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mardi, 19 mai 2015 14:52

RECODAV : des pavés à partir des déchets plastiques

Écrit par  Congo Green Citizen
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RECODAV : des pavés à partir des déchets plastiques

Dans une ville de plus de 10 millions d’âmes comme Kinshasa, en RD-Congo, où la gestion des déchets représente un véritable casse-tête local, RECODAV, un atelier de fabrication des pavés, a trouvé une alternative : le recyclage des déchets plastiques en pavés. Trois membres de la Plateforme d’impact pour un Développement durable de Kinshasa -PIDDK- ont eu, samedi 9 mai 2015, l’insigne honneur de visiter cet atelier en plein fonctionnement. Reportage.

Des pavés finis pour etre vendus - Photo CGC

«Les pavés fabriqués à partir des déchets plastiques et du sable donnent ainsi une valeur aux déchets pour en faire des ressources. Un pas est sauté de l’aspect nuisance, pollution et anti-salubrité à une source de travail et de profit», a, d’entrée de jeu, déclaré Vincent de Paul Nzalalemba, responsable de l’atelier RECODEVA.

La délégation de la PIDDK a été conduite par son coordonnateur et Team Leader, Dr. Trinto Mugangu, accompagné de deux autres membres : Salvatore Kahomboshi et Christian Mutombo. Ils ont visité l’atelier RECODAV dans le cadre de leurs activités de prospection des projets innovants, de création d’emplois verts et des entreprises pour résorber le chômage. «C’est important pour nous de rencontrer nos potentiels membres et savoir plus sur leurs activités en vue d’apporter des réponses idoines à leurs difficultés», explique Dr Trinto Mugangu.

PIDDK a pour objectif de booster la création des entreprises sociales, respectueuses de l'environnement en se basant sur les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique,l'agriculture organique ou biologique et le recyclage et valorisation des déchets.

C’est dans une décharge publique située à quelques mètres de la 2ème porte de la Foire internationale de Kinshasa -FIKIN-, dans la commune de Lemba, que Vincent de Paul Nzalalemba a décidé d’installer cet atelier, spécialisé dans la fabrication des pavés à partir des déchets plastiques.

Dans cette décharge publique, on trouve un peu de tout: vidanges de bouteilles de bière, fauteuils en lambeaux, sachets d’emballages en plastiques, carcasses de téléviseurs, etc. Tous les jours, les services publics et même les particuliers viennent y jeter leurs déchets. «Cette décharge est dédiée aux habitants de la commune de Matete et celle de Lemba. Ici, c’est simple et pratique car nous n’allons pas à la recherche des déchets. Nous les trouvons sur place. Les ménages nous les apportent! Du coup, nous avons décidé d’y construire ce hangar qui nous sert d’atelier et du dépôt de nos produits finis, les pavés», avance Vincent de Paul.

Le procédé est peu onéreux

L’atelier RECODAV fabrique des pavés à base de sachets en plastique récupérés et mélangés à du sable. Cette technique est peu coûteuse. Elle consiste à faire fondre les déchets plastiques dans un récipient-foyer-, et la pâte obtenue passe à travers un moule pour produire les pavés, explique Benoit Ngoy, responsable technique de l’atelier.

Les pavés de RECODAV contiennent 20% de déchets plastiques et 80% du sable.

C’est depuis 2011 que RECODAV développe ses activités dans la ville de Kinshasa. Cet atelier qui emploie 13 personnes payées USD 3 par jour, possède une production journalière de 12m2 alors que le prix d’un m2 revient à USD 12. Un prix moindre ou égal à ce que propose le marché avec des pavés en ciment. Mais, Vincent de Paul Nzalalemba ne manque pas d’arguments pour défendre son produit. «Nos pavés sont de bonne qualité et ont une espérance de vie supérieure à tous les autres pavés, plus de cent ans», se défend le responsable de l’atelier.

Des pavés en cours de fabrication - Photo CGC

Vincent de Paul reconnait néanmoins que cette production reste maigre par rapport à la demande du marché. Il faut dire que l’atelier RECODAV ne dispose que de quatre foyers artisanaux de production. «Nous disposons de la technologie pour augmenter notre production, mais, nous faisons face à beaucoup de difficultés au point que nous ne produisons plus que par commande des quelques clients. L’atelier n’a pas assez de ressources en capital pour augmenter sa capacité de production et établir un plan marketing lui permettant de faire connaitre son produit», ajoute Benoît Ngoy.

Faire vivre son homme

A ses débuts, RECODAV développait ses activités dans deux filières notamment les pavés et granulés de plastiques durs, certainement grâce à l’aide la Fondation Roi Baudoin qui avait financé l’acquisition de quatre foyers. Si la première filière consiste au recyclage des déchets plastiques, la seconde trop onéreuse permet de vendre aux entreprises la matière première entrant dans la fabrication des tuyaux, chaises, etc. Faute de moyen financier, affirme Vincent de Paul, RECODAV a dû abandonner la seconde filière pour se concentrer non sans peine à la première. Dès lors, l’atelier cherche le financement pour non seulement booster sa production, mais aussi améliorer ses techniques de production afin d’éliminer les dangers générés par les gaz toxiques du plastique fondu.

Le responsable technique, quant à lui, ne manque pas d’occasion de vanter la dimension sociale de leur atelier. «Cet atelier participe également à la lutte contre la pauvreté. Le ramassage des déchets plastiques est fait par des femmes désœuvrées dans les quartiers moyennant une rémunération de 200 francs congolais -0,2 USD- par kilogramme de plastiques collectés».

Pendant qu’on visitait encore l’atelier, Yvon Mujinga, une des vendeuses de déchets, entassait dans la décharge ses 12 colis constitués des déchets plastiques ménagers, qu’elle a estimés à plus de 400 kilos. S’il y a vente des déchets, elle peut toucher quelques USD 80. «Nous sortons le matin pour collecter et trier les déchets. Nous sommes nombreuses à faire ce travail qui nous aide à vivre. Pour faire ce travail, il faut être courageux et bannir la honte», confie-t-elle.

Christian Joseph MUTOMBO

Lu 2086 fois Dernière modification le samedi, 23 mai 2015 01:07

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