Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mardi, 17 octobre 2017 -
001

Dans un pays où le salaire minimum interprofessionnel garanti -SMIG- est de USD 3 par jour, pour s’approvisionner en eau potable, certaines familles du quartier Kinkole, dans la commune de la N’sele dépensent plus que leur revenu mensuel. Selon les sources administratives de la commune de N’sele, il n’existe jusqu’à ce jour aucun projet public d’approvisionnement en eau potable pour ce quartier. Reportage.

Kinkole: Une jeune femme parcourant plusieurs kilomètres pour s'approvisionner en eau

Les habitants du quartier Kinkole, situé à quelques 50 Km du centre-ville de Kinshasa, dans la commune de N’Sele, éprouvent depuis toujours des difficultés pour se procurer de l’eau potable. La majorité de la population de ce quartier parcourt, chaque jour, de longues distances à la recherche de l’eau en vue de répondre à leurs besoins ménagers -lessive, vaisselle et autres-.

D’autres recourent aux eaux de la rivière Mosolo dont la bonne qualité n’est pas évidente. «Nous souffrons pour nous approvisionner en eau potable. Nous consommons de l’eau puisée dans la rivière Mosolo, ici à Kinkole au quartier Canada», s’écrie Marceline Tshiyoyo, une mère de famille résidant dans ce quartier.

Selon les responsables municipaux, près de 376.000 habitants vivent dans ce site historique rendu célèbre par la célébration de la journée du poisson chaque 24 juin sous le mandat du maréchal Mobutu. Malgré la présence du fleuve Congo qui coule à quelques encablures et d’autres rivières et ruisseaux qui baignent ce site, les résidants de ses 31 quartiers ne sont pas desservis en eau potable par la regideso. Et pourtant, non loin de là un château d’eau est visible sur le terrain de la Régie des voies aériennes -RVA-, le long du boulevard Lumumba, peu après la station de distribution d’essence Plazza.

En l’absence des services compétents de la REGIDESO dans ce coin éloigné du centre-ville, la fourniture de l’eau potable est assurée par des organisations non-gouvernementales qui ont installé des bornes fontaines. Parmi ces ONG figure le Réseau d’approvisionnement et de distribution d’eau potable-RADEP-. Cette structure fournit cette denrée de base aux habitants des quartiers Bahumbu 1, Bahumbu 2 et SICOTRA, dans la commune de N’Sele.

Des budgets familiaux déficitaires malmenés quotidiennement

Seuls 173 abonnés reçoivent l’eau grâce à des raccordements installés par le RADEP. Le reste de la population, avec des budgets familiaux déficitaires, doit délier sa bourse au quotidien pour avoir de l’eau potable dont l’accès est pourtant garanti par la Constitution de la République au même titre que l’électricité. «Nous achetons l’eau chaque jour. Un bidon de 25 litres revient à 100 CDF. Avec 8 membres de famille, nous dépensons 30 000 CDF en moyenne par semaine. A cela s’ajoutent les frais de transport quotidien de 1.500 CDF», poursuit Marceline Tshiyoyi, appelant de tous ses vœux l’implication de l’entreprise publique en charge de la distribution de l’eau qu’est la REGIDESO.

Ces difficultés d’accès à l’eau potable dans la commune de N’Sele ont un impact négatif sur l’expansion de la ville vers Est. Sous la poussée démographique, les gens installent leurs pénates sur les flancs des collines et vallées proches du Mont Cristal, la chaine des montagnes à laquelle appartient Mangengenge.

«Les habitations font pousser des champignons sur ces terrains occasionnant la création de nouveaux quartiers avec le désavantage du non-raccordement aux voies de distribution en eau potable», commente Léon Tshibuyi, étudiant en urbanisme. A ses dires, les nouveaux occupants éprouvent d’énormes difficultés car leurs lieux d’habitations sont pris en sandwich entre le mont Cristal et le quartier Mpasa. Le relief y est accidenté. L’accès à l’au potable n’est pas évidente sans oublier la carence de moyens de transport pouvant faciliter la mobilité des personnes et des biens.

Recours au forage des puits d’eau potable

Certes, la rivière Mosolo et d’autres ruisseaux serpentent entre les collines. Mais, il faut transporter cette eau jusqu’aux différents chantiers. Un maçon abordé dans un chantier sur la route de l’Union européenne témoigne: «pour avoir l’eau, nous recourons aux services des mamans avec lesquelles nous fixons un prix. Elles puisent de l’eau dans des bassins qu’elles viennent déverser dans des fûts. Nous utilisons au moins quatre mille litres en cas de coulage. Chaque fût nous coûte 3.000 CDF».

Le propriétaire d’une maison en construction le confirme à son tour et appelle à l’intervention de l’Etat RD-congolais. «Les autorités se rendent compte des constructions qui poussent et de l’occupation du site par la population. Nous avons des inquiétudes sur une éventuelle intervention de la REGIDESO pour nous approvisionner en eau potable comme c’est le cas dans d’autres communes de la capitale. Le forage des puits d’eau potable peut dans un premier temps atténuer quelque peu nos souffrances», plaide-t-il.

