Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : lundi, 18 décembre 2017 -
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Depuis le début de l’année 2016, la RD-Congo, à travers Tosi Mpanu Mpanu, a pris la présidence du groupe des Pays moins avancé -PMA- dans les négociations climatiques. Cet expert négociateur de la RD-Congo aura la lourde tâche de faire entendre les voix de membres de ce groupe qui sont en première ligne des conséquences des changements climatiques. Dans une interview accordée à AfricaNews, l’ancien élève de l’Ecole nationale de l’administration française -ENA- évoque les grands axes de sa présidence à la tête de ce groupe ainsi que les retombées de la 21ème Conférence des parties tenue à décembre 2016.

Interview.

Tosi MPANU MPANU, Négociateur Senior Climat des PMA

La RD-Congo préside à travers vous le groupe des Pays moins avancés -PMA-. Quelle est la vision de la RD-Congo dans cette institution?

Il s’agit d’un groupe de 48 pays vulnérables qui sont généralement peu émetteurs de gaz à effet de serre. Ces pays ont également les caractéristiques communes de représenter un faible PIB par habitant et un faible indice de développement humain -HDI-. Refusant d’aller dans les négociations en ordre dispersé, ces pays qui ont des priorités assez similaires se sont réunis au sein d’une coalition en vue de parler d’une seule et même voix. Le groupe de PMA a une posture morale très élevée lorsqu’il s’engage dans les négociations, parce que ces membres ne constituent pas les principaux responsables des problèmes climatiques à l’échelle mondiale mais en sont clairement les principales victimes. Toutefois, les PMA refusent de se réfugier dans un discours de victimisation et aspirent à adopter un mode de développement moins carboné et plus résilient face aux changements climatiques. Ils exhortent les pollueurs historiques à faire montre de leadership et à réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre. La RD-Congo ne se considère pas vraiment comme présidente du groupe à proprement parler, mais plutôt comme une coordonnatrice. Son travail consistera donc d’abord à écouter les aspirations des pays membres afin de développer une position commune. Il faudra également s’assurer du respect du principe de solidarité entre membres. La RD-Congo déploiera tous ses efforts afin de s’assurer que la mise en œuvre de l’Accord de Paris tient compte des intérêts spécifiques du groupe des PMA, en particulier un traitement équilibré de la question de l’adaptation, la mise à disposition et l’accessibilité aux ressources financières, ainsi que la reconnaissance des circonstances nationales spécifiques et de la vulnérabilité des PMA.

Quels sont vos principaux axes prioritaires?

Tout d’abord, nous allons nous assurer que le compromis acquis à Paris rencontre bien les attentes de pays membres, qu’il n’empiète sur aucune de leurs aspirations. La deuxième phase est de nous engager dans la mise en œuvre de cet accord, mais aussi de nous préparer pour la COP 22 à Marrakech en novembre 2016. Alors que l’accord de Paris entre en vigueur en 2020, la présidence de la RD-Congo invitera les PMA à élaborer les projets en vue de tirer les meilleurs bénéfices des instruments existant sous la Convention Cadre de Nation Unies sur les changements climatiques.

Vous avez dirigé les négociations pour le compte de la RD-Congo à la COP 21 à Paris. Qu’est-ce que la RD-Congo peut attendre de cet accord?

Le principal enjeu à la COP 21 était d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone. Pour la RD-Congo, le résultat final devait être juridiquement contraignant et réserver un traitement équilibré entre atténuation et adaptation. En ce qui concerne le financement, nous souhaitions obtenir une obligation internationale sur les sources du financement et un ancrage dans l’accord des 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Nous souhaitions également une obligation internationale pour le renforcement des capacités et le transfert des technologies afin de soutenir l’action contre les changements climatiques. Il était également primordial à nos yeux, de nous assurer de l’inclusion de la REDD+ -réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts- dans l’accord de Paris compte tenu de l’importance des émissions de gaz à effet de serre de la RD-Congo provenant de la déforestation. Enfin, concernant, la transparence et la différenciation, nous exigions le strict respect des principes de la Convention -responsabilité commune mais différenciée, capacité respectives, droit au développement, etc.-, revendiquions de la flexibilité pour la RD-Congo et les pays africains, et sollicitions la fourniture d’un soutien adéquat en vue de nous conformer aux exigences renforcées de monitoring, reporting et vérification -MRV-. Nous estimons en tant que RD-Congo qu’à Paris aucune de nos lignes rouges n’a été transgressées. Nous accueillons favorablement cet accord qui est véritablement universel puisque toutes les 196 Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques l’ont adopté. L’accord tient compte du rôle des forêts tropicales et du mécanisme REDD+, un acquis important pour la RD-Congo. La RD-Congo tenait fermement à la confirmation du chiffre d’USD «100 milliard», puisqu’il s’agissait d’un engagement auquel avaient souscrit les pays développés en 2009 à Copenhague en vue de financer des projets dans les pays en développement. Je tiens à souligner que lorsqu’on parle de cet argent, il ne s’agit nullement de charité ni d’aide publique au développement, mais plutôt d’une responsabilité historique des pays développés. Je dois dire que la RD-Congo a eu gain de cause, car l’accord de Paris a essentiellement répondu à ses préoccupations, hormis, peut-être, sa dimension non juridiquement contraignante. Toutefois, l’accord reste politiquement contraignant. Le plus important est que cet accord ait jeté les bases d’une plus grande collaboration entre les Etats, de sorte qu’ensemble nous soyons plus efficaces que si chacun jouait de sa propre partition, en cavalier solitaire.

