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lundi, 09 mars 2015 13:46

Pollution sonore : Kinshasa, une ville bruyante

Écrit par  Congo Green Citizen
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Les conclusions de l’étude menée en 2014 par Etudes d’impacts et des normes environnementales, (EIENE), à Kinshasa sont plus que limpides : la capitale de la RD-Congo est une ville bruyante. Le bureau révèle que les Kinois sont exposés, en moyenne à plus de 90 décibels par jour alors que le seuil de gêne est établi à 60 décibels. Il y a péril en la demeure !

Vue d'une avenue de Kinshasa - Crédit Photo EIENE

EIENE qui a pour leitmotiv de « combatte les bruits sous toutes ses formes » a publié les résultats de l’enquête sur la pollution sonore à Kinshasa, capitale de la RD-Congo. Les résultats de cette enquête révèlent que Kinshasa, plus de dix millions d’âmes, vibre sous des tapages nocturnes et diurnes de plusieurs horizons observables dans les marchés, avenues, maisons, stades, en ville et partout. L’étude démontre aussi que les Kinois sont exposés, en moyenne journalière, à plus de 90 décibels alors que l’OMS fixe à 60 décibels le seuil de gêne. 

Dans cette ville, il n’est pas rare de voir des bars ou « Nganda » qui jouent la musique à tue-tête côtoyés les écoles, habitations et autres centres hospitaliers. 

Quelques mois avant la réalisation de l’étude, un senior de 70 ans a fait les frais de cette « nuisance », renseigne Raphael Okonda, directeur exécutif de l’EIENE. L’homme avait succombé de suite d’une longue exposition aux bruits produits par une église dans la commune de Kalumu, réputée commune coupe-gorge de Kinshasa, mais aussi la plus bruyante de 24 communes (mairies) que compte la ville. 

Pour les spécialistes, le niveau de pollution sonore à Kinshasa est devenu «une affaire de santé publique !». Selon, l’OMS les bruits causent d’énormes dégâts  sur la santé humaine. Les travailleurs exposés à un niveau de bruit industriel pendant 5 à 30 ans peuvent souffrir de tensions artérielles et présenter un risque accru d’hypertension.

Ça joue à tue-tête 

L’étude a également démontré que les sources productrices des bruits sont aussi variées que diverses. Néanmoins, il existe dix sources principales parmi les vingt-deux répertoriées qui dérangent la population au regard de leur niveau d’intensité et du temps d’exposition très élevé. En pole position figurent les bars et activités sportives qui produisent respectivement 104.25dBA et 104dBA. Les salles de fêtes, quant à elles, polluent à hauteur de 103dBA ; elles sont talonnées par les églises et les activités du street marketing qui produisent les bruits allant au-delà de 100dBA. Les lieux funéraires (100 dBA), les discothèques (96.25 dBA), les industries (97dBA) sont les autres sources de nuisance sonore à Kinshasa. «Depuis un temps, les gérants de magasins exposent soit les baffles, soit les mégaphones (haut-parleurs) à l’entrée de leurs boutiques, en les tournants vers la voie publique. Cette pratique gêne les passants. Cette musique où les messages préenregistrés sont joués du matin jusqu’au soir à des niveaux d’intensités sonores très élevés», condamne l’EIENE. Puis d’ajouter : « Cette pratique est observable surtout aux ronds-points Victoire, Ngaba, Kintambo et Kinsaku, point chaud du quartier Kingabwa, à Super Lemba, au grand marché ( Nzando) ». 

Baffle d'une terrasse(Nganda) donnant sur la rue - Photo EIENE

La commune de Gombe, siège des institutions du pays, n’est pas épargnée. Les vendeurs locaux et mêmes expatriés qui pullulent dans les périphéries de la gallérie Beau-tour et dans certaines rues de cette commune n’hésitent plus à sortir leurs enceintes pour jouer des aires.

…Des grands remèdes 

L’ONG EIENE précise que pour réduire cette pollution sonore, il faut la mise en place des mesures efficaces de contrôle et de réglementation du bruit qui vont s’attaquer surtout aux sources du bruit. Elle propose des mesures d’isolation acoustique ou phonique des églises, de salles de musique, des salles de fêtes, salles de répétition de la musique ou de spectacles, des bâtiments érigés le long des infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires et l’application du code de la route à ses articles 42,51, 113, 133.1 et 134.1 etc. 

L’ONG reste convaincue que pour atteindre ces objectifs, il faut passer par la sensibilisation et la consultation du public. Elle a organisé, en synergie avec la commune de Kalumu et dans la foulée de la publication de l’enquête, une campagne de sensibilisation dans cette commune. 

Andrea DIVINDA

 

 

Lu 2266 fois Dernière modification le samedi, 14 mars 2015 22:38

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