Selon les services administratifs de la commune de N’Sele, il n’existe jusqu’à ce jour aucun projet public d’approvisionnement en eau potable pour les populations locales. Répondre à ce besoin est pourtant une obligation des pouvoirs publics pour les besoins élémentaires des 376.000habitants.

Marie-Claire LUKADI/Africanews/CGC 

Eau propre et assainissement, le plus important Objectif de Développement Durable

Le Fonds humanitaire que soutient la Suède depuis 2006 a déjà permis de construire, en dix ans, 8 084 points d'eau et 192 000 latrines en RD-Congo. Pour François Landiech, chargé de programmes humanitaires au sein de l'Ambassade de la Suède en RD-Congo l’Objectif 6 du Développement durable -ODD-, lié à eau propre et assainissement, est le plus le plus important des ODD. Décryptage.

Approvisionnement en eau dans un point d'eau dans un quartier périurbain de Kinshasa

D’entrée de jeu, le chargé de programmes humanitaires au sein de l'Ambassade de la Suède en RD-Congo, François Landiech affirme que l’eau est presque tout. «L'eau, c’est la vie. L'eau, c’est la santé. L'eau est un droit humain. L’assainissement aussi. Nous ne survivrions pas 3 jours sans eau», a expliqué le chargé de programmes humanitaires à l’Ambassade de la Suède en RD-Congo dans une publication. Il ajoute que l’'eau est une richesse qui est gaspillée et négligée quand on en a beaucoup. Mais l'histoire de l'humanité foisonne de conflits concernant l'accès à l'eau et le contrôle de celle-ci. L'eau est la ressource essentielle qui rend les villes et leurs économies viables. Elles disparaîtraient sans eau. «Les maladies d'origine hydrique et l'assainissement sont des vulnérabilités majeures des pays en développement. C’est ce qui tue les enfants de moins de cinq ans, comme cela est le cas en RD-Congo», a-t-il dit puis qu’ajouter que des nombreuses maladies peuvent être évitées grâce à l'accès à une eau potable salubre et à un assainissement adéquat.

En RD-Congo, le problème n'est pas le manque d'eau, bien au contraire, mais un accès abordable et équitable à une eau de qualité. Ceci est capital pour garantir la santé infantile. «Il est prouvé que l'état nutritionnel des enfants s'améliore lorsque l'accès à l'eau potable et à l'assainissement leur est garanti. Un enfant peut tomber dans la malnutrition aiguë sévère, perdant du poids, car il souffre d'une maladie diarrhéique, causée le plus souvent par la consommation d'eau non salubre et de mauvaises conditions sanitaires», a commenté François Landiech.

La Suède met la main à la patte

En RD-Congo en 2017, il y a 2 millions d'enfants sévèrement malnutris. «Notre soutien financier à l'aide humanitaire fournit à nos partenaires luttant contre la malnutrition les ressources nécessaires pour assurer à la fois le traitement nutritionnel et l'accès à l'eau potable salubre. Il existe une stratégie mondiale qui s’appelle WiN (WASH in Nutrition). Notre partenaire Action Contre La Faim l'applique», a informé le chargé de programmes humanitaire à l’Ambassade suédoise à Kinshasa.

La RD-Congo est également touchée par une épidémie de choléra. «L’UNICEF que nous soutenons a ainsi compté plus de 25.000 cas et 650 décès depuis Janvier 2017», a-t-il révélé. Le choléra est une maladie d'origine hydrique. La contamination se produit par contact avec de l'eau non-salubre contenant les bactéries du choléra (vibrion), par le contact avec des mains sales, des ustensiles et des récipients de stockage d'eau souillés.

«Des latrines inadéquates provoquent la contamination de l'eau. Les matières fécales entrent en contact avec l'eau consommée par les personnes vivant dans les quartiers avec des latrines et des égouts inadéquats. Elles tombent malades et se contaminent les uns les autres. Cela provoque une épidémie», a commenté François Landiech puis d’ajouter : «les risques sont plus élevés en milieu urbain sans infrastructures et services d'assainissement appropriés, comme c'est le cas à Kinshasa et ailleurs en RD-Congo. Combien de temps est-il perdu chaque jour pour aller chercher de l'eau à un point éloigné? Nous savons que cette tâche incombe injustement aux femmes et aux enfants. Nous savons aussi que c’est en chemin vers ou depuis le point d'eau que surviennent les agressions sexuelles».

François Landiech insiste par ailleurs que fournir de l'eau et des latrines qui soient sûres et adaptées au genre, à l'âge et aux handicaps éventuels des utilisateurs est une priorité de protection. En RD-Congo, la Suède soutient plusieurs partenaires humanitaires fournissant une assistance adéquate dans le secteur de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène (WASH). Ses interventions dans ce secteur sont une priorité absolue dans les situations d'urgence, comme lors des déplacements forcés, quand il y a une épidémie, après des catastrophes naturelles, comme des inondations, détruisant les abris, etc. Le Fonds humanitaire que soutient la Suède depuis 2006 a permis de construire, en dix ans, 8 084 points d'eau et 192 000 latrines en RD-Congo. «Cela a sauvé des millions de vies», a conclu François Landiech.

