre -hydroélectrique- et le transport vont induire une amélioration globale du cadre de vie, susceptible d’augmenter les rejets des eaux usées et des déchets», a-t-on lit dans le résumé exécutif de cette CPDN. Toutes ces démarches, a déclaré le ministre de l’EDD, matérialisent la volonté de la RD-Congo de contribuer à l’effort international de lutte contre les changements climatiques. Le pays compte à travers la mise en œuvre de sa CPDN atteindre des objectifs de croissance verte et de développement durable.

Christian-Joseph MUTOMBO

Laurent OMBA

 

Le Président du Sénégal Macky Sall a annoncé la position du Sénégal en direction de la Conférence internationale sur le climat prévue à Paris (COP21, du 30 novembre au 11 décembre). Pour lui, les gros pollueurs doivent payer plus. C’est une question de justice et d’équité, pense-t-il.

Macky SALL - Photo Afrik.com

En vue de baliser le chemin pour la participation du Sénégal à la prochaine Conférence internationale sur le climat prévue à Paris, le Sénégal a organisé la Conférence nationale pour le développement durable tenue dans sa capitale il y a deux semaines. Pour le Président Macky Sall, il faudra mettre sur la table les problèmes majeurs du Sénégal mis en exergue lors de cette rencontre comme la pollution et l'érosion côtière. Le but est que «la Conférence de Paris ne soit pas une conférence de plus mais un rendez-vous utile où ceux qui polluent la planète seront indexés. Sur les 100 milliards de dollars prévus pour le Fonds Vert, il a été reçu la promesse de 10 milliards et c'est 4,6 milliards seulement qui ont été réunis par l’Union européenne», a déploré le chef de l’Etat en présence de l’ambassadeur chef de la délégation de l’UE.

Macky Sall a fait sienne la problématique climatique africaine et promet de défendre les intérêts du continent à la COP21. «Les pays développés sont attendus sur une réaction objective. Sinon, nous nous ferons entendre. Les pays qui polluent plus doivent payer plus, c’est une question de justice et d'équité», a tempêté le Président. Ayant pour thème central «Territoires et villes durables», la Conférence de Dakar a été un creuset qui a servi de base pour l’élaboration du cadre stratégique de référence pour l’application effective de la «gouvernance verte». Les recommandations de cette rencontre ont fait l’objet d'une approbation collective que le chef de l’Etat a validé. «Ces travaux constituent un instrument d’orientation de la politique gouvernementale en matière de développement durable», a conclu Macky Sall.

Christian Joseph MUTOMBO

 

 

Le plan américain pour une énergie propre va imposer aux centrales électriques de réduire de 32 % leurs émissions de carbone d’ici à 2030. Le président américain Barack Obama a dévoilé, cette semaine, un plan ambitieux pour l’environnement, qu’il décrit comme «l’avancée la plus importante» des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique, en ciblant particulièrement les centrales électriques.

Barack OBOMA - Illustration de Wedemain.fr

La version finale du plan américain pour une énergie propre -America’s Clean Power Plan-, édicte une série de règles et de réglementations qui imposeront pour la première fois aux centrales électriques de réduire de 32 % d’ici 2030 leurs émissions de carbone, par rapport aux niveaux de 2005. Barack Obama a souligné que les États-Unis et le reste du monde doivent agir maintenant pour sauver la planète, à moins de six mois de la conférence sur le climat -COP21- à Paris. Elle réunira sous l’égide des Nations unies 195 pays, qui devraient s’engager à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température mondiale générée par les émissions de gaz à effet de serre. «Le changement climatique n’est pas le problème de la prochaine génération. Il ne l’est plus», a déclaré Barack Obama, soulignant que le changement climatique constitue une menace pour l’économie, la santé, le bien-être et la sécurité des États-Unis. «Les centrales électriques sont la principale source de pollution par le carbone nocif qui contribue au changement climatique», a ajouté le président américain, qui avait placé la lutte contre le changement climatique au cœur de ses promesses électorales en 2008. Aux États-Unis, 37 % de l’électricité est produite par des centrales au charbon. Jusqu’à présent, les autorités fédérales n’ont imposé «aucune limite à cette pollution» générée par les centrales, a-t-il déclaré. Les centrales électriques sont responsables de 40% des émissions américaines de dioxyde de carbone, le gaz le plus répandu contribuant au changement climatique.

