Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : lundi, 18 décembre 2017 -
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lundi, 06 juillet 2015 15:04

EN MARGE DE LA COP 21

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Les ONGS francophones africaines exigent plus d’engagement à la France

Alors que la Conférence des Nations unies sur le financement du développement à Addis-Abeba en juillet 2015 et la COP 21 s’approchent à pas de géant, les ONGS francophones appellent la France à saisir l’opportunité historique de changer l’avenir de millions de personnes en Afrique et dans le monde, en affectant les recettes de la taxe sur les transactions financières (TTF) européennes aux grandes urgences mondiales.

Bannière officielle COP21 - Photo Ens.fr

Certes, les efforts consentis à Copenhague en matière d’adaptation au changement climatique ont permis à de nombreuses communautés de faire face aux événements extrêmes de plus en plus violents et fréquents. Les systèmes d’alerte précoce, les digues, les méthodes de production et d’irrigation mieux adaptés ont permis de sauver des vies et d’éviter des famines. Mais, les financements restent insuffisants. Ils représentent entre 17 et 20 milliards de dollars (entre 15,20 et 17,89 milliards d’euros) par an répartis entre 137 pays en développement, dont seulement 20 % pour l’adaptation. Alors que les besoins pour l’Afrique seule sont de l’ordre de 7 à 15 milliards de dollars par an. Sans financements supplémentaires, 600 millions de personnes de plus risquent de souffrir de la faim en 2050.

Ainsi, les ONGS francophones composées de la Coalition PLUS contre le Sida, le Réseau action climat, Réseau climat et développement et une soixantaine d’associations de la société civile francophone, en grande partie africaines exigent plus d’engagement à la France.

A la Conférence d’Addis-Abeba, du 13 au 16 juillet 2015, l’enjeu sera de mobiliser les ressources permettant d’offrir aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables un développement durable, sain et adapté aux impacts du changement climatique. La réponse financière devra être suffisamment crédible pour faire émerger un accord ambitieux sur la réduction des risques climatiques à la COP21, et pour porter un coup d’arrêt à la mortalité et aux nouvelles infections dues à VIH, à la tuberculose et au paludisme. Une réponse commune des 11 Etats de la TTF européenne serait un signal fort.

Depuis 2012, la France est l’une des principaux acteurs dans la mise en place de la TTF dans les onze Etats européens. Selon la Commission européenne, cette taxe devrait générer près de 35 milliards d’euros par an. En décidant d’en affecter une portion à la lutte contre le changement climatique et les grandes pandémies, la France a l’occasion de montrer que la solidarité internationale peut sauver des vies fragilisées par les aléas climatiques.

Au sommet de la Terre à Rio en 2012, puis devant l’Union africaine en 2013, François Hollande s’est engagé à ce que la TTF finance ces priorités mondiales. En 2015, un million de personnes ont signé une pétition appelant à respecter ces engagements. A la conférence d’Addis-Abeba, nous attendons de la France qu’elle annonce un sommet européen qui entérinera l’affectation commune de la TTF à la lutte contre les grandes pandémies et le changement climatique.

Christian Joseph MUTOMBO

 

mercredi, 01 juillet 2015 17:57

Ibi Village fait respirer Kinshasa

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Du 5 au 7 juillet, Ibi Village organise sa foire agricole annuelle, les « Portes Vertes », sur le plateau des Bateke. Au menu : une ribambelle d’activités pour les petits et les grands. Une occasion de découvrir ce village, poumon de la ville de Kinshasa.

Aperçu du puits carbone d'Ibi-Village dans le plateau des Bateke - Photos CN-REDD

Pendant les 3 jours, les « Portes vertes d’Ibi village (PVI) » invitent les publics à découvrir les exceptionnelles richesses du terroir (plateau des Bateke) et des perspectives du développement de l’économie verte. Les PVI se veulent donc un événement, festif, pédagogique et culturel où citadins et villageois convergent les uns vers les autres sur l’esplanade au milieu de la forêt d’acacias de la zone pilote.

Au menu de ces activités, des visites du site, de son puits de carbone, de ses infrastructures de production, marché de produits locaux, étals de démonstration et de dégustation, concerts, animations culturelles et éducatives.

Ibi Village et le Puits carbone forestier Ibi-Bateke sont un concept unique d’agroforesterie, qui permet un développement rural intégré sur les fronts de l’environnement en luttant contre le réchauffement climatique, celui de l’économie en développant une agroforesterie durable et pérenne, enfin du social en augmentant le bien-être des populations locales. « Ibi Village, c’est un éco-village, soucieux de son empreinte écologique, une nouvelle forêt de 4200 ha en cours de plantation», renseigne-t-on.

Ibi Village, c’est le premier puits de carbone enregistré en Afrique Centrale. Le site séquestre durablement du carbone, de par ses plantations simultanées d’acacias et de manioc sur une savane herbeuse de faible fertilité. Actuellement, sa capacité de stockage est estimée à 60 000 tCO2. Ibi Village emploie plus d’une dizaine de cadres et 300 travailleurs saisonniers qui s’activent à la plantation, à la récolte et à la transformation des produits agroforestiers.