Christian MUTOMBO

Congo Green Citizen lance la pétition « ZÉRO SACHETS À KINSHASA»

Kinshasa pourrait-elle un jour se défaire des sacs plastiques? Congo Green Citizen, structure spécialisée dans l’éducation relative à l’environnement y croit dur comme fer. A travers cette pétition, l’ONG invite le gouvernement à interdire des sacs plastiques et encourage les sociétés privées d’investir dans la production des sacs recyclables et biodégradables.

Décharge spontanée dans un quartier résidentiel de la ville de Kinshasa

C’est depuis lundi 6 février 2017 que Congo Green Citizen, ONG spécialisée dans l’Education Relative à l’Environnement, a lancé la pétition « Zéro sachets à Kinshasa». L’ONG appelle les RD-Congolais de partout dans le monde à rejoindre son mouvement en signant la pétition invitant les autorités publiques à interdire l’utilisation des sacs plastiques à l’horizon 2018. « Il est grand temps pour Kinshasa d’interdire formellement la production et l’utilisation  de ces sacs plastique. Les Kinois, mieux les RD-Congolais, où qu’ils se trouvent, doivent faire entendre leurs voix à travers cette pétition en vue d’exprimer leur mécontentement face à ce produit destructeur de l’environnement », a martelé Patrick Kasele, responsable de l’ONG. Chez Congo Green Citizen, on qualifie cette campagne de la bataille contre la pandémie du plastique qui semble avoir les mêmes enjeux que ceux de la lutte contre le paludisme. « Les plastiques représentent, à ce jour, le symbole de la consommation à outrance dans le monde moderne alors que peu de littératures existent sur les conséquences des sacs plastiques chez l’homme», a-t-il confié. La production des sacs plastiques, communément appelés sachets, connait depuis ces dix dernières année une production exponentielle dans la ville de Kinshasa et les grands centres urbains de la RD-Congo, favorisant ainsi leur utilisation abusive et irresponsable par la population, rapporte une enquête réalisée en 2016 par l’ONG.

Alternative

Dans sa composition, un sac plastique peut rester sous le sol plus d’un siècle, avec pour conséquences la pollution et dégradation du sol, la contamination de la nappe phréatique, etc.  « Il peut nous être utile durant quelques minutes ou quelques heures, mais les sacs plastiques sont généralement dangereux pour notre environnement », a poursuivi Christian Mutombo, chargé de communication de l’ONG. Dans cette quête de débarrasser Kinshasa de sacs plastiques, les responsables de Congo Green Citizen invitent les autorités publiques à encourager les entreprises privées, les commerçants qui fabriquent les sacs plastiques d’investir dans la production des sacs réutilisables et biodégradables. Cela constitue l’alternative. « La voie de la protection de l’environnement exige une forte implication des autorités publiques. C’est le choix de l’avenir. Le gouvernement est ainsi appelé à encourager les entreprises soucieuses de l’environnement, en leur exonérant certaines taxes par exemple », a poursuivi Christian Mutombo, expert en Responsabilité Sociétale d’Entreprise. Congo Green Citizen invite les RD-Congolais à signer la pétition en cliquant ici.

Andrea DIVINDA

La Banque africaine de développement -BAD- va mobiliser une enveloppe budgétaire de 5,5 milliards de dollars d’ici 2019 pour financer le secteur de l’eau en Afrique. Le financement de la BAD en faveur du secteur sur le continent a ainsi cru d’une moyenne annuelle de USD 70 millions à USD 700 millions ces 8 dernières années pour atteindre USD 1,2 milliards par an lors des prochaines années.

Point d'approvisionnement en eau à Kidal (Mali) - Photo Maliactu.info

Le portefeuille actif de la Banque dans le secteur de l’eau est de USD 3,2 milliards et ce portefeuille va augmenter considérablement pour atteindre plus de 5,5 milliards en 2019. En Afrique, depuis les 4 dernières années, la BAD s’est engagé à financer 213 projets pour un montant USD 7 milliards dans le domaine des changements climatiques. Ce financement va être triplé pour atteindre 5 milliards par an, dont une grande partie dans le secteur de l’eau.

Pour rappel, les taux d’accès aux services d’alimentation en eau potable et de l’assainissement de l’Afrique subsaharienne sont les plus bas au monde et cette carence se répercute négativement sur la santé et la qualité de vie de ses habitants.

Plus de 280 millions de personnes n’ont pas accès à une source améliorée d’eau potable en Afrique et que plus de 430 millions n’ont pas accès à un service d’assainissement, selon le programme de monitoring OMS/UNICEF pour l’eau et l’assainissement.

Christian MUTOMBO

La malaria ou maludisme est un problème majeur de santé publique en République Démocratique du Congo (RDC), elle y représente la principale cause de morbidité et de décès chez les enfants de moins de 5 ans. Sa prévalence y demeure particulièrement élevée, que ce soit dans l’ensemble du pays, comme dans la ville Province de Kinshasa, la Capitale.

