Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : samedi, 21 octobre 2017 -
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C’est désormais officiel. La RDC a achevé sa phase de préparation au processus REDD+. A l’issue de leur 19ème session, les Membres du Comité des Participants du Fonds de Partenariat du Carbone Forestier (CP/FCPF), réunis du 17 au 19 mai 2015 à Washington, ont approuvé le rapport d’auto-évaluation de la phase de préparation (Readiness-Package), présenté par la RDC. La RD Congo devient ainsi le 1er des 47 pays pilotes REDD+ du FCPF à avoir bouclé cette phase cruciale.

De gauche à droite, Vincent KASULU Sécretaire Général à l'EDD, Bienvenu LIYOTA Ministre de l'EDD, Etienne BENOIST Représentant Banque Mondiale, Victor KABENGELE Coordonnateur CN-REDD

Destiné à récompenser les efforts des pays forestiers tropicaux en développement dans leur lutte contre les changements climatiques, le processus REDD+ est mis en œuvre en trois phases : (i) la phase de préparation (Readiness), qui vise par le renforcement des capacités à mettre en place l’infrastructure nationale indispensable pour accéder aux paiements basés sur les résultats ; (ii) la phase de mise en œuvre, consacrée à l’expérimentation à travers les politiques et réformes clés, ainsi que les investissements, et (iii) la phase de paiements basés sur les résultats Mesurés, Reportés et Vérifiés (MRV).

Afin de permettre aux pays engagés dans le programme d’évaluer leur état d’avancement dans la mise en œuvre du processus, le Comité des Participants du FCPF avait édicté une batterie de critères et indicateurs à suivre.

Des « progrès substantiels »

Sur les 34 critères édictés par le FCPF, la RDC a accompli des « progrès substantiels » dans 26 critères tandis que 8 seulement ont été jugés « progrès satisfaisants ». La délégation de la RDC, conduite par M. Alain Bussy, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Environnement et Développement Durable, accompagné de M. Victor Kabengele, Coordonnateur National REDD+ et M. Guy Kajemba, délégué de la société civile, s’est notamment appuyée sur les avancées remarquables réalisées pour soutenir que « la RDC est arrivée au point où elle doit avancer dans la phase de mise en œuvre avec des programmes de réduction d’émissions réelles, en vue de délivrer des bénéfices réels, aussi bien pour les communautés locales, pour le pays et pour le monde ». Ces avancées remarquables dont M. Victor Kabengele a fait état, concernent notamment : (i) la Stratégie Nationale REDD+, validée en Conseil des Ministres, en novembre 2012 ; (ii) l’établissement du Fonds National REDD+, le bras financier de la Stratégie Nationale REDD+ ; (iii) la mise en œuvre du Programme d’Investissement pour les Forêts (PIF) ; (iv) l’incorporation dans la Matrice de Gouvernance Economiques des réformes REDD+, dans le secteur de l’Aménagement du Territoire (AT) et de la tenure foncière ; (v) la validation par la Banque Mondiale, en avril 2015, des instruments de sauvegardes sociales et environnementales ; (vi) le développement d’un programme juridictionnel d’envergure pour la réduction des émissions dans la Province de Mai-Ndombe, avec la signature de la Lettre d’Intention avec la Banque Mondiale pour l’achat par cette dernière de 10 Mt de crédits carbone, et (vii) la coordination harmonieuse et réussie des différents financements des partenaires (FCPF, UN-REDD, CBFF, donateurs bilatéraux) qui ont appuyé la phase de préparation.

Une vision stratégique du Gouvernement

Toutes ces avancées, a fait savoir M. Alain Bussy, ont été facilitées par une vision et un engagement politique de très haut niveau, tel que confirmé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Joseph KABILA, lors du Forum de Haut niveau sur « les forêts, les changements climatiques et le développement de la RDC », tenu en 2011. Cette vision, fondement de la Stratégie nationale REDD+, est en parfait alignement avec le Document de développement quinquennal du pays, le DSCRP2, qui a incorporé un quatrième pilier « Environnement, Changements Climatiques et Gestion durable des ressources forestières ». Enfin, la perception du mécanisme REDD+ comme étant un outil de développement qui renforce la gestion durable des ressources naturelles et permet d’améliorer les conditions de vie des communautés locales et d’assurer la réduction de la pauvreté.

Un pays modèle

Officiellement engagée dans le processus REDD+ depuis 2009, la RDC doit son succès dans l’implémentation de ce mécanisme au caractère inclusif et participatif des parties prenantes dans les activités qui menées par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable, à travers la Coordination Nationale REDD. C’est cette même approche qui a été suivie pour la tenue des consultations multipartites ayant abouti à la validation au niveau national du Rapport présenté à Washington. Le délégué de la Société civile, Guy Kajemba, a salué la transparence du processus de consultations menées à cet effet et surtout la qualité de la méthodologie développée pour recueillir et intégrer les observations formulées par les différentes parties prenantes. Nonobstant les questions liées aux arrangements institutionnels, à la mise en œuvre du Plan de travail pour les activités restant à couvrir ainsi qu’à la communication avec les communautés locales et peuples autochtones, les Membres du Comité des Participants ont encouragé et félicité la RDC pour avoir atteint ce résultat. Et ce, en dépit des contraintes liées aux questions de gouvernance, des capacités humaines et d’infrastructures, lesquelles contraintes ne l’ont pas empêchée de devenir le premier pays FCPF à avoir finalisé la phase de préparation au processus REDD+. 