Christian Joseph MUTOMBO

lundi, 06 juillet 2015 15:04

EN MARGE DE LA COP 21

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Les ONGS francophones africaines exigent plus d’engagement à la France

Alors que la Conférence des Nations unies sur le financement du développement à Addis-Abeba en juillet 2015 et la COP 21 s’approchent à pas de géant, les ONGS francophones appellent la France à saisir l’opportunité historique de changer l’avenir de millions de personnes en Afrique et dans le monde, en affectant les recettes de la taxe sur les transactions financières (TTF) européennes aux grandes urgences mondiales.

Bannière officielle COP21 - Photo Ens.fr

Certes, les efforts consentis à Copenhague en matière d’adaptation au changement climatique ont permis à de nombreuses communautés de faire face aux événements extrêmes de plus en plus violents et fréquents. Les systèmes d’alerte précoce, les digues, les méthodes de production et d’irrigation mieux adaptés ont permis de sauver des vies et d’éviter des famines. Mais, les financements restent insuffisants. Ils représentent entre 17 et 20 milliards de dollars (entre 15,20 et 17,89 milliards d’euros) par an répartis entre 137 pays en développement, dont seulement 20 % pour l’adaptation. Alors que les besoins pour l’Afrique seule sont de l’ordre de 7 à 15 milliards de dollars par an. Sans financements supplémentaires, 600 millions de personnes de plus risquent de souffrir de la faim en 2050.

Ainsi, les ONGS francophones composées de la Coalition PLUS contre le Sida, le Réseau action climat, Réseau climat et développement et une soixantaine d’associations de la société civile francophone, en grande partie africaines exigent plus d’engagement à la France.

A la Conférence d’Addis-Abeba, du 13 au 16 juillet 2015, l’enjeu sera de mobiliser les ressources permettant d’offrir aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables un développement durable, sain et adapté aux impacts du changement climatique. La réponse financière devra être suffisamment crédible pour faire émerger un accord ambitieux sur la réduction des risques climatiques à la COP21, et pour porter un coup d’arrêt à la mortalité et aux nouvelles infections dues à VIH, à la tuberculose et au paludisme. Une réponse commune des 11 Etats de la TTF européenne serait un signal fort.

Depuis 2012, la France est l’une des principaux acteurs dans la mise en place de la TTF dans les onze Etats européens. Selon la Commission européenne, cette taxe devrait générer près de 35 milliards d’euros par an. En décidant d’en affecter une portion à la lutte contre le changement climatique et les grandes pandémies, la France a l’occasion de montrer que la solidarité internationale peut sauver des vies fragilisées par les aléas climatiques.

Au sommet de la Terre à Rio en 2012, puis devant l’Union africaine en 2013, François Hollande s’est engagé à ce que la TTF finance ces priorités mondiales. En 2015, un million de personnes ont signé une pétition appelant à respecter ces engagements. A la conférence d’Addis-Abeba, nous attendons de la France qu’elle annonce un sommet européen qui entérinera l’affectation commune de la TTF à la lutte contre les grandes pandémies et le changement climatique.

Christian Joseph MUTOMBO

 

mercredi, 01 juillet 2015 17:57

Ibi Village fait respirer Kinshasa

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Du 5 au 7 juillet, Ibi Village organise sa foire agricole annuelle, les « Portes Vertes », sur le plateau des Bateke. Au menu : une ribambelle d’activités pour les petits et les grands. Une occasion de découvrir ce village, poumon de la ville de Kinshasa.

Aperçu du puits carbone d'Ibi-Village dans le plateau des Bateke - Photos CN-REDD

Pendant les 3 jours, les « Portes vertes d’Ibi village (PVI) » invitent les publics à découvrir les exceptionnelles richesses du terroir (plateau des Bateke) et des perspectives du développement de l’économie verte. Les PVI se veulent donc un événement, festif, pédagogique et culturel où citadins et villageois convergent les uns vers les autres sur l’esplanade au milieu de la forêt d’acacias de la zone pilote.