Carte de prevalence de la malaria à Kinshasa

Une étude menée par des chercheurs de l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Kinshasa (ESP/UNIKIN) présente une carte des risques de la Malaria dans la ville de Kinshasa qui révèle que la prévalence de cette maladie serait plus élevée dans certains quartiers de la capitale par rapport à d’autres. En des termes plus simples, habiter certains quartiers ou communes de Kinshasa exposerait plus à la Malaria que d’autres.

Selon l’étude, cette réalité est justifiée par la croissance démographique et la transformation dictée par l’exode rural d’une part, et la non urbanisation des nouveaux quartiers de la ville de Kinshasa d’autre part.

Deux enquêtes menées dans les Communes de Selembao et Ngiri ngiri, en 2009 à la fin de la saison sèche et en 2011 à la fin de la saison de pluie ont démontré que la prévalence de la malaria était nettement plus élevée voire même multipliée par 4 ou 5 à Selembao, une commune périurbaine non urbanisée qu’à Ngiri ngiri, une des vielles communes urbanisées de Kinshasa.

Des tests effectués en saison de pluie comme en saison sèche auprès des patients dans ces deux communes, notamment le test de diagnostic rapide et les examens sanguins en rapport avec l’anémie, y ont recueilli l’histoire de la fièvre auprès de ces patients. Ces études ont révélé la présence plus élevée dans le sang des malades habitant  Selembao du Plasmodium Falciparum qui se trouve être le type de parasite le plus virulent et dangereux parmi ceux en cause dans la Malaria. Conséquence, le développement d’une forme de malaria plus sévère serait observé chez les enfants de moins de 5 ans dans la Commune de Selembao que dans celle de Ngiri ngiri où ces risques sont minimes.

Ceci démontrerait donc qu’il existe à Kinshasa des communautés plus fortement exposées à la Malaria par rapport à d’autres. Il en est de même des zones où les mesures de contrôle seraient moins nécessaires comparativement à d’autres.

Les conclusions de cette étude rapportent donc que la Malaria à Kinshasa est nettement plus élevée, avec des formes plus sévères, dans les quartiers plus densément peuplés et moins urbanisés de la périphérie. De plus, les anophèles femelles, vecteurs de la malaria, que l’on trouve dans ces zones péri urbaines ont une plus grande capacité à inoculer aux personnes le Plasmodium Falciparum.

Des situations similaires sont également signalées  par des études analogues s’intéressant à d’autres grandes villes africaines subsahariennes comme la ville de Lagos au Nigeria.

A en croire les experts, la solution à ce problème passe notamment par l’urbanisation et la maîtrise de l’environnement des zones périurbaines des grandes villes africaines.

Ajax NTANTU -Environews-

Faire connaître aux RD-Congolais et aux jeunes les initiatives locales et innovantes de développement durable est le leitmotiv de la première édition d’Innov’Kinshasa dont la conférence aura lieu le 04 novembre 2016 au Carter Center à Kinshasa.

L'Equipe d'Innov'Kinshasa entourée des porteurs de projets - Photo CGC

Six initiatives innovantes ont été sélectionnées pour la 1ère édition de Innov’Kinshasa. Ces projets, commentent les organisateurs, contribuent à faire de Kinshasa une ville verte et durable. Une Innov’City. Organisée, en synergie avec les ongs CLIMATES ET CONGO GREEN CITIZEN, Innov’Kinshasa a pour objectif de faire connaître aux citoyens et aux jeunes les initiatives locales et innovantes de développement durable, conçues près de chez eux afin d’apporter les changements de modes de vie de façon positive, a commenté Patrick Kasele, coordonnateur de Congo Green Citizen, promotrice de l’événement.

L’idée d’Innov’City est simple. Il s’agit entre autres de promouvoir les initiatives locales et innovantes de développement durable ; de susciter des échanges entre porteurs de projets pour développer des solutions encore plus innovantes de lutter au niveau local contre les changements climatiques ; et de mettre en lien les porteurs de projets avec des potentiels partenaires de développement de leurs initiatives. Pour Congo Green Citizen, les jeunes dans toute leur diversité représentent les premiers destinataires de ce projet. 

