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Pollution

Pollution (8)

dimanche, 12 mars 2017 23:16

LA POLLUTION DE L’ENVIRONNEMENT

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L’OMS s’inquiète de près 1,7 million d’enfants victimes par an

Deux nouveaux rapports de l’OMS indexent les dangers de la mauvaise qualité de l’air intérieur, de l’eau, le tabagisme passif et le manque d’hygiène d’être les principaux facteurs de la mortalité infantile dans le monde.

Un enfant dans un milieu exposé à la pollution de l'air - Crédit photo: Futura-sciences.com

La mauvaise qualité de l’air intérieur, de l’eau, le tabagisme passif et le manque d’hygiène entraînent le décès de 1,7 million d’enfants de moins de cinq ans chaque année. « Ces enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air et de l’eau, car leurs organes et leur système immunitaire sont en cours de développement et leur organisme, et notamment leurs voies respiratoires, sont de petite taille», a déclaré le Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS, cité par le point.fr. Le rapport « Intitulé Inheriting a Sustainable World : Atlas on Children’s Health and the Environment -Hériter d’un monde durable : Atlas sur l’environnement et la santé des enfants- » a révélé qu’une grande partie des pathologies potentiellement létales pour les très jeunes -maladies diarrhéiques, paludisme et pneumonie-peuvent être évitées grâce à un accès à l’eau potable et à l’utilisation de combustibles propres pour la préparation des repas. Le second rapport «Don’t pollute my future ! The impact of the environment on children’s health -Ne polluez pas mon avenir. L’incidence de l’environnement sur la santé infantile-» a souligné les conséquences de la pollution de l’environnement. Décidément, tous les voyants sont au rouge concernant la pollution. Nul n’y échappe. Les photographies récurrentes de villes placées sous une chape de brouillard chimique le prouvent bien.

Ça urge !

Chaque année, par exemple, 570 000 enfants de moins de cinq ans meurent d’infections respiratoires attribuables à la pollution de l’air et 361 000 de maladies diarrhéiques par manque d’eau potable, de moyens d’assainissement et d’hygiène. Il faut y ajouter les 270 000 enfants qui décèdent peu après leurs naissances de diverses affections, dont la prématurité, qui pourraient être évitées. «Les nouveaux dangers environnementaux, tels que les déchets électroniques et électriques -comme les téléphones portables usagés- qui ne sont pas correctement recyclés, exposent les enfants à des toxines pouvant entraîner une diminution des aptitudes cognitives, un déficit de l’attention, des lésions pulmonaires ou encore un cancer», a alerté l’OMS qui pense que la quantité de déchets électroniques et électriques aura augmenté de 19 % entre 2014 et 2018 pour atteindre 50 millions de tonnes. Les expositions dangereuses peuvent débuter pendant la grossesse et accroître le risque de naissance prématurée. En outre, lorsque les nourrissons et les enfants d’âge préscolaire sont exposés à la pollution de l’air intérieur et extérieur et au tabagisme passif, ils risquent de contracter une pneumonie pendant l’enfance et une affection respiratoire chronique telle que l’asthme tout au long de la vie. «L’exposition à la pollution atmosphérique peut aussi faire augmenter le risque de cardiopathie, d’accident vasculaire cérébral et de cancer tout au long de l’existence», a révélé les deux rapports. Aujourd’hui. Ça urge. Les Etats sont appelés à mettre en œuvre des politiques cohérentes pour atténuer ses pollutions.

Gloria NSEYA

Avec plus de 10 millions d’habitant, à Kinshasa, les déchets sont une véritable marée. En effet, jeter les déchets dans la nature n’est pas sans conséquence… ils y restent longtemps. Un objet qu’on jette négligemment va polluer parfois bien longtemps après qu’on ne soit plus de ce monde. Voici une sélection d’objets ou produits avec leur durée de vie « naturelle ». A quelle vitesse se dégradent naturellement nos déchets?