Au menu de ces activités, des visites du site, de son puits de carbone, de ses infrastructures de production, marché de produits locaux, étals de démonstration et de dégustation, concerts, animations culturelles et éducatives.

Ibi Village et le Puits carbone forestier Ibi-Bateke sont un concept unique d’agroforesterie, qui permet un développement rural intégré sur les fronts de l’environnement en luttant contre le réchauffement climatique, celui de l’économie en développant une agroforesterie durable et pérenne, enfin du social en augmentant le bien-être des populations locales. « Ibi Village, c’est un éco-village, soucieux de son empreinte écologique, une nouvelle forêt de 4200 ha en cours de plantation», renseigne-t-on.

Ibi Village, c’est le premier puits de carbone enregistré en Afrique Centrale. Le site séquestre durablement du carbone, de par ses plantations simultanées d’acacias et de manioc sur une savane herbeuse de faible fertilité. Actuellement, sa capacité de stockage est estimée à 60 000 tCO2. Ibi Village emploie plus d’une dizaine de cadres et 300 travailleurs saisonniers qui s’activent à la plantation, à la récolte et à la transformation des produits agroforestiers.

Parallèlement à ce pôle d’activité économique, Ibi Village diffuse ses techniques agroforestières auprès des 1 200 habitants des 10 hameaux, gère un dispensaire médical, une école primaire et coordonne les activités culturelles et sportives locales.

Christian Joseph MUTOMBO

 

Optimiste, le ministre RD-congolais de l’Environnement et du Développement durable l’est sans nul doute. Bienvenu Liyota est convaincu que, cette fois-ci à Paris, en marge de la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques -COP21-, un accord contraignant applicable à partir de 2020 aux 195 pays sera conclu. Mais, sur terrain, les violons ne sont toujours pas bien accordés. Décryptage.

Bienvenu LIYOTA, Ministre de l'Environnement et Développement Durable - Photo CN-REDD

«Monsieur le Ministre, et si on n’aboutissait à rien à Paris ? Quelle serait l’option B pour la RD-Congo», a lancé une consœur au Ministre Bienvenu Liyota, la semaine passée au cours d’une conférence de presse 100% COP 21 qu’il a animé à l’hôtel venus, au cas où la Conférence de Paris se terminait comme celle de Copenhague. Sans accord contraignant.

Devant tous les cadres de son ministre, le ministre a affiché son optimisme tous azimuts. «On parte en négociation avec un esprit ouvert, celui d’aboutir à un accord. A ce jour, tous les pays du monde travaillent pour un accord contraignant. Les signaux forts sont perceptibles et la volonté est là. Il y aura un accord à Paris. Et la RD-Congo n’a pas encore envisagé d’option B», répondu le ministre visible convaincu que les choses vont cette fois-ci se déroulaient autrement à Paris.

Bienvenu Liyota a même saisi l’occasion pour présenter à la presse le Comité préparatoire de la RD-congo pour la COP 21. «C’est une équipe pluridisciplinaire constituée des juristes, des scientifiques, des délégués du ministère des Affaires étrangères, des députés. Elle a pour mission d’examiner et préparer les contribution de notre pays».

Le ministre a rassuré que les contributions de la RD-Congo devrait s’aligner à celles du groupe Afrique qui est déterminé à parler d’une seule voie à Paris. «En mars dernier, nous avons participé au Caire à une réunion qui avait justement pour objectif d’harmoniser les points des vues africaines. En s’unissant, l’Afrique fera valoir ses opinions», a déclaré le ministre.

Confiant, Bienvenu Liyota espère de cette Conférence de Paris des retombées financières pour la RD-Congo. « Nous avons des arguments environnementaux pour lesquels nous sommes en droit de revendiquer les financements. Notre pays a réalisé plusieurs avancées en cette matière», a déclaré le Ministre, faisant sans nul doute allusion au processus REDD+ (Réduction des émissions due à la déforestation et dégradation des forêts) dont la RD-Congo est le premier pays du monde à avoir bouclé la phase de préparation.

