Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : lundi, 26 juin 2017 -
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Forêts

Forêts (25)

Cofinancé à hauteur d’environ 28,53 milliards de francs CFA par la Banque africaine de développement et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale,  le Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo -PACEBCo- a contribué à la mise en œuvre des axes stratégiques du Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale -COMIFAC-, et de la politique générale de la CEEAC en matière d’environnement et de gestion des ressources naturelles.

Forêt du Bassin du Congo - Crédit photo Infocongo.org

C’est à l’hôtel Venus que se tient, depuis mercredi 10 mai 2017, l’atelier de capitalisation des résultats et acquis du Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo -PACEBCo. Organisé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale -CEEAC- et la Commission des forêts d’Afrique centrale -COMIFAC-, cette réunion vise à partager les connaissances acquises et confronter les expériences accumulées tout au long de la mise en œuvre du PACEBCo afin de tirer les enseignements et apprendre les leçons susceptibles d’être utiles tant à d’autres programmes actuels et futurs qu’à des organisations partenaires de la sous-région.

Lancé à Kinshasa en 2009, le PACEBCo est un programme intersectoriel conciliant les enjeux environnementaux et socio-économiques. Il a contribué à la mise en œuvre des axes stratégiques du Plan de convergence de la COMIFAC, et à la mise en œuvre de la politique générale de la CEEAC en matière d’environnement et de gestion des ressources naturelles.

Le PACEBCo a couvre les dix pays membres de la COMIFAC, à savoir: le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Rwanda, Sao Tome et Principe, le Tchad et la RD-Congo. Egalement, il a intervenu dans six des douze paysages écologiques du Bassin du Congo. Il s’agit des paysages trinationale de la Sangha- Cameroun, RCA, Congo-, celui des Virunga en RD-Congo et Rwanda, le paysage Maringa-Lopori-Wamba en RD-Congo, celui de Maiko-Tayna-Kahuzi Biega en RD-Congo, celui de Monte Alen-Monts de Cristal au Gabon et en Guinée Equatoriale enfin le paysage Lac Télé-Lac Tumba en RD-Congo et au Congo Brazza.

Implémentation

A l’ouverture de cet atelier, Sem Nditifei Dumana, coordonnateur du PACEBCo, a reconnu le programme a permis d’obtenir des résultats tangibles en termes de conservation des écosystèmes dans le Bassin du Congo.  «Aujourd’hui le PACEBCo, c’est la construction de cinq centres de recherches et d’études écologiques pour le suivi et la collecte des données sur l’évolution des écosystèmes et des ressources biologique. C’est la dotation en équipements spécialisés de terrain pour quatre écoles de formation membres de RIFFEAC. C’est aussi la dotation des équipements éco gardes aux administrations en charge de quatorze aires protégées pour renforcer la lutte anti-braconnage et le suivi écologique dans les parcs nationaux. Mais également, la construction de neuf centres multifonctionnels pour les appuis aux communautés locales en matières de conservation et développement local», a-t-il précisé. Et d’ajouter : «la construction de quatre de trois postes de gardes en appui à la surveillance des aires protégées et à la lutte anti-braconnage, la construction de soixante-huit salles de classes reparties dans treize écoles dans différents pays pour appuyer et renforcer la scolarisation des filles et des garçons vivant dans les zones communautaires autour des aires protégées, la construction de cinq dispensaires pour les soins de santé des populations vivant dans les zones communautaires autour des airs protégées ainsi que la construction de quatre forages à motricité humaine pour l’approvisionnement en eau potable des populations vivant dans les zones autour des aires protégées».

Le programmé a été initié dans le contexte de la lutte contre le changement climatique, alors que les  forêts du Bassin du Congo font face à de nombreux défis menaçant leur survie. Le taux annuel de déforestation est estimé à 2%, soit une superficie de 2.000. 000 ha/an -entre 1990 et 2000-, alors que le taux de déforestation a connu une nette diminution entre 2000 et 2010, passant à 0,14%. Le braconnage pour l’approvisionnement de la filière de la viande de brousse a provoqué la disparition de certaines espèces animales. L’exploitation informelle ou non durable du bois ne cessent de fragmenter et de dégrader les espaces naturels.

Le PACEBCo a été donc une réponse de la Banque africaine de développement -BAD- aux préoccupations exprimées par les Chefs d’Etats lors du Sommet de Brazzaville en 2005, concernant la mise en œuvre du Plan de convergence de la COMIFAC.

Les activités du programme ont été articulées autour du renforcement des capacités des institutions du traité de la COMIFAC, la gestion durable de la biodiversité et adaptation aux changements climatiques; la promotion durable du bien-être des populations; et enfin la gestion et coordination du programme. La mise en œuvre du PACEBCo s’est fait à trois niveaux essentiels. Il a eu la coordination générale par la CEEAC pour l’orientation générale et l’animation du Comité de pilotage, la coordination technique par la COMIFAC pour les activités transversales touchant l’ensemble des pays de la CEEAC; et la gestion quotidienne du programme et le suivi-évaluation interne par l’Unité de gestion du programme -UGP. Des conventions ont été signées entre la CEEAC et diverses institutions nationales et sous-régionales pour la réalisation des activités «dont la plupart profite directement aux 10 pays de l’espace COMIFAC», peut-on lire dans le communiqué. Les travaux de l’atelier de capitalisation des résultats et acquis du PACEBCo se clôture ce vendredi 12 mai 2017.