Christian Joseph MUTOMBO

jeudi, 28 janvier 2016 11:24

LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Écrit par

La RD-Congo réfléchit sur un développement décarbonisé

Une stratégie de développement sobre en carbone -LEDS. C’est dans le cadre de ce projet que la RD-Congo envisage de développer sa stratégie de développement sobre en carbone. A terme, l’ex-Zaïre espère mettre en place une plate-forme de concertation intersectorielle pour assurer une synergie entre toutes les parties prenantes.

Exploitation d'énergie fossile au Canada - Crédit Photo Ledevoir.com

Alors que la RD-Congo envisage de devenir pays émergent d’ici 2030, la direction de développement durable du ministère RD-congolais de l’environnement et développement durable étudie les possibilités de la mise en œuvre d’un développement décarbonisé, à travers la stratégie de développement sobre en carbone -LEDS. Mardi 26 janvier 2016 à l’Hôtel Sultani, les responsables du projet LEDS et le ministère ont lancé un atelier axé sur les activités de formulation de la stratégie LEDS. L’objectif de cet atelier est de permettre d’amorcer des réflexions sectorielles pour un développement sobre en carbone -ayant une faible empreinte carbone ou recourant peu aux énergies fossiles- et mettre en place une plate-forme de concertation intersectorielle pour assurer une synergie entre toutes les parties prenantes impliquées dans ce processus. «Aussi développer pour chaque secteur des indicateurs à intégrer dans la matrice de la gouvernance économique du gouvernement pour un développement décarbonisé», commentent les organisateurs. Puis d’indiquer : «La RD-Congo a mis en place depuis 2012, au ministère de l’environnement, avec le financement de l’Union européenne, des gouvernements d’Allemagne et d’Australie et l’appui technique du programme des Nations unies pour le développement -PNUD-, un projet programme de  renforcement des capacités dans le processus des changements climatiques pour les acteurs des secteurs public, privé et de la société civile du pays». Ce projet LEDS comprend trois composantes visant à aider la RD-Congo à construire des systèmes solides de préparation des inventaires d’émission au niveau national, soutenir les efforts du pays dans la formulation et le développement des mesures nationales appropriées d’atténuation -NAMAS et à mettre en place des systèmes de mesurage, rapportage et vérification-MRV de NAMAS. «Il est pertinent d’élaborer et mettre en œuvre une stratégie de développement sobre en carbone qui servira de cadre global de formulation de NAMAS», a commenté Trinto Mugangu. Un document additionnel de projet signé entre le gouvernement RD-Congo et le PNUD en date du 1 octobre 2014, consacre une quatrième composante dédie à la formulation d’une stratégie LEDS. Cette dernière impliquera tous les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre notamment les forêts, l’énergie et les hydrocarbures, l’agriculture, pêche, élevage et développement durable. A cela s’ajoute les mines, l’industrie, les transports, bâtiments et gestions et recyclage des déchets ainsi que l’aménagement du territoire et affaires foncières. Les activités de la LEDS seront menées en synergie avec tous les processus de réformes, actions et cadres légaux sectoriels en cours notamment plan national climat, contribution prévue déterminée au niveau national, initiative énergie durable pour tous et un plan d’investissement agricole.

Christian MUTOMBO

Evêques, Cardinaux et Patriarches, représentant les groupements continentaux des conférences épiscopales nationales, ont donné de la voix à l’approche de la 21ème Conférence des parties qui se tiendra à Paris. Les prélats catholiques invitent les négociateurs à travailler en faveur d’un accord sur le climat qui limite l’augmentation de la température planétaire aux paramètres suggérés actuellement par la communauté scientifique mondiale. Ce, pour éviter des conséquences climatiques désastreuses, surtout pour les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables. Dans leur texte, ils formulent une proposition politique en dix points, fondée sur l’expérience des populations des cinq continents.

Le synode africain en octobre 2015 - Photo Tv5monde.com

A la veille de la Conférence de Paris, des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer un accord équitable et juridiquement contraignant au terme des travaux. La dernière déclaration en date est celle des Evêques, Cardinaux et Patriarches de l’Eglise catholique, réunis à l’invitation de la Secrétaire d’Etat du Vatican. Au travers de leur appel lancé à l’intention des négociateurs à la COP 21, ils ont formulé le vœu que les négociations de la COP 21 déboucheront sur un accord équitable et juridiquement contraignant sur le climat. «Nous appelons à un accord sur le climat qui limite l’augmentation de la température planétaire aux paramètres suggérés actuellement par la communauté scientifique mondiale», réclament les prélats. Les prélats catholiques ont formulé une proposition politique en dix points, fondée sur l’expérience des populations des cinq continents et faisant le lien entre les changements climatiques et l’injustice sociale et l’exclusion sociale dont sont victimes les populations les plus pauvres et les plus vulnérables.  «… Dieu a crée le monde pour tous. Par conséquent, toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés», ont-ils expliqué dans leur déclaration, estimant que l’Eglise est aussi témoin des répercussions, généralement désastreuses, des changements climatiques sur les communautés et les populations vulnérables. C’est ainsi que, ont-ils souligné, le Pape François a dans l’une de ses lettres encycliques attiré l’attention de tous sur les conséquences irréparables des changements climatiques sans frein pour de nombreux pays en développement de par le monde. 