Relooker Kinshasa

Des initiatives sont sélectionnées en fonction de leur lien avec la lutte contre les changements climatiques et l'amélioration du cadre de vie des populations. «Des start-up à forte composante technologique avec des applications dans le domaine du vert, des entreprises portées sur un modèle économique qui prend en compte le développement durable, des projets associatifs dans les secteurs de la forêt, de l’eau, de l’énergie de l’agriculture, de l’éducation et de l’information environnementale ainsi que les projets individuels proposant des solutions pratiques dans divers domaines du climat et du développement durable», a commenté Fedorah BIKAY, Chef de Projets à Congo Green Citizen. Le projet «Assainissement et construction parking» incite le changement comportemental dans les quartiers résidentiels, par la construction des parkings occupant le moins d'espace possible. Le projet «Compost Congo», quant à lui, consiste à produire et commercialiser  un amendement organique pour les sols -le compost-  issu de la revalorisation de la partie biodégradable des déchets des ménages et des décharges sauvages. Ce projet innove dans le secteur de l’assainissement et gestion des déchets. «Honey Suckers Congo» est une autre initiative qui innove dans la gestion des déchets liquides. Dans un autre cadre, «Congo Boom» compte développer le concept de «Crowdfunding» ou plateforme de financement participatif à Kinshasa. Les initiateurs espèrent offrir la possibilité à tout entrepreneur ou promoteur de projet la possibilité de lever les fonds nécessaires pour implémenter un projet via une foule de personnes. Un concept en vogue dans les pays développés.

Les porteurs du projet «WASAFI» - les propres- en swahili proposent de gérer les déchets à travers le logiciel WASAFI, qu’ils ont réussi à mettre en place. Ce logiciel permet d’identifier les ménages, les collecteurs et de géolocaliser les centres de transfert des déchets dans la ville de Kinshasa. La première édition d’Innov’Kinshasa aura lieu à Kinshasa, le 04 novembre 2016 au Carter Center à Kinshasa.

Christian Joseph MUTOMBO MALAMBA

Jeudi 28 juillet dernier, la coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique -CORAP- en accord avec les organisations de la société civile engagées dans le suivi du projet grand Inga, réunies au siège du CENADEP, ont pris acte de la décision de la Banque mondiale, du 25 juillet 2016, de suspendre son assistance technique en faveur du gouvernement RD-congolais dans le cadre du développement du projet hydroélectrique Inga III basse chute et de quelques sites de taille moyenne en RD-Congo, avec à la clé un montant d’USD 73,1 millions.

Une des façades du barrage Inga - Lacroisette.org

La décision de la Banque mondiale de suspendre le financement du projet Inga III n’a pas laissé indifférente la société civile RD-congolaise. Trois jours après l’annonce de cette décision, soit le jeudi 28 juillet 2016, il s’est tenu, à Kinshasa, une séance de travail entre la Coalition des organisations de la Société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique -CORAP- et les organisations de la société civile engagées dans le suivi du projet grand Inga. Au sortir de cette séance de travail, les parties prenantes ont déclaré «prendre acte de la décision de la Banque Mondiale, du 25 juillet 2016, de suspendre son assistance technique en faveur du gouvernement congolais dans le cadre du développement du projet hydroélectrique Inga III basse chute et de quelques sites de taille moyenne en RD-Congo, avec à la clé un montant d’USD 73,1 millions». Au travers de cette attitude de la Banque Mondiale, les organisations de la société civile ont décelé un malaise entre l’exécutif RD-congolais et l’institution de Bretton Woods qui est son partenaire. 

Elles ont, néanmoins, réitéré leur soutien au projet grand Inga tout en émettant 5 revendications clés en rapport avec ledit projet. «La prise en compte des risques que peuvent encourir les communautés d’Inga lors de la construction du barrage Inga 3 BC et la réhabilitation des familles affectées par Inga 1 et 2» est la première de ces revendications de la part de la société civile qui insiste aussi sur l’affectation d’au moins 50% de l’électricité, qui sera produite, aux besoins de la population RD-congolaise. «Le respect des normes techniques, environnementales et sociales internationales, notamment les politiques de sauvegarde, les recommandations de la Commission Mondiale des barrages, la Déclaration Universelle des droits de l’homme et autres instruments connexes, la norme technique de construction, ainsi que les lois de la RD-Congo, entre autres la loi portant principes fondamentaux sur l’environnement, la loi relative au secteur de l’électricité, la loi sur la passation marchés publics, etc.», ont également réclamé ces organisations de la société civile, avant d’insister sur la plus large diffusion de l’information concernant le projet Inga III auprès du grand public ainsi que sur l’implication effective de la société civile dans toutes les phases du déroulement de ce projet.

Elles ont, par ailleurs, interpellé toutes les parties prenantes au respect des engagements pris sur la manière de conduire le projet, notamment sur les études d’impacts environnementaux et sociaux et d’autres études complémentaires 

Laurent OMBA

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, mercredi 6 juillet 2016, un don de 11 millions de dollars EU au profit de la République démocratique du Congo (RDC), destiné à faire avancer un projet qui vise à étendre à court terme l’accès à l’électricité à moindre coût dans le pays, ainsi que dans les pays de la région des lacs équatoriaux du Nil.

Un transformateur de la Société Nationale d'Electricité (SNEL) - Radio Okapi

Les taux nationaux d’accès à l’électricité dans la région des lacs équatoriaux du Nil sont faibles – entre 2 et 17 % – ; en RDC, ce taux s’élève à 4 %. Les régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, que cible le Programme d’action subsidiaire des lacs équatoriaux du Nil (NELSAP) en RDC, cumulent une demande en électricité non satisfaite de 115 MW, outre les interruptions intempestives de l’alimentation en électricité. La production d’électricité relève en majorité d’une autoproduction par le biais de générateurs électriques fonctionnant au diesel.