Kevina BALEKOMAPE

Le Centre de recherche forestière internationale -CIFOR- lance, en collaboration avec l’Union européenne le projet Forets dans deux zones d’intervention : Yangambi, réserve de biosphère de l’UNESCO, et la faculté des sciences de l’Université de Kisangani.

Un jeune chercheur qui prend les dimensions d'un arbre - Crédit photo: Cirad.fr

Ce projet est censé venir en aide aux populations de ces coins du pays en vue d’une meilleure gestion des ressources naturelles et comportera aussi des actions de conservation et de recherche dans la réserve et ses alentours. Ces travaux seront alimentés par les données empiriques réunies par plusieurs cohortes d’étudiants de troisième cycle formés à l’Université de Kisangani. La réserve de Yangambi, 250 000 hectares, présente une biodiversité riche.Cependant, elle subit des pressions des communautés locales composées de cultivateurs dont l’activité tourne autour de la culture itinérante et de commerçants qui vendent les produits forestiers. Le projet porte sur la formation, la recherche et l’environnement dans la province de la Tshopo. C’est le plus important projet de CIFOR à ce jour en matière de développement et de renforcement des capacités dans la deuxième forêt tropicale du monde en termes de superficie. Pour Christian Amani, scientifique au CIFOR et superviseur des activités universitaires du projet à Kisangani, cette nouvelle phase est très intéressante, car elle permettra d’étoffer le nombre de professionnels RD-congolais et de scientifiques très qualifiés qui appréhenderont beaucoup mieux le secteur forestier et seront prêts à s’atteler aux divers problèmes du pays dans les domaines de l’environnement et du développement. «Ces scientifiques formés apporteront au pays une approche holistique qui alliera la biophysique à la gouvernance des ressources naturelles, grâce aux deux grands volets de l’étude: homme-forêt et forêt-environnement», a-t-il renseigné. 

Des formations en gestion du territoire

Il est prévu des formations en gestion du territoire et des ressources naturelles, en plantation d’arbres et en recherche appliquée et ciblée à Yangambi, une ville qui a longtemps été la plus grande station de recherche tropicale du monde. Cette station ayant progressivement perdu de son importance au fil des décennies, le CIFOR s’emploiera à poursuivre et revitaliser les travaux scientifiques réalisés dans la réserve.Les travaux prévus dans le cadre du projet à l’Université de Kisangani, sur le fleuve Congo à 90 kilomètres à l’Est de Yangambi, visent à rapprocher les chercheurs des populations vivant dans les espaces étudiés.

Le CIFOR accompagnera des étudiants RD-congolais en master et en troisième cycle, soutiendra la recherche à l’université et fournira une infrastructure et des outils scientifiques indispensables. En formant la prochaine génération de chercheurs RD-congolais dans le domaine des forêts et des paysages, le projet permettra de mettre en place un vivier essentiel d’experts dans l’optique d’améliorer la gestion des ressources naturelles du pays. Ce projet quinquennal aura le double objectif de stimuler le développement économique dans des zones qui en ont bien besoin et aussi de limiter les impacts sur l’environnement. «Les abondantes ressources naturelles du pays sont menacées par le changement climatique, et le projet FORETS s’attachera à minimiser ces risques qui pèsent sur les populations et l’environnement en protégeant les forêts et en améliorant la gestion forestière», a indiqué Bart Ouvry, ambassadeur de l’UE.

Frezia KABAMBA

 

Si les pays à forte étendue de paysages forestiers intacts n’adoptent pas de mesures de préservation ou de gestion forestière efficace, ils pourraient les perdre d’ici 60 ans, prévient une étude scientifique menée par une équipe de chercheurs de l’Université du Marylandet publiée dans la revue Science Advances.

Cette carte montre la perte en paysage de forêt intact entre 2000 et 2013 par région à travers le monde. (Carte : Carla Schaffer/AAAS)

 

A ce jour, certains pays comme le Brésil font des efforts continuels pour protéger ces étendues mais cela demeurent encore faibles à l’échelle mondiale. Toutefois, les aires protégées, comme les parcs et les réserves, font un travail décent pour protéger ces paysages forestiers intacts contre les pertes du couvert dues à l’exploitation forestière, mais elles sont une faible défense contre l’expansion agricole.

Réduction de la zone des PFI entre 2000 et 2013 dans les pays ayant la plus forte perte relative. La longueur totale des barres bleues et rouge montre l’étendue des PFI dans chaque pays en 2000 et les barres rouges représentent la zone des PFI perdue en 2013. (Données: Potapov et al. / Sciences Advances)

En plus, les systèmes de certification tels que ceux établis par le Forestry Stewardship Council (FSC) ont failli car, selon l’étude, les pays d’Afrique centrale ont perdu autant de zones PFI où l’on dénombre autant de concessions certifiées que non certifiées, bien qu’une mesure adoptée en 2014 par son assemblée générale visait spécifiquement à renforcer la protection des PFI.

