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lundi, 30 novembre 2015 08:48

EN MARGE DE LA COP 21

Écrit par  Congo Green Citizen
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Tosi Mpanu Mpanu : «Les Africains espèrent un accès direct au financement»

Souvent mal servis par les financements climatiques, la COP 21 de Paris est une occasion où les Etats africains vont batailler pour obtenir à cet accès direct au financement climatique mondial. «Ça permet de réduire la chaîne intervenants entre les récipiendaires et la source de financement», a déclaré Tosi Mpanu Mpanu, expert négociateur RD-congolais à la Conférence des parties.

Tosi MPANU MPANU, Négociateur Climat RDC - Photo Econews.com

Hela Cheikhrouhou, directrice du Fonds vert pour Climat, structure chargée de canaliser les financements des pays développés vers les projets d’adaptation et atténuation dans les pays en développement est claire : «L’Afrique n’a pas été bien servie jusqu’ici par les finances climatiques». Ce sujet sur les financements climatiques est l’un des goulots d’étranglement de l’accord de Paris. Pour Tosi Mpanu Mpanu, les Etats africain espèrent ainsi un accès direct aux financements afin de réduire la chaine intervenant entre les récipiendaires de projets et la source de financement.  Les négociateurs africains poussent pour qu’il y ait un accès direct au financement. «L’accès au financement dans les pays moins développés est déjà un goulot d’étranglement, en ce sens que les projets sont ficelés. Il y a difficulté d’avoir accès au financement. Et dès lors que les financements sont disponibles, il y a difficulté de transmettre ces financements. Une fois sur le terrain, il y a également difficulté pour la mise en œuvre des projets, parce que certains partenaires, commis à la réalisation du projet, prennent de grosses commissions», a déploré ce membre du conseil d’administration du Fonds vert pour le climat. Cette structure propose aux Etats d’identifier des institutions nationales capables de monter des projets, de les implémenter et de les évaluer suivant des normes judiciaires mondiales.

La RD-Congo plus ambitieuse que Brésil et Indonésie

D’après une étude menée par l’Union of Concerned Scientists -UCS-, la Contribution prévue déterminée au niveau nationale -CPDN de la RD-Congo serait plus robuste que celle du Brésil et de l’Indonésie, deux grands pays forestiers, plus précisément dans les secteurs de la foresterie, l’agriculture et le foncier. Epinglant cet éloge fait au pays de Joseph Kabila, Tosi Mpanu Mpanu a expliqué que si la CPDN RD-congolaise est plus ambitieuse, c’est simplement parce que le pays a d’énormes défis et de difficultés en termes de capacités et de possibilités. Il ajoute aussi que réduire une tonne de CO2 en RD-Congo exige plus d’efforts qu’au Brésil ou en Indonésie pour la même quantité. «C’est bien de recevoir des éloges parce qu’on a fait un bon travail de planification, mais essayons de faire un aussi bon travail en termes de mise en œuvre», s’est-il félicité. Puis de préciser: «la RD-Congo a identifié et planifié les actions à mettre en œuvre entre 2020 et 2030. A ce jour, nous savons ce que nous sommes prêts à faire et nous avons chiffrés cela à environ USD 21 milliards. Les actions prévues ne doivent pas être entreprises à partir de 2020, mais plutôt de 2016». Puis de rassurer enfin: «si les fonds nécessaires pour mettre en application cette CPDN peuvent être mis à disposition, la RD-Congo pourra effectivement s’engager dans sa réalisation».

Une place prépondérante pour la REDD+

Par ailleurs, Tosi est d’avis que la REDD+ a une place plus prépondérante dans les négociations comme mécanisme phare dans la baisse des taux d’émission de gaz à effet de serre. «Le 5ème rapport du GIEC semble dire que la déforestation représente 10% des émissions globales et le rapport d’avant parlait plutôt de 17 à 20%. Quel que soit ce pourcentage, j’estime que 10 ou 20% du problème devrait représenter 10 ou 20% de la solution et 10 ou 20% des ressources financières mises à disposition pour régler le problème du climat. Donc, j’estime qu’effectivement, la REDD+ a sa place», a-t-il expliqué. Et de signifier: «la REDD+ est très complexe, car il faut gérer les facteurs de la déforestation qui sont souvent en dehors de la forêt. Ce sont une agriculture itinérante sur brûlis, le besoin en bois énergie, la faiblesse dans la gouvernance forestière, la frontière poreuse à l’est de la RD-Congo. C’est aussi la démographie, le plan d’aménagement du territoire». A l’en croire, mettre en œuvre la REDD+ et gérer tous les moteurs de cette déforestation est un véritable défi qu’a pu relever la RD-Congo pour qui la priorité est la réduction de la pauvreté. Alors que d’aucuns cogitent sur un accord contraignant, lors de la 21ème Conférence des parties à Paris en décembre 2015, Tosi Mpanu Mpanu, négociateur sénior pour la RD-Congo à la Convention-Cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique -CCNUCC-, lui, estime qu’exercer la contrainte dans cet accord n’est pas une chose aisée, les pays demeurant ouverains. «Si nous mettons un degré de contrainte trop élevé, il y a risque que les USA ne viennent pas. Ce pays représente 17% des émissions globales des GES. Et si les USA ne viennent pas, la Chine non plus ne viendra pas alors qu’elle représente 25% des émissions. Par conséquent, nous aurions 42% des émissions globales en dehors de l’accord. Donc cet accord ne vaudra plus la peine», prévient l’expert négociateur. Cependant, il pense que la contrainte prend sa véritable mesure dès lors qu’il y a ratification au niveau national, puisque cet accord devient une loi nationale et un état doit respecter ses propres lois.

Laurent OMBA

Merveille MUWAWA

 

 

Lu 1463 fois Dernière modification le lundi, 30 novembre 2015 09:03

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