Le projet NELSAP a pour objectif global d’améliorer l’accès à l’électricité dans les pays de l’Initiative du Bassin du Nil par une hausse des échanges transfrontaliers en électricité. Le projet entend établir des interconnexions Ouganda-Rwanda et Kenya-Ouganda, et renforcer celles qui existent déjà entre le Burundi, la RDC et le Rwanda.

La mise en œuvre de la composante RDC du NELSAP permettra de combler le déficit énergétique des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ; de promouvoir les échanges d’énergie entre les pays reliés au réseau interconnecté régional ; et d’accroître le taux d’accès à l’électricité dans la zone du projet de 4 à 7 %. Enfin, les populations et les opérateurs économiques de la zone du projet pourront économiser le coût d’achat du combustible nécessaire à leur autoproduction d’électricité au moyen des groupes diesel.

Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, a souligné que, « en RDC, le projet permettra d’augmenter la fourniture en électricité, essentiellement d’origine hydroélectrique, à un prix beaucoup plus faible que le coût obtenu en autoproduction. Il répond donc à la mission de la BAD, qui est de faciliter l’accès durable à l’électricité dans toute la région ».

Cette composante RDC du projet englobe la construction de la ligne 220 kV Goma-Bukavu (95 km) et du poste de Buhandahanda ; la construction de la ligne 220 kV Goma-Gisenyi (13 km) et du poste de Goma ; les études, le suivi et la supervision du projet ainsi que la gestion du projet.

La Banque cofinance la composante RDC du projet avec les Pays-Bas, qui ont octroyé un don de 6,5 millions d’euros à la RDC. Mobilisé auprès de la BAD, de l’Union européenne, du gouvernement allemand/ KfW (banque allemande pour le développement), de l’Agence japonaise de coopération internationale, du gouvernement des Pays-Bas, de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement, le financement total du projet NELSAP (qui couvre la RDC, le Rwanda, le Burundi, le Kenya et l’Ouganda) s’élève à 223 millions de dollars. Les pays bénéficiaires y contribuent pour environ 10 millions de dollars EU.

Christian MALAMBA

 

Judith Akuma : «Répartir de mes racines pour mieux me comprendre et me vivre»

Déterminée, curieuse et ambitieuse, Judith Akuma, entrepreneuse RD-congolaise vivant en Italie, s’est exprimée dans une interview exclusive accordée à Congogreencitizen.org, au sujet de l’aspect environnemental qu’il intègre dans ses collections. Elle a affirmé intégrer au quotidien la portée écologique dans son travail en sélectionnant quelques artisans, dans l’Afrique subsaharienne ou la diaspora, qui utilisent des fibres naturelles ou des matériaux de recyclage. Fondatrice et manager de Afrosalt Boho, Judith Akuwa a, au cours de cet entretien à bâton rompu, retracé son parcours académique, la création de son entreprise et a révélé travailler sur des projets au profit de son pays d’origine, la RD-Congo. Très attachée au pays de ses ancêtres, Akuma, qui est à la recherche de soi, tient à répartir de ses racines pour mieux se comprendre et se vivre. Interview.

Au salon international Homi, pour la décoration interne, bien-etre, bijoux et habillement haute gamme. Tanzania Maasai Women Art et Afrosalt Boho.

Quels parcours académique et scolaire avez-vous suivi pour devenir une Entrepreneuse dynamique en Italie ?

A l’école j'ai fait le lycée littéraire, mais arrivée à l'université je ne savais plus quelle orientation choisir. Curieusement, j'avais toujours cru savoir ce que je voulais. J’ai donc choisi la faculté des sciences politiques, n'étant pas forte en maths, et vu qu'elle englobait toutes les sciences qui m'avaient toujours intéressée. Cela m'avait paru plus logique ! Mon souci de pouvoir être utile socialement, m'a poussée dans l'option coopération et développement. Cependant mon parcours a pris une tout autre tournure, celle que la vie lui a donnée. Pendant l'université, je faisais du mannequinat pour subvenir à mes besoins personnels et payer les frais universitaires. J'ai donc passé plus du temps dans les castings et maisons de mode, que dans les ONG ou entreprises sociales spécialisées dans la mise en œuvre de projets de coopération internationale. A un certain moment j'ai pensé à une reconversion pour ne pas jeter cette expérience pratique. Je suis donc retournée sur les bancs de « l 'école » pour étudier le fashion merchandising management, et les techniques de vente dans le luxe, dans des écoles de mode et design comme la NABA (NUOVA  ACCADEMIA DELLE BELLE ARTI) de Milan et d'autres cours d'ajournement.

Pensez-vous que les choses se seraient déroulées autrement si vous aviez évolué dans votre pays d’origine, la République Démocratique du Congo ?