Réduction de la zone des PFI entre 2000 et 2013 dans les pays ayant la plus forte perte relative. La longueur totale des barres bleues et rouge montre l’étendue des PFI dans chaque pays en 2000 et les barres rouges représentent la zone des PFI perdue en 2013. (Données: Potapov et al. / Sciences Advances)

Pour l’équipe des chercheurs, ces cadres pour la protection de la nature sauvage ne suffisent pas, mais il faut plutôt une forte volonté de protéger ces zones. Tandis que les pays comme l’Ouganda, la République dominicaine, la Thaïlande et le Cuba avaient tous détenu plus de 90 % de leurs PFI il y a encore quelques années, les données indiquent que plusieurs pays fortement boisés qui sont toujours bondés de PFI, tels que le Gabon et la République du Congo, qui pourraient les perdre dans les 60 ans s’ils ne changent pas de trajectoire de gestion. La Bolivie, le Myanmar et le Cameroun risquent de connaitre le même sort.

L’étude constate aussi qu’il est de plus en plus difficile de trouver ces zones, cependant, Environ 919 000 kilomètres carrés de paysages forestiers intacts qui étaient présents au début du 21e siècle a disparu en 2013.

Les nouvelles sont plus mauvaises pour les pays tropicaux, où près de deux tiers de la perte s’est produite et ce taux s'accélère. Trois fois plus de PFI ont disparu des forêts équatoriales en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est entre 2011 et 2013 par rapport à la période 2001-2003.

Globalement, l’extraction du bois et l’expansion agricole ont causé le plus de pertes des pfi, mais les causes régionales varient largement. (Graphique: Potapov et al. / Sciences Avances).

L’analyse a mesuré les statistiques et à démontré que plusieurs pays tropicaux sont déjà en train de s’orienter vers un avenir sans paysages forestiers intacts. Au cours de la période étudiée, le Paraguay a perdu près de 80 % de ses IFL et le Cambodge s’est atrophié de plus de 38%. A ce rythme, les deux pays, ainsi que le Laos et la Guinée équatoriale, n’auront pas de paysages forestiers intacts restants dans les années 2030.

Réduction en pourcentage des IFL entre 2000-13 dans les pays ayant la plus forte perte absolue. Parmi tous les pays, le Paraguay a enregistré la plus forte perte proportionnelle d’IFL, perdant près de 90 pour cent de ses IFL entre 2000 et 2013. (Données: Potapov et al. / Science Advances)

En effet, les peuplements de forêts primaires qui font partie des IFL sont des dépôts de carbone vitaux dans les tropiques. Ceux qui ont été identifiés dans cette étude représentent 40% du carbone en surface, bien qu’ils ne représentent que 20% de la superficie totale des forêts tropicales.

Peu d’endroits sur la Terre échappent à la mainmise de l’humanité, et ces zones sont en diminution. Entre 2000 et 2013, le monde a perdu une étendue de paysages forestiers intacts de la taille du Venezuela.

Infocongo.org

Bienvenue Liyota: 3 ventes secrètes 

Greenpeace Afrique révèle comment le gouvernement de la République a secrètement violé son propre moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions forestières.

Abattage d'arbres dans une concession forestière dans le Bassin du Congo - CongoRéalités

Un cadavre vient de remonter à la surface. Greenpeace Afrique a mené une enquête sur la Société la Millénaire Forestière SARL -SOMIFOR- et la Forestière pour le développement du Congo SARL -FODECO-, deux sociétés qui ont des liens avec des ventes secrètes des trois concessions d’une surface totale de 650.000 ha, acquises en violation du moratoire imposé par le gouvernement. L’affaire fait scandale. D’après les données recueillies par Greenpeace Afrique et confirmées par l’actuel ministre de l’Environnement, Robert Bopolo, le gouvernement RD-congolais a accordé en 2015 trois concessions d’une surface totale de 650.000 ha à la Société la Millénaire Forestière SARL -SOMIFOR- dans les provinces de l’Equateur et de la Tshuapa, ainsi qu’à la société la Forestière pour le Développement du Congo SARL -FODECO- dans la province de la Tshopo, violant ainsi le moratoire qu’il a lui-même mis en place en 2002 sur l’attribution de nouveaux titres d’exploitation forestière.

Un communiqué de presse daté du mardi 12 juillet 2016 et transmis à AfricaNews indique que les enquêteurs de Greenpeace Afrique ont découvert le nom de l’homme à l’origine de ce sulfureux coup: Bienvenu Liyota Ndjoli. Selon le communiqué, ces enquêteurs ont pu consulter les contrats signés en catimini par ce député PDC et ancien ministre de l’Environnement débarqué du gouvernement à la suite de l’affaire G7.

Dans le rapport publié mardi, Greenpeace dit présenter «les preuves qu’avec ces attributions faites dans le secret, le gouvernement congolais contourne le moratoire avec l’intention de le lever avant que les conditions préalables ne soient remplies, menaçant ainsi la deuxième plus grande forêt tropicale au monde».