Durée de vie des déchets - Illustration de dakar-echo.com

Durée de vie des déchets les plus rapidement « biodégradables » 

Papier toilette : 2 semaines à 1 mois

Trognon de pomme  : 1 à 5 mois

Mouchoir en papier : 3 mois

Pelure de fruit : de 3 à 6 mois

Papier journal : de 6 à 12 mois

Brique de lait : jusqu’à 5 mois

Allumette : 6 mois

Journal (quotidien) : 3 à 12 mois

Déchets se dégradant  de 12 mois à 10 ans 

Mégot de cigarette : de 1 à 2 ans (1 mégot est susceptible à lui seul de polluer 500 litres d’eau, 1 m3 de neige est pollué par 1 mégot)

Ticket de bus ou de métro : environ 1 an

Gant ou chaussette en laine : 1 an

Filtre de cigarette  : 1 à 5 ans

Papier de bonbon : 5 ans

Chewing-gum : 5 ans

Huile de vidange : 5 à 10 ans (1 litre d’huile peut couvrir 1000 m² d’eau et ainsi empêcher l’oxygénation de la faune et de la flore sous-marine pendant plusieurs années. De plus, rejetée dans le réseau des eaux usées, l’huile usagée colmate les filtres dans les stations de traitement de l’eau et perturbe les procédures d’épuration biologiques.)

Déchets se dégradant  de 10 ans à 1000 ans

Canette en acier : 100 ans

Canette en aluminium : de 10 à 100 ans (un adulte consomme en moyenne tout près de 600 canettes de boissons gazeuses par année)

•Pneu en caoutchouc  : 100 ans

•Cartouche d’encre : 400 à 1000 ans

•Briquet plastique : 1 siècle

•Planche en bois (peinte) : 13 à 15 ans

•Césium 137 : 30 ans

•Boîte de conserve : 50 ans

•Récipient en polystyrène : 50 ans

•Objet en polystyrène : 80 ans

•Boîte en aluminium : 100 à 500 ans

•Pile au mercure : 200 ans

•Couche jetable : 400 à 450 ans

•Serviette ou tampon hygiénique : 400 à 450 ans

•Sac en plastique : 450 ans

•Filet de pêche moderne : 600 ans

 

Congo Green Citizen

Parc Marin des Mangroves - Photo ECOCONGO

Le Sénat RD-congolais s’embarrasse de l’exploitation pétrolière dans la ville de Muanda. L’or noir dans cette ville de la côte atlantique tue plus qu’il nourrit les habitants. Vu de la Chambre haute, l’affaire est sérieuse. Les principales préoccupations sont l’écosystème, la santé des populations locales, la responsabilité sociale des exploitants A priori, les opérateurs pétroliers basés à Muanda se soucient peu ou pas du tout des conséquences environnementales de leur production sur la ville et ses populations. C’est une évidence: Muanda est victime de la pollution pétrolière, un enjeu majeur à l’échelle mondiale pas encore suffisamment pris en compte par les pouvoirs publics. Rendu public à l’issue des travaux de la Commission d’enquête dépêchée sur place, un rapport du Sénat le confirme. La situation exige une mobilisation générale. Si le rapporteur de la Commission Flore , Musendu Flungu, président de la commission environnementale du Sénat fait part de certaines avancées, il affirme cependant que beaucoup reste à faire. Les populations de la ville réclament une action efficace du gouvernement, des organisations non gouvernementales pour obliger les opérateurs pétroliers à respecter les normes environnementales dans l’exploitation du pétrole et honorer leurs engagements sociétales.

Lisez le large extrait du rapport du sénat RD-congolais.

La start-up toulousaine, en France, Sunwaterlife commercialise une mallette permettant de rendre l’eau polluée potable en cinq minutes. Déjà utilisé en Afrique, ce procédé intéresse d’autres pays où le problème de l’eau potable est crucial.

Un modèle du dispositif de purification d'eau Aqualink - Photo Sunwaterlife

Produire 800 litres d’eau potable par jour pour cinquante familles en moins de cinq minutes. C’est la technologie vendue par la start-up toulousaine Sunwaterlife qui conçoit des systèmes de purification d’eau portables et alimentés par des panneaux solaires. Le dispositif Aqualink permet ainsi de produire à partir de n’importe quelle source, une eau décontaminée et consommable par l’être humain.

«Avec mon associé, nous travaillions dans le solaire sur des sites isolés en Afrique quand nous avons constaté que le problème de l’accès à l’eau potable était plus important que celui de l’énergie», raconte Christophe Campéri-Ginestet, président de Sunwaterlife, qui a créé l’entreprise en 2014. «Il existe souvent une source autour des villages mais l’eau est contaminée, ce qui tue plus d’enfants africains chaque année que les guerres. Il y avait donc un réel besoin d’accès à l’eau sur le terrain», explique-t-il.

