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vendredi, 18 décembre 2015 10:48

EXPLOITATION FORESTIERE DANS LE BASSIN DU CONGO

Écrit par  Congo Green Citizen
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Les ONG exigent le désengagement de la France

Alors que Paris accueillait du 30 novembre au 11 décembre la Conférence des Nations unies sur le climat, COP 21, des ONG internationales et celles du Bassin du Congo sont montées au créneau pour faire part de leur opposition à l’exploitation forestière industrielle par la France dans cette région. Elles ont, dans leur déclaration, appelé la France à revoir sa politique d’aide au développement concernant les forêts du bassin du Congo. «L’importance et le rôle des forêts tropicales dans le changement climatique de notre planète ne sont plus à démontrer. Elles constituent d’immenses puits de carbone et leur destruction dégage d’énormes quantités de CO2», ont argué ces ONG. Puis: «il a été démontré que l’exploitation forestière industrielle endommage durablement la biodiversité et entraîne une vaste déforestation».

Cubage de bois dans une exploitation forestière - Crédit photo Fpa2.com

«La France doit se désengager du secteur d’exploitation forestière industrielle dans le bassin du Congo», telle est en substance l’appel lancé par les ONG œuvrant sur la scène internationale et dans les périmètres du Bassin du Congo en vue de protéger le climat de la planète. Elles ont expliqué que cette exploitation n’a aucun impact sur le plan économique et social du fait qu’aucun Etat forestier de cette région n’a réduit son taux de pauvreté grâce à cela. «Au contraire, l’industrie du bois détruit progressivement l’écosystème ‘forêt’ dont dépendent 75 millions de personnes et prive les communautés locales et autochtones de leurs droits fonciers et coutumiers», peut-on lire sur la déclaration de ces ONG qui signifient en plus que depuis 15 ans, les rapports sur les nombreuses illégalités commises dans la filière bois s’accumulent sans qu’aucune solution efficace n’ait été trouvée pour y mettre fin. «Les entreprises, qui sont pour la plupart d’origine européenne ou asiatique, ont pris l’habitude de chercher à augmenter leurs profits en violant les lois et en alimentant la corruption», ont-elles poursuivi, argumentant, sur base d’un audit de 2014 financé par l’UE, qu’en 2012, en RD-Congo, 90% des taxes forestières ne sont pas entrées dans les caisses de l’Etat en raison de l’évasion fiscale pratiquée par les sociétés forestières. 

Au regard de cette situation, ces ONG ont estimé qu’à l’heure actuelle, le contexte de mauvaise gouvernance, l’inefficacité des outils choisis et les conditions écologiques de base des forêts du Bassin du Congo sont tels que les fonds publics français ne peuvent atteindre les objectifs de la France pour le secteur forestier de ce coin du monde. «On ne peut pas atteindre un objectif de gestion durable et de lutte contre le changement climatique, en confiant des dizaines de millions d’hectares de forêts fragiles à des entités privées qui sont dans une logique commerciale et dont les activités ne sont foncièrement pas durables et ne fournissent pas des bénéfices équitables aux communautés locales», ont analysé ces ONG, avant de suggérer: «alors que des bailleurs internationaux s’apprêtent à investir des centaines de millions d’euros dans les financements REDD+ dans le Bassin du Congo, il apparaît d’autant plus important d’empêcher l’utilisation des fonds publics pour une exploitation industrielle moteur de déforestation et de dégradation forestière».

Les 3 appels des ONG à la France

Pendant ce temps-là, révèlent ces ONG, la forêt se vide de ses ressources. Les forestiers eux-mêmes reconnaissent que le réservoir d’essences de leurs concessions est en train de s’appauvrir, aggravant ainsi la crise climatique. De tous ces faits découlent trois appels importants lancés par ces ONG. Le premier invite le gouvernement français, à travers son aide publique au développement, à se désengager de son soutien à l’industrie forestière et à orienter ses actions et financements pour soutenir des initiatives protégeant durablement les forêts tropicales et les communautés locales forestières. Le deuxième quant à lui convie l’Agence française de développement -AFD- à organiser une consultation publique, avec participation de la Société civile, avant d’établir une nouvelle feuille de route pour les forêts du Bassin du Congo. Enfin, le troisième appel suggère à la France de s’opposer à la levée du moratoire sur de nouvelles concessions forestières en RD-Congo.

Ces recommandations sont formulées, car «l’importance et le rôle des forêts tropicales dans le changement climatique de notre planète ne sont plus à démontrer. Elles constituent d’immenses puits de carbone et leur destruction dégage d’énormes quantités de CO2». Et de poursuivre: «à l’échelle de la planète, près de 12% des émissions GES sont dus à la destruction et à la dégradation. Ces forêts offrent également des moyens de subsistance à des millions de personnes et abritent une biodiversité animale et végétale extrêmement riche».

Depuis 20 ans, ont rappelé ces ONG dans leur déclaration, la France soutient l’industrie du bois dans le Bassin du Congo, en partant du principe que si les entreprises forestières adoptent un certain nombre de règles et d’outils. Ainsi, l’Hexagone a mis à disposition, via l’AFD, plus de 120 millions d’euros de prêts et subventions aux sociétés forestières de la région pour les aider à mettre en place les outils de gestion durable. 

Au nombre des ONG signataires de cette déclaration, l’on peut citer Brainforest du Gabon, Greenpeace de la France, Réseau ressource naturelle de la RD-Congo et Rainforest Foubdation du Norvège.

Laurent OMBA

 

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