Dans une lettre datée du 9 juin dernier, Greenpeace a demandé des clarifications sur ces violations flagrantes du moratoire au ministre de l’Environnement Robert Bopolo, mais n’a pas reçu de réponse à ce jour, ajoute le communiqué précisant que «ce dossier sera également transmis au Procureur Général de la République de la RD-Congo afin qu’il puisse enquêter sur ces affaires».

A en croire l’ONG, il est pourtant clair que les pré-conditions pour lever cette mesure de protection sont bien loin d’avoir été atteintes, et qu’une telle mesure donnerait lieu à une situation encore plus chaotique dans le secteur forestier. «Nous exigeons du gouvernement congolais de non seulement annuler immédiatement les contrats des concessions de SOMIFOR et celle de FODECO présentés par Greenpeace, mais aussi de déterminer s’il y a eu d’autres violations du moratoire et de s’assurer que les officiels impliqués dans ces illégalités soient punis», plaide Greenpeace Afrique.

AfricaNews

Des mesures d’application en confection

Appuyé par différents partenaires techniques et financiers, l’Institut congolais de conservation de la nature -ICCN- a réuni, pendant deux jours dans la salle Arche de la clinique Ngaliema, parties prenantes et partenaires au développement en atelier ayant débouché sur l’adoption de la feuille de route pouvant faciliter la préparation des mesures d’application de la loi sur la conservation de la nature. L’adoption de cette feuille de route est intervenue vendredi 3 juin dernier au terme de l’atelier. Une étape décisive vers l’élaboration des mesures d’application de la loi n°14/003 relative à la conservation de la nature vient d’être franchie, ont analysé certains participants à ces assises. Représentant le DG de l’ICCN, Augustin Ngumbi Amuri, directeur-chef du cabinet, a exprimé toute sa satisfaction en déclarant: «nous sommes contents parce que nous avons atteint les objectifs assignés: nous avons adopté une feuille de route. C’est une satisfaction en partie, car ces mesures d’application ne sont pas encore disponibles. Le chemin à parcourir reste encore long».

Forêt du Bassin du Congo - WWF

À l’initiative de l’ICCN en collaboration avec World Ressources Institute -WRI-, GIZ, African wildlife foundation, TRAFFIC, Wildlife conservation society -WCS-, WWF et tant d’autres partenaires au développement, il s’est tenu, du 2 au 3 juin en la salle Arche de la Clinique Ngaliema, l’atelier de lancement du processus d’élaboration des textes d’application relatifs à la loi sur la conservation de la nature.  Au sortir des travaux lors de cet atelier, trois groupes de travail ont été constitués. Chacun d’eux a présenté une feuille de route en se basant sur le canevas arrêté. Les draft de ces différentes feuilles de route étant validés, les participants ont recommandé au secrétariat de l’atelier de les regrouper en une seule feuille de route conformément aux amendements adoptés. Selon Augustin Ngumbi Amuri, la validation de cette feuille de route ne constitue pas la dernière étape. Plusieurs autres restent à franchir. Signature par le ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et Développement durable d’un arrêté créant le comité de validation et désignant ses membres, formalisation de groupe de travail et recrutement des consultants, sont-là les prochaines étapes. Les consultants, à en croire les propos du Directeur chef de cabinet, auront pour tâche de  rédiger les textes à soumettre au groupe de travail pour analyse avant leur soumission à la grande commission de validation. Pour ce faire, le représentant du DG de l’ICCN compte sur l’implication et la disponibilité des tous les acteurs concernés. «Nous misons sur la disponibilité des parties prenantes. Nous craignons qu’à cause de leurs occupations, ceux qui sont avec nous aujourd’hui ne soient pas avec nous demain. Nous avons également les consultants à recruter. Il faut qu’ils soient d’un bon profil et adaptés au contexte. La conservation de la nature est un secteur technique. Ce sont donc des techniciens qui, connaissant bien ce secteur, peuvent rédiger les textes sur la conservation de la nature. Notre pays a compétences certes mais c’est quand même difficile de trouver les experts en la matière», a-t-il expliqué.

Différentes parties prenantes ont pris part à  cet atelier. Les représentants de la présidence de la République, de la Primature, du Conseil économique et social, de la Société civile nationale et des ONGs internationales, du secteur privé ainsi que les agents et cadres des administrations en charge de l’environnement, de la conservation de la nature et du développement durable sans oublier les établissements publics sous tutelle du cabinet de ministre de l’Environnement. L’on a également noté la présence des autres ministères sectoriels dont les Mines, les Affaires foncières, les Hydrocarbures, l’Urbanisme, les Finances, l’Aménagement du territoire ainsi que les partenaires techniques et financiers. Le moins que l’on puisse dire est que le processus d’élaboration des mesures d’application relative à la conservation de la nature est lancé.

Laurent OMBA

USD 200 millions pour lutter contre la déforestation

Par le biais de son ministre des Finances, Henry Yav Mulang, la RD-Congo a récemment signé, à Genève en Suisse, un accord avec l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale -CAFI-. Grâce à cet accord, le pays bénéficie d’une bagatelle d’USD 200 millions en vue de préserver ses forêts. Cette somme, a-t-on appris, est destinée à remédier à la déforestation et à la dégradation de la forêt en RD-Congo et à promouvoir le développement durable.  Avec ses 155 millions d’hectares, la RD-Congo abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.

