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jeudi, 10 septembre 2015 13:30

COP 21 : Akinwumi Adesina espère un accord à Paris

Écrit par  Congo Green Citizen
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Akinwumi Adesina, 55 ans, le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), a pris ses fonctions mardi 1er septembre à Abidjan. L’ancien ministre de l’agriculture du Nigeria a été élu le 28 mai, pour un mandat de cinq ans, lors des assemblées annuelles de la BAD. Reconnaissant que la problématique des changements climatiques concerne tout le monde, le Président de la BAD espère beaucoup qu’un accord sera trouvé lors de la conférence de Paris. C’est plus que nécessaire !

Akinwumi Adesina, nouveau président de la Banque Africaine de Développement (BAD) - Tchadinfos.com

Quel impact aura la crise boursière chinoise sur les économies africaines ?

Des effets se feront ressentir et cela va davantage concerner les pays qui exportent les matières premières vers la Chine. Les revenus de ces exportations vont se réduire en raison de la baisse de la demande chinoise en matières premières. Avec une conséquence ou un risque immédiat : la difficulté pour les pays les plus exposés à équilibrer leur budget. Il y a aussi un risque de dépréciation de la monnaie dans ces pays. Mais cette crise est aussi un signal d’alerte pour l’Afrique, qui doit plus que jamais diversifier ses économies, sortir de la dépendance à l’exportation des matières premières et mettre en place son propre marché de capitaux.

Quelles sont vos priorités ?

La question la plus urgente est celle de l’énergie. Il faut absolument résoudre le déficit énergétique dont souffre l’Afrique. Ce problème freine l’industrialisation du continent. Or, sans industrialisation, il n’y a pas de développement. Mais l’Afrique n’a pas seulement besoin d’augmenter son niveau de croissance économique. Il faut surtout résoudre les inégalités qui existent entre les pays et à l’intérieur des pays. Nous allons mettre l’accent sur cette question, de même que sur le développement de l’agriculture et des infrastructures, si l’on veut sortir des millions de personnes de la pauvreté. Pour cela, la BAD doit être plus souple, plus efficace et plus compétitive.

Les besoins d’investissements pour le développement de l’Afrique sont nombreux : 100 milliards de dollars par an. Comment comptez-vous aider les pays à trouver des investissements ?

Les besoins sont effectivement énormes et, pour l’instant, l’Afrique n’arrive à mobiliser que la moitié des 100 milliards de dollars (89 milliards d’euros) nécessaires. Pour combler ce déficit, il faut développer des partenariats. Je vais m’y atteler pendant mon mandat. Mais nous devrons aussi trouver un moyen efficace de mobiliser les ressources à l’intérieur des pays et renforcer les dispositifs de collecte fiscale et de lutte contre la fuite des capitaux. La question de la bonne gouvernance est cruciale, nous allons par exemple être attentifs à la gestion des ressources issues de l’exploitation des minerais.

La Conférence des Nations unies sur le climat s’ouvre dans moins de 100 jours à Paris. Quelle doit être la contribution de l’Afrique à cette conférence, et que peut-elle en attendre ?

L’Afrique n’est responsable que de 2 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais c’est elle qui subit le plus les conséquences des dérèglements climatiques. L’enjeu est d’assurer l’adaptation au changement climatique et réduire l’impact des changements climatiques sur l’Afrique. Mais tout le monde est concerné par le dérèglement climatique. C’est pour cela que j’espère beaucoup qu’un accord sera trouvé lors de la conférence de Paris. C’est plus que nécessaire.

La BAD soutient différents projets d’énergie renouvelable mais il y a encore beaucoup de frilosité à investir dans ces domaines, pourquoi ?

Le principal problème avec les énergies renouvelables, c’est qu’elles coûtent cher. 634 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité, la majorité en zone rurale. Nous devons donc trouver le moyen de rendre l’énergie renouvelable disponible à un prix abordable, en particulier pour les personnes à faibles revenus. On peut y arriver à travers l’innovation technologique. Mais il faut surtout donner aux populations des moyens financiers conséquents. L’une des idées qui pourraient êtres mises en place est un système de micro-crédits. Nous aurons besoin d’agir aussi bien dans l’investissement en capital, la couverture de risque pour les investisseurs que dans le partage de risques avec les banques pour qu’elles puissent accorder des prêts aux foyers à faibles revenus. Ce sont ces mécanismes qui redonneront confiance aux investisseurs.

D’où viendra l’argent ?

Le coût de l’inaction est plus élevé que le coût de l’action. Je suis persuadé que la Banque pourra développer des partenariats stratégiques afin de réaliser de grandes choses pour l’Afrique. Nous aiderons les pays à mobiliser et accroître leurs ressources propres.

Votre prédécesseur avait évoqué l’idée d’un plan d’aide aux pays du Sahel confrontés au terrorisme. Allez-vous relancer cette idée ?

Ce n’est pas seulement le Sahel, il faut aider aussi les petits pays, les pays insulaires. Le premier objectif de la Banque africaine de développement est de réduire le niveau de la pauvreté et de développer les infrastructures. Nous devons continuer à investir dans le secteur routier transnational, fluidifier le système maritime, désenclaver les zones du Sahel et favoriser l’agriculture. Si nous ne réussissons pas à ces niveaux, la pauvreté va augmenter et les drames qui vont avec, dont le terrorisme. Ce n’est pas ce qui était envisagé par les fondateurs de la banque.

Que voudrez-vous que l’on retienne de vous, dans cinq ans, au terme de votre mandat ?

Ma personne n’est pas ce qu’il y a de plus important. Ce qui compte, c’est ce que la Banque africaine de développement est capable de réaliser pour le continent en matière de réduction des inégalités, de transformation du secteur agricole et de réduction du déficit énergétique. Nous devons trouver des moyens durables de retenir nos jeunes dans nos pays et les empêcher d’aller mourir sur la Méditerranée. Si, dans cinq ans, la BAD réussit à accomplir tout cela, je serai le plus heureux.

CGC/ Le Monde

 

Lu 978 fois Dernière modification le jeudi, 10 septembre 2015 13:56

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