Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mercredi, 22 novembre 2017 -
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Changements climatiques

Changements climatiques (41)

mercredi, 08 novembre 2017 02:09

23EME CONFERENCE DE PARTIES A BONN

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Tosi Mpanu Mpanu parle des défis majeurs du financement climatique au cœur de négociations 

Pour l’expert RD-congolais, les besoins financiers ne sont pas en adéquation avec les moyens mis à disposition ; et le manque de certitude à propos de ce financement peut miner la dynamique acquise à Paris. Pour la plupart des pays africains et du Groupe des pays les moins avancés -PMA-, l'un des principaux défis de la COP 23 -Conférence des Nations unies sur le changement climatique-, qui a démarré le 6 novembre 2017 à Bonn, en Allemagne, sous la présidence des îles Fidji, sera notamment de « clarifier » la question du financement de l'atténuation (réduction des émissions) et de l'adaptation (résilience aux effets des changements climatiques).

Crédit image: Cncd.be

L’Afrique est frappée de plein fouet par les conséquences des changements climatiques. Partout sur le continent, les catastrophes naturelles à lourde implication financière se multiplient. Aucune région du continent ne semble être épargnée. Les effets de ces catastrophes aggravent les inégalités sociales. «L'Afrique de l'Est et l'Afrique australe font face à de longs cycles de sécheresse (...), des pluies inattendues ont causé des inondations mortelles et des glissements de terrain en Sierra Leone et en RD-Congo. Il y a deux ans à Paris, les gouvernements ont promis de combattre le changement climatique. Maintenant, il est temps de donner corps à cette promesse», a commenté un expert. Et la 23ème COP pourrait être une étape décisive dans la bonne direction si les principales attentes des pays africains trouvaient satisfaction.

Pour la plupart des pays africains et du Groupe des pays les moins avancés -PMA-, l'un des principaux défis de la COP 23 est d’apporter les éclaircissements sur la question du financement de l'atténuation et d’adaptation. «Les gouvernements africains peuvent et s'engagent dans des stratégies d'atténuation et d'adaptation, et nous, la société civile, les obligerons à rendre des comptes quant à leur application. Cependant, pour mener à bien tous ces programmes, nous avons besoin que les pays riches tiennent leurs promesses. L'engagement de réunir 100 milliards de dollars par an pour financer l'adaptation et l'atténuation doit être concrétisé », a commenté Aissatou Diouf de l'ONG sénégalaise Enda Energie, l'une des structures coordinatrices du Réseau Climat & Développement.

Penser au pré-2020

«Nous avons besoin que la COP 23 soit celle du financement et du soutien. Les PMA -Pays les moins avancés- appellent les pays développés à accélérer la mise en œuvre de leurs obligations en matière de financement climatique et à combler le fossé financier toujours croissant avant qu'il ne devienne trop important», plaide la présidence du groupe des PMA -qui regroupe 47 pays dont la majorité sont africains-, assurée par l'Ethiopien Gebru Jember Endalew.

Pour Tosi Mpanu Mpanu, expert négociateur de la RD-Congo, les besoins financiers ne sont pas en adéquation avec les moyens mis à disposition pour l'instant. «Il commence bien évidemment à y avoir des solutions grâce aux différents fonds climatiques existant et dont les pays en développement ne maîtrisent d'ailleurs pas toujours les mécanismes. Mais les Etats africains financent la plupart de leurs besoins climatiques, notamment après des catastrophes climatiques », a ajouté l’ancien président du groupe des PMA. L’Afrique ne contribue que faiblement à l’augmentation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, soit 3% des émissions globales, mais paye le lourd tribut de l’industrialisation.

«Pour nous, cette COP, contrairement à ce que certains en disent, est une COP à enjeux», a précisé Tosi Mpanu Mpanu, ancien président du Groupe Afrique aux négociations climatiques. A Bonn, «on pourrait prendre une décision qui est double pour l'Afrique. Elle porte à la fois sur le financement et l'adaptation. Aujourd'hui, le fond dédié au financement de l'adaptation dépend du protocole de Kyoto. Nous voudrions que la Conférence des parties puisse adopter le principe selon lequel le fonds d'adaptation puisse servir l'accord de Paris qui est aujourd'hui la référence.», a-t-il précisé. En outre, «L’accord de Paris va définir la gouvernance climatique à partir de 2020 mais il y a le pré-2020. Et dans le pré-2020, il faut réfléchir à la façon de relever le niveau d'ambition. Dans cette optique, les pays africains attendent de la clarté sur la façon dont nous atteindrons les 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Certains pays, en utilisant une comptabilité peu créative (...), estiment que 64 milliards de dollars ont déjà été mobilisés sur la période 2015-2016 pour le financement climatique. C'est un calcul que nous ne comprenons pas (...). Nous demandons donc plus de transparence et de convergence.», a dit Tosi Mpanu-Mpanu.