Déforestation dans une forêt du Bassin du Congo - Photo Ressources Africaines

Soucieuse de préserver la valeur des forêts dans la région en vue d’atténuer les effets des changements climatiques, de réduire la pauvreté, et de contribuer au développement durable,  l’Initiative pour la forêt de  l’Afrique centrale -CAFI- et le ministère RD-congolais des Finances ont dernièrement signé une Lettre d’intention pour un montant d’USD 200 millions. Cette somme, a-t-on appris, est destinée à remédier à la déforestation et à la dégradation de la forêt dans le pays et à promouvoir le développement durable. Elle sera versée en deux tranches, la seconde après vérification de plusieurs jalons.

La Lettre d’intention s’oppose à tout facteur contribuant à la déforestation en RD-Congo. Ces facteurs sont entre autres l’expansion agricole, l’utilisation de bois de chauffage, l’exploitation illégale du bois, l’aménagement du territoire, l’insécurité foncière, la pression démographique et les activités pétrolières et minières. La problématique de gouvernance, qui sous-tend ces facteurs, n’est pas mise à l’écart. De l’avis du ministre norvégien du Climat et de l’Environnement, Vidar Helgesen, cette lettre d’intention devra être considérée comme une boussole qui définit la direction ambitieuse que la RD-Congo prendra afin d’éviter le type de déforestation industrielle connu dans d’autres régions du monde.

Représentant de la partie RD-congolaise lors de cette cérémonie en terre helvétique, Henry Yav Mulanga a déclaré: «la RDC, avec ses 155 millions d’hectares, s’appuie sur sa stratégie nationale REDD+ qui place la préservation de notre forêt au cœur du développement humain et économique. Notre objectif est de développer nos secteurs productifs, tout en atténuant leur impact sur les forêts». Puis : «la RD-Congo a besoin d’un soutien vigoureux de la Communauté internationale pour y parvenir et lui permettre de procéder à des réformes concrètes pour agir sur le terrain».

Ce premier accord entre CAFI et la RD-Congo intervient tout juste sept mois après le lancement de l’initiative, lors de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies qui s’est tenue à New York en 2015, en tant que coalition de donateurs. Pour la RD-Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, la signature de l’accord de Genève marque un autre jalon dans les efforts continus déployés par la RD-Congo sur la REDD+ depuis 2009.

Laurent OMBA

La CN-REDD et le Gouverneur Ngobila font chorus

Il s’est tenu, lundi 11 avril dernier à l’hôtel Sultani, un atelier de validation nationale du document de programme de réduction des émissions de Maï- Ndombe. Au cours de cet atelier, la nouvelle province de Maï-Ndombe, représentée par son Gouverneur, Gentiny Ngobila, s’est engagée à réduire les émissions de carbone sur son territoire. «Nous voulons nous approprier la bonne gestion forestière en mettant en place des structures viables, capables d’assurer un développement efficace par nos ressources naturelles», a déclaré le gouverneur.

Photo d'ensemble des participants à l'atelier de validation nationale de l'ERPD - Photo CN-REDD

Tenu dans l’enceinte de l’hôtel Sultani à Gombe, lundi 11 avril, l’atelier de validation nationale du document de Programme de réduction d’émissions a répondu aux attentes. Rehaussé par la présence du ministre de l’Environnement,Conservation de la Nature et Développement Durable, Robert Bopolo, et du gouverneur de Maï-Ndombe, Gentiny Ngobila, cet atelier a principalement visé à permettre à toutes les parties prenantes de vérifier la prise en compte de leurs points de vue, de s’approprier le contenu du programme et de procéder à la validation du document de programme de Maï-Ndombe, qui s’étendra de 2016 à 2050. Entre 2016 et 2020, ce programme aura comme ambition de réduire 30 millions de tonnes de carbone. Par le biais de son gouverneur, la nouvelle province de Maï-Ndombe s’est engagée à réduire les émissions de carbone sur son territoire. L’option a déjà été levée par cette province lors l’atelier provincial organisé à Inongo du 04 au 05 avril 2016. Les assises d’Inongo ont constitué la première étape d’un vaste programme qui s’étendra sur toutes les provinces. «Ce programme est conçu comme un modèle de croissance verte dans le bassin du Congo et une expérience pilote des actions climatiques sur le continent africain», a expliqué Victor Kabengele, Coordonnateur de la CN-REDD. Et de poursuivre: «le programme vise à établir un partenariat sécuritaire d’engagements et financements garantis. Il concerne tant le secteur  public que privé dans le but de réduire la pauvreté et de préconiser un développement durable». Le privilège accordé à la province de Maï-Ndombe n’est pas sans raison. A en croire le Coordonnateur de la CN-REDD, cette province regorge en son sein d’immenses  étendues forestières. Proche de Kinshasa et facilement accessible à partir de la capitale RD-congolaise, la province est vivement secouée par les besoins énormes en charbon de bois, ses habitants n’hésitant pas de s’adonner à la déforestation. Une situation qui interpelle. Conscient de cela, le gouverneur de Maï-Ndombe a, au cours de cet atelier, révélé la vision provinciale de réduire les émissions. «Nous voulons nous approprier la bonne gestion forestière en mettant en place des structures viables, capables d’assurer un développement efficace par nos ressources naturelles», a-t-il déclaré. Il a dans son discours rappelé que sa province regorge d’immenses ressources naturelles et ne pas agir pour conserver ces forêts, aura des conséquences dramatiques sur la nature et les générations futures.