Sûrement, je pense que le lieu que l'on fréquente, les proches, les expériences vécues et la structure dans laquelle on vit influencent de beaucoup nos actions et choix. Même si je dois avouer qu'au pays j'avais déjà un esprit entrepreneurial. Peut-être que j'aurai évolué dans un autre secteur ou non. Qui sait ?

Pourriez-vous nous parler d’un moment qui a déterminé votre parcours dans le monde de la mode et du design ?

Oui, je crois qu'après des années comme mannequin, je sentais vouloir donner plus de moi-même. Je ne sentais plus mien ce que j'avais porté de l'avant jusque-là. Je me retrouvais comme dans un vide existentiel. J'ai dû m'arrêter pour comprendre où j'allais, et si cela était conforme à moi-même. C'est à ce moment-là que j'ai ouvert mon blog Afrosalt Boho pour m'aider à m'éclaircir en regardant à l'intérieur de moi, mon passé, mes origines et mon présent. Cette recherche m'a donné une réponse et j'ai fait la paix entre mon rationnel et mon esprit créatif.

Votre jeune entreprise s’appelle AFROSALT BOHO. C’est une appellation assez particulière. Quel est son sens ?

AFROSALT est une fusion de deux abrégés : «Afro », tout ce qui renvoie à l'Afrique, mais surtout cheveux afro naturels et « Salt » qui vient de sel en anglais. Le tout donne sel d'Afrique ou pépin d'Afrique. Boho, abrégé de l'adjectif bohémien. Il s’agit d’une personne qui vit d'une manière non conventionnelle. Souvent c'est une personne créative, elle peut toucher à la musique, la peinture, etc. Sensible à la nature et respirant ses idéaux. Pour son style d'habillement, elle mixe différentes modes pour créer son style à elle. Il peut sembler bizarre aux yeux des « normaux » ou excentrique. Sa garde-robe est relax et confortable, on y retrouve des éléments vintage, tribaux et tendance à la fois. Bref, mon entreprise traite la mode afrohémienne ou afrobohémienne et son style de vie.

Quelle est la philosophie qui se cache derrière AFROSALT BOHO ?

Afrosalt Boho est tout simplement la recherche de soi, comme je l'ai mentionné au début, ma recherche. J'espère que certains s'y retrouveront. Ce parcours de quête m'a porté à répartir de mes racines, pour mieux me comprendre, y trouver les réponses pour le reste de mon chemin, et me vivre. A savoir, ma négritude en commençant par mes cheveux, réapprendre comment en prendre soin, et à les aimer. Connaitre mon histoire et ma culture « réellement », non ce qui m'a été raconté à l’école, dans des livres datant de je ne sais quelle époque, et d'auteurs douteux. L'histoire connue de l'Afrique, n'est qu'une infime partie de ce qu'il y a vraiment à connaître, de même pour mon pays la RDC. J'en puise extrêmement d'inspiration et richesses qui me permettent de m'en nourrir intellectuellement. Partir de soi, de ses racines pour trouver sa place comme personne, et vivre de ses idéaux.

Quel regard portez-vous sur la mode africaine en Afrique ? Et pourquoi pas en RDCongo, votre pays d’origine ?

Je la trouve très riche en créativité, mais elle a besoin d'être épaulée, pour lui donner la touche business qu'elle mérite. Déjà certains créateurs comme Laduma Ngxokolo, Sindiso Khumalo, Loza Maléombho, et tant d'autres, ont démontré un travail de pointe, et le potentiel africain. Il y a encore beaucoup à faire, tant de jeunes créateurs et le continent est grand.Pour la RDC, je pense qu'il faudrait promouvoir notre artisanat, la mode congolaise ne peut pas cheminer en copiant totalement la mode occidentale. Elle a besoin de son bagage culturel, et partir de cela pour l'interpréter avec les instruments d'aujourd'hui.

Dans vos créations, on ressent constamment un besoin de retourner aux sources des traditions africaines. Comment vous arrivez à vous frayer un chemin entre tradition africaine et modernisme, dans un univers de la mode très sophistiqué (particulièrement en Europe) ?

La simplicité et le confort sont ce que je cherche en premier, puis j'y ajoute un détail inusuel, parce que l'œil et l'esthétique veulent aussi leur part. Pour pouvoir proposer une création, je pars des personnes. De cette façon je peux m'orienter, une fois que je choisi quel style mettre à point.

Est-ce qu’il est faux de dire que l’environnement ou l’écologie sont au centre de vos créations ?

Non, ce n'est pas faux. La première capsule collection d'Afrosalt Boho s'appelleMbuti. Une petite voix pour rappeler le défi que doivent relever le peuple Mbuti (dans l'est de la RDC) dans la sauvegarde de leur territoire. En effet, la dégradation des réserves naturelles et des zones de culture, la déforestation et l'exploitation des mines d'or locales ont rendu difficile leur approvisionnement alimentaire. Cela peut sembler une goutte d'eau dans l'océan, mais faire connaître cette réalité est important pour moi.

Le foulard Mbuti, qui peut-etre utilisé aussi comme objet d'art, en le pinçant sur un Canvas, et l'embellissant avec un cadre

Comment vous arrivez à intégrer la portée écologique dans votre travail au quotidien ?