Parallèlement à ce pôle d’activité économique, Ibi Village diffuse ses techniques agroforestières auprès des 1 200 habitants des 10 hameaux, gère un dispensaire médical, une école primaire et coordonne les activités culturelles et sportives locales.

Christian Joseph MUTOMBO

 

Optimiste, le ministre RD-congolais de l’Environnement et du Développement durable l’est sans nul doute. Bienvenu Liyota est convaincu que, cette fois-ci à Paris, en marge de la Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques -COP21-, un accord contraignant applicable à partir de 2020 aux 195 pays sera conclu. Mais, sur terrain, les violons ne sont toujours pas bien accordés. Décryptage.

Bienvenu LIYOTA, Ministre de l'Environnement et Développement Durable - Photo CN-REDD

«Monsieur le Ministre, et si on n’aboutissait à rien à Paris ? Quelle serait l’option B pour la RD-Congo», a lancé une consœur au Ministre Bienvenu Liyota, la semaine passée au cours d’une conférence de presse 100% COP 21 qu’il a animé à l’hôtel venus, au cas où la Conférence de Paris se terminait comme celle de Copenhague. Sans accord contraignant.

Devant tous les cadres de son ministre, le ministre a affiché son optimisme tous azimuts. «On parte en négociation avec un esprit ouvert, celui d’aboutir à un accord. A ce jour, tous les pays du monde travaillent pour un accord contraignant. Les signaux forts sont perceptibles et la volonté est là. Il y aura un accord à Paris. Et la RD-Congo n’a pas encore envisagé d’option B», répondu le ministre visible convaincu que les choses vont cette fois-ci se déroulaient autrement à Paris.

Bienvenu Liyota a même saisi l’occasion pour présenter à la presse le Comité préparatoire de la RD-congo pour la COP 21. «C’est une équipe pluridisciplinaire constituée des juristes, des scientifiques, des délégués du ministère des Affaires étrangères, des députés. Elle a pour mission d’examiner et préparer les contribution de notre pays».

Le ministre a rassuré que les contributions de la RD-Congo devrait s’aligner à celles du groupe Afrique qui est déterminé à parler d’une seule voie à Paris. «En mars dernier, nous avons participé au Caire à une réunion qui avait justement pour objectif d’harmoniser les points des vues africaines. En s’unissant, l’Afrique fera valoir ses opinions», a déclaré le ministre.

Confiant, Bienvenu Liyota espère de cette Conférence de Paris des retombées financières pour la RD-Congo. « Nous avons des arguments environnementaux pour lesquels nous sommes en droit de revendiquer les financements. Notre pays a réalisé plusieurs avancées en cette matière», a déclaré le Ministre, faisant sans nul doute allusion au processus REDD+ (Réduction des émissions due à la déforestation et dégradation des forêts) dont la RD-Congo est le premier pays du monde à avoir bouclé la phase de préparation.

Encore des divergences

A Paris, les Parties espèrent dont conclure le premier accord universel et contraignant, applicable à partir de 2020 aux 195 pays pour limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Elles doivent également déterminer le financement de l’adaptation au changement climatique. A Copenhague, en 2009, les pays développés ont pris l’engagement de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, sur fonds publics et privés, pour permettre aux pays en développement de lutter contre le dérèglement climatique et de s’engager dans un développement durable. Une partie de ces montants doit transiter par le Fonds vert pour le climat, un mécanisme financier créé par l’ONU. Début juin 2015, sur les 10,2 milliards de dollars de promesses faites par une trentaine de pays pour abonder ce fonds, seuls 4 milliards de dollars avaient été réellement débloqués par les Etats donateurs.

Les négociations de Paris butent sur la question de la responsabilité historique dans le réchauffement et sur la répartition des efforts à accomplir. Les pays émergents estiment que cette responsabilité incombe d’abord aux pays industrialisés et refusent de s’infliger les mêmes contraintes.

Pour les pays industrialisés, par contre, la division entre pays industrialisés et émergents n’est plus opérante. La Chine est devenue le premier pollueur au monde, l’Inde le troisième. L’enjeu des négociations est donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre sans limiter le droit au développement des pays émergents.

Un autre sujet sensible est celui du choix des mécanismes qui permettront de suivre les engagements des Etats en matière de lutte contre le réchauffement. Comment mesurer les efforts accomplis ? Quel cycle imaginer pour inscrire l’accord dans un temps long ?

Pour espérer conclure un accord solide, les négociateurs de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques -CCNUCC- devront par ailleurs convaincre des Etats particulièrement réticents, à l’instar de l’Australie, dont le gouvernement conservateur affiche des positions climatosceptiques.

Ils devront aussi tenir compte des demandes des Etats insulaires, très vulnérables aux aléas climatiques, qui contestent le seuil des 2 °C et considèrent que le réchauffement ne doit pas dépasser 1,5 °C, au risque de voir tout ou partie de leur territoire disparaître suite à la hausse du niveau de la mer.