Julien MPIA

L’annonce du ministre RD-congolais de l’Environnement et développement durable, Robert Bopolo, relative à sa volonté de lever le moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions forestières en vigueur depuis 2002, a suscité un vif tollé au sein des ONG nationales et internationales défendant l’environnement. Elles estiment dans leur déclaration du 2 mars que la levée de ce moratoire entraînerait un raz-de-marée de dégâts environnementaux, d’abus sociaux et de corruption au sein de la deuxième plus vaste forêt tropicale du monde, et qu’elle pourrait ruiner les efforts entrepris pour préserver les forêts de la RD-Congo dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.

Camion de grumes dans une exploitation forestière(Bassin du Congo) - Crédit photo: Greenpeace

«L’explosion de l’exploitation forestière à grande échelle pourrait porter gravement atteinte à l’approche plus progressiste de la RD-Congo vis-à-vis du développement de la foresterie communautaire», ont déclaré ces ONG dans une note circulaire rendue publique le 2 mars dernier. Puis: «l’expérience de l’exploitation forestière à l’échelle industrielle démontre clairement que son extension, plutôt que sa réduction, s’accompagnerait de nombreux problèmes très sérieux, sans offrir d’avantages durables à la RD-Congo». Puis encore: «l’exploitation forestière industrielle a généré de maigres retours fiscaux. Selon une étude de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, les gouvernements national et provinciaux de la RD-Congo ont reçu USD 12.896.258 du secteur forestier en 2013. En 2014, dernière année complète pour laquelle les données sont disponibles, ce montant avait chuté d’un tiers, pour s’établir à USD 8.349.439».

De l’avis de la Banque mondiale, le moratoire «devrait être maintenu jusqu'à l’achèvement d’un processus participatif de zonage des régions pouvant faire l’objet de concessions, l’application d’un système transparent et compétitif de sélection des futurs concessionnaires».

Deux initiatives internationales majeures compromises

Selon ces ONG, la déclaration du ministre Bopolo arrive au moment où le gouvernement de la RD-Congo espère bénéficier d’au moins deux initiatives internationales majeures qui lui apporteraient des fonds pour la protection des forêts du pays. La première consiste en un projet d’USD 436 millions soutenu par le Fonds carbone de la Banque mondiale. «Ce projet est destiné à créer des crédits de carbone en réduisant la déforestation dans la province de Maï-Ndombe, d’une superficie de 13 millions d’hectares», ont-elles révélé tout en estimant que ce projet pourrait être sérieusement compromis si le moratoire était levé et si de nouvelles concessions étaient attribuées dans la région.  Et de dénoncer : «11 concessions forestières y sont déjà attribuées dont le projet de document fait remarquer qu’aucune ne dispose du plan de gestion légal requis». Puis: «comme cette région est relativement proche de Kinshasa, il est très probable qu’elle soit la cible de nouvelles demandes de concessions de la part d’entreprises forestières».

La seconde initiative consiste en un Plan d’investissement national REDD+ de la RD-Congo. «Cette initiative laisse entrevoir des investissements étrangers à concurrence d’USD 1 milliard pour protéger les forêts de la RD-Congo, et devrait, elle aussi, être substantiellement remise en question si l’expansion des concessions industrielles se concrétisait», ont fait savoir ces ONG. Elles ont par ailleurs salué la finalisation, ce mois-ci, de la législation sur la foresterie communautaire. Toutefois, selon cette législation, les futures forêts communautaires ne pourront être développées que dans des zones qui ne sont pas déjà réservées à d’autres fins. «Dès lors, l’expansion des concessions forestières industrielles pourrait priver de nombreuses communautés forestières de la possibilité de bénéficier directement de la gestion et du contrôle locaux des forêts qu’elles occupent de longue date», ont-elles analysé.

Réduire la taille de l’industrie forestière

Dans leur conclusion, ces organisations de la Société civile ont appelé le gouvernement de la RD-Congo à se concentrer sur la réduction de la taille de l’industrie forestière, en intensifiant la mise en application des lois et en soutenant des approches de la gestion forestière différentes, favorables aux pauvres et respectueuses du climat. «Les efforts collectifs doivent être orientés vers des réformes indispensables, comme le zonage participatif et la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la foresterie communautaire», ont-elles argué. Puis: «à défaut d’une telle approche, les efforts de la RD-Congo pour devenir un pionnier des projets REDD sont très probablement voués à l’échec».