Encore des divergences

A Paris, les Parties espèrent dont conclure le premier accord universel et contraignant, applicable à partir de 2020 aux 195 pays pour limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Elles doivent également déterminer le financement de l’adaptation au changement climatique. A Copenhague, en 2009, les pays développés ont pris l’engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, sur fonds publics et privés, pour permettre aux pays en développement de lutter contre le dérèglement climatique et de s’engager dans un développement durable. Une partie de ces montants doit transiter par le Fonds vert pour le climat, un mécanisme financier créé par l’ONU. Début juin 2015, sur les 10,2 milliards de dollars de promesses faites par une trentaine de pays pour abonder ce fonds, seuls 4 milliards de dollars avaient été réellement débloqués par les Etats donateurs.

Les négociations de Paris butent sur la question de la responsabilité historique dans le réchauffement et sur la répartition des efforts à accomplir. Les pays émergents estiment que cette responsabilité incombe d’abord aux pays industrialisés et refusent de s’infliger les mêmes contraintes.

Pour les pays industrialisés, par contre, la division entre pays industrialisés et émergents n’est plus opérante. La Chine est devenue le premier pollueur au monde, l’Inde le troisième. L’enjeu des négociations est donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre sans limiter le droit au développement des pays émergents.

Un autre sujet sensible est celui du choix des mécanismes qui permettront de suivre les engagements des Etats en matière de lutte contre le réchauffement. Comment mesurer les efforts accomplis ? Quel cycle imaginer pour inscrire l’accord dans un temps long ?

Pour espérer conclure un accord solide, les négociateurs de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques -CCNUCC- devront par ailleurs convaincre des Etats particulièrement réticents, à l’instar de l’Australie, dont le gouvernement conservateur affiche des positions climatosceptiques.

Ils devront aussi tenir compte des demandes des Etats insulaires, très vulnérables aux aléas climatiques, qui contestent le seuil des 2 °C et considèrent que le réchauffement ne doit pas dépasser 1,5 °C, au risque de voir tout ou partie de leur territoire disparaître suite à la hausse du niveau de la mer.

Christian Joseph MUTOMBO

C’est désormais officiel. La RDC a achevé sa phase de préparation au processus REDD+. A l’issue de leur 19ème session, les Membres du Comité des Participants du Fonds de Partenariat du Carbone Forestier (CP/FCPF), réunis du 17 au 19 mai 2015 à Washington, ont approuvé le rapport d’auto-évaluation de la phase de préparation (Readiness-Package), présenté par la RDC. La RD Congo devient ainsi le 1er des 47 pays pilotes REDD+ du FCPF à avoir bouclé cette phase cruciale.

De gauche à droite, Vincent KASULU Sécretaire Général à l'EDD, Bienvenu LIYOTA Ministre de l'EDD, Etienne BENOIST Représentant Banque Mondiale, Victor KABENGELE Coordonnateur CN-REDD

Destiné à récompenser les efforts des pays forestiers tropicaux en développement dans leur lutte contre les changements climatiques, le processus REDD+ est mis en œuvre en trois phases : (i) la phase de préparation (Readiness), qui vise par le renforcement des capacités à mettre en place l’infrastructure nationale indispensable pour accéder aux paiements basés sur les résultats ; (ii) la phase de mise en œuvre, consacrée à l’expérimentation à travers les politiques et réformes clés, ainsi que les investissements, et (iii) la phase de paiements basés sur les résultats Mesurés, Reportés et Vérifiés (MRV).

Afin de permettre aux pays engagés dans le programme d’évaluer leur état d’avancement dans la mise en œuvre du processus, le Comité des Participants du FCPF avait édicté une batterie de critères et indicateurs à suivre.