Christian Joseph MUTOMBO

C’est désormais officiel. La RDC a achevé sa phase de préparation au processus REDD+. A l’issue de leur 19ème session, les Membres du Comité des Participants du Fonds de Partenariat du Carbone Forestier (CP/FCPF), réunis du 17 au 19 mai 2015 à Washington, ont approuvé le rapport d’auto-évaluation de la phase de préparation (Readiness-Package), présenté par la RDC. La RD Congo devient ainsi le 1er des 47 pays pilotes REDD+ du FCPF à avoir bouclé cette phase cruciale.

De gauche à droite, Vincent KASULU Sécretaire Général à l'EDD, Bienvenu LIYOTA Ministre de l'EDD, Etienne BENOIST Représentant Banque Mondiale, Victor KABENGELE Coordonnateur CN-REDD

Destiné à récompenser les efforts des pays forestiers tropicaux en développement dans leur lutte contre les changements climatiques, le processus REDD+ est mis en œuvre en trois phases : (i) la phase de préparation (Readiness), qui vise par le renforcement des capacités à mettre en place l’infrastructure nationale indispensable pour accéder aux paiements basés sur les résultats ; (ii) la phase de mise en œuvre, consacrée à l’expérimentation à travers les politiques et réformes clés, ainsi que les investissements, et (iii) la phase de paiements basés sur les résultats Mesurés, Reportés et Vérifiés (MRV).

Afin de permettre aux pays engagés dans le programme d’évaluer leur état d’avancement dans la mise en œuvre du processus, le Comité des Participants du FCPF avait édicté une batterie de critères et indicateurs à suivre.

Des « progrès substantiels »

Sur les 34 critères édictés par le FCPF, la RDC a accompli des « progrès substantiels » dans 26 critères tandis que 8 seulement ont été jugés « progrès satisfaisants ». La délégation de la RDC, conduite par M. Alain Bussy, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Environnement et Développement Durable, accompagné de M. Victor Kabengele, Coordonnateur National REDD+ et M. Guy Kajemba, délégué de la société civile, s’est notamment appuyée sur les avancées remarquables réalisées pour soutenir que « la RDC est arrivée au point où elle doit avancer dans la phase de mise en œuvre avec des programmes de réduction d’émissions réelles, en vue de délivrer des bénéfices réels, aussi bien pour les communautés locales, pour le pays et pour le monde ». Ces avancées remarquables dont M. Victor Kabengele a fait état, concernent notamment : (i) la Stratégie Nationale REDD+, validée en Conseil des Ministres, en novembre 2012 ; (ii) l’établissement du Fonds National REDD+, le bras financier de la Stratégie Nationale REDD+ ; (iii) la mise en œuvre du Programme d’Investissement pour les Forêts (PIF) ; (iv) l’incorporation dans la Matrice de Gouvernance Economiques des réformes REDD+, dans le secteur de l’Aménagement du Territoire (AT) et de la tenure foncière ; (v) la validation par la Banque Mondiale, en avril 2015, des instruments de sauvegardes sociales et environnementales ; (vi) le développement d’un programme juridictionnel d’envergure pour la réduction des émissions dans la Province de Mai-Ndombe, avec la signature de la Lettre d’Intention avec la Banque Mondiale pour l’achat par cette dernière de 10 Mt de crédits carbone, et (vii) la coordination harmonieuse et réussie des différents financements des partenaires (FCPF, UN-REDD, CBFF, donateurs bilatéraux) qui ont appuyé la phase de préparation.

Une vision stratégique du Gouvernement

Toutes ces avancées, a fait savoir M. Alain Bussy, ont été facilitées par une vision et un engagement politique de très haut niveau, tel que confirmé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Joseph KABILA, lors du Forum de Haut niveau sur « les forêts, les changements climatiques et le développement de la RDC », tenu en 2011. Cette vision, fondement de la Stratégie nationale REDD+, est en parfait alignement avec le Document de développement quinquennal du pays, le DSCRP2, qui a incorporé un quatrième pilier « Environnement, Changements Climatiques et Gestion durable des ressources forestières ». Enfin, la perception du mécanisme REDD+ comme étant un outil de développement qui renforce la gestion durable des ressources naturelles et permet d’améliorer les conditions de vie des communautés locales et d’assurer la réduction de la pauvreté.

Un pays modèle

Officiellement engagée dans le processus REDD+ depuis 2009, la RDC doit son succès dans l’implémentation de ce mécanisme au caractère inclusif et participatif des parties prenantes dans les activités qui menées par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable, à travers la Coordination Nationale REDD. C’est cette même approche qui a été suivie pour la tenue des consultations multipartites ayant abouti à la validation au niveau national du Rapport présenté à Washington. Le délégué de la Société civile, Guy Kajemba, a salué la transparence du processus de consultations menées à cet effet et surtout la qualité de la méthodologie développée pour recueillir et intégrer les observations formulées par les différentes parties prenantes. Nonobstant les questions liées aux arrangements institutionnels, à la mise en œuvre du Plan de travail pour les activités restant à couvrir ainsi qu’à la communication avec les communautés locales et peuples autochtones, les Membres du Comité des Participants ont encouragé et félicité la RDC pour avoir atteint ce résultat. Et ce, en dépit des contraintes liées aux questions de gouvernance, des capacités humaines et d’infrastructures, lesquelles contraintes ne l’ont pas empêchée de devenir le premier pays FCPF à avoir finalisé la phase de préparation au processus REDD+. 