Cellule IEC/CN-REDD

Financé par le Fond pour l’environnement mondial -FEM- et le Programme de Nations Unies pour le développement -PNUD- à la hauteur d’USD 5.125.000 pour une durée de cinq ans, le projet PANA-AFE vise à améliorer les capacités d’adaptation des producteurs et ménages ruraux aux changements climatiques.

au premier plan, Jean Ndembo Longo, coordonnateur du PANA-AFE, accompagné de bailleurs de fonds - Photo CGC

Le Programme national d’actions pour l’adaptation des femmes et enfants au changement climatique -PANA-AFE-, deuxième volet de la réponse RD-congolaise à l’adaptation aux changements climatiques, a été récemment lancé à Kinshasa par le ministère RD-congolais de l’Environnement et du développement durable.

Ce projet d’adaptation à base communautaire est principalement centré sur les besoins des femmes et enfants. Financé par le FEM et le PNUD à la hauteur d’USD 5.125.000 pour une durée de cinq ans, PANA-AFE vise à améliorer les capacités d’adaptation des producteurs et ménagers ruraux afin de réduire la vulnérabilité des moyens de substances des communautés touchées par les changements climatiques. 

Ce projet est mis en œuvre au niveau de quatre sites d’intervention notamment Ngimbi dans le Bas-Congo, Kipopoau dans le Katanga, Kiyaka au Bandundu et Ngandajika au Kasaï-Oriental.

Alors que dans les milieux ruraux les femmes assurent la quasi-totalité des activités du petit commerce et l’essentiel des travaux agricoles et d’élevage, les experts du ministère de l’EDD ont identifié quelques barrières à l’adaptation des femmes au changement climatique. «Les femmes ont une capacité limitée à générer des revenus conséquents de leurs activités de production; elles ont aussi un accès limité au crédit agricole et ne sont pas toujours outillées techniquement», a commenté Jean Ndembo Longo, coordonnateur du PANA-AFE, au cours du lancement du projet. Et au représentant du PNUD de faire savoir: «Les difficultés qu’ont les femmes pauvres pour accéder aux ressources et à la terre, la restriction de leurs droits, la réduction de leur mobilité et de leur participation aux prises des décisions les rendent totalement vulnérables au changement climatique, qui accentue les inégalités déjà existantes, y compris l’inégalité entre les genres». Ainsi, PANE-AFE, ce sont les femmes et les enfants d’abord. 

Augmenter les revenus

Ce projet est structuré autour de deux principales composantes: les pratiques résilientes de diversification pour la sécurisation des ménages. Dans cette composante, le projet envisage des activités allant du développement de l’élevage du petit bétail à la réalisation des études de faisabilité des aménagements hydroagricoles. «Nous allons installer au moins 200 unités primaires de transformations alimentaires, mais aussi chercher l’adhésion des communautés dans le choix et réalisation de ces ouvrages. A la fin, nous espérons développer pour les groupes de femmes les moyens de subsistance alternatifs, efficients et résilients au changement climatique en vue d’augmenter le revenu et améliorer l’état nutritionnel de la famille. En gros, dans cette composante, toutes les activités de diversification des pratiques agricoles, comprenant l’agriculture irriguée, la pisciculture intégrée, l’élevage des bovins et des chèvres, seront menées ainsi que la production d’informations agro-météorologiques», a déclaré Jean Ndembo Longo.

La deuxième composante est consacrée au développement des capacités pour mener des activités des résiliences au changement climatique. «Nous espérons à l’issu de cette composante appuyer au moins 100 producteurs de semences et 50 groupes de femmes dans la production et distribution des semences certifiées des variétés résilientes dans les zones d’intervention. Il s’agira aussi de mettre en place des banques de semences et de céréales au niveau de villages», a-t-il ajouté. Les experts travailleront également pour la production des semences et boutures résilientes de manioc, maïs, riz, arachide, haricot et Niébé sur près de 20 ha par les agri-multiplicateurs dont 50% de femmes. «PANA-AFE vient capitaliser et renforcer les acquis du projet de renforcement des capacités d’adaptation et de gestion des impacts des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire en RD-Congo -PANA-ASA, mis en œuvre de juin 2010 à décembre 2013 dans les mêmes zones d’intervention», a signifié le coordonnateur du PANA-AFE.

Pour Benjamin Toirambe, directeur du développement durable, ce projet va délivrer des outils complémentaires de gestion des risques tandis que les moyens et l’encadrement requis seront ainsi mis à la disposition des femmes et des enfants pour améliorer leur résilience socio-économique.

Christian Joseph MUTOMBO

 

 

La CNREDD affûte ses armes

Le ministère de l’Environnement et développement durable vient de mettre en place le Comité préparatoire de la Conférence de Paris -COP 21. Décision prise récemment en vue de mieux préparer la réunion parisienne en décembre 2015. Ce comité est chargé d’examiner les recommandations issues des ateliers du 25 mars et 7 mai 2015.

Participants à l'Atelier National de restitution des travaux de la COP20 et préparation de la COP21

De la discussion jaillit la lumière, dit-on. Les assises, tenues au CEPAS à Kinshasa le 7 mai 2015, ont permis, grâce aux débats intellectuels houleux entre femmes et hommes y prenant part, aux négociateurs RD-congolais, regroupés au sein du Comité préparatoire de la COP 21, de mieux affûter leurs armes pour la Conférence de Paris. Cette dernière, signalons-le, devra aboutir à la signature d’un Accord global, juridiquement contraignant pour toutes les parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques -CCNUCC. 