En 2014, les deux fondateurs de Sunwaterlife, ingénieur et commercial de formation, travaillent alors sur un prototype mobile, autonome et économique. Présenté sous la forme d’une mallette étanche d’environ quarante kilos, il suffit de relier le système à la source d’eau et de déplier le panneau solaire qui assure l’alimentation électrique de la pompe. Dotée d’une membrane plastique perforée de milliers de trous, la mallette supprime en cinq minutes les impuretés de l’eau : bactéries, produits chimiques, virus et autres parasites. Fort des résultats prometteurs du système, la start-up intègre en 2014 l’Incubateur Midi-Pyrénées.

«Le design du système Aqualink a ainsi été adapté pour permettre une mise en route rapide, en cinq minutes, et ce sans formation préalable», souligne Christophe Campéri-Ginestet. Puis d’ajouter: «cet aspect est particulièrement important quand on sait que ce sont souvent les enfants qui sont chargés d’approvisionner leur famille en eau. Souvent les gens ont de l’eau mais elle est impropre à la consommation. En la filtrant avec notre mallette, on peut désormais la boire».

Levée de fond de 350 000 euros

Avec leur mallette révolutionnaire, les responsables de Sunwaterlife veulent apporter un point d’eau potable à la population civile, aux centres de soins, militaires ou encore aux camps de réfugiés. D’un point de vue sanitaire, la décontamination de l’eau permet de faire face à la propagation de virus et d’épidémies en tous genres. Dans le cas de catastrophes naturelles, le système se déploie rapidement et permet aux équipes de sécurité civile de réaliser les premiers secours sur place. La valise coûte 6000 euros pièce.

A ce jour, cinq valises sont déjà en fonction au Niger, au Cameroun et au Laos. «Nous disposons déjà d’un réseau de contacts en Afrique de l’Ouest et Centrale - Tchad, Cameroun, Niger, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, République Démocratique du Congo -. Le système est également en cours de déploiement au Niger afin pour faire face à l’épidémie de choléra qui touche le pays, où son efficacité a d’ores et déjà été validée par le Laboratoire national de santé publique du Niger. Nous ciblons les ONG, les distributeurs et les promoteurs immobiliers» assure le président de la start-up.

Sunwaterlife a aussi noué des contacts avec le Cambodge, la Malaisie, l’Inde, la Nouvelle-Calédonie et Haiti. Elle travaille également avec l’armée française.

Pour continuer leur développement, la société toulousaine ouvre son capital avec une levée de fonds de 350 000 euros sur la plateforme toulousaine de financement participatif Wiseed. Les dirigeants de Sunwaterlife, qui projettent la vente d’une cinquantaine de mallettes en 2015 puis de 300 en 2017, visent les 1,5 million de chiffre d’affaires d’ici à 2016.

Christian Joseph MUTOMBO

Facile à télécharger et gratuite pour tous les utilisateurs de smartphones en Tunisie, Zoomi, la nouvelle application du ministère de l'Environnement et du développement durable (MEDD) se veut une plateforme interactive impliquant les autorités et les citoyens ordinaires.

Pile d'ordures dans un quartier tunisien - Photo Mongi Aouinet

Elle permet au public de signaler, image à l'appui, tout acte de dégradation de l'environnement.

Le principe de fonctionnement de l’application est très simple: l’utilisateur envoie une photo commentée à un serveur, son message est ensuite traité et transféré à  la municipalité concernée, qui envoie une équipe d’intervention.

Avant Zoomi, les Tunisiens étaient déjà habitués aux "selfie-poubellas", dont le principe consiste à poster une photo de soi devant les piles de déchets qui jonchent les rues du pays, avec un hashtag #SelfiePoubella et un autre suivi du nom du quartier en faute.

L’objectif affiché est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’envers du décor tunisien et de sensibiliser la population sur la propreté.

Zoomi vient donc compléter la panoplie d’outils mis à la disposition du public pour promouvoir un environnement sain et, selon les autorités, l’application connait déjà un franc succès.