Cellule IEC/CN-REDD

Financé par le Fond pour l’environnement mondial -FEM- et le Programme de Nations Unies pour le développement -PNUD- à la hauteur d’USD 5.125.000 pour une durée de cinq ans, le projet PANA-AFE vise à améliorer les capacités d’adaptation des producteurs et ménages ruraux aux changements climatiques.

au premier plan, Jean Ndembo Longo, coordonnateur du PANA-AFE, accompagné de bailleurs de fonds - Photo CGC

Le Programme national d’actions pour l’adaptation des femmes et enfants au changement climatique -PANA-AFE-, deuxième volet de la réponse RD-congolaise à l’adaptation aux changements climatiques, a été récemment lancé à Kinshasa par le ministère RD-congolais de l’Environnement et du développement durable.

Ce projet d’adaptation à base communautaire est principalement centré sur les besoins des femmes et enfants. Financé par le FEM et le PNUD à la hauteur d’USD 5.125.000 pour une durée de cinq ans, PANA-AFE vise à améliorer les capacités d’adaptation des producteurs et ménagers ruraux afin de réduire la vulnérabilité des moyens de substances des communautés touchées par les changements climatiques. 

Ce projet est mis en œuvre au niveau de quatre sites d’intervention notamment Ngimbi dans le Bas-Congo, Kipopoau dans le Katanga, Kiyaka au Bandundu et Ngandajika au Kasaï-Oriental.

Alors que dans les milieux ruraux les femmes assurent la quasi-totalité des activités du petit commerce et l’essentiel des travaux agricoles et d’élevage, les experts du ministère de l’EDD ont identifié quelques barrières à l’adaptation des femmes au changement climatique. «Les femmes ont une capacité limitée à générer des revenus conséquents de leurs activités de production; elles ont aussi un accès limité au crédit agricole et ne sont pas toujours outillées techniquement», a commenté Jean Ndembo Longo, coordonnateur du PANA-AFE, au cours du lancement du projet. Et au représentant du PNUD de faire savoir: «Les difficultés qu’ont les femmes pauvres pour accéder aux ressources et à la terre, la restriction de leurs droits, la réduction de leur mobilité et de leur participation aux prises des décisions les rendent totalement vulnérables au changement climatique, qui accentue les inégalités déjà existantes, y compris l’inégalité entre les genres». Ainsi, PANE-AFE, ce sont les femmes et les enfants d’abord. 

Augmenter les revenus

Ce projet est structuré autour de deux principales composantes: les pratiques résilientes de diversification pour la sécurisation des ménages. Dans cette composante, le projet envisage des activités allant du développement de l’élevage du petit bétail à la réalisation des études de faisabilité des aménagements hydroagricoles. «Nous allons installer au moins 200 unités primaires de transformations alimentaires, mais aussi chercher l’adhésion des communautés dans le choix et réalisation de ces ouvrages. A la fin, nous espérons développer pour les groupes de femmes les moyens de subsistance alternatifs, efficients et résilients au changement climatique en vue d’augmenter le revenu et améliorer l’état nutritionnel de la famille. En gros, dans cette composante, toutes les activités de diversification des pratiques agricoles, comprenant l’agriculture irriguée, la pisciculture intégrée, l’élevage des bovins et des chèvres, seront menées ainsi que la production d’informations agro-météorologiques», a déclaré Jean Ndembo Longo.

La deuxième composante est consacrée au développement des capacités pour mener des activités des résiliences au changement climatique. «Nous espérons à l’issu de cette composante appuyer au moins 100 producteurs de semences et 50 groupes de femmes dans la production et distribution des semences certifiées des variétés résilientes dans les zones d’intervention. Il s’agira aussi de mettre en place des banques de semences et de céréales au niveau de villages», a-t-il ajouté. Les experts travailleront également pour la production des semences et boutures résilientes de manioc, maïs, riz, arachide, haricot et Niébé sur près de 20 ha par les agri-multiplicateurs dont 50% de femmes. «PANA-AFE vient capitaliser et renforcer les acquis du projet de renforcement des capacités d’adaptation et de gestion des impacts des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire en RD-Congo -PANA-ASA, mis en œuvre de juin 2010 à décembre 2013 dans les mêmes zones d’intervention», a signifié le coordonnateur du PANA-AFE.

Pour Benjamin Toirambe, directeur du développement durable, ce projet va délivrer des outils complémentaires de gestion des risques tandis que les moyens et l’encadrement requis seront ainsi mis à la disposition des femmes et des enfants pour améliorer leur résilience socio-économique.