Le moratoire sur l’exploitation forestière a été décrété par arrêté ministériel en mai 2002. Son objectif était de mettre en veille un mode d’exploitation forestière qui menaçait d’entraîner, au lendemain de la guerre, le pillage généralisé et la destruction des immenses forêts du pays. A en croire les ONG signataires de la déclaration du 2 mars, avec le soutien technique et financier de la Banque mondiale, le pays devait prendre le chemin d’une industrie forestière durable, générant des milliards de dollars de revenus et des dizaines de milliers d’emplois, tout en préservant, en principe, la forêt.

Laurent OMBA

vendredi, 18 décembre 2015 10:48

EXPLOITATION FORESTIERE DANS LE BASSIN DU CONGO

Écrit par

Les ONG exigent le désengagement de la France

Alors que Paris accueillait du 30 novembre au 11 décembre la Conférence des Nations unies sur le climat, COP 21, des ONG internationales et celles du Bassin du Congo sont montées au créneau pour faire part de leur opposition à l’exploitation forestière industrielle par la France dans cette région. Elles ont, dans leur déclaration, appelé la France à revoir sa politique d’aide au développement concernant les forêts du bassin du Congo. «L’importance et le rôle des forêts tropicales dans le changement climatique de notre planète ne sont plus à démontrer. Elles constituent d’immenses puits de carbone et leur destruction dégage d’énormes quantités de CO2», ont argué ces ONG. Puis: «il a été démontré que l’exploitation forestière industrielle endommage durablement la biodiversité et entraîne une vaste déforestation».

Cubage de bois dans une exploitation forestière - Crédit photo Fpa2.com

«La France doit se désengager du secteur d’exploitation forestière industrielle dans le bassin du Congo», telle est en substance l’appel lancé par les ONG œuvrant sur la scène internationale et dans les périmètres du Bassin du Congo en vue de protéger le climat de la planète. Elles ont expliqué que cette exploitation n’a aucun impact sur le plan économique et social du fait qu’aucun Etat forestier de cette région n’a réduit son taux de pauvreté grâce à cela. «Au contraire, l’industrie du bois détruit progressivement l’écosystème ‘forêt’ dont dépendent 75 millions de personnes et prive les communautés locales et autochtones de leurs droits fonciers et coutumiers», peut-on lire sur la déclaration de ces ONG qui signifient en plus que depuis 15 ans, les rapports sur les nombreuses illégalités commises dans la filière bois s’accumulent sans qu’aucune solution efficace n’ait été trouvée pour y mettre fin. «Les entreprises, qui sont pour la plupart d’origine européenne ou asiatique, ont pris l’habitude de chercher à augmenter leurs profits en violant les lois et en alimentant la corruption», ont-elles poursuivi, argumentant, sur base d’un audit de 2014 financé par l’UE, qu’en 2012, en RD-Congo, 90% des taxes forestières ne sont pas entrées dans les caisses de l’Etat en raison de l’évasion fiscale pratiquée par les sociétés forestières. 

Au regard de cette situation, ces ONG ont estimé qu’à l’heure actuelle, le contexte de mauvaise gouvernance, l’inefficacité des outils choisis et les conditions écologiques de base des forêts du Bassin du Congo sont tels que les fonds publics français ne peuvent atteindre les objectifs de la France pour le secteur forestier de ce coin du monde. «On ne peut pas atteindre un objectif de gestion durable et de lutte contre le changement climatique, en confiant des dizaines de millions d’hectares de forêts fragiles à des entités privées qui sont dans une logique commerciale et dont les activités ne sont foncièrement pas durables et ne fournissent pas des bénéfices équitables aux communautés locales», ont analysé ces ONG, avant de suggérer: «alors que des bailleurs internationaux s’apprêtent à investir des centaines de millions d’euros dans les financements REDD+ dans le Bassin du Congo, il apparaît d’autant plus important d’empêcher l’utilisation des fonds publics pour une exploitation industrielle moteur de déforestation et de dégradation forestière».

Les 3 appels des ONG à la France

Pendant ce temps-là, révèlent ces ONG, la forêt se vide de ses ressources. Les forestiers eux-mêmes reconnaissent que le réservoir d’essences de leurs concessions est en train de s’appauvrir, aggravant ainsi la crise climatique. De tous ces faits découlent trois appels importants lancés par ces ONG. Le premier invite le gouvernement français, à travers son aide publique au développement, à se désengager de son soutien à l’industrie forestière et à orienter ses actions et financements pour soutenir des initiatives protégeant durablement les forêts tropicales et les communautés locales forestières. Le deuxième quant à lui convie l’Agence française de développement -AFD- à organiser une consultation publique, avec participation de la Société civile, avant d’établir une nouvelle feuille de route pour les forêts du Bassin du Congo. Enfin, le troisième appel suggère à la France de s’opposer à la levée du moratoire sur de nouvelles concessions forestières en RD-Congo.

Ces recommandations sont formulées, car «l’importance et le rôle des forêts tropicales dans le changement climatique de notre planète ne sont plus à démontrer. Elles constituent d’immenses puits de carbone et leur destruction dégage d’énormes quantités de CO2». Et de poursuivre: «à l’échelle de la planète, près de 12% des émissions GES sont dus à la destruction et à la dégradation. Ces forêts offrent également des moyens de subsistance à des millions de personnes et abritent une biodiversité animale et végétale extrêmement riche».

