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vendredi, 27 mai 2016 08:35

GESTION DURABLE DU PARC NATIONAL DE LA SALONGA

Écrit par  Congo Green Citizen
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L’ICCN et le WWF au front

L’Institut congolais de conservation de la nature -ICCN- et le Fonds Mondial pour la Nature -WWF- ont signé, jeudi 19 mai dernier à Monkoto dans la province de la Tshuapa, un accord de cogestion visant l’amélioration de la gestion et des services écologiques fournis par le parc national de la Salonga ainsi que la préservation de sa biodiversité. «Plus, il y aura cette biodiversité à la Salonga, plus les investisseurs injecteront les ressources qui bénéficieront à la conservation et aux populations», a expliqué Jean Claude Muhindo Bakwabaya, Directeur national du WWF. Au cours de cette cérémonie ouvrant une nouvelle page dans l’histoire de ce parc, son nouveau directeur, Olivier Nelson, a été officiellement installé.

Banderole du lancement officiel de la cogestion du Parc National de la Salonge - Photo WWF

Travaillant en étroite coopération avec l’Institut congolais de conservation de la nature -ICCN- et ses partenaires, le Fond mondial pour la nature -WWF- a, depuis 2005, mis en œuvre un programme de conservation dans le Parc national de la Salonga -PNS- et dans le paysage environnant le parc. En dépit de ces initiatives de conservation, les valeurs du PNS étaient toujours menacées. Conscients de cela, le WWF ensemble avec ses partenaires ont résolu de mettre en place un programme plus ambitieux, sous une approche novatrice. Cette résolution se traduira par l’élaboration d’un programme de Cogestion du plus grand parc forestier d’Afrique dont la toile de fond a été l’accord signé le 19 mai dernier entre le WWF et l’ICCN.

Contribuer à la conservation la biodiversité

Selon des sources au WWF, ce programme de cogestion du PNS vise à contribuer à l’objectif global de la conservation de la biodiversité, à la réduction de la pauvreté et à la stabilisation des effets du changement climatique. «Dans le cadre de la gestion des aires protégées, il s’agit de réduire la tendance à la surexploitation des aires protégées et d’établir les conditions d’une gestion durable contribuant à la protection de la biodiversité et à l’exploitation durable des forêts tropicales ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie des populations locales», a fait savoir la source. Intervenant lors des cérémonies officielles de signature de l’accord de cogestion, organisées à Monkoto au cœur du PNS dans la province de la Tshuapa, le Directeur national du WWF, Jean Claude Muhindo Bakwabaya, expliqué: «ce qui fait de la cogestion une innovation à la Salonga, c’est son caractère inclusif, intégral et participatif qui remet véritablement la population au centre de la conservation». Et de préciser: «aujourd’hui plus que jamais, le message du WWF et de l’ICCN est clair et révolte positivement les communautés de la Tshuapa qui comprennent pour la première fois que les éléphants, les bonobos, les perroquets etc. du PNS sont économiquement plus importants pour eux et les futures générations. Non pas à cause de leur ivoire mais bien lorsqu’ils sont vivants, se reproduisent, sont visités etc.». Puis: «plus il y aura cette biodiversité à la Salonga, plus les investisseurs injecteront les ressources qui bénéficieront à la conservation et aux  populations». A en croire le Directeur national du WWF, l’ennemi le plus redoutable à combattre quel que soit le prix à payer, ce sont les réseaux de trafiquants d’ivoire et d’espèces,qui, malheureusement travaillent en complicité avec les membres des communautés locales. Jean Claude Muhindo, dans son allocution, a, en plus, estimé que la cogestion de la Salonga par l’ICCN et le WWF est une dernière chance pour cette province de profiter des retombées de cet immense héritage légué par la nature et de lutter contre la pauvreté. Ce, parce qu’«aujourd’hui, il n’existe aucune infrastructure à Monkoto. Le niveau d’éducation est l’un des plus alarmants du pays et pourtant les éléphants ont été massivement massacrés pour leurs ivoires vendus aux trafiquants dans des grandes villes qui n’ont rien rapporté aux communautés. Par contre, c’est à cause des quelques éléphants, bonobos, et autres espèces emblématiques encore vivantes, qu’aujourd’hui Monkoto et la Tshuapa commencent à avoir quelques infrastructures grâce aux investissements des partenaires financiers engagés dans la protection de Salonga», a-t-il argué.

Oliver Nelson, nouveau directeur du PNS, installé

Pour sa part, le Directeur général de l’ICCN, Wilungula Balongelwa Cosma, a de prime à bord exprimé sa gratitude à l’endroit de tous les partenaires. «C’est la première fois qu’une enveloppe aussi importante soit allouée à la gestion du PNS. Ce qui est pour nous une occasion de remercier nos partenaires pour leur engagement ininterrompu dans nos différents parcs», a-t-il dit, avant de préciser: «le programme de cogestion prévoit une enveloppe importante aux projets bénéficiant aux populations environnantes du parc».

Au cours de cette même cérémonie de signature d’accord, le nouveau Directeur du PNS, Oliver Nelson, a été officiellement installé. Différentes personnalités ont rehaussé de leur présence cette manifestation. Notamment, les représentants du gouvernement central et provincial, l’ambassadeur de l’Union Européenne, l’Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne et le représentant adjoint de l’USAID en RD-Congo, venus témoigner leur soutien à cette initiative.

Plus grand parc forestier d’Afrique

Créé en 1970 et couvrant une superficie évaluée à 33.350 km²,  le Parc National de la Salonga -PNS- représente la plus grande étendue de forêt dense humide protégée en Afrique. Constitué de deux grands blocs «nord» et «sud», chacun constitué de trois secteurs, séparés par le couloir de Monkoto -45 km de large-, il est le parc national forestier le plus grand d’Afrique et le deuxième parc de forêt tropicale au monde. En 1984, le PNS a été  inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses espèces phares dont le bonobo, l'éléphant de forêt, le paon congolais,etc. Cependant, en raison de la guerre civile qu’a traversé le pays, il figure depuis 1999 sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Laurent OMBA

Lu 812 fois Dernière modification le vendredi, 27 mai 2016 09:19

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