Christian Joseph MUTOMBO

 

 

La CNREDD affûte ses armes

Le ministère de l’Environnement et développement durable vient de mettre en place le Comité préparatoire de la Conférence de Paris -COP 21. Décision prise récemment en vue de mieux préparer la réunion parisienne en décembre 2015. Ce comité est chargé d’examiner les recommandations issues des ateliers du 25 mars et 7 mai 2015.

Participants à l'Atelier National de restitution des travaux de la COP20 et préparation de la COP21

De la discussion jaillit la lumière, dit-on. Les assises, tenues au CEPAS à Kinshasa le 7 mai 2015, ont permis, grâce aux débats intellectuels houleux entre femmes et hommes y prenant part, aux négociateurs RD-congolais, regroupés au sein du Comité préparatoire de la COP 21, de mieux affûter leurs armes pour la Conférence de Paris. Cette dernière, signalons-le, devra aboutir à la signature d’un Accord global, juridiquement contraignant pour toutes les parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques -CCNUCC. 

L’expertise de Victor Kabengele, coordonnateur de la CNREDD, a été d’une grande importance du fait qu’à lui seul, il a animé trois sessions d’information et de formation portant sur les thèmes ci-après  Historique de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto, Appel de Lima, et Position de la RD-Congo pour la COP 21 de Paris. «Tout a commencé en 1992 lorsque fut adoptée la CCNUCC qui est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et compte aujourd’hui 196 parties. Cette convention a établi un cadre d’action visant à stabiliser les concentrations atmosphériques des Gaz à effet de serre -GES- aux fins d’éviter les interférences anthropiques dangereuses avec le système climatique», a rafraichi la mémoire, le Coordonnateur National de la CNREDD avant de préciser : «5 ans après l’adoption de la CCNUCC, un Protocole, relevant de cette convention, a été conçu par les délégués à la COP3 tenue à Kyoto au Japon. D’où l’appellation du Protocole de Kyoto. Ledit protocole engage les pays industrialisés et les pays en transition vers l’économie de marché à atteindre des objectifs de réduction des émissions des GES». 

La RD-Congo s’aligne au GA

Victor Kabengele a donné la substance de ce qui a constitué les différentes éditions de la Conférence des Parties jusqu’à celle de Lima où il s’est plus appesanti. «Les négociations de Lima ont été axées sur les résultats nécessaires pour avancer dans le cadre de l’ADP vers un accord à Paris lors de la COP 21, et la réalisation de progrès sur les éléments d’un projet de texte de négociation. Après de longues négociations sur un projet de décision sur la poursuite des travaux de l’ADP, l’on a adopté à l’«Appel de Lima à l’action climatique. Cet appel a amorcé les négociations d’un texte d’accord en 2015, le processus de soumission et d’examen des CPDN et l’amélioration du niveau d’ambition avant 2020», a-t-il fait savoir. Et d’enchainer «les décisions prises à Lima aident à opérationnaliser le mécanisme international de Varsovie relatif aux pertes et préjudices; à établir le programme de travail de Lima sur le genre; et à adopter la déclaration de Lima sur l’éducation et la sensibilisation». 

Après avoir passé en revue les enjeux de l’Appel de Lima, Victor Kabengele a présenté ses points clés classés en trois axes de travail : Accord de 2015, Ambition pré 2020, et Moyens de mise en œuvre. «L’accord de 2015 devra considérer de manière équilibrée les six axes de la CCNUCC: atténuation, adaptation, financement, développement et transfert de technologie, transparence des actions et soutien et renforcement des capacités», a éclairci Victor Kabengele qui révèlera par la suite «bien que l’Appel encourage les pays développés à fournir un appui financier renforcé aux pays en développement pour des actions ambitieuses d’atténuation et d’adaptation, le financement n’est pas clairement inclus comme une obligation des CPDN des pays développés. L’Appel de Lima n’a pas élaboré de feuille de route sur la manière de remplir leur obligation de mobiliser USD 100 milliards/an en financement climatique d’ici 2020». 

S’agissant de la position de la RD-Congo à la COP de Paris, Victor Kabengele a laissé entendre qu’elle doit s’intégrer dans la vision du Groupe Afrique -GA- et du Groupe des pays moins avancés. Or la position du GA veut que l’accent soit mis sur l’atténuation et sur l’adaptation et que soient trouvés les moyens nécessaires de mise en œuvre. Ces financements devant être adéquat, prévisionnel et additionnel. 

Laurent OMBA

dimanche, 10 mai 2015 13:46

FINANCEMENT AU FONDS VERT CLIMAT

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Tosi Mpanumpanu explique les quatre conditions

Expert négociateur sur les changements climatiques au sein du Ministère de l’Environnement et Développement Durable RD-congolais et ancien Président du groupe africain des négociateurs climats de 2009 à 2011, Tosi Mpanumpanu a pris part à toutes les conférences des parties -COP-, depuis celle de Bali. Membre suppléant du conseil d’administration du Fonds Vert Climat, il évoque les quatre conditions de financement d’un projet par le Fonds Vert Climat. Interview.