"Trois jours après le lancement, nous avons reçu 220 photos et enregistré plus de 4000 téléchargements", a déclaré à SciDev.Net Walid Fekai, chargé de communication du ministère de l'Environnement et du développement durable, qui est également l'un des initiateurs du projet.

Près de 900.000 téléphones portables utilisant le système d’exploitation Android ont été enregistrés en Tunisie, soit 20% des appareils mobiles en circulation.

Avec un parc aussi fourni, Zoomi ambitionne de toucher la majorité des Tunisiens et peut, pour donner corps à son ambition, compter sur de solides appuis.

Ainsi,  Ooredoo, le géant tunisien de la téléphonie mobile, n'a pas hésité à financer entièrement l'application, en français aussi bien qu'en arabe.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie doit faire face à une recrudescence de la pollution et des déchets, mais aussi à des grèves et sit-ins à répétition, ce qui donne lieu à toutes sortes de dégradation de l’environnement.

Mais l’initiative ne fait pas l’unanimité dans le pays.

Samir Meddeb, fondateur et ancien directeur de l’Observatoire tunisien de l’Environnement pour le développement durable, estime que "zoomer des déchets dans les rues, c'est bien, mais c'est l'affaire des communes."

"Le ministère doit plutôt se pencher en urgence sur les stratégies de développement durable ", assure-t-il.

Rigidité

"La dégradation de l'écosystème, le déséquilibre de la faune et de la flore, avec pour certains sites l’extinction d'espèces menacées (les chauves-souris des grottes de Haouaria) montrent un dysfonctionnement clair de l'environnement, souvent limité à l'idée de déchets dans les rues ", affirme encore Samir Meddeb.

Pour sa part, Houda Boufaied, présidente de l'association tunisienne de protection de la nature et de l'environnement pour la région de Korba (région du Cap-Bon) estime que "chaque citoyen doit devenir actif pour le bien du pays."

"On ne pourra pas réussir avec une seule initiative, mais on voit qu'avec Zoomi, le MEDD essaie de rompre avec la rigidité de l'administration, qui n’avait pas l’habitude d’impliquer la population."

Très présente sur le front de la protection de l'environnement, la société civile tunisienne contribue activement à la rédaction de la loi organique de l'instance du développement durable sous la nouvelle constitution.

"Chaque projet doit avoir une dimension de durabilité et cela doit commencer avec la valorisation des déchets", insiste Houda Boufaied.

A cet égard, "aider au développement de nouvelles technologies de recyclage des déchets et améliorer le système d'assainissement dans les villes sont les principaux défis à relever", selon Walid Fekai. 

En août 2015, Zoomi sera complétée par une base de données en ligne,  sous le nom 3wzoomi.tn.

Celle-ci devrait permettre un suivi en image des zones dégradées et aider à élargir la base d'utilisateurs de l'initiative, en associant les quatre millions d'utilisateurs Facebook du pays. 

Sihem HASSAINI

lundi, 22 juin 2015 08:42

FIN DU PROJET PARAU

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Le gouvernement va prendre le relai

Le projet d’appui à la réhabilitation et à l’assainissement urbain -PARAU-, initié par l’Union européenne pour la récolte des déchets à travers seulement neuf communes sur les 24 que compte la capitale RD-congolaise, touche à sa fin au mois d’aout prochain. Le gouvernement de la RD-Congo prendre le relai dans les prochains mois. D’ores et déjà, renseignent les sources, l’accès aux stations de poubelles ne devrait plus être gratuit.

Amas d'ordures dans un quartier résidentiel de Kinshasa - Photo CGC

Voué au ramassage des déchets à travers quelques municipalités de Kinshasa, le Projet PARAU prendra fin en aout prochain. La balle sera dès ce mois d’aout dans le camp des autorités RD-congolaises à qui le devoir incombera désormais de poursuivre l’action lancée depuis 2007 par l’Union européenne -UE.

Déjà, quelques sources révèlent que l’accès aux stations ne sera plus gratuit comme avant au vu du coût de fonctionnement élevé de ce projet qui ne concerne même pas la moitié des communes de la capitale. Installé seulement dans neufs communes, le PARAU est à cor et crié réclamé par les populations des coins de la ville non concernées par ce projet et où n’existe aucune politique de gestion des déchets.