Les assurances du financement international

La question du financement est cruciale dans la lutte engagée par les pays africains contre le changement climatique. «Dans les contributions déterminées au niveau national -CND-, beaucoup de pays africains ont conditionné une partie de leurs actions, à l'instar de mon pays, la RD-Congo», a déclaré Tosi Mpanu Mpanu.

L'état RD-congolais prévoit de réduire ses émissions de 17% entre 2020 et 2030, à condition que 21 milliards de dollars lui soient mis à disposition en raison de 9 milliards pour l'adaptation et 12 milliards pour l'atténuation. De même, le pays a besoin d'un soutien financier, technologique et de renforcement des capacités dans la planification, l'élaboration et la mise en œuvre de nos plans nationaux d'adaptation -PNA-. Pour beaucoup de pays africains, ces plans sont envisagés comme le volet adaptation de leurs contributions nationales.

Le fonds vert, dont Tosi Mpanu-Mpanu est l'un des administrateurs, a décidé de mettre à disposition 3 millions de dollars par pays pour faire leurs plans. Pour certains pays, ce sera suffisant, pour d'autres non. Alors même qu'une épée de Damoclès plane sur les ressources du fonds. «Les pays ont pris des engagements à hauteur de 10,2 milliards de dollars en ce qui concerne le fonds vert», affirme Tosi Mpanu-Mpanu.

Les États-Unis, à eux seuls, avaient promis de contribuer à hauteur de 3 milliards. Et l'administration Obama avait déjà versé un milliard. Aujourd'hui, après l'annonce du Président Donald Trump qui souhaite que son pays quitte l'accord de Paris, le reliquat de deux milliards ne devrait pas arriver de sitôt.

«Le manque de certitude à propos de ce financement peut miner la dynamique, le cercle vertueux auquel les pays en développement veulent se joindre. Il faut donc qu'on ait un signal fort que d'autres pays vont prendre le relais. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui», a regretté l’ancien consultant de la Banque Mondiale. Puis d’ajouter : «il n'y a pas péril dans la demeure car plus d'une cinquantaine de projets ont été approuvés pour une valeur de 2,5 milliards de dollars par le Fonds vert. La question du refinancement du fonds vert pourrait poser problème».

A Bonn, résume Tosi Mpanu-Mpanu, il faudra « continuer à encourager les pays, à leur montrer qu'ils peuvent continuer à faire des efforts avec leurs petits deniers tout en sachant que le financement international prendra le relais. Les Etats africains doivent avoir l'assurance que l'argent sera disponible.»

Christian MALAMBA

 

Greenpeace Afrique organise une expédition dans les tourbières des forêts du bassin du Congo avec les scientifiques et les autorités nationales, accompagnés des médias nationaux et internationaux. Du 27 au 29 octobre au village de Lokolama (45 km de Mbandaka), les scientifiques, qui ont récemment découvert ces tourbières, vont continuer leurs recherches et mesurer la profondeur et le potentiel qu’elles renferment.

Les chercheurs et militants de Greenpeace devant l'ESPERANZA / Crédit photo: Greenpeace Africa

L’objectif de cette expédition est de montrer l’existence des tourbières dans les forêts intactes de la RD-Congo, ainsi que l’importance de ces tourbières dans la régulation du climat grâce à sa grande capacité de stockage du carbone. Les scientifiques auront donc l'opportunité d’expliquer aux journalistes et aux représentants du secteur forestier l’importance de protéger les forêts du bassin du Congo et de conserver les zones de tourbières.

Après l'expédition, une journée d'échanges sera organisée sur le navire Esperanza avec les décideurs politiques, les scientifiques et les médias, afin de montrer les résultats de cette expédition et de discuter des solutions de conservation à mettre en oeuvre avec les communautés. Ensuite, certains participants vont raconter cette découverte cruciale dans la lutte contre le changement climatique à la COP23 à Bonn, à partir du 6 novembre.

L'expédition dans les tourbières est organisée dans le cadre de la campagne « Donne une chance aux forêts du bassin du Congo » de Greenpeace Afrique, qui se tient du 13 octobre au 10 novembre 2017 au Cameroun, en RDC et au Congo-Brazzavillle.

Cette Campagne est appuyée par la présence du navire Esperanza, le plus grand navire de la flotte de Greenpeace, dans les eaux de la RD-Congo depuis le 24 octobre 2017.