 

Tosi Mpanu-Mpanu, Expert négociateur RDC sur les changements climatiques

 

Parlez-nous brièvement du Fonds vert climat?

Le Fonds vert climat a été établi lors de la Conférence de Cancun. Les parties l’ont initié pour aider les pays en développement à pouvoir accéder à un développement plus sobre en carbone et à devenir plus résiliant face aux effets néfastes du changement climatique. Le Fonds Vert Climat doit mobiliser au moins USD 100 milliards d’ici 2020. En décembre 2014 à Lima au Pérou, il a reçu une capitalisation de USD 10 milliards de la part de plusieurs pays. En  principe, c’est au mois d’octobre 2015 que les premiers projets devront recevoir le financement du Fonds. Et en marge de la Conférence de Paris, ça devra être un signal fort lancé à l’endroit des pays «pessimistes» quant à l’issue de la réunion parisienne. Les financements du Fonds pourront constituer une motivation additionnelle pour ces pays pessimistes. 

Existent-ils des projets RD-congolais susceptibles d’être financés par ce Fonds? 

Effectivement, si la RD-Congo arrive à monter des projets qui s’alignent sur les critères d’éligibilités du Fonds, elle bénéficiera du financement du Fonds vert climat. Il faut reconnaitre que la RD-Congo est un pays en voie de développement ayant des besoins d’adaptation et un potentiel d’atténuation. Vous savez en ce qui concerne le financement, il y a des étapes à suivre. Il y en a quatre. En premier lieu, la RD-Congo doit nommer un point focal chargé du Fonds vert climat. Je pense qu’une décision a été déjà prise dans ce sens. Deuxièmement, la RD-Congo doit développer un cadre stratégique d’interaction avec le Fonds vert climat, c’est-à-dire, elle doit réaliser un état des lieux des projets ou politiques en cours liés au climat puis les harmoniser dans un ensemble cohérent afin de détecter les lacunes et forces des uns et des autres. Le troisième travail invite la RD-Congo à désigner les entités de mise en œuvre ou des intermédiaires financiers du Fonds vert climat. Cette grande structure ne viendra pas exécuter les projets en RD-Congo, elle travaillera plutôt avec une entité distincte. A titre d’exemple, la Banque Africaine de Développement -BAD- gère, pour le compte des pays du Bassin du Congo,  les Fonds norvégien et britannique. Enfin, la RD-Congo devra développer un pipeline des projets et des programmes. Je pense qu’une fois que notre pays aura accompli toutes ces étapes, il sera éligible au financement du Fonds vert climat.

Concrètement, la RD-Congo pourra-t-elle réaliser toutes ces étapes avant octobre 2015? 

De manière réaliste, je pense qu’il y a, dans notre pays, des projets qui, dans leurs conceptions, pourront bénéficier du financement du Fonds. Maintenant, ce qui reste à faire est de les aligner au format exigé par le Fonds vert climat. 

Qu’en est-il du Plan national climat?

Le Plan national climat permettra au pays de faire face aux changements climatiques. Des actions d’atténuation et des actions d’adaptation y seront mis en œuvre. Les Programmes d’actions nationaux d’adaptation -PANA- peuvent à ce titre faire partie de ce plan national. Ce sont des  projets qui visent à identifier les besoins urgents des pays. La RD-Congo a produit déjà son PANA dans lequel elle identifie des secteurs d’extrêmes vulnérabilités pour l’adaptation. Cependant, le PANA reste une démarche à court terme. L’idéal est de réaliser un programme transversal qui intègre les besoins d’adaptation pour le développement de la RD-Congo dans une perspective de long terme. D’où ce Programme national climat.

Andréa DIVINDA SWANA

jeudi, 09 avril 2015 20:54

LA REDD+ EN RD-CONGO

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Près de 50.000 ménages  bénéficieront du projet PIREDD/MBKIS

L’Unité de Coordination du Programme d’investissement pour la forêt -UC PIF- procédera, du 09 au 10 avril 2015, au lancement du projet intégré REDD+ dans les bassins  de Mbuji-mayi/Kananga et de Kisangani -PIREDD/MBKIS-, au cercle de Kinshasa.
Près de 50.000 ménages bénéficieront de ce projet, rapporte-t-on.

Vue du ciel de la foret du Bassin du Congo – Photo OSFAC

Cette rencontre permettra à tous les acteurs institutionnels et privés impliqués dans ce projet de  disposer de toutes les informations s’y rapportant.  Ainsi, apprend-on, près d’une centaine de cadres, experts et observateurs seront conviés à cet atelier de lancement.

PIREDD/MBKIS vise la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) issues de la déforestation et de la dégradation des forêts, en contribuant à la réduction de la pauvreté des populations dans les trois bassins -Mbuji-Mayi, Kananga et Kisangani. Le projet est issu du Plan d’investissement forestier de la RD-Congo.