Des « progrès substantiels »

Sur les 34 critères édictés par le FCPF, la RDC a accompli des « progrès substantiels » dans 26 critères tandis que 8 seulement ont été jugés « progrès satisfaisants ». La délégation de la RDC, conduite par M. Alain Bussy, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Environnement et Développement Durable, accompagné de M. Victor Kabengele, Coordonnateur National REDD+ et M. Guy Kajemba, délégué de la société civile, s’est notamment appuyée sur les avancées remarquables réalisées pour soutenir que « la RDC est arrivée au point où elle doit avancer dans la phase de mise en œuvre avec des programmes de réduction d’émissions réelles, en vue de délivrer des bénéfices réels, aussi bien pour les communautés locales, pour le pays et pour le monde ». Ces avancées remarquables dont M. Victor Kabengele a fait état, concernent notamment : (i) la Stratégie Nationale REDD+, validée en Conseil des Ministres, en novembre 2012 ; (ii) l’établissement du Fonds National REDD+, le bras financier de la Stratégie Nationale REDD+ ; (iii) la mise en œuvre du Programme d’Investissement pour les Forêts (PIF) ; (iv) l’incorporation dans la Matrice de Gouvernance Economiques des réformes REDD+, dans le secteur de l’Aménagement du Territoire (AT) et de la tenure foncière ; (v) la validation par la Banque Mondiale, en avril 2015, des instruments de sauvegardes sociales et environnementales ; (vi) le développement d’un programme juridictionnel d’envergure pour la réduction des émissions dans la Province de Mai-Ndombe, avec la signature de la Lettre d’Intention avec la Banque Mondiale pour l’achat par cette dernière de 10 Mt de crédits carbone, et (vii) la coordination harmonieuse et réussie des différents financements des partenaires (FCPF, UN-REDD, CBFF, donateurs bilatéraux) qui ont appuyé la phase de préparation.

Une vision stratégique du Gouvernement

Toutes ces avancées, a fait savoir M. Alain Bussy, ont été facilitées par une vision et un engagement politique de très haut niveau, tel que confirmé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Joseph KABILA, lors du Forum de Haut niveau sur « les forêts, les changements climatiques et le développement de la RDC », tenu en 2011. Cette vision, fondement de la Stratégie nationale REDD+, est en parfait alignement avec le Document de développement quinquennal du pays, le DSCRP2, qui a incorporé un quatrième pilier « Environnement, Changements Climatiques et Gestion durable des ressources forestières ». Enfin, la perception du mécanisme REDD+ comme étant un outil de développement qui renforce la gestion durable des ressources naturelles et permet d’améliorer les conditions de vie des communautés locales et d’assurer la réduction de la pauvreté.

Un pays modèle

Officiellement engagée dans le processus REDD+ depuis 2009, la RDC doit son succès dans l’implémentation de ce mécanisme au caractère inclusif et participatif des parties prenantes dans les activités qui menées par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable, à travers la Coordination Nationale REDD. C’est cette même approche qui a été suivie pour la tenue des consultations multipartites ayant abouti à la validation au niveau national du Rapport présenté à Washington. Le délégué de la Société civile, Guy Kajemba, a salué la transparence du processus de consultations menées à cet effet et surtout la qualité de la méthodologie développée pour recueillir et intégrer les observations formulées par les différentes parties prenantes. Nonobstant les questions liées aux arrangements institutionnels, à la mise en œuvre du Plan de travail pour les activités restant à couvrir ainsi qu’à la communication avec les communautés locales et peuples autochtones, les Membres du Comité des Participants ont encouragé et félicité la RDC pour avoir atteint ce résultat. Et ce, en dépit des contraintes liées aux questions de gouvernance, des capacités humaines et d’infrastructures, lesquelles contraintes ne l’ont pas empêchée de devenir le premier pays FCPF à avoir finalisé la phase de préparation au processus REDD+. 

Cellule IEC/CN-REDD

Financé par le Fond pour l’environnement mondial -FEM- et le Programme de Nations Unies pour le développement -PNUD- à la hauteur d’USD 5.125.000 pour une durée de cinq ans, le projet PANA-AFE vise à améliorer les capacités d’adaptation des producteurs et ménages ruraux aux changements climatiques.

au premier plan, Jean Ndembo Longo, coordonnateur du PANA-AFE, accompagné de bailleurs de fonds - Photo CGC

Le Programme national d’actions pour l’adaptation des femmes et enfants au changement climatique -PANA-AFE-, deuxième volet de la réponse RD-congolaise à l’adaptation aux changements climatiques, a été récemment lancé à Kinshasa par le ministère RD-congolais de l’Environnement et du développement durable.