Les 10 points 

Les princes de l’Eglise ont reconnu la responsabilité commune et différenciée des nations. «Tous les pays ne sont pas au même stade du développement, mais ils doivent impérativement agir ensemble dans le cadre d’une entreprise commune», ont-ils signifié. Le premier des 10 points architecturant la proposition des Evêques, Cardinaux et Patriarches de l’Eglise catholique interpellent  les négociateurs de garder à l’esprit non seulement les dimensions technique mais aussi éthique et morale du changement climatique. «Reconnaître que le climat et l’atmosphère sont des biens communs mondiaux», peut-on lire dans le communiqué pour évoquer le deuxième point. Les évêques invitent les Parties à adopter un accord mondial transformationnel et juridiquement contraignant, reconnaissant la nécessité de vivre en harmonie avec la nature.  «Limiter fortement la hausse de la température planétaire et fixer un objectif pour la décarbonisation d’ici 2050», appellent les prélats qui invitent les Parties à élaborer de nouveaux modèles de vie compatible avec le climat. «Assurer l’accès des populations à l’eau et à la terre pour avoir des systèmes alimentaires résilients et durables», a réclamé l’Eglise catholique. Les évêques demandent aux négociateurs de garantir la participation et l’implication des populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus touchées, ainsi que de veiller à ce que l’accord de 2015 enclenche une démarche d’adaptation. «Reconnaître que les besoins d’adaptation dépendant de la réussite des mesures d’atténuation qui sont prises», pensent les prêtres qui appellent les pays à établir des feuilles de route précises indiquant comment les pays vont pouvoir tenir leurs engagements financiers.

Laurent OMBA

 

A l’aube de la COP 21, le consortium des organisations de la Société civile, en synergie avec Forum des jeunes sur le climat ainsi que Congo Green citizen se lancent dans la campagne de sensibilisation à tous les niveaux sur les conséquences néfastes causées par le dérèglement du climat. A cet effet, il organise une marche ce 13 novembre 2015 pour non seulement sensibiliser mais aussi demander le respect des engagements des parties à la Convention en termes de contribution.

Marche pour le climat de New York - Photo Lefigaro.fr

Au fur et à mesure que l'on s'approche du lancement des travaux de la Conférence des parties COP 21 de Paris, différentes couches de la population tant mondiales que nationales sortent de leur tanière pour faire entendre leurs voix. C'est ainsi que le consortium des organisations de la Société civile à travers l'ACDD, le Forum des jeunes sur le climat, la Fondation la Colombe the green team network et Congo Green Citizen organisent une série d'activités de sensibilisation dont le point de chute est une marche de mobilisation pour demander l'adoption des mesures ambitieuses à la COP 21 et l'engagement des pays signataires à les appliquer. «La population qui est la principale victime des méfaits du changement climatique n'a pas encore été suffisamment informée ni sur la tenue de la COP 21 ni sur ses attentes. De ce fait, elle risque de ne pas se reconnaître dans les décisions devant être prises à ce grand messe climatique», a argumenté Christian Mutombo, expert en communication environnementale. Les organisateurs de la marche veulent à travers cette activité confirmer et démontrer l'engagement des jeunes RD-Congolais aux questions environnementales qui les préoccupent au plus haut point. Aussi, ils veulent confirmer la participation, la prise de position et l’engagement sans faille de la RD-Congo pour l’avancement des questions environnementales dont notamment le processus REDD+. «Notre objectif est d’encourager et de soutenir un accord contraignant lors de la COP 21 et que cet accord soit bénéfique aux pays en voie de développement, et d’inciter les parties prenantes à être des ambassadeurs de lutte contre le réchauffement climatique dans leurs pays respectifs», a souligné Jordan Betshindo, tout en signifiant qu’un mémorandum sera présenté aux autorités et aux corps diplomatiques accrédités en RD-Congo.

Laurent OMBA

En marche vers Paris où un accord sur le climat est tant attendu, l’Organisation des nations unies vient de publier un rapport dans lequel les contributions des 150 pays sont évaluées. D’après ce rapport, ces contributions sont un premier pas très important, mais insuffisantes pour limiter le réchauffement planétaire à moins 2°C d’ici la fin du 21èmesiècle. Ainsi, l’ONU dans son rapport expose: «il est indispensable pour tous les États de confirmer à Paris qu’ils reverront leur copie dès que possible et bien avant 2020, date de l’entrée en vigueur de l’accord mondial sur le climat».

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius et le ministre péruvien de l'Environnement Manuel Pulgar-Vidal - Photo AFP

Un rapport de l’ONU, récemment publié et analysant les CPDN des Etats, affirme que les engagements des Etats ne permettent pas de limiter le réchauffement planétaire à moins 2°C d’ici la fin du 21èmesiècle. Il est urgent tel que le suggère ce rapport à tous les Etats de revoir leur copie avant 2018. «Il est indispensable pour tous les États de confirmer à Paris qu’ils renverront leurs copies dès que possible et bien avant 2020, date de l’entrée en vigueur de l’accord mondial sur le climat», suggère ce rapport avant de glisser que ces Etats devraient se rencontrer tous les cinq ans pour mettre de nouveaux engagements sur la table, toujours plus ambitieux que les précédents.

Pour l’ONU, cela doit être le moment d’annoncer une version plus ambitieuse des engagements nationaux. Sauf qu’aucun pays n’affirme clairement que ça soit l’occasion d’augmenter son engagement.Ce rapport martèle en plus sur le besoin urgent de réaliser des réductions d’émissions supplémentaires, au-delà des engagements annoncés. «La majorité des engagements ne concernent pas que la réduction des gaz à effet de serre, mais incluent aussi à l’adaptation aux impacts des changements climatiques et la construction de sociétés résilientes», peut-on lire dans ce rapport.Outre le rapport de l’ONU, tant d’autres confirment que les engagements des Etats avant la COP21 ne suffiront pas à limiter le réchauffement planétaire en deçà de 2°C, limite fixée par la communauté internationale. Elles permettent plutôt de s’en rapprocher. Au vu de cet enjeu de taille, l’ONU est d’avis qu’à Paris, il faudra mettre en place les fondations d’un cadre international durable permettant de faire le reste du chemin entre ces contributions nationales et un climat stabilisé. Pour ce faire, l’ONU propose trois ingrédients absolument indispensables dans l’accord de Paris: un cap mondial sur la sortie des énergies fossiles d’ici à 2050, comme l’indiquent les données scientifiques; un mécanisme solide, composé de rouages qui fonctionnent pour s’assurer que les Etats revoient leurs engagements et les augmentent tous les 5 ans jusqu’à ce que le boulot soit achevé; la garantie d’un soutien financier et technologique international accru, notamment pour financer la part des engagements des pays en développement qui est dépendante d’une aide extérieure. Dans son rapport, l’ONU n’a pas omis de saluer le point le plus positif de ces contributions nationales : «toutes les contributions nationales quasiment mentionnent les énergies renouvelables comme solution pour réduire les émissions et fournir un accès à une énergie propre, y compris dans les pays pauvres».A moins d’un mois de la Conférence de Paris, plus de 150 Etats, représentant près de 90% des émissions mondiales, ont déjà déposé leur contribution nationale pour l’après 2020.