PIREDD/MBKIS abordera les principaux moteurs de la déforestation et de la dégradation des forêts, relatifs en particulier à la sécurité foncière, à l’agriculture, à la foresterie et à l’énergie de biomasse. «Le projet s’appuiera sur la planification de l’utilisation des terres et le paiement pour les Services Environnementaux -PSE-, comme principales modalités de mise en œuvre», rapporte le communiqué de presse.

Financé à la hauteur de USD 21,5 millions par la Banque Africaine de Développement (BAD) en sa qualité d’Organe d’exécution du Fonds fiduciaire du Fonds Stratégique pour le Climat -FSC-, ce financement est le fruit d’un protocole d’accord de don conclu en août 2014 entre la RD- Congo et la BAD.

Les bénéficiaires directs du projet, renseignent les gestionnaires du projet, sont estimés à 50.000 ménages, soit au total 400.000 personnes alors que plus de 1.500.000 habitants profiteront indirectement de ce projet dans les trois provinces (Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental et Province Orientale).

«Ces gens sont en grande partie les populations rurales pauvres avec un revenu de près de 46 dollars par mois par ménage de 8 membres », affirment les gestionnaires.

Des projets majeurs

PIREDD/MBKIS regroupe trois grandes composantes, notamment l’appui à la gestion durable des forêts consistant à la réhabilitation des forets dégradées, réalisation de plantation forestières, encadrement de la filière bois-énergie et le renforcement des capacités ; la seconde composante est l’appui à l’agriculture durable et à la sécurisation foncière. Les activités relatives à cette composante sont la promotion de pratiques agricoles durables, la promotion de Plans locaux d’utilisation des terres (PUT) ainsi que l’appui au mécanisme de sécurisation foncière.

La troisième composante est liée surtout à la Gestion du projet. Elle organise les activités telles que Gestion et coordination des activités du projet et Gestion des connaissances.

En juin 2011, le Plan d’Investissement du PIF de la RD-Congo a été approuvé pour un montant de USD  60 millions de don repartit dans cinq principaux programmes : trois programmes couvrant les bassins d’approvisionnement de Kinshasa, Mbuji-Mayi/Kananga et Kisangani ; et deux autres programmes transversaux d’appui au secteur privé et petites subventions.

« Dans la perspective de rationaliser la gestion de ces programmes, le Gouvernement de la RDC et les deux institutions ont décidé de fusionner ces programmes respectifs en deux projets consolidés.  D’une part un projet appuyé par la BAD, incluant les deux bassins de Mbuji-Mayi/Kananga et de Kisangani. Il s’agit du Projet PIREDD/MBKIS ; et d’autre part, un projet appuyé par la Banque Mondiale, composé du bassin de Kinshasa, de l’appui au secteur privé et de petites subventions dénommé Projet de Gestion améliorée des paysages forestiers -PGAPF».

L’atelier connaitra la participation de toutes les parties impliquées dans le financement et réalisation de ce projet.

Christian Joseph MUTOMBO

 

 

 

A huit mois de la conférence climat de Paris visant à conclure un accord mondial entre autres sur les émissions des GES, les Etats-Unis font un pas en direction de l’environnement. Les Etats-Unis se sont engagés, mardi 31 mars 2015, sur une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 (par rapport à 2005).

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La Maison Blanche a annoncé avoir officiellement transmis ses engagements au secrétariat général de la Convention climat des Nations unies.

L'objectif affiché de la communauté internationale est de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Energies fossiles rejetées

Pour l’ONG 350.org, les chiffres transmis à l’ONU représentent un «engagement important» de la part des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, mais «en soi, l’offre actuelle est clairement insuffisante pour rester sous la barre des 2°C».

Et l’organisation environnementale de profiter de l'occasion pour réclamer le rejet du projet de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis. «Le président Obama ne peut prétendre être déterminé à réduire les émissions s'il autorise dans le même temps un projet majeur de développement des énergies fossiles», estime-t-elle. 

Barack Obama, qui a fait de la lutte contre le changement climatique l'une de ses priorités, a décidé de se passer du Congrès, farouchement opposé à toute loi sur le sujet. Il a choisi la voie réglementaire pour faire bouger les lignes, en s'appuyant en particulier sur l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

En juin, il a ainsi annoncé de nouvelles normes pour une réduction draconienne des émissions de CO2 pour les centrales électriques existantes: baisse de 30% d’ici 2030 par rapport à 2005. Le charbon, qui fournit plus d'un tiers de l'électricité consommée aux Etats-Unis, reste une composante centrale du paysage énergétique américain.

Selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), les émissions de gaz à effet de serre - qui ne cessent de croître - doivent être réduites de 40 à 70% d’ici à 2050 pour espérer tenir le cap des 2°C.

L'Union européenne a été la première à transmettre, début mars, son plan post-2020 à l'ONU. Les 28 prévoient une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.

Christian-Joseph MUTOMBO 

 

 

 

 

L’ancien Zaïre compte sur son Programme d’actions nationales d’adaptation aux changements climatiques (PANA) et sa politique REDD+ pour tenter de s’adapter à ces fléaux dont les effets sont de plus en plus perceptibles. 