Diverses activités seront organisées sur le navire, impliquant les acteurs étatiques, les donateurs, la société civile et, plus particulièrement, les peuples autochtones et communautés locales qui seront à l’honneur.

Christian MUTOMBO

mardi, 31 octobre 2017 18:50

LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Écrit par

L'Esperanza à la rescousse de la forêt du Bassin du Congo

L'Esperanza, le plus grand navire de la flotte de Greenpeace, se trouve actuellement en RD-Congo, dans le cadre de sa tournée sur les côtes des pays d'Afrique Centrale. « Donne une chance aux forêts du bassin du Congo », c'est le message qu'il apporte et également le thème principal de cette tournée qui a commencé au Cameroun et prendra fin en République du Congo le 10 novembre.

Les militants de Greenpeace Africa devant le navire Esperanza / Crédit Photo: Greenpeace Africa

L’Esperanza a accosté le mardi 24 octobre au port de Boma, dans la province du Kongo Central, et va sillonner les eaux du fleuve Congo pour poser l’ancre au port de Matadi pendant près de dix jours, du 26 octobre au 3 novembre. Il quittera la RD-Congo le 4 novembre à destination de Pointe-Noire, en République du Congo. 

Durant son séjour à Matadi, le navire servira de cadre à différentes activités de mobilisation pour la protection du Bassin du Congo. Les décideurs politiques, les donateurs, la société civile et les communautés vont se réunir sur une même plateforme afin d'échanger sur une nouvelle approche de la gestion forestière qui bénéficient à la forêt, aux communautés et au climat dans le monde entier.

Le bassin du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt au monde après l’Amazonie, fait face à plusieurs défis en matière de justice environnementale. L'exploitation forestière et l'agriculture industrielle ont un impact négatif sur ses forêts, mais aussi sur les communautés locales et peuples autochtones dont les cultures, les habitats et les moyens de subsistance sont détruits.

Dans ces trois pays d’Afrique Centrale, la tournée de l'Esperanza cherchera à établir que, par l’engagement public et politique et actions directes, la justice économique, sociale et environnementale sont intrinsèquement liée. Aussi, l’autonomisation des personnes et l’amplification des voix des marginalisés sont des conditions préalables à l’établissement d’une justice environnementale en Afrique et pour le climat. « A travers l'Esperanza, nous voulons démontrer l'importance de cette forêt et des communautés qui en dépendent, leur biodiversité, l'importance de faire de ces derniers des partenaires égaux en matière de gestion forestière, ainsi que leur contribution exceptionnelle à la protection de notre climat renforcé par la découverte des tourbières qu'elle abrite », a expliqué Irène Wabiwa, chargée de campagne Forêt de Greenpeace Afrique.

Plein rôle

La présence de l'Esperanza au port de Matadi sera également l'occasion de mettre en valeur les richesses de la forêt du bassin du Congo et de porter un message fort pour sa protection, à travers une série d’activités qui seront organisées avec la participation d’un grand nombre d’acteurs impliqués dans la problématique de la protection de l’environnement et du changement climatique.

Les communautés locales et peuples autochtones seront particulièrement au-devant de la scène et parleront de leurs situations, de leurs défis et de leur espoir avec un message clé adressé aux décideurs politiques et bailleurs de fonds à savoir : « Ensemble, investissez dans les initiatives de foresterie communautaire pour une gestion durable de nos forêts ».

« La RD-Congo a un rôle crucial dans les négociations climatiques et la venue d'Esperanza, dans ce pays, est une opportunité d'approfondir particulièrement l'engagement des décideurs politiques et des donateurs à protéger les forêts du Bassin du Congo essentielles dans leur contribution à la régulation climatique. Des signaux forts devraient être donnés par la RDC alors que la COP23 s’ouvre à Bonn le 6 Novembre prochain », a déclaré Victorine Che Thoener, Responsable projet du Bassin du Congo à Greenpeace Afrique. Greenpeace Afrique espère que la présence de l’Esperanza dans la région augmentera le niveau des préoccupations et aidera à mieux comprendre les menaces ainsi que les priorités à prendre en compte pour protéger les forêts du bassin du Congo et promouvoir les droits des communautés

Christian MALAMBA 

C’est une cohorte des championnes qui prendra le leadership de questions du genre, pour le compte des Pays les moins avancés (PMA),  lors des prochaines conférences mondiales sur le changement climatique à Bonn. Le RD-Congolais Tosi Mpanu Mpanu, ancien président du groupe des PMA est un initiateur de cette «équipe des championnes».