L’UE, initiatrice du projet, débourse une bagatelle de près d’USD 1 million chaque mois pour le fonctionnement du projet. Grâce à ce projet des stations de poubelle, dont l’accès est gratuit, ont été installées dans les communes concernées pour permettre aux ménages et autres agents chargés de ramasser les immondices d’y déverser leurs ordures. Et par semaines, tel qu’indique le responsable de ce projet, pas moins de 9000 tonnes des déchets déversés dans ces stations sont conduites à N’Sele, dans la banlieue Est de Kinshasa, où se trouve un centre d’enfouissement aménagé sur 30 hectares. «Par jour, nous recevons près de 1500 à 1700 mètre cubes d’immondices qui sont déversées au centre d’enfouissement technique», a témoigné sur radio Okapi l’ingénieur responsable de ce centre non sans révéler que le centre d’enfouissement comprend trois bassins d’épuration chargés de recueillir les liquides provenant des ordures et de les purifier afin qu’ils ne nuisent pas à la nature. Et, dans l’optique de purifier l’air pollué par le gaz produit les ordures, une forêt d’acacias a été plantée dans les périphéries du centre.

Le projet a permis l’installation dans 9 communes de 61 stations de poubelles qui reçoivent au quotidien des déchets des populations environnantes. Lesquels déchets sont ramenés, une fois la station remplie, au centre d’enfouissement technique à N’sele. Notre équipe a par ailleurs constaté que PARAU, lancé depuis huit ans maintenant, n’a pas su attirer toutes les couches des populations. Les ménages n’y accèdent que par les biais des personnes qui se chargent de collecter parcelle par parcelle les immondices moyennant une somme d’argent. «Il m’est très rare d’aller déverser ma poubelle ménagère à la station. Comme les pousse-pousseurs passent chaque matin pour ramasser les déchets, une fois ma poubelle pleine je l’invite pour déguerpir la saleté», a confié une femme ménagère habitant sur l’avenue Mahenge à un jet de salive de la station située dans le terrain de l’hôpital général de référence de Kintambo.

Autrement dit, PARAU, bien que salvateur, aura péché du point de vue communicationnel. Les populations, moins sensibilisées de la part des responsables municipaux ainsi que des responsables du projet, n’accèdent qu’à peine aux stations.

Laurent OMBA

RECODAV : des pavés à partir des déchets plastiques

Dans une ville de plus de 10 millions d’âmes comme Kinshasa, en RD-Congo, où la gestion des déchets représente un véritable casse-tête local, RECODAV, un atelier de fabrication des pavés, a trouvé une alternative : le recyclage des déchets plastiques en pavés. Trois membres de la Plateforme d’impact pour un Développement durable de Kinshasa -PIDDK- ont eu, samedi 9 mai 2015, l’insigne honneur de visiter cet atelier en plein fonctionnement. Reportage.

Des pavés finis pour etre vendus - Photo CGC

«Les pavés fabriqués à partir des déchets plastiques et du sable donnent ainsi une valeur aux déchets pour en faire des ressources. Un pas est sauté de l’aspect nuisance, pollution et anti-salubrité à une source de travail et de profit», a, d’entrée de jeu, déclaré Vincent de Paul Nzalalemba, responsable de l’atelier RECODEVA.

La délégation de la PIDDK a été conduite par son coordonnateur et Team Leader, Dr. Trinto Mugangu, accompagné de deux autres membres : Salvatore Kahomboshi et Christian Mutombo. Ils ont visité l’atelier RECODAV dans le cadre de leurs activités de prospection des projets innovants, de création d’emplois verts et des entreprises pour résorber le chômage. «C’est important pour nous de rencontrer nos potentiels membres et savoir plus sur leurs activités en vue d’apporter des réponses idoines à leurs difficultés», explique Dr Trinto Mugangu.

PIDDK a pour objectif de booster la création des entreprises sociales, respectueuses de l'environnement en se basant sur les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique,l'agriculture organique ou biologique et le recyclage et valorisation des déchets.

C’est dans une décharge publique située à quelques mètres de la 2ème porte de la Foire internationale de Kinshasa -FIKIN-, dans la commune de Lemba, que Vincent de Paul Nzalalemba a décidé d’installer cet atelier, spécialisé dans la fabrication des pavés à partir des déchets plastiques.