Photo PANOS/ABBIE TRAYLOR-SMITH

En RD-Congo, jusqu’au début des années 1970, confient les expert du ministère de l’environnement et développement durable, la population n’avait jamais eu à affronter la nature. 

Cependant depuis un temps, l’ancien Zaïre fait constamment face aux fortes chaleurs, à la rareté des précipitations, aux inondations, au tarissement de certains cours d’eaux et sources. « En 1979, nous avons observé pour la première fois dans le Bas-congo que rien n’était plus normal. La plupart des rivières et sources d’eaux avaient tari ; nous avons également remarqué un prolongement inhabituel de la saison sèche dans le Katanga », confie un ancien expert du ministère RD-congolais de l’environnement et développement.

Le pays subit les effets du changement climatique sur l’ensemble de son territoire. Et les populations des provinces du Bas-Congo, Bandundu, Kasaï oriental et Katanga sont les plus touchées par ces fléaux. Que dire de la résidence de Joseph Kasa-vubu, le tout premier Président de la RD-Congo, qui n’a pu résister aux érosions coutières frappant la ville de Muanda située sur la côte atlantique du pays. 

Si la RD-Congo n’a pas encore réalisé d’étude sur le coût des impacts du   changement climatique sur son sol, le Programme des Nations unies pour le développement en RD-Congo (PNUD/RD-Congo) renseigne que les pertes sont énormes en termes de production agricole, mais aussi « ces changements affecteront de manière déterminante les conditions de vie des populations déjà  pauvres qui dépendent fondamentalement des biens et services fournis par l’environnement». 

Lutter tant bien que mal

Le nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) consacré à l’adaptation de l’Afrique au changement climatique est un peu plus claire : l’Afrique devrait payer près de 50 milliards de dollars US par an d’ici 2050 pour faire face changement climatique. Selon le PNUE, l’Afrique est la région du monde dont les conditions climatiques changent le plus rapidement.

De son côté, la RD-Congo compte sur son Programme d’actions nationales d’adaptation aux changements climatiques (PANA) pour tenter de s’adapter à ces fléaux dont les effets sont de plus en plus perceptibles. 

Ce programme a été mis en place en 2006 dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) pour mettre en place des mesures nécessaires d’adaptation. 

PANA avait identifié dix secteurs prioritaires où il y avait urgence, parmi lesquels figuraient l’agriculture (PANA/ASE), les zones coutières (PANA/Zone côtière) et la femme et enfant (PANA/AFE). 

Ces secteurs prioritaires ont donné naissance à des projets dans quatre zones agroécologiques, qui sont en réalité les quatre provinces les plus frappées par le changement climatique. 

Dès 2010, la RD-Congo, à travers la direction du Développement durable (DDD), a mis en place le projet pilote PANA dans son axe adaptation secteur agricole (PANA/ASE). 

Alors que l’agriculture RD-congolaise est tributaire des précipitations, il s’agissait dans ce projet, renseignent les experts du ministère, d’identifier les semences résilientes (Haricot, riz, Niebé ou M’bwengi, Maïs et Manioc), susceptibles de résister aux différentes variations climatiques. Ce projet sera répliqué dans toutes les provinces du pays, a-t-on appris. 

PANA/AFE et PANA/Zones côtières, financés par le Fonds pour l’environnement mondial, vont démarrer, quant à eux, au cours de cette année. 

La REDD+ 

Les experts s’accordent à dire que l’agriculture itinérante sur brûlis est le facteur majeur de changement climatique en RD-Congo. Cette forme d’agriculture libère dans l’atmosphère beaucoup plus de gaz carbonique alors que plus de 75 % d’agriculteurs RD-congolais pratiquent cette culture. Elle reste aussi l’importante source d’émission du CO2 qui est le Gaz à effet de serre (GES) le plus abondant dans l’atmosphère RD-congolaise. Il est suivi de CH4 et du N2O. L’exploitation forestière illégale est la seconde cause du changement. 

« De façon globale, le bilan entre les émissions réelles et l’absorption des GES, aboutit à un imposant puits de séquestration par les forêts de la RD-Congo », renseigne le rapport sur les changements climatiques en RD-Congo : « état de lieux et perspectives dans le cadre de l’ANCR ». 

Avec une superficie de 2,35 millions de km2 dont plus de 66% couverts de forêts, la RD-Congo est le deuxième pays forestier tropical au monde. L’ex-Zaïre semble être pleinement consciente du défi historique que constitue le réchauffement climatique sur son développement, le pays s’est engagée en 2009 au processus de la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts -REDD+ afin de préserver et gérer au mieux ses forêts nationales.

Il s’agit d’ici 2035 de réduire de 56% les émissions nationales liées à la déforestation dans un contexte de développement économique soutenu et de victoire contre la pauvreté. 

Sept piliers stratégiques soutiennent la mise en œuvre de REDD+ en RD-Congo : agriculture, énergie, forêts, gouvernance, démographie, aménagement du territoire et foncier.

Christian-Joseph MUTOMBO

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