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jeudi, 27 août 2015 13:23

RD-Congo : A quand la mise en valeur des énergies renouvelables ?

Écrit par  Congo Green Citizen
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Avec un taux d’électrification de 9 %, caractérisée par des fortes disparités entre les zones urbaines et rurales, la RD-Congo est l’un des pays les moins électrifiés du continent. Pourtant, ce ne sont pas les sources électriques qui manquent. Alors que les autorités du pays vouent un culte pour l’hydroélectricité, «Atlas des énergies renouvelables»,  ouvrage scientifique ayant fait une étude de la situation de la RD-Congo en électrification, étale au grand jour d’autres sources d’énergies renouvelables laissées en jachères.

Photo Electriciens Sans Fontières - Ressources-et-environnement.com

L’accès à l’énergie durable pour tous est un grand défi  à relever pour la RD-Congo. Il figure parmi les objectifs du millénaire. Avec un taux faible d’électrification, le pays est classé parmi les mois éclairés du continent noir. Une étude publiée récemment dans le but de fournir une information analytique et détaillée sur le potentiel de la RD-Congo a réfléchi pour donner l’impulsion nécessaire au développement des provinces en termes des Ressources renouvelables mobilisables, des facteurs pouvant contribuer à encourager le développement des Energies renouvelables -EnR- et des orientations politiques et outils de planification. Intitulée «Atlas des énergies renouvelables», cette étude montre comment le potentiel hydroélectrique global du pays -les 100 000 MW- est reparti sur le territoire national. «S’il était connu que le site hydroélectrique de INGA concentre, à lui tout seul, un potentiel estimé à 44 000 MW, rien n’était indiqué sur la répartition ventilée du reste du potentiel national», lit-on dans le résumé de cet ouvrage, qui révèle en suite qu’un potentiel estimé autour de 10 000 MW se trouve largement décentralisé et offre au pays la possibilité de développer d’autres centrales hydroélectriques mini ou petites -entre 1 et 10 MW- mais aussi des applications hydroélectriques encore mieux adaptées à la structure du marché local -micro et pico hydroélectrique qui sont en dessous du mégawatt- sur l’ensemble de ses 145 territoires. «C’est un atout de taille pour assurer l’exploitation d’une telle ressource économique. Ces sites sont situés en règle générale sur la partie la plus rurale de différents territoires qui constitue également la zone la moins desservie en énergie électrique avec un taux d’accès de 1 % en 2012. La plupart de ces sites ont fait l’objet d’études sommaires», apprend-on dans cet ouvrage tout en signifiant que les énergies renouvelables ne se limitent pas à l’hydroélectricité. Raison pour laquelle l’Atlas des énergies renouvelables de la RD-Congo s’étend à toutes les autres ressources de l’énergie renouvelable comme le solaire, l’éolien, la biomasse dans toutes ses composantes ainsi que les eaux thermales et le gaz méthane. «C’est un inventaire qui se veut exhaustif du potentiel en énergie renouvelable de la RD-Congo. En dehors de l’éolien dont le potentiel est nettement plus limité au pays, toutes les autres ressources précitées sont abondantes et largement décentralisées», précise l’ouvrage qui en outre développe particulièrement la composante biomasse en mettant l’accent sur les multiples possibilités qu’offrent les résidus végétaux et animaux ainsi que les déchets urbains pour la production de l’énergie. Du coup, la cartographie agropastorale de la RD-Congo, très exploitée dans l’ouvrage, a revêtu d’un intérêt tout particulier pour la production des énergies renouvelables.

Un paradoxe criant

L’ouvrage a par ailleurs fait savoir qu’avec des statistiques de l’ordre de 95 % de la part de la biomasse dans le bilan énergétique du pays, la RD-Congo fait figure de pays pauvre et dépourvu de ressources en énergies renouvelables. Ce qui contraste totalement avec le potentiel relevé ainsi que les multiples possibilités qui existent au pays. «Renverser la tendance est possible à condition de prendre des décisions éclairées et de développer des politiques et stratégies conséquentes, y compris en matière de développement de filière de bois de feu durable et de valorisation des résidus. C’est l’un des axes clés de la stratégie nationale REDD+. Gérée efficacement, la biomasse pourra alors continuer, combinée avec d’autres sources d’énergie, à servir de complément utile dans la satisfaction des besoins énergétiques du pays», suggère l’étude.

Au-delà de l’inventaire et de l’analyse cartographique, l’atlas des énergies renouvelables de la RD-Congo a analysé des politiques de promotion des énergies renouvelables dans sept pays pour y déceler les facteurs clés de succès. Cette analyse a  permis à l’ouvrage de formuler des recommandations d’ordre politique appelées à soutenir l’ambition du développement du pays par les énergies renouvelables. Il formule nombre de propositions, estimées essentielles, dans la finalité de permettre au pays de relever ce grand défi d’accès à l’énergie durable, au nombre desquelles figurent: réussir l’électrification rurale nécessite d’aller au-delà de la fourniture de l’électricité pour prendre en compte d’importantes mesures d’accompagnement dans un cadre cohérent; indépendance énergétique de chaque province de la RDC pour que chacune d’elle dispose de quoi répondre à ses besoins énergétiques; utiliser l’énergie solaire et biomasse, pouvant être aussi compétitifs que l’hydroélectricité pour monter des réseaux isolés ou à source hybride. À en croire l'Atlas des énergies renouvelables, toutes les études menées ces dernières années sur le pays du point de vue énergétique démontrent que la RD-Congo dispose de potentialités et de ressources énergétiques abondantes et variées. La mise en valeur durable de ces ressources énergétiques aux fins de contribuer au développement économique et social du pays constituera certainement l’agenda majeur du Gouvernement et des partenaires techniques et financiers, au regard de la vision des autorités du pays, a-t-il proposé en somme. Aussi «avec le présent Atlas, la RD-Congo fait avancer son agenda d’action de l’accès pour tous à une énergie durable. Plutôt que d’être considéré comme une fin en soi, l’étude suggère donc que le travail commence véritablement maintenant dans le secteur de l’énergie en RDC. Une réelle révolution est déclenchée avec la promulgation de la loi sur l’électricité qui ouvre le secteur aux investissements des secteurs tant publics que privés. Il renforce cette mesure incitative importante en diffusant les multiples possibilités que renferme le pays». La prochaine étape, telle que décelée dans les lignes de cet ouvrage, consiste à faire de cet outil une vitrine d’attrait des investissements dans le secteur de l’énergie en RD-Congo, une plateforme de la gestion de connaissances et un cadre de suivi de la mise en œuvre de l’agenda d’action du pays de l’accès pour tous à une énergie durable. «Ceci nécessitera un travail en profondeur de renforcement des capacités dans plusieurs domaines, la mobilisation des ressources financières conséquentes et la mise en place de partenariats stratégiques solides ouverts à tous», constate en amont cet ouvrage.

Stéphie MUKINZI

Laurent-Gontran OMBA

 

 

Lu 862 fois Dernière modification le jeudi, 27 août 2015 14:24

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