Laurent OMBA

 

 

Rio en 1992, au sommet de la Terre, l’Organisation des Nations unies rassemble tous les pays du monde pour les engager à agir face aux problèmes d’environnement, suite aux alarmes lancées par la communauté scientifique. A l’issue de ce sommet, trois Conventions internationales vont voir le jour : la Convention sur la diversité biologique (CDB), la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD) et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cette dernière rassemble tous les pays du monde dans une négociation pour limiter le réchauffement climatique en cours et espère faire de son prochain rendez-vous à Paris en décembre 2015 (COP 21) une étape décisive pour l’avenir. Mais pour que Paris soit une réussite et puisse aboutir à un accord international fort, il faut pouvoir tirer les leçons du passé et comprendre les échecs qui ont lourdement marqué ce processus. Regard sur l’histoire de cette négociation de Rio à Paris.

La COP 21-Photo-unfccc

Pour comprendre ce que l’on tente de faire à Paris, il est important de revenir sur certains moments forts de l’histoire de la négociation climat et de comprendre les enseignements qui ont été tirés de ces étapes les plus marquantes que furent Rio (sommet de la Terre en 1992), Kyoto (Protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005) et Copenhague (COP15 en 2009).

Cette histoire pourrait être résumée de la manière suivante : à Rio, après avoir mis en place la Convention, les pays avaient des intentions mais il n’y avait pas de mise en œuvre de ces intentions, pas de plan d’action. Kyoto sera le premier rendez-vous qui formalisera une stratégie, une méthode avec des quotas d’émissions par pays, où chaque pays devait s’engager sur des résultats. Mais cette réponse ne s’appliquera qu’à un ensemble de pays industriels, considérés comme historiquement responsables (les Etats-Unis refusent de participer).

Suite à cela, à Copenhague on se dit : «On a le modèle avec Kyoto, désormais l’enjeu c’est l’extension de ce modèle à la planète entière». A Copenhague, on ne cherche pas à modifier le modèle, on cherche à l’étendre pour impliquer tout le monde et Copenhague est un échec.

Aujourd’hui pour la COP 21 de Paris, qui est le deuxième grand rendez-vous après Copenhague, on reprend les choses dans l’autre sens. Ce que l’on veut à Paris, c’est avoir un modèle de mise en œuvre pour tout le monde. La question de Paris étant : quel est le modèle pour l’ensemble de la planète ?

La vision de Kyoto

L’idée de Kyoto, ce sont des objectifs d’émissions. Ce qui affecte le climat, ce sont les émissions de gaz à effet de serre, donc les pays doivent s’organiser pour les réduire en fonction de quotas d’émissions qui leur sont imposés. L’important étant qu’ils tiennent leurs engagements. Mais comme le réchauffement climatique est un problème global, et que certains pays peuvent faire un peu plus ou un peu moins par rapport à leurs obligations, on met en place un « marché de quotas » qui permet aux pays d’ajuster entre eux leurs réalisations.

A Kyoto, on se dit qu’on a encore un peu de temps pour traiter cette question et qu’il faut ouvrir la voie en commençant avec certains pays pour montrer que c’est possible, et qu’on peut déconnecter la croissance, la satisfaction des besoins économiques à la question de l’environnement. Dans cette perspective, le protocole de Kyoto se met à fonctionner avec certains pays susceptibles de montrer la voie, en partie à cause de leur responsabilité historique mais surtout parce que ce sont des pays qui ont les moyens de faire quelque chose parce qu’ils sont riches, fabricants de technologies, prescripteurs de modèles technologiques et économiques, avec l’idée que progressivement on étendra ce modèle à tous les autres pays de la planète.

L’échec de Copenhague : la tentative d’universaliser le modèle de Kyoto

Il y a des raisons multiples à l’échec de Copenhague qui ont déjà été beaucoup commentées. Certains disent qu’on ne mettait pas une réunion sous de bons auspices lorsqu’on disait que c’était la réunion «de la dernière chance», car après cela, on ne pourrait plus sauver la planète. On a évoqué aussi le «moment mal choisi », la conférence «mal tenue», mais pour d’autres plus fondamentalement, le problème principal a été la tentative d’universaliser le modèle de Kyoto, car ce modèle ne fonctionnait pas pour un certain nombre de raisons.

Parmi ces raisons, on peut invoquer l’approche du multilatéralisme qui a beaucoup changé entre Rio et Copenhague. A Rio, il y avait une grande confiance dans les institutions onusiennes. Or, à Copenhague, on assiste à un repli des pays sur les notions de souveraineté. Certains affirment haut et fort leurs priorités de croissance et de développement, et l’idée d’abandonner ou de modérer leurs ambitions dans un accord international qui mettrait leur pays sous tutelle ne leur plaît pas.