Edith Kateme-Kasajja, Négociatrice Climat (Ouganda) - Crédit photo: Iisd.org

La question du genre sera Bel et bien au cœur de la prochaine Conférence de Bonn, sous l’égide de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Un atelier sur la problématique s’ouvre, à cet effet, du 10 au 11 mai 2017, à Bonn en Allemagne, en vue élaborer «Plan d'action pour l'égalité des sexes». Les parties ont convenu d'élaborer lors de la Conférence des parties tenue en 2016 à Marrakech lors de la COP 21. Cet atelier devra permettre de définir les domaines prioritaires d'action, les délais de mise en œuvre et les indicateurs permettant de suivre les progrès de ce plan d’action. Parmi les négociateurs de Groupe des PMA figure «équipe des championnes», un groupe constituée essentiellement des expertes, déterminées à faire entendre la voix féminine au cours de ces négociations sur le changement climatique. La Malawite Stella Gama est membre active de l'équipe des négociations des PMA sur la thématique du développement et le transfert de la technologie. Son dynamisme et sa compétence l'ont amenée à être nommée représentant du PMA au Comité exécutif de la technologie dans le cadre de la CCNUCC. L’Ouganda Edith Kateme Kasajja est l'expert des PMA pour le Comité permanent des finances. Elle est membre de la thématique finance des PMA. Il y a aussi la Gambienne Isatou Camara et Fatou Diabete. Cette cohorte des championnes est l’un des héritages de la Présidence RD-congolaise au groupe des PMA. Tosi Mpanu Mpanu, ancien président du Groupe en 2016 a nommé des femmes pour les sièges individuels réservés aux PMA aux organes de la CCNUCC. Ces nominations ont concerné le Comité d'adaptation, le Comité permanent des finances et le Comité exécutif de la technologie. La CCNUCC avait pris acte de cette nomination lors de la COP 21à Marrakech, en novembre 2016. Le Groupe des PMA et l'Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) travaille en étroite collaboration pour la participation active et significative de ces dames aux prochaines négociations climatiques. Les experts sont d’avis qu’il est, à ce jour, important que les Partis, les délégations ainsi que les organisations s'efforcent de soutenir la participation et le leadership des femmes. La sensibilisation, le financement ciblé et le renforcement des capacités des femmes en particulier, sont essentiels dans la lutte contre le changement climatique.

Christian Joseph MUTOMBO

 

A l’occasion de la journée mondiale de terre, célébrée le 22 avril prochain, International Land Coalition (ILC), Oxfam et Initiative des droits et ressources (RRI) organiseront, du 22 au 29 avril 2017, des activités en vue de faire de la préservation des droits fonciers des autochtones un facteur de lutte contre les changements climatiques.

Logo de la campagne internationale Land Rights Now

Pendant une semaine, les participants à la campagne #landrightsnow enverront les messages forts aux gouvernements, aux décideurs et aux médias: les droits fonciers pour les populations autochtones et les communautés locales sont importants pour protéger la terre et lutter contre les dérèglements climatiques. Plus de 40 événements dans 25 pays, de la Mongolie au Brésil en passant par le Cameroun au Bangladesh, sont prévus. Il s'agit notamment de forums communautaires, d'ateliers, de projections de films, de rassemblements et de conférences de presse sous la bannière Land Rights Now to Fight Climate Change and Protect the Earth -les droits fonciers pour protéger la terre et combattre les changements climatiques-. En plus des événements sur le terrain, des organisateurs présenteront de Succes stories de résistants du Brésil, du Guatemala, du Kenya et de Taiwan et lanceront une étude intitulée Sécuriser les droits fonciers des peuples autochtones et des collectivités locales des communautés sont une solution clé pour le changement climatique.

#landrightsnow 

Depuis le 2 mars 2016, ILC, Oxfam et RRI ont lancé un appel global à l'action visant à engager et mobiliser les communautés, les organisations, les gouvernements et les individus du monde entier dans la promotion et la sécurisation des droits fonciers des peuples autochtones et des communautés locales. Cette campagne vise à garantir les droits fonciers des peuples autochtones et communautaires. L’objectif est de doubler la superficie mondiale des terres légalement reconnue détenue ou contrôlée par les peuples autochtones et les communautés locales d'ici 2020. Sécuriser ces droits est au cœur de la construction d'un monde juste et équitable. De la santé à l'éducation, la participation à la paix, la croissance à la diversité culturelle, les peuples autochtones et les droits fonciers des communautés locales sont fondamentaux pour atteindre les objectifs de développement durable auxquels les dirigeants de nations se sont engagés. «La vie sur terre telle que nous la connaissons dépend de la reconnaissance des peuples autochtones et des communautés locales en tant que gardiens de notre planète», a commenté Fedorah Bikay, chef de projet chez Congo Green Citizen qui mobilise le fond pour la réalisation d’un documentaire sur l’accès au travail des jeunes filles pygmées.