Depuis 20 ans, ont rappelé ces ONG dans leur déclaration, la France soutient l’industrie du bois dans le Bassin du Congo, en partant du principe que si les entreprises forestières adoptent un certain nombre de règles et d’outils. Ainsi, l’Hexagone a mis à disposition, via l’AFD, plus de 120 millions d’euros de prêts et subventions aux sociétés forestières de la région pour les aider à mettre en place les outils de gestion durable. 

Au nombre des ONG signataires de cette déclaration, l’on peut citer Brainforest du Gabon, Greenpeace de la France, Réseau ressource naturelle de la RD-Congo et Rainforest Foubdation du Norvège.

Laurent OMBA

 

Clôturés depuis le vendredi 11 décembre dernier, les travaux de la 21ème Conférence des parties -COP 21-, effectués à Paris, ont connu un épilogue heureux pour la RD-Congo qui s’en sort avec d’USD 250 millions, sur l’USD 1 milliard destinés aux pays du Bassin du Congo pour la préservation de ce patrimoine forestier. Ce don, a expliqué le ministre RD-congolais des Finances, Henri Yav Mulang, la RD-Congo se le tire pour avoir amorcé sa participation active aux efforts d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, sur la base de l’une de ses richesses les plus inestimables, à savoir ses forêts qui couvrent 155 millions d’hectares et qui forment un capital naturel pour le monde et le sous-continent africain.

Forêt du Bassin du Congo - Crédit photo Adiac-congo.com

Engagée depuis 2009 dans le processus REDD+ dans le but de préserver son patrimoine forestier, la RD-Congo a vu ses efforts récompensés lors des assises de la COP 21. Pour une enveloppe d’USD 1 milliard allouée à tous les pays du Bassin du Congo -Cameroun, Gabon, Centrafrique, Congo, Guinée équatoriale et RD-Congo-, ce géant pays de l’Afrique centrale bénéficiera à lui seul du quart de ce montant, soit USD 250 millions. Cette somme, a expliqué le ministre RD-congolais des Finances, Henri Yav Mulang, la RD-Congo l’a sollicitée auprès de l’Initiative Forêts d’Afrique Centrale -CAFI- pour commencer à mettre en œuvre les politiques et mesures nécessaires décrites dans son Plan d’investissement. Conformément à ce plan, la RD-Congo a proposé un certain nombre d’engagements. Lesquels engagements sont: disposer d’une loi sur l’aménagement du territoire intégrant la forêt comme capital à préserver; renforcer la gouvernance locale afin de définir une vision commune et partagée de l’utilisation des terres et des ressources naturelles; examiner les possibilités d’orienter l’agriculture à grande échelle dans d’anciennes concessions ou de zones de savanes conformément au plan de zonage; clarifier et sécuriser les droits fonciers des populations. «La liste des mesures à prendre est longue, si nous voulons atteindre nos ambitions», a estimé Henri Yav, tout en saluant l’engagement pris par les bailleurs des fonds bi et multilatéraux, notamment l’Union européenne, la Norvège, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne, regroupés au sein de CAFI pour financer la gestion durable des forêts de l’Afrique centrale à travers le mécanisme REDD+.  Le ministre des Finances a en outre fait savoir: «la RD-Congo a réussi à élever la préoccupation sur les forêts à un niveau interministériel grâce au ministère de l’Environnement et à mon ministère en charge des Finances, et donc redevables sur les engagements financiers du pays et du suivi des réformes».

Capitaliser le Fonds national 

A l’en croire, la RD-Congo a défini les politiques et les mesures nécessaires pour juguler les pressions inexistantes et à venir sur cette forêt RD-congolaise, arrêtées dans une stratégie nationale REDD+, évaluant les besoins sur 5 ans à USD 1 milliard. De cette façon, le ministre a salué l’avènement de CAFI qui offre aux gouvernements un espace de dialogue de haut niveau, permettant l’identification conjointe d’engagements ambitieux et réalistes en vue de préserver les forêts de cette région africaine. «Nous avons la volonté d’établir un partenariat de qualité et de poursuivre ce dialogue de haut niveau avec CAFI, convaincus qu’il s’agit-là de la voie qui nous permettra d’engager ces changements transformationnels que nous attendons», a révélé l’argentier de l’exécutif RD-congolais, justifiant cela par le souci d’atteindre l’objectif commun: celui de préserver la forêt du Bassin du Congo. «Il n’est peut-être pas trop tard. Mais le rythme de la déforestation ne s’alignera pas sur notre rythme de prise de décision et nos hésitations. Ce rythme augmente à l’heure où je vous parle. Nous serons responsables de ne pas avoir agi, alors que nous savions», a prévenu le ministre Henri Yav. Et de clore en lançant un appel au Board de CAFI à capitaliser le Fonds national de la RD-Congo à la hauteur de ces ambitions transformationnelles et des avancées du pays.

Laurent OMBA

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