Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mardi, 17 octobre 2017 -
001
mardi, 09 juin 2015 21:22

Le banc fait place à la pirogue sur l’île Bakongo du fleuve Congo

Écrit par  Congo Green Citizen
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Cela a tout l’air d’un canular! Pourtant, ça ne l’est pas. A l’île Bakongo sur le fleuve Congo, à 3 heures de Kingabwa en pirogue et 1 heure par hors-bord, dans la ville de Kinshasa, tout semble complètement hors du temps. Imaginez qu’en ce 21ème siècle, des enfants vont à l’école non seulement en pirogues, mais ils les utilisent aussi comme bancs en période de crue.

Elèves d'une école rurale en RDC - Photo un.org

Un tour à l’île Bakongo équivaut quasiment à remonter le temps jusqu’à l’époque médiévales. Le décor, partagé entre la féerique beauté de la nature et l’improbable habitat, laisse sans mot. Tout rappelle les vieilles vidéos réalisées des premiers explorateurs en province de l’Equateur. Or, on est bien à Kinshasa, en 2015. Qui pis est ! Entourée de 5 îlots, l’île Bakongo compte plus de 300 familles. Cette population vit essentiellement de la pêche artisanale, la riziculture, le maraîchage et l’élevage de la volaille. Elle vit dans des maisons en pilotis qui n’ont ni toilette, ni eau potable, ni électricité. Elle n’a absolument pas d’infrastructures socioéconomiques de base. En saison pluvieuse, le village est complètement inondé, mais toujours habité. Ce qui fait que la pirogue y est le seul moyen de transport.

L’île n’a qu’une seule école primaire créée en 1999, qui fonctionne sous la couverture de la communauté protestante CBCO. Elle est tenue par l’ONG CADF. L’établissement n’a qu’une seule salle de classe. C’est plutôt un bidonville fait de tôles et pailles fixées sur des poteaux. Pour toute administration, l’école ne dispose que d’une seule personne qui est également l’unique enseignant. Il a la charge de 57 élèves, donc 30 filles et 27 garçons, tous les niveaux confondus. Les classes étudient à tour de rôle, soit 2 heures par classe. «Certains enfants sortis de là sont universitaires aujourd’hui», confie le responsable de CADF. Les parents paient les frais avec des biens en nature (poissons, fruit, légumes, vêtements, …) équivalant à FC 8000 (USD 8) par trimestre afin de soutenir l’instituteur. Certains élèves de l’îlot voisin de Ndjoli/Nganda Bamongo ont dû abandonner l’école à cause de la distance et des pluies parce qu’ils sont encore trop jeunes et ce périple comporte beaucoup de risques.

Il est important que le gouvernement provincial de Kinshasa et surtout le Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire prennent en compte cette école dans le projet de construction de 1000 écoles par an. Ces enfants des familles de pêcheurs, pauvres qu’ils sont, ne réclament que d’avoir des classes accessibles mêmes en période de crue. La pêche ne devrait pas être le seul avenir qui les attend. Car, ils ont les mêmes droits que les autres enfants au regard de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948.

En plus, ces enfants, comme le reste de villageois de Bakongo, vivent dans une forte promiscuité. Le taux de paludisme y est élevé. Celui des maladies sexuellement transmissibles (VIH) aussi. Les enfants et les femmes enceintes n’accèdent pas au vaccin, les nouveau-nés n’accèdent pas non plus aux CPS.

Hugo Mabiala Bondo/Monde Rural

Lu 1424 fois
Plus dans cette catégorie : « Au fil du Fleuve Congo

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Réseaux Sociaux :

Copyright © 2017 - Congo Green Citizen. Tous droits réservés
Developped by IT Group