Ce projet d’adaptation à base communautaire est principalement centré sur les besoins des femmes et enfants. Financé par le FEM et le PNUD à la hauteur d’USD 5.125.000 pour une durée de cinq ans, PANA-AFE vise à améliorer les capacités d’adaptation des producteurs et ménagers ruraux afin de réduire la vulnérabilité des moyens de substances des communautés touchées par les changements climatiques. 

Ce projet est mis en œuvre au niveau de quatre sites d’intervention notamment Ngimbi dans le Bas-Congo, Kipopoau dans le Katanga, Kiyaka au Bandundu et Ngandajika au Kasaï-Oriental.

Alors que dans les milieux ruraux les femmes assurent la quasi-totalité des activités du petit commerce et l’essentiel des travaux agricoles et d’élevage, les experts du ministère de l’EDD ont identifié quelques barrières à l’adaptation des femmes au changement climatique. «Les femmes ont une capacité limitée à générer des revenus conséquents de leurs activités de production; elles ont aussi un accès limité au crédit agricole et ne sont pas toujours outillées techniquement», a commenté Jean Ndembo Longo, coordonnateur du PANA-AFE, au cours du lancement du projet. Et au représentant du PNUD de faire savoir: «Les difficultés qu’ont les femmes pauvres pour accéder aux ressources et à la terre, la restriction de leurs droits, la réduction de leur mobilité et de leur participation aux prises des décisions les rendent totalement vulnérables au changement climatique, qui accentue les inégalités déjà existantes, y compris l’inégalité entre les genres». Ainsi, PANE-AFE, ce sont les femmes et les enfants d’abord. 

Augmenter les revenus

Ce projet est structuré autour de deux principales composantes: les pratiques résilientes de diversification pour la sécurisation des ménages. Dans cette composante, le projet envisage des activités allant du développement de l’élevage du petit bétail à la réalisation des études de faisabilité des aménagements hydroagricoles. «Nous allons installer au moins 200 unités primaires de transformations alimentaires, mais aussi chercher l’adhésion des communautés dans le choix et réalisation de ces ouvrages. A la fin, nous espérons développer pour les groupes de femmes les moyens de subsistance alternatifs, efficients et résilients au changement climatique en vue d’augmenter le revenu et améliorer l’état nutritionnel de la famille. En gros, dans cette composante, toutes les activités de diversification des pratiques agricoles, comprenant l’agriculture irriguée, la pisciculture intégrée, l’élevage des bovins et des chèvres, seront menées ainsi que la production d’informations agro-météorologiques», a déclaré Jean Ndembo Longo.

La deuxième composante est consacrée au développement des capacités pour mener des activités des résiliences au changement climatique. «Nous espérons à l’issu de cette composante appuyer au moins 100 producteurs de semences et 50 groupes de femmes dans la production et distribution des semences certifiées des variétés résilientes dans les zones d’intervention. Il s’agira aussi de mettre en place des banques de semences et de céréales au niveau de villages», a-t-il ajouté. Les experts travailleront également pour la production des semences et boutures résilientes de manioc, maïs, riz, arachide, haricot et Niébé sur près de 20 ha par les agri-multiplicateurs dont 50% de femmes. «PANA-AFE vient capitaliser et renforcer les acquis du projet de renforcement des capacités d’adaptation et de gestion des impacts des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire en RD-Congo -PANA-ASA, mis en œuvre de juin 2010 à décembre 2013 dans les mêmes zones d’intervention», a signifié le coordonnateur du PANA-AFE.

Pour Benjamin Toirambe, directeur du développement durable, ce projet va délivrer des outils complémentaires de gestion des risques tandis que les moyens et l’encadrement requis seront ainsi mis à la disposition des femmes et des enfants pour améliorer leur résilience socio-économique.