Mais au-delà de ce contexte défavorable, le modèle de Kyoto montre ses limites techniques comme l’explique Michel Colombier, directeur scientifique de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI): «Un des débat à Kyoto était de savoir si les pays devaient essayer d’aller dans la même direction ou si, finalement, tout ça n’était qu’une affaire de gaz (à effet de serre). Ce qui comptait, c’était combien j’émets et finalement, chacun était renvoyé à sa propre responsabilité, faisait ses politiques chez lui et cela ne regardait pas le voisin. D’un côté, c’était peut-être la meilleure expression de la souveraineté de dire : Je garantis un résultat mais laissez-moi faire ", et en même temps, on se rend compte que c’était une formule très pauvre …Cela ne donne pas de perspective sur : quelles sont les transformations que les pays vont mettre en jeu ? Donc cela ne donne pas de perspectives au secteur privé et pas tellement de perspective d’un pays à l’autre sur ce que fait le voisin. »

Aujourd’hui, on cherche à réunir les conditions pour que tout le monde puisse commencer à intégrer un agenda de transformation du modèle économique, pour aller vers une économie compatible avec l’objectif collectif de -2° d’émission de gaz à effet de serre.

L’héritage de Copenhague

Le premier acquis de Copenhague a d’abord été de comprendre qu’un modèle de coordination international, dans lequel on se mettrait d’accord mutuellement sur un objectif d’émission par pays, négociable par échange financier est une idée qui n’intéressait pas. D’où la nécessité d’inventer autre chose. Pour les experts, cela ne signifie pas que la question du marché carbone, du prix du carbone, est invalidée. Cela signifie qu’il faut qu’il renaisse dans un contexte différent et que ce n’est pas l’instrument fondateur d’une coordination entre les pays au départ.

La deuxième chose qui reste de Copenhague, en creux, est une re-légitimation du rôle des Nations unies. Dans les dernières heures de la Conférence de Copenhague, devant l’échec de la négociation, une dizaine de pays ont décidé de conclure, entre eux, un accord de dernière minute, qu’ils ont présenté en plénière en disant : «Il vous reste une heure pour le signer ». Tout le monde a répondu : «Cet accord ne vaut rien», car on n’a pas un accord capable de compter sur un vrai soutien, une vraie légitimité, si on n’a pas un accord validé par l’ensemble des pays. De ce constat est née, dans les mois qui ont suivi, une nouvelle dynamique des pays au sein des Nations unies pour reconstruire sur les acquis de Copenhague, et tout le monde s’est remis autour de la table pour trouver un accord dans lequel l’ensemble des pays se sentirait à l’aise.

De plus, à Copenhague, même si l’accord qui en est sorti était peu légitime, c’était la première fois qu’un accord a été trouvé avec d’autre pays que ceux du bloc historique de Kyoto. Pour la première fois, l’Inde, le Brésil, la Chine et d’autres pays disaient : « On va faire quelque chose ».

«A Rio, on a bien fait la différence entre les pays développés qui doivent traiter le problème et les pays en développement qui sont les victimes à qui on ne peut pas demander de sacrifier leur développement à l’aune des questions environnementales», fait remarquer Michel Colombier. «Or, on sait aujourd’hui que ça ne marche pas. Si on prend juste les pays développés et qu’ils s’arrêtent d’émettre du jour au lendemain, on n’arrive pas aux 2°. Quelle que soit la légitimité de ce discours sur certains aspects, oui en effet on a une responsabilité, on a des capacités supérieures, mais on est face à un fait qui est : si on n’arrive pas à infléchir aussi les trajectoires de développement économique et technologique de la Chine, de l’Inde, mais aussi assez rapidement des autres, on n’y arrivera pas. »

Dans les mois qui ont suivi Copenhague, des pays ont déclaré aux Nations unies qu’ils acceptaient de faire quelque chose même si ce n’était pas dans le cadre d’un accord de l’ONU. Les Etats-Unis, la Chine, l’Europe, l’Afrique du Sud et d’autres ont envoyé leurs propositions d’actions, et pour la première fois des pays non membre de la fameuse Annexe1 (les pays riches) se sont engagés à faire des transformations dans leur pays pour lutter contre le changement climatique.

De Copenhague à Paris

L’agenda depuis Copenhague a consisté à réintégrer dans le système des Nations unies ce qui s’était passé à Copenhague et que l’on pouvait garder pour relancer le processus de négociation. Le point de gravité de la négociation avant Copenhague, c’était la discussion sur Kyoto. Quand une COP se déroulait, deux réunions avaient lieu : l’une sur le développement de Kyoto et l’autre sur l’amélioration de la mise en œuvre de la Convention. Or, jusqu’à Copenhague, le plus important était Kyoto puisque c’était le modèle que l’on voulait étendre. L’acquis de Copenhague a finalement complètement mis de côté l’agenda de Kyoto. Dans un premier temps, il a été question de faire Kyoto 2, mais avec un nombre limité de pays et finalement il n’est resté que l’Europe, et le centre de gravité s’est totalement recentré sur la mise en œuvre la Convention.

A la COP19 de Varsovie en 2013, on a demandé à tous les pays de communiquer leurs intentions pour lutter dans leur pay contre le changement climatique (les INDC) et de le faire avant la COP21 de Paris pour obliger les pays à mener une vraie réflexion interne sur ce qu’ils peuvent faire comme transformation pour rejoindre l’objectif commun de limitation du réchauffement à 2°. Même si l’on sait depuis le début que la somme de ces intentions sera insuffisante pour rejoindre l’objectif commun, elles constituent le point de départ d’une nouvelle approche que Paris souhaite rendre évolutive et de plus en plus ambitieuse pour lutter contre le réchauffement climatique. Un modèle différent qui implique tout le monde et auquel on ne serait certainement pas arrivé sans les étapes parfois douloureuses qui ont marqué l’histoire de cette négociation.