L’expertise de Victor Kabengele, coordonnateur de la CNREDD, a été d’une grande importance du fait qu’à lui seul, il a animé trois sessions d’information et de formation portant sur les thèmes ci-après  Historique de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto, Appel de Lima, et Position de la RD-Congo pour la COP 21 de Paris. «Tout a commencé en 1992 lorsque fut adoptée la CCNUCC qui est entrée en vigueur le 21 mars 1994 et compte aujourd’hui 196 parties. Cette convention a établi un cadre d’action visant à stabiliser les concentrations atmosphériques des Gaz à effet de serre -GES- aux fins d’éviter les interférences anthropiques dangereuses avec le système climatique», a rafraichi la mémoire, le Coordonnateur National de la CNREDD avant de préciser : «5 ans après l’adoption de la CCNUCC, un Protocole, relevant de cette convention, a été conçu par les délégués à la COP3 tenue à Kyoto au Japon. D’où l’appellation du Protocole de Kyoto. Ledit protocole engage les pays industrialisés et les pays en transition vers l’économie de marché à atteindre des objectifs de réduction des émissions des GES». 

La RD-Congo s’aligne au GA

Victor Kabengele a donné la substance de ce qui a constitué les différentes éditions de la Conférence des Parties jusqu’à celle de Lima où il s’est plus appesanti. «Les négociations de Lima ont été axées sur les résultats nécessaires pour avancer dans le cadre de l’ADP vers un accord à Paris lors de la COP 21, et la réalisation de progrès sur les éléments d’un projet de texte de négociation. Après de longues négociations sur un projet de décision sur la poursuite des travaux de l’ADP, l’on a adopté à l’«Appel de Lima à l’action climatique. Cet appel a amorcé les négociations d’un texte d’accord en 2015, le processus de soumission et d’examen des CPDN et l’amélioration du niveau d’ambition avant 2020», a-t-il fait savoir. Et d’enchainer «les décisions prises à Lima aident à opérationnaliser le mécanisme international de Varsovie relatif aux pertes et préjudices; à établir le programme de travail de Lima sur le genre; et à adopter la déclaration de Lima sur l’éducation et la sensibilisation». 

Après avoir passé en revue les enjeux de l’Appel de Lima, Victor Kabengele a présenté ses points clés classés en trois axes de travail : Accord de 2015, Ambition pré 2020, et Moyens de mise en œuvre. «L’accord de 2015 devra considérer de manière équilibrée les six axes de la CCNUCC: atténuation, adaptation, financement, développement et transfert de technologie, transparence des actions et soutien et renforcement des capacités», a éclairci Victor Kabengele qui révèlera par la suite «bien que l’Appel encourage les pays développés à fournir un appui financier renforcé aux pays en développement pour des actions ambitieuses d’atténuation et d’adaptation, le financement n’est pas clairement inclus comme une obligation des CPDN des pays développés. L’Appel de Lima n’a pas élaboré de feuille de route sur la manière de remplir leur obligation de mobiliser USD 100 milliards/an en financement climatique d’ici 2020». 

S’agissant de la position de la RD-Congo à la COP de Paris, Victor Kabengele a laissé entendre qu’elle doit s’intégrer dans la vision du Groupe Afrique -GA- et du Groupe des pays moins avancés. Or la position du GA veut que l’accent soit mis sur l’atténuation et sur l’adaptation et que soient trouvés les moyens nécessaires de mise en œuvre. Ces financements devant être adéquat, prévisionnel et additionnel. 

Laurent OMBA

dimanche, 10 mai 2015 13:46

FINANCEMENT AU FONDS VERT CLIMAT

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Tosi Mpanumpanu explique les quatre conditions

Expert négociateur sur les changements climatiques au sein du Ministère de l’Environnement et Développement Durable RD-congolais et ancien Président du groupe africain des négociateurs climats de 2009 à 2011, Tosi Mpanumpanu a pris part à toutes les conférences des parties -COP-, depuis celle de Bali. Membre suppléant du conseil d’administration du Fonds Vert Climat, il évoque les quatre conditions de financement d’un projet par le Fonds Vert Climat. Interview.

 

Tosi Mpanu-Mpanu, Expert négociateur RDC sur les changements climatiques

 

Parlez-nous brièvement du Fonds vert climat?

Le Fonds vert climat a été établi lors de la Conférence de Cancun. Les parties l’ont initié pour aider les pays en développement à pouvoir accéder à un développement plus sobre en carbone et à devenir plus résiliant face aux effets néfastes du changement climatique. Le Fonds Vert Climat doit mobiliser au moins USD 100 milliards d’ici 2020. En décembre 2014 à Lima au Pérou, il a reçu une capitalisation de USD 10 milliards de la part de plusieurs pays. En  principe, c’est au mois d’octobre 2015 que les premiers projets devront recevoir le financement du Fonds. Et en marge de la Conférence de Paris, ça devra être un signal fort lancé à l’endroit des pays «pessimistes» quant à l’issue de la réunion parisienne. Les financements du Fonds pourront constituer une motivation additionnelle pour ces pays pessimistes. 

Existent-ils des projets RD-congolais susceptibles d’être financés par ce Fonds? 