Jusqu’à 2,5 milliards de personnes, dont 370 millions de personnes autochtones, dépendent de la terre et des ressources naturelles qu’ils détiennent, utilisent ou gèrent de façon collective. Leurs droits sur ces ressources sont menacés, 1/5 d’entre elles seulement étant reconnues comme appartenant aux peuples autochtones ou aux communautés locales, le reste étant contrôlé par d’autres acteurs plus puissants. Près d’1/3 de la population mondiale est ainsi exposée à une grande vulnérabilité. Plus généralement, les sociétés ayant des droits fonciers incertains sont moins susceptibles de profiter de la prospérité et de parvenir à un développement durable.

Christian MUTOMBO MALAMBA

Selon un rapport des Nations unies, l’accès à l’eau pourrait constituer la principale cause de conflits et de guerre en Afrique au cours des 25 prochaines années. Les craintes de Nations unies ont été coroborée par deux chercheurs de l’université Berkeley de Californie.

Explosion d'une station service à Mogadicio (Somalie) à proximité d'un marché - Photo Reuters

Le réchauffement climatique pourrait augmenter de 54% le risque de conflit en Afrique d’ici 2030, selon une étude menées par deux chercheurs de l’Université Berkeley aux Etats unis. Les changements climatiques constituent donc un facteur de déstabilisation de l'Afrique subsaharienne, souligne l’étude publiée fin septembre 2016 dans la revue Science. «Les modifications des précipitations et de la température se répercutent déjà sur le rendement des cultures en Afrique subsaharienne. Cela a entraîné des pénuries alimentaires qui ont déclenché une migration transfrontalière et des conflits interrégionaux, eux-mêmes à l’origine de l’instabilité politique», peut-on lire dans le rapport. La hausse des températures a déjà augmenté le risque de conflit, de 11%, en Afrique subsaharienne depuis 1980, en contribuant à la raréfaction des ressources précieuses comme l’eau, ont affirmé Tamma Carleton et Solomon Hsiang, deux chercheurs, indiquant que le climat représente souvent une importante cause des conflits, «sous-estimée» par les analystes des affaires étrangères. Ce pourcentage pourrait atteindre 54%, d’ici 2030, et coûter la vie à 393.000 personnes si rien n’est fait pour freiner la montée des températures de la planète.

Des migrations dangereuses

Selon les chercheurs, la hausse des températures pourrait créer des troubles sociaux, voire de l'instabilité politique en entraînant une réduction de la taille des récoltes de 20% d'ici 2050, mais aussi en augmentant la mortalité infantile ou les infections au VIH. Le changement climatique risque, en outre, de provoquer des migrations difficiles à contrôler. Dans un rapport publié en 2012, l’ONU prédisait d’ailleurs 250 millions de déplacés climatiques dans le monde, en 2050. La contribution de l’Afrique au réchauffement climatique est pourtant très faible. Les pays africains réunis n’ont été responsables que de 2,5% des émissions carbone, à travers le monde, entre 1980 et 2005. Pour rappel, l'ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait qualifié, en 2007, le conflit au Darfour, qui a fait 300 000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes depuis 2003, de «première guerre du changement climatique», laissant entendre que le déséquilibre croissant entre populations et ressources a exacerbé les tensions entre groupes tribaux pour l'accès à la terre et à l'eau dans cette région.

Christian MUTOMBO

mardi, 24 janvier 2017 15:56

Changements climatiques

Écrit par

La RD-Congo, le grenier de l’Afrique puis du monde

Alors que les effets de changements climatiques, ponctués entre autres par les sécheresses secouent le monde, la solution pourrait venir de la RD-Congo. Avec près de 100 millions d’hectare de terre arable, l’ex-Zaïre peut nourrir 2 milliards de terriens. L’Organisation des Nations unies y croit et le fait savoir.

