Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : mardi, 17 octobre 2017 -
001
dimanche, 31 mai 2015 22:07

ACCES A L’EAU POTABLE : LE QUARTIER LUTENDELE A KINSHASA NE FERA PAS EXCEPTION

Écrit par  Congo Green Citizen
Évaluer cet élément
(1 Vote)

A Kinshasa, capitale de la RD-Congo, la croissance démographique est à la base de création des nouvelles cités qui ne sont que des gros villages dans les limites de la capitale RD-Congolaise. Le quartier Lutendele, située dans l’extrême Ouest de Kinshasa, en est une. Les habitants de cette cité vivent comme 36% des Africains sans l’eau potable ni électricité.

Point de fortune d'approvisionnement en eau à Lutendele (Kinshasa)

S’ils peuvent s’en passer de l’électricité, il n’en est pas le cas pour l’eau, car dit-on «l’eau c’est la vie». Plus que celui contenu dans le sésame, l’eau est un véritable trésor à Lutendele, agglomération que la REGIDESO, firme RD-congolaise chargée de la distribution de l’eau potable, a peut-être déjà classé dans les oubliettes.

Du coup, quelques nantis de la cité, pour mener à bien leurs travaux de construction, font creuser à plus de 15 mètres en profondeur des puits d’eau. «Ici à Lutendele nous n’avons pas de robinet. Pour avoir de l’eau, nous nous rendons dans des chantiers où nous pouvons trouver des puits d’eau», ont fait savoir deux jeunes dames rencontrées dans un chantier sur l’avenue Kudinga.

Ces eaux des puits, se questionne-t-on, sont-elles potables? Ceux qui se soucient de la potabilité de l’eau se rendent dans la ferme d’un certain Papy. «Ce puits -NDLR: faisant allusion au puits de la ferme- je le préfère parce qu’on y met un médicament pour purifier l’eau que nous utilisons pour préparer les aliments et boire», a laissé entendre Maman Nzuzi trouvée matinalement sur le lieu qui, en plus, a révélé: «n’entre pas dans la ferme pour puiser l’eau qui veut. Il faut au préalable prendre langue avec le gérant».

Ce fameux gérant, disons-le, était toujours absent à chaque fois que nous avons désiré le rencontrer pour en savoir plus sur la ferme.

Il convient par ailleurs de signaler le rôle prépondérant que joue la rivière Lutesi. Pour ne pas trop gaspiller l’eau difficilement acquise, certaines familles se rendent à cette rivière pour la lessive, le nettoyage du corps et voire la vaisselle. «Il est peut-être vrai que l’eau de cette rivière n’est pas à utiliser. Mais, on n’a pas de choix. Le peu d’eau que nous gagnons le matin c’est pour faire la cuisine, boire et réaliser d’autres tâches ménagères. Pour les habits et le corps nous venons ici à Lutesi», a relaté un monsieur qui ce jour-là accompagnait sa femme enceinte à la rivière.

Saison sèche, saison de déboire

Les choses s’empirent quand arrive la saison sèche. Les puits tarissent. «Nous souffrons beaucoup pendant la saison sèche. Tous les puits vont quasiment sécher d’ici-là», a-t-on appris de Rebecca qui, transportant sur sa tête deux sceaux d’eau superposés, éprouvait de la peine pour nous relater ses corvées. Et de poursuivre avec une voix tremblante: «pendant cette période c’est presque tout Lutendele qui se rend à Nzapa pour avoir de l’eau. Et, il y en a comme moi qui parcourt des dizaines de kilomètres pour atteindre Nzapa». Nzapa n’est qu’une espèce de robinet à base d’un tuyau en plastique qui serait installé par une ONG selon certains habitants. A en croire Rebecca, au cours de la saison sèche la mobilisation est familiale. Pas seulement chez elle mais aussi dans d’autres familles. «Nzapa est tellement loin que si l’on laisse cette tâche à une ou deux personnes seulement, elles seront complètement épuisées avant de ramener à la maison tous les récipients. Elles leur seront aussi impossible de faire plus d’un tour», a confié Rebecca qui finalement a accepté notre demande de lui alléger la tâche en reprenant un sceau.

L’accès à l’eau potable reste un défi majeur dans une grande partie de l’Afrique. Et la cité de Lutendele n’a pas fait exception. Sur ce continent en forte croissance démographique et économique, 36% de la population n’avait pas accès à des sources d’eau de qualité fin 2012, selon le rapport 2015 de l’ONU sur l'eau. «L'Afrique a beaucoup d’eau mais pas d’eau à boire», a résumé Mohamed El-Azizi, directeur eau et assainissement à la Banque Africaine de Développement (BAD).

Sur l’ensemble du continent, l’Agence de Développement des Entreprises en Afrique (ADEA) estimait récemment à 40 milliards de dollars par an dans les prochaines années les investissements nécessaires dans le secteur de l’eau.

Tant qu’aucune politique apte à desservir en eau potable la cité de Lutendele, l’approvisionnement de cette denrée indispensable pour tout humain demeurera un véritable chemin de la croix. Et priver toute une population de l’eau, c’est vouloir sa mort. 

Laurent OMBA

Lu 1349 fois Dernière modification le dimanche, 31 mai 2015 22:38

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Réseaux Sociaux :

Copyright © 2017 - Congo Green Citizen. Tous droits réservés
Developped by IT Group