Christian Joseph MUTOMBO

 

 

dimanche, 10 mai 2015 13:46

FINANCEMENT AU FONDS VERT CLIMAT

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Tosi Mpanumpanu explique les quatre conditions

Expert négociateur sur les changements climatiques au sein du Ministère de l’Environnement et Développement Durable RD-congolais et ancien Président du groupe africain des négociateurs climats de 2009 à 2011, Tosi Mpanumpanu a pris part à toutes les conférences des parties -COP-, depuis celle de Bali. Membre suppléant du conseil d’administration du Fonds Vert Climat, il évoque les quatre conditions de financement d’un projet par le Fonds Vert Climat. Interview.

 

Tosi Mpanu-Mpanu, Expert négociateur RDC sur les changements climatiques

 

Parlez-nous brièvement du Fonds vert climat?

Le Fonds vert climat a été établi lors de la Conférence de Cancun. Les parties l’ont initié pour aider les pays en développement à pouvoir accéder à un développement plus sobre en carbone et à devenir plus résiliant face aux effets néfastes du changement climatique. Le Fonds Vert Climat doit mobiliser au moins USD 100 milliards d’ici 2020. En décembre 2014 à Lima au Pérou, il a reçu une capitalisation de USD 10 milliards de la part de plusieurs pays. En  principe, c’est au mois d’octobre 2015 que les premiers projets devront recevoir le financement du Fonds. Et en marge de la Conférence de Paris, ça devra être un signal fort lancé à l’endroit des pays «pessimistes» quant à l’issue de la réunion parisienne. Les financements du Fonds pourront constituer une motivation additionnelle pour ces pays pessimistes. 

Existent-ils des projets RD-congolais susceptibles d’être financés par ce Fonds? 

Effectivement, si la RD-Congo arrive à monter des projets qui s’alignent sur les critères d’éligibilités du Fonds, elle bénéficiera du financement du Fonds vert climat. Il faut reconnaitre que la RD-Congo est un pays en voie de développement ayant des besoins d’adaptation et un potentiel d’atténuation. Vous savez en ce qui concerne le financement, il y a des étapes à suivre. Il y en a quatre. En premier lieu, la RD-Congo doit nommer un point focal chargé du Fonds vert climat. Je pense qu’une décision a été déjà prise dans ce sens. Deuxièmement, la RD-Congo doit développer un cadre stratégique d’interaction avec le Fonds vert climat, c’est-à-dire, elle doit réaliser un état des lieux des projets ou politiques en cours liés au climat puis les harmoniser dans un ensemble cohérent afin de détecter les lacunes et forces des uns et des autres. Le troisième travail invite la RD-Congo à désigner les entités de mise en œuvre ou des intermédiaires financiers du Fonds vert climat. Cette grande structure ne viendra pas exécuter les projets en RD-Congo, elle travaillera plutôt avec une entité distincte. A titre d’exemple, la Banque Africaine de Développement -BAD- gère, pour le compte des pays du Bassin du Congo,  les Fonds norvégien et britannique. Enfin, la RD-Congo devra développer un pipeline des projets et des programmes. Je pense qu’une fois que notre pays aura accompli toutes ces étapes, il sera éligible au financement du Fonds vert climat.

Concrètement, la RD-Congo pourra-t-elle réaliser toutes ces étapes avant octobre 2015? 

De manière réaliste, je pense qu’il y a, dans notre pays, des projets qui, dans leurs conceptions, pourront bénéficier du financement du Fonds. Maintenant, ce qui reste à faire est de les aligner au format exigé par le Fonds vert climat. 

Qu’en est-il du Plan national climat?

Le Plan national climat permettra au pays de faire face aux changements climatiques. Des actions d’atténuation et des actions d’adaptation y seront mis en œuvre. Les Programmes d’actions nationaux d’adaptation -PANA- peuvent à ce titre faire partie de ce plan national. Ce sont des  projets qui visent à identifier les besoins urgents des pays. La RD-Congo a produit déjà son PANA dans lequel elle identifie des secteurs d’extrêmes vulnérabilités pour l’adaptation. Cependant, le PANA reste une démarche à court terme. L’idéal est de réaliser un programme transversal qui intègre les besoins d’adaptation pour le développement de la RD-Congo dans une perspective de long terme. D’où ce Programme national climat.

Andréa DIVINDA SWANA

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