Je sélectionne quelques artisans africains dans l'Afrique subsaharienne ou la diaspora qui utilisent des fibres naturelles ou des matériaux de recyclage. Pour la plupart je les choisis dans les accessoires qui s'harmonisent avec ma collection d'habillement.

Avez-vous des projets pour votre pays d’origine ? Dans le domaine de la mode ou autres ?

Oui, mais c'est encore tôt pour en faire part. Surement dans la mode et les secteurs affins de toutes les façons. La mode touche aussi plusieurs domaines mais on ne s’en rend pas compte.

Avez-vous un message à faire passer vos compatriotes congolais ?

Je voudrais simplement nous inviter à nous connecter entre nous. Il s’agit, en d’autres mots,  de rejoindre les personnes avec les mêmes idées et projets qui peuvent promouvoir le développement. L'union fait la force. Il est essentiel pour nous congolais de repartir de nos richesses culturelles et je vous garantis que nous serons ébahis par les résultats. La plupart d’entre nous ont une connaissance superficielle en ce qui concerne notre culture. Ils seraient tellement inspirés s’ils se donnaient le l’occasion de mieux connaître cette richesse culturelle. Ce sont nos idées et nos actions qui créent des mouvements de changement dans le monde. Persévérons!

Propos recueillis par CGC

 

Le 18ème Congrès international et l’exposition de l’Association Africaine de l’Eau -AAE- s’ouvre, du 22 au 25 février à Nairobi avec le thème «Accès durable à l’eau et à l’assainissement en Afrique».

Des enfants africains autour d'un point d'eau - Photo Planetevivante.wordpress.com

Ce congrès se déroulant tous les 2 ans dans un pays africain différent est un forum scientifique et technique pour faire l’état des lieux du développement du secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique. Il regroupe une cinquantaine de pays africains. Cette manifestation est conjointement organisée par l’AAE et la Nairobi City Water & Sewerage Company -NCWSC-, en synergie avec le gouvernement du Comté de Nairobi et le Ministère kenyan de l’Eau et de l’Irrigation. «Ce rendez-vous de Nairobi sera l’occasion de faire le point, ensemble, sur les défis actuels et proposer de nouvelles avenues innovantes pour améliorer l’accès durable à l’eau et l’assainissement en Afrique, s’inscrivant ainsi dans les Objectifs de Développement Durable -ODD-», ont déclaré les organisateurs dans un communiqué. Le congrès comportera un symposium, des sessions techniques, des ateliers, des événements parallèles et une exposition internationale. La veille du congrès, le 2ème Forum des Jeunes professionnels de l’Eau et de l’Assainissement et le 2ème Forum du Réseau des Femmes auront également lieu. Le dernier jour du Congrès, les organisateurs prévoient des visites techniques. On attend à Nairobi plus de deux mille participants du monde entier, dans la foulée des récents congrès de l’AAE à Kampala en 2010, Marrakech en 2012 et Abidjan en 2014, où le nombre de visiteurs, venus d’Afrique et du reste du monde, avait été important. Le public habituel du congrès comprend des décideurs politiques, des bailleurs de fonds, des universitaires, des chercheurs, des professionnels, des organismes internationaux de coopération, des étudiants et des ONG. Le paradoxe est que plus de 300 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’eau potable, selon l’AAE, pour qui moins de 5 % de ressources hydriques du continent sont exploités. Une situation pour le moins paradoxale, étant donné que la plupart des problèmes d’approvisionnement en eau auxquels sont confrontées les populations africaines ne proviennent pas toujours de l’indisponibilité de l’eau, «mais de la difficulté au niveau de la mobilisation», ont révélé les experts.  En effet, révèle l’AAE, sur quelque 5400 milliards de m3 d’eau renouvelables que recèle l’Afrique, les Africains n’en consomment que «4 % pour boire, irriguer et produire de l’énergie». Ce qui démontre l’énorme fossé entre les potentialités et la réalité vécue au quotidien par des centaines d’Africains.

L’Afrique espère urgemment améliorer les indicateurs d’accès à l’eau potable tels que recommandés par les Objectifs pour le développement durable -ODD-, qui «exigent de réduire de moitié la population n’ayant pas accès à l’eau potable».

L’Association africaine de l’Eau -AAE- est une Association professionnelle regroupant des établissements, des entreprises ou des sociétés exerçant dans les secteurs de l’eau potable, de l’assainissement et de l’environnement en Afrique. Créée en 1980, l’Union africaine des distributeurs d’Eau UADE- devient l’AAE en 2003, afin de mieux s’adapter pour intégrer les organismes de régulation, les opérateurs et les sociétés de gestion du patrimoine, et pour coopter les fournisseurs privés de services, les ONG, les chercheurs et les professionnels du monde universitaire, de la recherche et des politiques publiques.

Christian MUTOMBO

Page 1 sur 2

Réseaux Sociaux :

Copyright © 2017 - Congo Green Citizen. Tous droits réservés
Developped by IT Group