Culture de mil au Niger - Photo Ird.fr

Près de 795 millions d’habitants de la terre ne mangent pas à leur faim, selon le Programme mondial pour l’alimentation -PMA-. Dans une conférence de presse, le représentant de l’Organisation des nations unis pour l’alimentation et l’agriculture -FAO- en RD-Congo, Alexis Bonte a rappelé le potentiel agricole de l’ancien Zaïre. Avec son potentiel agricole estimé à près de 100 millions d’hectares terre arable, la RD-Congo peut nourrir 2 milliards de personnes à travers le monde. Alexis Bonte souligne qu’en dépit des effets du changement climatique, si des mesures d’adaptation sont mises en œuvre, le pays peut sauver certains peuples de la faim. La RD-Congo n’exploite que 10% de ce potentiel agricole. «Si on pouvait cultiver ces 80 millions d’hectares, le pays pourrait nourrir deux milliards de personnes», a déclaré Alexis Bonte, qui a expliqué ce que représentent deux milliards d’habitants. «Ce chiffre représente toute l’Afrique, les Etats-Unis, l’Europe et encore quelques autres pays», a expliqué le Représentant du FAO. Alors que les effets des changements climatiques, ponctués entre autres par les sécheresses secouent le monde, la solution pourrait venir de la RD-Congo, estime-t-il. «Avec le changement climatique, si d’autres pays vont avoir plus de problèmes comme dans le Sahel ou l’Afrique de l’est ou l’Afrique Australe, le Congo, vu sa position géographique, sera toujours en position de pouvoir alimenter le reste du monde au cas où on arriverait à bien s’adapter», a tablé Alexis Bonte.

Des projets attirants les privés

La RD-Congo, comme bien d’autres pays les moins avancés -PMA- avait insisté pour que la dimension adaptation soit clairement définie dans l’Accord de Paris. Les pays développés sont dans une obligation historique d’apporter leur soutien -transfert de technologie, financier, perte et dommage liées aux effets du changement climatique- aux pays pauvres. Pour y accéder, le pays est invité à élaborer des projets bancables, attirant aussi le secteur privé. « Il est intéressant que le pays bénéficie des fonds via le Fonds d’adaptation, mais il est mieux que le pays réfléchisse sur comment attirer les privés qui sont plutôt séduits par des projets d’atténuation comme les énergies renouvelables et efficacité énergétique», commente Patrick Kasele, expert congolais sur des questions de l’éducation relative à l’environnement et aux changements climatiques. Le Fonds d’adaptation dispose d’une enveloppe de USD 10 millions pour certains pays d’Afrique centrale. De son côté, la RD-Congo compte sur son Programme national d’adaptation au changement climatique -PANA- pour contrer les effets du changement climatique sur l’agriculture. Les scientifiques RD-congolais ont réussi à développer les variétés de manioc ainsi que lde Niebé -Mbwengi- plus  résilients.

Christian MUTOMBO

Les travaux du premier Forum Mondial des Alliances et Coalitions pour le climat se sont ouverts, jeudi à Rabat, avec la participation de nombre de ministres, de responsables d’organisations internationales, de décideurs, d’experts et de représentants de la société civile issus de plusieurs pays.

Logo officiel de la COP22

L’objectif de ce Forum de deux jours, organisé par le Maroc en collaboration avec ses partenaires de l’Agenda de l’Action - la présidence française de la COP21, le secrétaire général de l’ONU, la CCNUCC - et avec la participation du Pérou, est de jeter les jalons pour l’organisation de l’Événement de Haut Niveau sur l’action sur le climat, prévu lors de la COP22 à Marrakech.

Cet événement constitue également l’occasion de renforcer la coordination de l’action sur le climat entre les alliances et les coalitions et d’encourager l’émergence de nouvelles initiatives volontaires. Ce Forum constitue également une occasion idoine pour les coalitions de discuter, de manière sectorielle, de la mise en œuvre de leurs plans d’action à Marrakech, et d’examiner les perspectives de coopération et de synergies possibles.

Au cours de ce forum mondial, qui s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la COP22, prévue en novembre prochain à Marrakech, les "Champions de Haut Niveau" présenteront leur vision et attentes, selon une approche inclusive, afin de maintenir l’action et de renforcer les initiatives volontaires en vue d’accélérer la trajectoire vers 2°C à 1,5 °C.

Le Premier Forum Mondial des Alliances et des Coalitions pour le climat qui rassemble de nombreux dirigeants, décideurs, opérateurs économiques, des experts engagés dans l’action sur le climat (environ 300 participants), sera aussi l’occasion d’approfondir les discussions directes sur les consultations écrites lancées par les champions après les sessions des organes subsidiaires à Bonn, en Allemagne.

Ces consultations visent à recueillir des avis et des conseils de toutes les parties prenantes sur les moyens de renforcer et d’accélérer le programme mondial d’action pour le climat.

Menara.ma

Le bras armé des Nations unies pour lutter contre le réchauffement climatique a encore tout à prouver. Après une année 2015 dédiée à sa construction et à la réalisation de ses premiers investissements, 2016 doit être synonyme "d’accélération" pour le Fonds vert pour le climat. Doté de 10 milliards de dollars, le Fonds vert pour le climat n’a pour l’instant validé que 168 millions de financements et se fixe l’objectif ambitieux d’atteindre 2 milliards de dollars cette année.