CGC/RFI

«Les pays développés ont pour responsabilité d'aider les pays du Sud pour qu'ils puissent faire face aux effets du changement climatique et réussir leur transition vers une économie sobre en carbone», a estimé, vendredi à Paris, la ministre déléguée marocaine  chargée de l'Environnement, Hakima El Haite.

Hakima El Haite-Photo droit tiers

Intervenant en clôture d'un colloque organisé au siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE) français sous le thème La conférence climat tiendra-t-elle ses promesses ?, Hakima El Haite a souligné l'importance d'apporter des aides et d'assurer le transfert de technologie vers les pays du Sud pour leur permettre de s'adapter aux répercussions du changement climatique et amorcer leur transition vers un développement durable.

Elle a, à cet égard, mis l'accent sur le potentiel énorme dont dispose l'Afrique en matière d'énergies renouvelables, notant qu'il s'agit d'une chance non seulement pour l'Afrique mais pour le monde entier en vue de réduire les émissions des gaz à effet de serre. Il s'agit aussi de soutenir les pays les plus vulnérables aux effets du réchauffement climatique, dans un esprit de solidarité marquant la responsabilité des grands pays pollueurs et inscrit dans une logique de co-développement et de promotion de l'économie neutre en carbone, a expliqué la ministre.

La COP 22, celle de l’action !

Hakima El Haite a, dans ce sens, noté que la problématique des changements climatiques soulève la question des droits humains à l'alimentation et à l'accès à l'eau potable et à l'énergie, ainsi que du droit au développement et des droits des femmes, puisqu'elles sont les plus touchées par les effets du réchauffement climatique, notamment en Afrique.

Par ailleurs, elle a mis en exergue le rôle de la société civile, notamment la société civile organisée représentée par les CESE des différents pays, dans la promotion du développement durable des politiques climatiques dans le but d'introduire le changement vers des modes de production et de consommation à faible impact sur le climat.

A cet égard, Hakima El Haite a salué l'action du CESE du Maroc dans l'évaluation des politiques publiques environnementales, ce qui a permis notamment d'élaborer la loi sur le littoral et d'intégrer le facteur du changement climatique dans toutes les politiques publiques. Ce colloque constitue l'étape finale d'un cycle de rencontres entre les CESE de l'Union européenne, d'Afrique, de la Francophonie et des Territoires français, ayant permis une réflexion commune sur le dérèglement climatique et les moyens de mobiliser la société civile internationale en faveur d'un accord ambitieux lors de la Conférence mondiale sur le climat (COP21) prévue décembre prochain à Paris.

S'exprimant devant l'Assemblée Générale des Parties lors de la COP 20 à Lima, la ministre déléguée marocaine chargée de l'Environnement a souligné que «Lima est la COP des négociations, Paris est celle des décisions», ajoutant que la COP22, prévue au Maroc, sera «la Conférence de l'action». Dans ce sens, la ministre a rappelé que le Maroc a commencé sa lutte contre les changements climatiques dans les années 60 avec la politique des barrages, suivie des politiques de l'eau et de l'agriculture, et dans les années 2008 de celle de l'énergie. Le Maroc avait déjà accueilli en 2001 la 7ème Conférence des Parties à la Convention sur les Changements Climatiques (COP7) dans la ville de Marrakech.

CGC

Les 1 300 délégués, réunis au Centre de conférence de Bonn (Allemagne) depuis lundi 19 octobre pour travailler le projet de texte du futur accord, se sont mis d'accord sur un texte de négociation. Un texte pas ambitieux. Prochaine étape : la pré-COP à Paris du 8 au 10 novembre.

Laurent Fabius et Christiana Figueres-Photo RFI

Soulagement à Bonn en Allemagne vendredi 24 octobre soir avec l’approbation d'un texte de négociation par les 195 pays réunis depuis lundi 19 octobre 2015. Les discussions auront été difficiles et intenses tout au long de la semaine mais face à l'urgence de parvenir à un accord en décembre, les négociateurs ont travaillé jusqu'au dernier moment pour finaliser le texte qui est passé de 20 pages en début de session à 51 pages à sa clôture. Si la structure du texte qui avait été proposé comme base de travail a été conservée, chaque section a été complétée par des articles alternatifs ou au sein d’un même article par différentes options qui devront être tranchées à Paris.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a salué un texte «plus long mais plus équilibré», soulignant que, comme président de la COP21, il sera «à l'écoute de tous les pays dans un esprit de transparence et de dialogue, avec la ferme intention d'aboutir à un accord ambitieux». La pré-COP organisée à Paris du 8 au 10 novembre sera l'occasion «d'avancer alors qu'il reste de temps», a-t-il expliqué.

Si ce nouveau document a pu être accepté par tous, encore beaucoup de travail reste à réaliser pour arriver à un accord. «Si nous voulons transformer ce texte en accord juridique, nous devrons travailler différemment à Paris», a affirmé le Pérou qui assure la présidence de la COP20. La Secrétaire exécutive de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), Christiana Figueres a déclaré que le projet de texte comprend des options supplémentaires qui reflètent les préoccupations des pays en développement. «Nous avons maintenant un texte qui appartient aux Parties, qui est équilibré et complet. Le défi pour les gouvernements est de le ramener à une structure beaucoup plus concise, claire et cohérente en vue de son adoption à Paris».