Effectivement, si la RD-Congo arrive à monter des projets qui s’alignent sur les critères d’éligibilités du Fonds, elle bénéficiera du financement du Fonds vert climat. Il faut reconnaitre que la RD-Congo est un pays en voie de développement ayant des besoins d’adaptation et un potentiel d’atténuation. Vous savez en ce qui concerne le financement, il y a des étapes à suivre. Il y en a quatre. En premier lieu, la RD-Congo doit nommer un point focal chargé du Fonds vert climat. Je pense qu’une décision a été déjà prise dans ce sens. Deuxièmement, la RD-Congo doit développer un cadre stratégique d’interaction avec le Fonds vert climat, c’est-à-dire, elle doit réaliser un état des lieux des projets ou politiques en cours liés au climat puis les harmoniser dans un ensemble cohérent afin de détecter les lacunes et forces des uns et des autres. Le troisième travail invite la RD-Congo à désigner les entités de mise en œuvre ou des intermédiaires financiers du Fonds vert climat. Cette grande structure ne viendra pas exécuter les projets en RD-Congo, elle travaillera plutôt avec une entité distincte. A titre d’exemple, la Banque Africaine de Développement -BAD- gère, pour le compte des pays du Bassin du Congo,  les Fonds norvégien et britannique. Enfin, la RD-Congo devra développer un pipeline des projets et des programmes. Je pense qu’une fois que notre pays aura accompli toutes ces étapes, il sera éligible au financement du Fonds vert climat.

Concrètement, la RD-Congo pourra-t-elle réaliser toutes ces étapes avant octobre 2015? 

De manière réaliste, je pense qu’il y a, dans notre pays, des projets qui, dans leurs conceptions, pourront bénéficier du financement du Fonds. Maintenant, ce qui reste à faire est de les aligner au format exigé par le Fonds vert climat. 

Qu’en est-il du Plan national climat?

Le Plan national climat permettra au pays de faire face aux changements climatiques. Des actions d’atténuation et des actions d’adaptation y seront mis en œuvre. Les Programmes d’actions nationaux d’adaptation -PANA- peuvent à ce titre faire partie de ce plan national. Ce sont des  projets qui visent à identifier les besoins urgents des pays. La RD-Congo a produit déjà son PANA dans lequel elle identifie des secteurs d’extrêmes vulnérabilités pour l’adaptation. Cependant, le PANA reste une démarche à court terme. L’idéal est de réaliser un programme transversal qui intègre les besoins d’adaptation pour le développement de la RD-Congo dans une perspective de long terme. D’où ce Programme national climat.

Andréa DIVINDA SWANA

jeudi, 09 avril 2015 20:54

LA REDD+ EN RD-CONGO

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Près de 50.000 ménages  bénéficieront du projet PIREDD/MBKIS

L’Unité de Coordination du Programme d’investissement pour la forêt -UC PIF- procédera, du 09 au 10 avril 2015, au lancement du projet intégré REDD+ dans les bassins  de Mbuji-mayi/Kananga et de Kisangani -PIREDD/MBKIS-, au cercle de Kinshasa.
Près de 50.000 ménages bénéficieront de ce projet, rapporte-t-on.

Vue du ciel de la foret du Bassin du Congo – Photo OSFAC

Cette rencontre permettra à tous les acteurs institutionnels et privés impliqués dans ce projet de  disposer de toutes les informations s’y rapportant.  Ainsi, apprend-on, près d’une centaine de cadres, experts et observateurs seront conviés à cet atelier de lancement.

PIREDD/MBKIS vise la réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) issues de la déforestation et de la dégradation des forêts, en contribuant à la réduction de la pauvreté des populations dans les trois bassins -Mbuji-Mayi, Kananga et Kisangani. Le projet est issu du Plan d’investissement forestier de la RD-Congo.

PIREDD/MBKIS abordera les principaux moteurs de la déforestation et de la dégradation des forêts, relatifs en particulier à la sécurité foncière, à l’agriculture, à la foresterie et à l’énergie de biomasse. «Le projet s’appuiera sur la planification de l’utilisation des terres et le paiement pour les Services Environnementaux -PSE-, comme principales modalités de mise en œuvre», rapporte le communiqué de presse.

Financé à la hauteur de USD 21,5 millions par la Banque Africaine de Développement (BAD) en sa qualité d’Organe d’exécution du Fonds fiduciaire du Fonds Stratégique pour le Climat -FSC-, ce financement est le fruit d’un protocole d’accord de don conclu en août 2014 entre la RD- Congo et la BAD.

Les bénéficiaires directs du projet, renseignent les gestionnaires du projet, sont estimés à 50.000 ménages, soit au total 400.000 personnes alors que plus de 1.500.000 habitants profiteront indirectement de ce projet dans les trois provinces (Kasaï-Occidental, Kasaï-Oriental et Province Orientale).

«Ces gens sont en grande partie les populations rurales pauvres avec un revenu de près de 46 dollars par mois par ménage de 8 membres », affirment les gestionnaires.

Des projets majeurs

PIREDD/MBKIS regroupe trois grandes composantes, notamment l’appui à la gestion durable des forêts consistant à la réhabilitation des forets dégradées, réalisation de plantation forestières, encadrement de la filière bois-énergie et le renforcement des capacités ; la seconde composante est l’appui à l’agriculture durable et à la sécurisation foncière. Les activités relatives à cette composante sont la promotion de pratiques agricoles durables, la promotion de Plans locaux d’utilisation des terres (PUT) ainsi que l’appui au mécanisme de sécurisation foncière.