Dans cette décharge publique, on trouve un peu de tout: vidanges de bouteilles de bière, fauteuils en lambeaux, sachets d’emballages en plastiques, carcasses de téléviseurs, etc. Tous les jours, les services publics et même les particuliers viennent y jeter leurs déchets. «Cette décharge est dédiée aux habitants de la commune de Matete et celle de Lemba. Ici, c’est simple et pratique car nous n’allons pas à la recherche des déchets. Nous les trouvons sur place. Les ménages nous les apportent! Du coup, nous avons décidé d’y construire ce hangar qui nous sert d’atelier et du dépôt de nos produits finis, les pavés», avance Vincent de Paul.

Le procédé est peu onéreux

L’atelier RECODAV fabrique des pavés à base de sachets en plastique récupérés et mélangés à du sable. Cette technique est peu coûteuse. Elle consiste à faire fondre les déchets plastiques dans un récipient-foyer-, et la pâte obtenue passe à travers un moule pour produire les pavés, explique Benoit Ngoy, responsable technique de l’atelier.

Les pavés de RECODAV contiennent 20% de déchets plastiques et 80% du sable.

C’est depuis 2011 que RECODAV développe ses activités dans la ville de Kinshasa. Cet atelier qui emploie 13 personnes payées USD 3 par jour, possède une production journalière de 12m2 alors que le prix d’un m2 revient à USD 12. Un prix moindre ou égal à ce que propose le marché avec des pavés en ciment. Mais, Vincent de Paul Nzalalemba ne manque pas d’arguments pour défendre son produit. «Nos pavés sont de bonne qualité et ont une espérance de vie supérieure à tous les autres pavés, plus de cent ans», se défend le responsable de l’atelier.

Des pavés en cours de fabrication - Photo CGC

Vincent de Paul reconnait néanmoins que cette production reste maigre par rapport à la demande du marché. Il faut dire que l’atelier RECODAV ne dispose que de quatre foyers artisanaux de production. «Nous disposons de la technologie pour augmenter notre production, mais, nous faisons face à beaucoup de difficultés au point que nous ne produisons plus que par commande des quelques clients. L’atelier n’a pas assez de ressources en capital pour augmenter sa capacité de production et établir un plan marketing lui permettant de faire connaitre son produit», ajoute Benoît Ngoy.

Faire vivre son homme

A ses débuts, RECODAV développait ses activités dans deux filières notamment les pavés et granulés de plastiques durs, certainement grâce à l’aide la Fondation Roi Baudoin qui avait financé l’acquisition de quatre foyers. Si la première filière consiste au recyclage des déchets plastiques, la seconde trop onéreuse permet de vendre aux entreprises la matière première entrant dans la fabrication des tuyaux, chaises, etc. Faute de moyen financier, affirme Vincent de Paul, RECODAV a dû abandonner la seconde filière pour se concentrer non sans peine à la première. Dès lors, l’atelier cherche le financement pour non seulement booster sa production, mais aussi améliorer ses techniques de production afin d’éliminer les dangers générés par les gaz toxiques du plastique fondu.

Le responsable technique, quant à lui, ne manque pas d’occasion de vanter la dimension sociale de leur atelier. «Cet atelier participe également à la lutte contre la pauvreté. Le ramassage des déchets plastiques est fait par des femmes désœuvrées dans les quartiers moyennant une rémunération de 200 francs congolais -0,2 USD- par kilogramme de plastiques collectés».

Pendant qu’on visitait encore l’atelier, Yvon Mujinga, une des vendeuses de déchets, entassait dans la décharge ses 12 colis constitués des déchets plastiques ménagers, qu’elle a estimés à plus de 400 kilos. S’il y a vente des déchets, elle peut toucher quelques USD 80. «Nous sortons le matin pour collecter et trier les déchets. Nous sommes nombreuses à faire ce travail qui nous aide à vivre. Pour faire ce travail, il faut être courageux et bannir la honte», confie-t-elle.

Christian Joseph MUTOMBO

Les conclusions de l’étude menée en 2014 par Etudes d’impacts et des normes environnementales, (EIENE), à Kinshasa sont plus que limpides : la capitale de la RD-Congo est une ville bruyante. Le bureau révèle que les Kinois sont exposés, en moyenne à plus de 90 décibels par jour alors que le seuil de gêne est établi à 60 décibels. Il y a péril en la demeure !