Mettez de côté vos différences

La semaine aura permis de clarifier les positions sur quelques points, comme le suivi des engagements nationaux de réduction des gaz à effet de serre (GES). Il reste encore à travailler sur des sujets comme le financement des politiques climatiques des pays du Sud par les pays du Nord. «Nous n'avons pas réellement négocié cette semaine, nous avons clarifié les options, mais nous ne pourrons pas répéter ça la prochaine fois, vous devez être prêts à négocier à Paris dès le premier jour», a expliqué Laurence Tubiana, la représentante spéciale de la France pour la Conférence Paris climat.

Illustrant l'urgence à combattre le réchauffement de la planète, le délégué mexicain Roberto Dondisch Glowinski a lancé un appel émouvant à la tribune de la session de clôture des travaux, alors que l'ouragan Patricia menace son pays. «Je ne pense pas que j'ai besoin d'en dire plus sur l'urgence d'un accord. Je vous demande à tous de mettre de côté vos différences afin qu'ensemble nous puissions commencer à travailler», a-t-il déclaré-t-il, applaudi par la salle. La COP21 doit s'ouvrir le 30 novembre en présence de chefs d'État invités à venir donner une impulsion politique. Les négociateurs se pencheront ensuite de nouveau sur le texte, avant de passer la main la dernière semaine aux ministres.

CGC

Avec un taux d’électrification de 9 %, caractérisée par des fortes disparités entre les zones urbaines et rurales, la RD-Congo est l’un des pays les moins électrifiés du continent. Pourtant, ce ne sont pas les sources électriques qui manquent. Alors que les autorités du pays vouent un culte pour l’hydroélectricité, «Atlas des énergies renouvelables»,  ouvrage scientifique ayant fait une étude de la situation de la RD-Congo en électrification, étale au grand jour d’autres sources d’énergies renouvelables laissées en jachères.

Photo Electriciens Sans Fontières - Ressources-et-environnement.com

L’accès à l’énergie durable pour tous est un grand défi  à relever pour la RD-Congo. Il figure parmi les objectifs du millénaire. Avec un taux faible d’électrification, le pays est classé parmi les mois éclairés du continent noir. Une étude publiée récemment dans le but de fournir une information analytique et détaillée sur le potentiel de la RD-Congo a réfléchi pour donner l’impulsion nécessaire au développement des provinces en termes des Ressources renouvelables mobilisables, des facteurs pouvant contribuer à encourager le développement des Energies renouvelables -EnR- et des orientations politiques et outils de planification. Intitulée «Atlas des énergies renouvelables», cette étude montre comment le potentiel hydroélectrique global du pays -les 100 000 MW- est reparti sur le territoire national. «S’il était connu que le site hydroélectrique de INGA concentre, à lui tout seul, un potentiel estimé à 44 000 MW, rien n’était indiqué sur la répartition ventilée du reste du potentiel national», lit-on dans le résumé de cet ouvrage, qui révèle en suite qu’un potentiel estimé autour de 10 000 MW se trouve largement décentralisé et offre au pays la possibilité de développer d’autres centrales hydroélectriques mini ou petites -entre 1 et 10 MW- mais aussi des applications hydroélectriques encore mieux adaptées à la structure du marché local -micro et pico hydroélectrique qui sont en dessous du mégawatt- sur l’ensemble de ses 145 territoires. «C’est un atout de taille pour assurer l’exploitation d’une telle ressource économique. Ces sites sont situés en règle générale sur la partie la plus rurale de différents territoires qui constitue également la zone la moins desservie en énergie électrique avec un taux d’accès de 1 % en 2012. La plupart de ces sites ont fait l’objet d’études sommaires», apprend-on dans cet ouvrage tout en signifiant que les énergies renouvelables ne se limitent pas à l’hydroélectricité. Raison pour laquelle l’Atlas des énergies renouvelables de la RD-Congo s’étend à toutes les autres ressources de l’énergie renouvelable comme le solaire, l’éolien, la biomasse dans toutes ses composantes ainsi que les eaux thermales et le gaz méthane. «C’est un inventaire qui se veut exhaustif du potentiel en énergie renouvelable de la RD-Congo. En dehors de l’éolien dont le potentiel est nettement plus limité au pays, toutes les autres ressources précitées sont abondantes et largement décentralisées», précise l’ouvrage qui en outre développe particulièrement la composante biomasse en mettant l’accent sur les multiples possibilités qu’offrent les résidus végétaux et animaux ainsi que les déchets urbains pour la production de l’énergie. Du coup, la cartographie agropastorale de la RD-Congo, très exploitée dans l’ouvrage, a revêtu d’un intérêt tout particulier pour la production des énergies renouvelables.

Un paradoxe criant

L’ouvrage a par ailleurs fait savoir qu’avec des statistiques de l’ordre de 95 % de la part de la biomasse dans le bilan énergétique du pays, la RD-Congo fait figure de pays pauvre et dépourvu de ressources en énergies renouvelables. Ce qui contraste totalement avec le potentiel relevé ainsi que les multiples possibilités qui existent au pays. «Renverser la tendance est possible à condition de prendre des décisions éclairées et de développer des politiques et stratégies conséquentes, y compris en matière de développement de filière de bois de feu durable et de valorisation des résidus. C’est l’un des axes clés de la stratégie nationale REDD+. Gérée efficacement, la biomasse pourra alors continuer, combinée avec d’autres sources d’énergie, à servir de complément utile dans la satisfaction des besoins énergétiques du pays», suggère l’étude.