La troisième composante est liée surtout à la Gestion du projet. Elle organise les activités telles que Gestion et coordination des activités du projet et Gestion des connaissances.

En juin 2011, le Plan d’Investissement du PIF de la RD-Congo a été approuvé pour un montant de USD  60 millions de don repartit dans cinq principaux programmes : trois programmes couvrant les bassins d’approvisionnement de Kinshasa, Mbuji-Mayi/Kananga et Kisangani ; et deux autres programmes transversaux d’appui au secteur privé et petites subventions.

« Dans la perspective de rationaliser la gestion de ces programmes, le Gouvernement de la RDC et les deux institutions ont décidé de fusionner ces programmes respectifs en deux projets consolidés.  D’une part un projet appuyé par la BAD, incluant les deux bassins de Mbuji-Mayi/Kananga et de Kisangani. Il s’agit du Projet PIREDD/MBKIS ; et d’autre part, un projet appuyé par la Banque Mondiale, composé du bassin de Kinshasa, de l’appui au secteur privé et de petites subventions dénommé Projet de Gestion améliorée des paysages forestiers -PGAPF».

L’atelier connaitra la participation de toutes les parties impliquées dans le financement et réalisation de ce projet.

Christian Joseph MUTOMBO

 

 

 

A huit mois de la conférence climat de Paris visant à conclure un accord mondial entre autres sur les émissions des GES, les Etats-Unis font un pas en direction de l’environnement. Les Etats-Unis se sont engagés, mardi 31 mars 2015, sur une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 (par rapport à 2005).

Logo COP21 Paris Climat 2015

La Maison Blanche a annoncé avoir officiellement transmis ses engagements au secrétariat général de la Convention climat des Nations unies.

L'objectif affiché de la communauté internationale est de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

Energies fossiles rejetées

Pour l’ONG 350.org, les chiffres transmis à l’ONU représentent un «engagement important» de la part des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, mais «en soi, l’offre actuelle est clairement insuffisante pour rester sous la barre des 2°C».

Et l’organisation environnementale de profiter de l'occasion pour réclamer le rejet du projet de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis. «Le président Obama ne peut prétendre être déterminé à réduire les émissions s'il autorise dans le même temps un projet majeur de développement des énergies fossiles», estime-t-elle. 

Barack Obama, qui a fait de la lutte contre le changement climatique l'une de ses priorités, a décidé de se passer du Congrès, farouchement opposé à toute loi sur le sujet. Il a choisi la voie réglementaire pour faire bouger les lignes, en s'appuyant en particulier sur l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

En juin, il a ainsi annoncé de nouvelles normes pour une réduction draconienne des émissions de CO2 pour les centrales électriques existantes: baisse de 30% d’ici 2030 par rapport à 2005. Le charbon, qui fournit plus d'un tiers de l'électricité consommée aux Etats-Unis, reste une composante centrale du paysage énergétique américain.

Selon le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec), les émissions de gaz à effet de serre - qui ne cessent de croître - doivent être réduites de 40 à 70% d’ici à 2050 pour espérer tenir le cap des 2°C.

L'Union européenne a été la première à transmettre, début mars, son plan post-2020 à l'ONU. Les 28 prévoient une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.

Christian-Joseph MUTOMBO 

 

 

 

 

L’ancien Zaïre compte sur son Programme d’actions nationales d’adaptation aux changements climatiques (PANA) et sa politique REDD+ pour tenter de s’adapter à ces fléaux dont les effets sont de plus en plus perceptibles. 

Photo PANOS/ABBIE TRAYLOR-SMITH

En RD-Congo, jusqu’au début des années 1970, confient les expert du ministère de l’environnement et développement durable, la population n’avait jamais eu à affronter la nature. 

Cependant depuis un temps, l’ancien Zaïre fait constamment face aux fortes chaleurs, à la rareté des précipitations, aux inondations, au tarissement de certains cours d’eaux et sources. « En 1979, nous avons observé pour la première fois dans le Bas-congo que rien n’était plus normal. La plupart des rivières et sources d’eaux avaient tari ; nous avons également remarqué un prolongement inhabituel de la saison sèche dans le Katanga », confie un ancien expert du ministère RD-congolais de l’environnement et développement.

Le pays subit les effets du changement climatique sur l’ensemble de son territoire. Et les populations des provinces du Bas-Congo, Bandundu, Kasaï oriental et Katanga sont les plus touchées par ces fléaux. Que dire de la résidence de Joseph Kasa-vubu, le tout premier Président de la RD-Congo, qui n’a pu résister aux érosions coutières frappant la ville de Muanda située sur la côte atlantique du pays. 

Si la RD-Congo n’a pas encore réalisé d’étude sur le coût des impacts du   changement climatique sur son sol, le Programme des Nations unies pour le développement en RD-Congo (PNUD/RD-Congo) renseigne que les pertes sont énormes en termes de production agricole, mais aussi « ces changements affecteront de manière déterminante les conditions de vie des populations déjà  pauvres qui dépendent fondamentalement des biens et services fournis par l’environnement». 

Lutter tant bien que mal

Le nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) consacré à l’adaptation de l’Afrique au changement climatique est un peu plus claire : l’Afrique devrait payer près de 50 milliards de dollars US par an d’ici 2050 pour faire face changement climatique. Selon le PNUE, l’Afrique est la région du monde dont les conditions climatiques changent le plus rapidement.