Vue d'une avenue de Kinshasa - Crédit Photo EIENE

EIENE qui a pour leitmotiv de « combatte les bruits sous toutes ses formes » a publié les résultats de l’enquête sur la pollution sonore à Kinshasa, capitale de la RD-Congo. Les résultats de cette enquête révèlent que Kinshasa, plus de dix millions d’âmes, vibre sous des tapages nocturnes et diurnes de plusieurs horizons observables dans les marchés, avenues, maisons, stades, en ville et partout. L’étude démontre aussi que les Kinois sont exposés, en moyenne journalière, à plus de 90 décibels alors que l’OMS fixe à 60 décibels le seuil de gêne. 

Dans cette ville, il n’est pas rare de voir des bars ou « Nganda » qui jouent la musique à tue-tête côtoyés les écoles, habitations et autres centres hospitaliers. 

Quelques mois avant la réalisation de l’étude, un senior de 70 ans a fait les frais de cette « nuisance », renseigne Raphael Okonda, directeur exécutif de l’EIENE. L’homme avait succombé de suite d’une longue exposition aux bruits produits par une église dans la commune de Kalumu, réputée commune coupe-gorge de Kinshasa, mais aussi la plus bruyante de 24 communes (mairies) que compte la ville. 

Pour les spécialistes, le niveau de pollution sonore à Kinshasa est devenu «une affaire de santé publique !». Selon, l’OMS les bruits causent d’énormes dégâts  sur la santé humaine. Les travailleurs exposés à un niveau de bruit industriel pendant 5 à 30 ans peuvent souffrir de tensions artérielles et présenter un risque accru d’hypertension.

Ça joue à tue-tête 

L’étude a également démontré que les sources productrices des bruits sont aussi variées que diverses. Néanmoins, il existe dix sources principales parmi les vingt-deux répertoriées qui dérangent la population au regard de leur niveau d’intensité et du temps d’exposition très élevé. En pole position figurent les bars et activités sportives qui produisent respectivement 104.25dBA et 104dBA. Les salles de fêtes, quant à elles, polluent à hauteur de 103dBA ; elles sont talonnées par les églises et les activités du street marketing qui produisent les bruits allant au-delà de 100dBA. Les lieux funéraires (100 dBA), les discothèques (96.25 dBA), les industries (97dBA) sont les autres sources de nuisance sonore à Kinshasa. «Depuis un temps, les gérants de magasins exposent soit les baffles, soit les mégaphones (haut-parleurs) à l’entrée de leurs boutiques, en les tournants vers la voie publique. Cette pratique gêne les passants. Cette musique où les messages préenregistrés sont joués du matin jusqu’au soir à des niveaux d’intensités sonores très élevés», condamne l’EIENE. Puis d’ajouter : « Cette pratique est observable surtout aux ronds-points Victoire, Ngaba, Kintambo et Kinsaku, point chaud du quartier Kingabwa, à Super Lemba, au grand marché ( Nzando) ». 

Baffle d'une terrasse(Nganda) donnant sur la rue - Photo EIENE

La commune de Gombe, siège des institutions du pays, n’est pas épargnée. Les vendeurs locaux et mêmes expatriés qui pullulent dans les périphéries de la gallérie Beau-tour et dans certaines rues de cette commune n’hésitent plus à sortir leurs enceintes pour jouer des aires.

…Des grands remèdes 

L’ONG EIENE précise que pour réduire cette pollution sonore, il faut la mise en place des mesures efficaces de contrôle et de réglementation du bruit qui vont s’attaquer surtout aux sources du bruit. Elle propose des mesures d’isolation acoustique ou phonique des églises, de salles de musique, des salles de fêtes, salles de répétition de la musique ou de spectacles, des bâtiments érigés le long des infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires et l’application du code de la route à ses articles 42,51, 113, 133.1 et 134.1 etc. 

L’ONG reste convaincue que pour atteindre ces objectifs, il faut passer par la sensibilisation et la consultation du public. Elle a organisé, en synergie avec la commune de Kalumu et dans la foulée de la publication de l’enquête, une campagne de sensibilisation dans cette commune. 

Andrea DIVINDA

 

 

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