Au-delà de l’inventaire et de l’analyse cartographique, l’atlas des énergies renouvelables de la RD-Congo a analysé des politiques de promotion des énergies renouvelables dans sept pays pour y déceler les facteurs clés de succès. Cette analyse a  permis à l’ouvrage de formuler des recommandations d’ordre politique appelées à soutenir l’ambition du développement du pays par les énergies renouvelables. Il formule nombre de propositions, estimées essentielles, dans la finalité de permettre au pays de relever ce grand défi d’accès à l’énergie durable, au nombre desquelles figurent: réussir l’électrification rurale nécessite d’aller au-delà de la fourniture de l’électricité pour prendre en compte d’importantes mesures d’accompagnement dans un cadre cohérent; indépendance énergétique de chaque province de la RDC pour que chacune d’elle dispose de quoi répondre à ses besoins énergétiques; utiliser l’énergie solaire et biomasse, pouvant être aussi compétitifs que l’hydroélectricité pour monter des réseaux isolés ou à source hybride. À en croire l'Atlas des énergies renouvelables, toutes les études menées ces dernières années sur le pays du point de vue énergétique démontrent que la RD-Congo dispose de potentialités et de ressources énergétiques abondantes et variées. La mise en valeur durable de ces ressources énergétiques aux fins de contribuer au développement économique et social du pays constituera certainement l’agenda majeur du Gouvernement et des partenaires techniques et financiers, au regard de la vision des autorités du pays, a-t-il proposé en somme. Aussi «avec le présent Atlas, la RD-Congo fait avancer son agenda d’action de l’accès pour tous à une énergie durable. Plutôt que d’être considéré comme une fin en soi, l’étude suggère donc que le travail commence véritablement maintenant dans le secteur de l’énergie en RDC. Une réelle révolution est déclenchée avec la promulgation de la loi sur l’électricité qui ouvre le secteur aux investissements des secteurs tant publics que privés. Il renforce cette mesure incitative importante en diffusant les multiples possibilités que renferme le pays». La prochaine étape, telle que décelée dans les lignes de cet ouvrage, consiste à faire de cet outil une vitrine d’attrait des investissements dans le secteur de l’énergie en RD-Congo, une plateforme de la gestion de connaissances et un cadre de suivi de la mise en œuvre de l’agenda d’action du pays de l’accès pour tous à une énergie durable. «Ceci nécessitera un travail en profondeur de renforcement des capacités dans plusieurs domaines, la mobilisation des ressources financières conséquentes et la mise en place de partenariats stratégiques solides ouverts à tous», constate en amont cet ouvrage.

Stéphie MUKINZI

Laurent-Gontran OMBA

 

 

La RD-Congo a été le 6ème pays africain avoir soumis sa contribution au bureau de la CCNCC. Gabon, Maroc, Kenya…ont déjà déposé les leurs. Résumé des contributions d’autres pays africains.

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Gabon : diminuer ses émissions et électrifier

Premier pays d’Afrique à soumettre sa contribution, c’était au mois de mars, le Gabon est couvert à 88 % par la forêt. Véritable puits de carbone, il absorbe 4 fois plus de CO2 qu’il n’en émet. Au regard de sa contribution, le Gabon s’engage exclusivement sur ses émissions de gaz à effet de serre hors stockage de carbone, par la biomasse. Il souhaite par ailleurs électrifier le pays à 80 % par l’hydroélectricité et à 20 % par le gaz, à l’horizon 2025. Le pays s’engage à réduire ses émissions de GES de 50 % d’ici 2025.

Maroc : un plan de baisse d’émission en deux temps

Au début du mois de juin, le Maroc, qui va recevoir la COP22, a  présenté sa contribution nationale. Le royaume prévoit de réduire ses émissions de GES de 13 à 32 % d’ici 2030. Pour les 13 %, il s’agit d’un objectif fixé par rapport à un scénario «cours normal des affaires » (Business As Usual) et « sur  fonds propres », indique Elke Westenberger, experte du GIZ, conseillère technique du projet 4C. Le deuxième objectif de 32 % de réduction d’émission de GES « sera conditionné par l’obtention de financements internationaux, un financement à hauteur de 45 milliards de dollars américains, dont 35 milliards viendraient des nouveaux mécanismes de la finance climat, dont le Fonds vert pour le climat. En matière d’adaptation, le pays a déployé des efforts importants, sur la période 2005-2010. Cela correspond à 64 % des dépenses climatiques du pays et 9 % des dépenses globales d’investissement », indique la contribution marocaine.

L’Éthiopie, une vision à long terme

Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, avec plus de 90 millions d’habitants, l’Éthiopie souhaite limiter ses émissions de GES de 64 % d’ici 2030. L’Éthiopie a choisi d’aligner sa contribution nationale, présentée en juin, sur sa stratégie de développement autour de la promotion de l’agriculture et des énergies renouvelables. Pour les autorités éthiopiennes, le changement climatique est à la fois une réelle menace et un atout. De fait, l’adaptation et l’atténuation sont pris en considération. Le pays tient compte de tous les aléas climatiques tels que les inondations et apporte ses solutions. L’Éthiopie a mis en place un mécanisme de mobilisation de ressources, dans le cadre d’un fonds national destiné à lutter contre le changement climatique. « Mais, la contribution éthiopienne sera mise à jour périodiquement, de façon appropriée », précise Le plan national  du développement de l’Éthiopie, qui vise à intégrer principalement l’économie verte d’ici à 2025.

Kenya : réduire ses gaz à effet de serre

« Le Kenya, comme tous les autres pays de la région, subit les conséquences du changement climatique. Cette situation est exacerbée par la dépendance climatique des ressources naturelles », indique le rapport présenté le 24 juillet dernier à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique. Plusieurs programmes d’adaptation et d’atténuation ont été mis en œuvre par le pays, dont le plan d’Action nationale au changement climatique, lancé en 2013 et se terminant en 2017. Quatrième pays à soumettre sa contribution, le Kenya souhaite réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030. Le pays souhaite se préparer à la neutralité carbone. Sous conditions. Le Kenya sollicite 40 milliards pour l’atténuation, l’adaptation et le transfert des technologies d’ici 2030.

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