De son côté, la RD-Congo compte sur son Programme d’actions nationales d’adaptation aux changements climatiques (PANA) pour tenter de s’adapter à ces fléaux dont les effets sont de plus en plus perceptibles. 

Ce programme a été mis en place en 2006 dans le cadre de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) pour mettre en place des mesures nécessaires d’adaptation. 

PANA avait identifié dix secteurs prioritaires où il y avait urgence, parmi lesquels figuraient l’agriculture (PANA/ASE), les zones coutières (PANA/Zone côtière) et la femme et enfant (PANA/AFE). 

Ces secteurs prioritaires ont donné naissance à des projets dans quatre zones agroécologiques, qui sont en réalité les quatre provinces les plus frappées par le changement climatique. 

Dès 2010, la RD-Congo, à travers la direction du Développement durable (DDD), a mis en place le projet pilote PANA dans son axe adaptation secteur agricole (PANA/ASE). 

Alors que l’agriculture RD-congolaise est tributaire des précipitations, il s’agissait dans ce projet, renseignent les experts du ministère, d’identifier les semences résilientes (Haricot, riz, Niebé ou M’bwengi, Maïs et Manioc), susceptibles de résister aux différentes variations climatiques. Ce projet sera répliqué dans toutes les provinces du pays, a-t-on appris. 

PANA/AFE et PANA/Zones côtières, financés par le Fonds pour l’environnement mondial, vont démarrer, quant à eux, au cours de cette année. 

La REDD+ 

Les experts s’accordent à dire que l’agriculture itinérante sur brûlis est le facteur majeur de changement climatique en RD-Congo. Cette forme d’agriculture libère dans l’atmosphère beaucoup plus de gaz carbonique alors que plus de 75 % d’agriculteurs RD-congolais pratiquent cette culture. Elle reste aussi l’importante source d’émission du CO2 qui est le Gaz à effet de serre (GES) le plus abondant dans l’atmosphère RD-congolaise. Il est suivi de CH4 et du N2O. L’exploitation forestière illégale est la seconde cause du changement. 

« De façon globale, le bilan entre les émissions réelles et l’absorption des GES, aboutit à un imposant puits de séquestration par les forêts de la RD-Congo », renseigne le rapport sur les changements climatiques en RD-Congo : « état de lieux et perspectives dans le cadre de l’ANCR ». 

Avec une superficie de 2,35 millions de km2 dont plus de 66% couverts de forêts, la RD-Congo est le deuxième pays forestier tropical au monde. L’ex-Zaïre semble être pleinement consciente du défi historique que constitue le réchauffement climatique sur son développement, le pays s’est engagée en 2009 au processus de la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts -REDD+ afin de préserver et gérer au mieux ses forêts nationales.

Il s’agit d’ici 2035 de réduire de 56% les émissions nationales liées à la déforestation dans un contexte de développement économique soutenu et de victoire contre la pauvreté. 

Sept piliers stratégiques soutiennent la mise en œuvre de REDD+ en RD-Congo : agriculture, énergie, forêts, gouvernance, démographie, aménagement du territoire et foncier.

Christian-Joseph MUTOMBO

La plate-forme internet MOABI spécialisée dans le suivi indépendant du processus national REDD+ en RDC a organisé son quatrième consortium le mercredi 25 février 2015 dans la salle des conférences Arche dans l’enceinte des cliniques Ngaliema. Pour rappel, une à deux fois par an, MOABI RDC organise des consortiums en vue de faire le bilan de ses activités de suivi indépendant et renforcer les relations de coopération avec ses différents partenaires techniques et financiers.

Participants au 4e Consortium MOABI - Photo CN-REDD

Ce quatrième consortium avait pour but essentiel de présenter les progrès réalisés au cours des six derniers mois et envisager les perspectives de développement du projet après la fin de l’année en cours. Il importe ici de rappeler que le projet MOABI RDC s’arrête à la fin de l’année 2015 pour devenir une ONG à part entière avec un siège à Washington (USA) et une représentation à Kinshasa (République Démocratique du Congo).

Cet atelier qui a réuni près d’une centaine de spécialistes du domaine de l’environnement et de la REDD+, a aussi marqué le lancement du nouveau projet « Open Mai-Ndombe » dont le but est d’identifier les synergies existantes d’observation indépendante(OI) du processus FLEGT et celle du processus REDD. La finalité serait d’organiser des missions d’OI qui analyserait simultanément le respect des processus FLEGT et REDD dans la perspective d’améliorer la gouvernance forestière et la qualité des informations disponibles sur la plate-forme MOABI.

Deux moments forts ont marqué cette quatrième édition du Consortium MOABI : le lancement du Programme Funding Facility (mécanisme de financement) et  la présentation des résultats du premier concours national de cartographie organisé par MOABI RDC.

Présenté par le Professeur Raymond LUMBUENAMO, ancien Directeur Général de WWF-RDC, le Programme Funding Facility(PFF) est une nouvelle opportunité pour les jeunes OSC de concevoir et réaliser des projets innovants et profitables pour l’environnement et la communauté. Un certain nombre d’activités éligibles au financement PFF dont l’enveloppe globale est estimée à 60 000$ ont été présentées, il s’agit notamment de celles relatives à la conservation et la restauration des écosystèmes, la promotion de la gestion durable et la valorisation des écosystèmes forestiers et l’accroissement de la connaissance et le suivi des écosystèmes forestiers.

