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mercredi, 24 juin 2015 15:43

Zoomi, une appli tunisienne pour protéger l’environnement

Écrit par  Congo Green Citizen
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Facile à télécharger et gratuite pour tous les utilisateurs de smartphones en Tunisie, Zoomi, la nouvelle application du ministère de l'Environnement et du développement durable (MEDD) se veut une plateforme interactive impliquant les autorités et les citoyens ordinaires.

Pile d'ordures dans un quartier tunisien - Photo Mongi Aouinet

Elle permet au public de signaler, image à l'appui, tout acte de dégradation de l'environnement.

Le principe de fonctionnement de l’application est très simple: l’utilisateur envoie une photo commentée à un serveur, son message est ensuite traité et transféré à  la municipalité concernée, qui envoie une équipe d’intervention.

Avant Zoomi, les Tunisiens étaient déjà habitués aux "selfie-poubellas", dont le principe consiste à poster une photo de soi devant les piles de déchets qui jonchent les rues du pays, avec un hashtag #SelfiePoubella et un autre suivi du nom du quartier en faute.

L’objectif affiché est d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’envers du décor tunisien et de sensibiliser la population sur la propreté.

Zoomi vient donc compléter la panoplie d’outils mis à la disposition du public pour promouvoir un environnement sain et, selon les autorités, l’application connait déjà un franc succès.

"Trois jours après le lancement, nous avons reçu 220 photos et enregistré plus de 4000 téléchargements", a déclaré à SciDev.Net Walid Fekai, chargé de communication du ministère de l'Environnement et du développement durable, qui est également l'un des initiateurs du projet.

Près de 900.000 téléphones portables utilisant le système d’exploitation Android ont été enregistrés en Tunisie, soit 20% des appareils mobiles en circulation.

Avec un parc aussi fourni, Zoomi ambitionne de toucher la majorité des Tunisiens et peut, pour donner corps à son ambition, compter sur de solides appuis.

Ainsi,  Ooredoo, le géant tunisien de la téléphonie mobile, n'a pas hésité à financer entièrement l'application, en français aussi bien qu'en arabe.

Depuis la révolution de 2011, la Tunisie doit faire face à une recrudescence de la pollution et des déchets, mais aussi à des grèves et sit-ins à répétition, ce qui donne lieu à toutes sortes de dégradation de l’environnement.

Mais l’initiative ne fait pas l’unanimité dans le pays.

Samir Meddeb, fondateur et ancien directeur de l’Observatoire tunisien de l’Environnement pour le développement durable, estime que "zoomer des déchets dans les rues, c'est bien, mais c'est l'affaire des communes."

"Le ministère doit plutôt se pencher en urgence sur les stratégies de développement durable ", assure-t-il.

Rigidité

"La dégradation de l'écosystème, le déséquilibre de la faune et de la flore, avec pour certains sites l’extinction d'espèces menacées (les chauves-souris des grottes de Haouaria) montrent un dysfonctionnement clair de l'environnement, souvent limité à l'idée de déchets dans les rues ", affirme encore Samir Meddeb.

Pour sa part, Houda Boufaied, présidente de l'association tunisienne de protection de la nature et de l'environnement pour la région de Korba (région du Cap-Bon) estime que "chaque citoyen doit devenir actif pour le bien du pays."

"On ne pourra pas réussir avec une seule initiative, mais on voit qu'avec Zoomi, le MEDD essaie de rompre avec la rigidité de l'administration, qui n’avait pas l’habitude d’impliquer la population."

Très présente sur le front de la protection de l'environnement, la société civile tunisienne contribue activement à la rédaction de la loi organique de l'instance du développement durable sous la nouvelle constitution.

"Chaque projet doit avoir une dimension de durabilité et cela doit commencer avec la valorisation des déchets", insiste Houda Boufaied.

A cet égard, "aider au développement de nouvelles technologies de recyclage des déchets et améliorer le système d'assainissement dans les villes sont les principaux défis à relever", selon Walid Fekai. 

En août 2015, Zoomi sera complétée par une base de données en ligne,  sous le nom 3wzoomi.tn.

Celle-ci devrait permettre un suivi en image des zones dégradées et aider à élargir la base d'utilisateurs de l'initiative, en associant les quatre millions d'utilisateurs Facebook du pays. 

Sihem HASSAINI

Lu 492 fois Dernière modification le mercredi, 24 juin 2015 16:39

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