Héla Cheikhrouhou, Directrice Générale du Fonds Vert pour le Climat_Photo: Un.org

Pour atteindre cet objectif, le fonds basé en Corée du Sud et mené par une équipe restreinte, s’appuie sur des entités qu’il accrédite pour lui faire remonter les « meilleurs projets », c’est à dire ceux les plus à même de « changer de paradigme » face aux contraintes du climat. Si 33 structures, dont certaines ont suscité la polémique, bénéficient d’ores et déjà de ce mandat, nombreux sont les pays africains qui n’en compte pour l’instant aucune. Sur le terrain, certains porteurs de projets s’impatientent, notamment en Afrique, qui s’est vue promettre une part importante des fonds. Alors que l’Accord de Paris est signé ce vendredi 22 avril à New-York, la directrice générale Hela Cheikhrouhou, qui quittera son poste en septembre prochain, a répondu aux questions de Jeune Afrique.

Sur 10 milliards de dollars de promesses de dons, le Fonds Vert n’a annoncé que 168 millions d’investissements en 2015. Comment parvenir à accélérer le rythme tout en continuant à se construire ?

Diriger ce fonds c’est un peu comme conduire une voiture à grande vitesse tout en étant en train d’assembler le moteur. Cette situation est justifiée par l’urgence : nous battons actuellement tous les records d’accélération du changement climatique. Ce n’est pas demain que les pays ont besoin de nos ressources, c’est aujourd’hui, voire hier ! Le Fonds vert doit donc trouver le bon équilibre entre accomplir toutes les procédures nécessaires et délivrer au plus vite cette aide urgente.

De nombreux pays africains ne disposent pas encore d’une entité accréditée par le Fonds vert. Rencontrez-vous des difficultés à trouver des organisations qui remplissent vos critères sur le continent ?

Nous avons accrédité des entités locales en Afrique, je peux notamment vous citer le Centre de suivi écologique au Sénégal. Nous débloquons par ailleurs des dons pour aider les pays insulaires et les PMA [Pays les moins avancés, ndlr] à se donner les moyens d’accéder au Fonds vert, en travaillant notamment sur leurs structures susceptibles d’être accréditées. L’objectif est de lutter contre le cercle vicieux, constaté de longue date, qui fait que l’argent va vers les pays les plus avancés, car ils ont plus de capacités (financières, humaines). Ces dons pourraient être augmentés cette année. Mais la limite des entités nationales c’est d’être compétentes pour de petits projets, nous devons aussi trouver plus de structures en Afrique capables de travailler à grande échelle.

L’accréditation de grandes banques commerciales, comme HSBC, a suscité de fortes critiques. Comment justifiez-vous cette décision ?

L’essentiel des liquidités financières se trouve entre les mains du secteur privé, notamment des organisations institutionnelles, des fonds de pension, des assureurs. Ils doivent donc être concernés. C’est la clé : il faut créer un pont solide, qui n’existe pas encore, entre l’action environnementale et le monde de la finance. Et les banques commerciales sont le pont par excellence. Donc quand de grands acteurs comme HSBC, Crédit agricole, Deutsche Bank s’engagent avec nous, pour moi, c’est un succès majeur.

Quand allez-vous annoncer de nouveaux financements ?

Nous travaillons actuellement sur 22 projets très avancés, qui devraient être approuvés au cours de l’année 2016. Ils représentent pour nous une demande totale de financement de 1,5 milliard de dollars, pour une valeur globale de 5 milliards de dollars. Pour accroître la probabilité d’allouer des fonds à grande échelle avant la fin de l’année, une réunion supplémentaire du conseil d’administration a été fixée pour décembre. Certaines sources rapportent que ce conseil d’administration pâtit d’un fonctionnement très onusien, très bureaucratique. Ce qui ne s’accorde pas vraiment avec la réactivité demandée à un fonds…Le Fonds vert tient une grande partie de sa crédibilité du fait qu’il a été agréé par les 195 pays membres de la convention des Nations unies sur le climat. Les décisions du conseil d’administration sont prises par consensus entre les 24 membres, issus pour moitié des pays développés et pour moitié des pays en développement. Cela crée une dynamique intéressante…Avec l’accord de Paris et la nécessité de mettre en œuvre rapidement les financements, le ton de la discussion est promis à devenir de plus en plus pragmatique et constructif.

Il y a quelques mois vous alertiez sur le fait que les promesses de dons ne se concrétisaient pas. Ce problème est-il toujours d’actualité ?

Non, ce n’est plus un sujet. Nous avons signé des arrangements pour la quasi-totalité des montants promis à Berlin en 2014.