La première édition du concours national de cartographie MOABI a récompensé les travaux de deux gagnants, à savoir M. MIALA MIANSA Timothée dans la catégorie carte SIG, étudiant à l’Université de Kinshasa pour sa carte d’estimation de la biomasse aérienne dans le lambeau forestier de la concession message de Graal et Messieurs MAVAKALA Antoine et AMISI BIN Léonard dans la catégorie carte manuelle pour leur carte de localisation des zones communautaires dans le secteur d’Ekonda (Bikoro) dans la province de l’Equateur. Les gagnants ont chacun reçu la coquette somme de 250 dollars américains en guise de récompense.

Il importe de mentionner que la plate-forme MOABI réfléchit avec la Coordination Nationale REDD dès ses débuts sur comment la société civile intervient dans la mise en œuvre du Processus National REDD+.

Cellule IEC/CN-REDD

 

 Modèle en matière de la REDD+ dans l’espace des pays du Bassin du Congo, la RDC doit cette réputation pour beaucoup à certaines de ses provinces forestières devenues de véritables laboratoires destinés à nourrir divers types d’expérimentations. C’est le cas de la future province de Maï-Ndombe (comprenant les districts actuels du Plateau et de Maï-Ndombe dans la province du Bandundu). Le pays envisage d’y développer un vaste programme de réduction des émissions, susceptible de générer des dizaines de millions de dollars. 

Vue d'ensemble des participants lors de la cérémonie d'ouverture de l'atelier - Photo CN-REDD

L’atelier de lancement de la phase de conception de ce programme a eu lieu, mi-février 2015, à Bandundu, Chef-lieu de la Province de Bandundu. Organisé par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable, par le biais de la Coordination Nationale REDD de la RDC (CN-REDD), l’atelier a regroupé plus de 250 délégués, provenant du Gouvernement central, de l’exécutif provincial, des opérateurs du secteur privé, des organisations de la société civile, des représentants des communautés locales et des peuples autochtones, ainsi que les Partenaires techniques et financiers. La Banque Mondiale qui appuie la RDC dans la mise en œuvre du processus REDD+ a même dépêché de Washington une équipe à cet effet. 

Un programme test ambitieux 

Pour le Gouvernement, ce programme constitue une première étape dans la mise en œuvre effective de la Stratégie Nationale REDD+. L’objectif du Programme de Réduction des Emissions de Maï-Ndombe, a rappelé Joseph Balondo, Directeur de Cabinet Adjoint du Ministre de l’Environnement et Développement Durable consiste à « mettre sur pied un modèle provincial d’un programme de développement vert qui fournit des alternatives et récompense les efforts qui s’attaquent aux défis du changement climatique, à la réduction de la pauvreté, la protection des ressources naturelles et la biodiversité ». 

Avec ses 12,3 millions d’hectares de superficie dont un couvert forestier estimé à 9,2 millions d’hectares, la zone juridictionnelle  de Maï-Ndombe, qui inclut les Districts actuels du Plateau et de Maï-Ndombe, paraît propice à une telle expérimentation. Bien plus, il est conçu pour servir de « modèle de développement vert » dans le Bassin du Congo et de test de l'action climatique sur le continent africain et pour les pays à forte couverture forestière, mais à faible déforestation. 

Concrètement, le programme consiste à présenter des solutions alternatives en vue de réduire les émissions et récompenser les performances pour relever les défis du changement climatique, de la réduction de la pauvreté, de la conservation des ressources naturelles et de la protection de la biodiversité. Sur la période initiale de mise en œuvre du programme (2016-2020), le Gouvernement espère ainsi parvenir à une réduction d’émissions de 29 MtCO2 dont le tiers a déjà un client potentiel. En effet, la Banque Mondiale compte signer un contrat d’achat-vente pour 10 Mt de CO2 sur les 5 ans. Mais l’on n’en est pas encore là. Pour être sélectionnée parmi les 11 pays en « compétition », a rappelé Laurent Valiergue, Chargé de Projet REDD+ à la Banque Mondiale, la RDC doit présenter « un document de programme bien ficelé, avec des activités bien précises de réduction réelles des émissions ». L’ensemble des parties prenantes à ce processus ont formalisé leur engagement à œuvrer à cet effet en signant une convention de collaboration dont le but, a indiqué Victor Kabengele, Coordonnateur National REDD de la RDC, est de « mettre en place un groupe multi-acteurs pour assurer un large soutien au processus en cours et la finalisation transparente et participative du Document de Programme de Réduction des émissions (ER-PD)», lequel document devra être présenté au Comité des Participants du Fonds Carbone avant le 30 juin 2015. S’agissant des attentes des délégués des communautés locales et peuples autochtones dont les préoccupations portent sur les bénéfices à tirer de ce programme, le Coordonnateur de la CN-REDD a indiqué qu’un consultant travaillait déjà sur un mécanisme de partage « équitable » des bénéfices liés à ce programme en vue d’assurer la sécurité des moyens de subsistance à long terme et le bien-être des parties prenantes, avec une attention particulière aux groupes les plus vulnérables. 

De la Note d’Idée à un Programme de Réduction des Emissions 

Les participants à l'atelier de lancement RE Mai-Ndombe - Photo CN-REDD L’idée de ce programme ne date pas d’aujourd’hui. Elle est le fruit de plusieurs années de larges consultations menées notamment par la CN-REDD et WWF auprès des différentes parties prenantes. Ces consultations avaient débouché sur l’élaboration d’une Note d’Idée d’un Programme de Réduction d’Emissions (ER-PIN). En avril 2014, le Fonds Carbone du FCPF approuve cette Note d’Idée et le pays est officiellement admis dans le pipeline du Fonds. D’où l’étape de la phase de conception proprement dite du programme, au cœur de l’atelier organisé à Bandundu-ville. Il faut noter que tout est mis en œuvre pour que le document du programme soit soumis au Fonds Carbone en janvier 2016 pour une éventuelle sélection. Plusieurs facteurs ont milité pour le choix de la zone de Maï-Ndombe pour le développement de ce programme. Il s’agit notamment du fait que 75% de la zone est couverte par la forêt. Mais celle-ci est proche de Kinshasa et se trouve ainsi sous la menace d’une déforestation consécutive à une demande toujours croissante en charbon de bois, de grumes et de nourriture pour une population de près de 8 millions d’habitants. En plus, plusieurs activités pilotes existent déjà dans la zone avec WWF, ERA-WWC, Novacel, SODEFOR, SOGENAC, FIP Investment, CARPE (USAID) et CBFF pour ne citer ceux-ci. A noter aussi que la zone représente l’habitat naturel d’une espèce des primates les plus proches de l’homme : le Bonobo, et que 1,8 million de personnes, pour la plupart agriculteurs, y vivent. 

Cellule IEC/CN-REDD

 

Veillée le 30 novembre 2014 à Lima à la veille de l’ouverture de la conférence sur le climat © AFP Cris BouroncleQuelque 190 délégations du monde entier se retrouvent lundi à Lima pour deux semaines de négociations sur les engagements de chaque pays dans la lutte contre le réchauffement climatique, afin d’ouvrir la voie à un accord multilatéral dans un an à Paris.

Le constat est désormais largement partagé par la communauté internationale: il y a urgence à agir à une échelle beaucoup plus ambitieuse car les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître (+2,2% par an). A ce rythme, la planète se dirige vers une hausse des températures d’environ 4°C d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère pré-industrielle.

« Jamais les risques du changement climatique n’ont été aussi évidents et les impacts aussi visibles », souligne Christina Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention sur le changement climatique des Nations unies, sous l’égide desquelles se déroulent ces discussions.

Pour autant, les changements à opérer pour limiter à 2°C la hausse de la température du globe – un seuil au delà duquel les experts prédisent des impacts irréversibles et dramatiques dans de nombreuses régions – sont drastiques.

Mais il est possible de relever le défi, techniquement et financièrement, a conclu le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) dans sa synthèse mondiale publiée cette année.

Ce sont près de deux tiers des réserves fossiles connues qu’il faudrait laisser dans le sol, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une perspective à laquelle sont réticents les pays producteurs et les multinationales du secteur.

Pour remplacer pétrole, charbon et gaz, il faudrait aussi investir massivement à l’échelle mondiale dans les énergies non émettrices de CO2. D’après le Giec, les investissements dans ces énergies doivent tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050.

Il va falloir également poursuivre les formidables progrès déjà réalisés en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, des transports et des processus industriels, et stopper la déforestation. Pour arriver à maintenir le cap des 2°C, chaque pays va devoir annoncer d’ici mi 2015 « sa contribution nationale » à l’effort global.

A Lima, la nature de ces contributions devra être arrêtée: réduction des émissions de gaz à effet de serre en valeur absolue, par habitant, par unité de PIB, par secteur d’activité, etc.

Les pays en développement défendent aussi l’idée que les contributions des pays riches doivent inclure des engagements financiers pour soutenir leurs actions de réduction des gaz à effet de serre et leur adaptation aux risques liés au changement climatique.

« Nous avons besoin d’engagements clairs, précis et prévisibles en matière de financement climat, qui tiennent compte des besoins des pays en développement », affirme Romain Benicchio de l’ONG Oxfam, qui insiste dans un rapport publié lundi sur l’importance de ce point pour garantir un accord à Paris en 2015.

Laurence Tubiana, la négociatrice pour la France, le confirme: « nous devons créer un système d’investissements en faveur de la décarbonation de l’économie, et pour cela, il faut identifier les besoins dans les secteurs clés et les financements nécessaires ».

Sans attendre le rendez-vous de Lima, L’Europe s’est récemment fixée comme objectif de réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030. Les Etats-Unis se sont engagés à les baisser de 26 à 28% entre 2005 et 2025 et la Chine a pour la première fois donné une date (autour de 2030) à partir de laquelle elle veut les diminuer.

« Ces annonces sont un point de départ positif », a déclaré à l’AFP Tony de Brum, ministre des Affaires étrangères des îles Marshall.

Avec ces engagements des trois plus gros émetteurs et le sommet organisé par Ban Ki-moon à New York en septembre, qui a réuni quelque 120 chefs d’Etat et de gouvernement, le climat est redevenu une priorité au plus haut niveau ces derniers mois.

Malgré ce contexte porteur, les négociateurs à Lima n’auront pas trop de quinze jours pour définir les grandes lignes de l’accord de 2015 et préciser comment les pays riches tiendront leurs promesses de 100 milliards de dollars d’aide aux pays du sud en 2020.

Agence France Presse

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