Vous n’allez donc pas demander de contributions supplémentaires aux pays développés à l’occasion de la COP22 au Maroc ?

Non, pour l’instant notre priorité est la mise en œuvre. Plutôt que de chercher de nouveaux engagements à Marrakech, nous serons là pour rendre compte de nos avancements.

Votre mandat de première directrice général du Fonds Vert s’achève en septembre, et vous avez décidé de ne pas postuler à un renouvellement. Pourquoi ?

J’ai accepté un mandat pour les trois premières années de la vie de ce fonds. Cela a été une expérience inoubliable. Ce que nous avons réalisé en 3 ans prend normalement deux fois plus de temps. Maintenant on passe à une deuxième phase, avec une institution bien établie. Mon travail ici est largement accompli.

Quel sera votre prochain point de chute ?

Je suis en train de considérer un nombre restreint d’options, très diverses. Cela va du secteur privé au multilatéral, en passant par l’académique. Ce qui va guider mon choix c’est de savoir laquelle sera aussi excitante que le Fonds vert pour le climat.

Jeune Afrique/CGC

Vendredi 22 avril 2016, le monde entier célèbre la journée mondiale de la Terre nourricière. En cette même date, les Parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques -CCNUCC- signeront, à New York au siège des Nations Unies, l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Cet accord, dont le texte a été approuvé par 195 parties à l’issue de la COP 21, tenue à Paris en décembre dernier, devra permettre de limiter la hausse globale des températures sous la barre des 2°C, voire 1,5 °C. Selon la ministre française de l’Energie et Développement durable, Ségolène Royal, devenue présidente de la COP après le départ de Laurent Fabius, une soixantaine de Chefs d’Etat prendront part à cette manifestation et près de 160 Etats seront représentés. De son avis, la question de l’urgence climatique continue à imprégner les décideurs. C’est un très bon signe.

Célébration de l'Accord de Paris lors de la COP21 - Photo Un.org

Quatre mois après la clôture des assises de Paris en marge de la COP 21, les 195 pays membres de la CCNUCC se réunissent à New York pour signer l’Accord de Paris dont ils ont validé le texte en décembre. Près de 160 pays, dont les USA et la Chine qui représentent 40% des émissions mondiales, pourront parapher cet accord dès aujourd’hui. Les autres ont jusqu’en avril 2017 pour le faire. La signature de ce traité n’amène pas les signataires à y adhérer automatiquement. Ils devront passer par deux étapes essentielles. La première, c’est la signature de l’Accord. La seconde, c’est la ratification de l’Accord au niveau national et selon les procédures prévues par chaque pays. En RD-Congo, une loi sur la ratification du traité doit être adoptée au Parlement. L’accord entrera automatiquement en vigueur 30 jours après sa ratification par au moins 55 Parties à la CCNUCC, représentant collectivement au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. «Une entrée en vigueur rapide permettrait d’envoyer un message politique. Nous sommes loin de l’objectif d’une hausse limitée à 2°C. Pour garder une chance de le respecter, les actions avant 2020 sont très importantes», analyse Laurence Tubiana, la négociatrice française pour qui l'Accord de Paris a donné un cadre en vue d’accélérer les transformations vers une économie sobre en carbone.

Les négociateurs des Pays les moins avancés -PMA-, pour leur part, croient dur comme fer qu’il est possible que ce traité puisse entrer en vigueur avant la fin de l’année en cours. Réunis à Kinshasa en début de ce mois d’avril, ils ont scruté le texte adopté en décembre qui se muera en Accord de Paris. Pour les PMA, l’adoption de l’Accord de Paris marque un tournant historique dans les efforts mondiaux de lutte contre les changements climatiques. «L’adoption de cet accord constitue une victoire tant espérée pour le multilatéralisme qui crée à la fois une dynamique politique renouvelée et l’espoir que toutes les Parties continueront à prendre part de manière inclusive aux délibérations internationales sur les changements climatiques mondiaux sous la CCNUCC», ont-ils estimé dans un document rendu public au terme de la réunion de Kinshasa. Puis: «l’inclusion dans l’Accord de Paris d’un objectif spécifique de température à long terme pour maintenir l’augmentation de la température à un niveau bien inférieur à 2°C et poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, est un résultat remarquable». Les négociateurs des PMA ont en plus estimé que la rencontre de New York est une occasion importante pour créer une nouvelle dynamique politique et rappeler l’importance d’une ratification et d’une entrée en vigueur rapides. A les en croire, il est très important que les PMA contribuent à la construction et à la poursuite de l’élan politique au niveau international pour l’Accord de Paris, et qu’ils créent une dynamique nouvelle pour sa mise en œuvre au niveau national.

Laurent OMBA

 

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