Kinshasa Time Kinshasa - RD Congo : samedi, 16 décembre 2017 -
001
mardi, 01 octobre 2013 23:06

Afrique Centrale, aires protégées et tourisme

Écrit par  Congo Green Citizen
Évaluer cet élément
(0 Votes)

L’Afrique Centrale possède aujourd’hui l’une des rares forêts tropicales du monde encore quasiment inexplorée. La forêt du Bassin du Congo ainsi que d’autres écosystèmes soudano- sahéliens situés au nord de l’Afrique Centrale font de cette partie du continent africain une région unique dont la biodiversité est riche et variée.

En effet, l’Afrique Centrale abrite de nombreuses espèces d’animaux, d’oiseaux et d’insectes qui, pour beaucoup, ne sont présentes que dans cette région ou qui deviennent rares ailleurs ; c’est le cas de l’éléphant de forêt, du gorille de plaine, du bongo, sans oublier des espèces marines telles que la baleine, la tortue luth ou le lamantin.

De plus, l’Afrique Centrale dénombre une quantité très large d’ethnies dont le peuple premier que constituent les Pygmées – le peuple de la forêt. Toutes recèlent une richesse culturelle incroyable bien que peu visible et/ou accessible pour les étrangers.
Toutefois, malgré ces potentialités, l’activité touristique dans la sous-région ne constitue pas, pour le moment, une part importante de l’activité à l’échelle du continent africain : seulement 3% du nombre total des arrivées sur le continent et tout juste 1% des recettes touristiques pour l’ensemble du continent.

De ce fait, il est vital pour l’Afrique Centrale d’affirmer sa différence – une terre d’expédition où la découverte de la nature et l’échange humain se paient au prix de l’effort (physique). Il convient donc de valoriser cette originalité en développant des produits spécialisés et innovants. Il ne s’agit pas d’imiter ce qui se fait « ailleurs et partout » avec des conditions souvent plus faciles et moins onéreuses. L’Afrique Centrale est singulière en ce sens où  le niveau de développement touristique est encore embryonnaire et que les conditions (politiques, juridiques, infrastructurelles, etc.) ne sont pas encore toutes réunies pour faciliter son essor. Il faut donc faire de ces handicaps des atouts qui attireront les voyageurs et s’engager dès maintenant dans le tourisme responsable pour se positionner sur le marché.

Les aires protégées d’Afrique Centrale ont une valeur inestimable et constituent des réservoirs de la biodiversité à l’échelle mondiale. En ce sens, on attribue souvent aux aires protégées :

  • une valeur écologique et patrimoniale : la biodiversité est un héritage qui résulte de l’Histoire de notre planète, de l’évolution du monde vivant et souvent de l’intervention de l’Homme. En Afrique Centrale, huit aires protégées sont classées Patrimoine Mondial de l’Humanité;
  • une valeur culturelle : la biodiversité est souvent une composante identitaire, symbolique, voire religieuse de groupes humains et de sociétés;
  • une valeur économique : la biodiversité est une source de richesse. Elle est source de biens qui ont une valeur d’usage direct. Elle fournit à l’Homme son alimentation, une grande partie de ses vêtements et de ses habitations, de nombreuses substances pharmaceutiques, etc. Elle soutient de nombreux services écologiques et présente une multitude de potentialités non exploitées car non connues ou ne présentant pas un besoin actuel.


Les aires protégées sont considérées comme des lieux privilégiés pour le développement de l’écotourisme et du tourisme communautaire.

En globant les principes du développement durable, l’écotourisme peut faire prospérer les aires protégées de trois façons : en générant de l’argent pour gérer et protéger les habitats naturels et les espèces, en donnant la chance aux communautés locales de faire des gains économiques et en sensibilisant le grand public sur les problèmes de conservation et de valorisation du patrimoine naturel et culturel.

Quant au tourisme communautaire (incluant diverses catégories de tourisme – écotourisme, tourisme culturel, agritourisme, etc.), il est basé sur le sens de la propriété et de la responsabilité communautaire. En ce sens, ce sont les communautés qui sont à l’origine du développement de l’activité touristique. Le tourisme communautaire se positionne ainsi comme un outil privilégié de développement local pour les populations vivant en périphérie des aires protégées.

L’activité touristique en Afrique Centrale est au stade embryonnaire dans bon nombre de pays : São Tomé et Principe, Cameroun, Congo, Gabon, etc.

Le potentiel touristique de l’Afrique Centrale est réel et n’est plus à démontrer. Tout le monde s’entend pour dire que les formes de tourisme les plus appropriées au contexte sous-régional sont celles en lien avec la découverte du patrimoine naturel et culturel, incorporant la dimension « aventure » et couvrant une gamme très large en matière de qualité de l’offre allant du simple au luxe. Ces types de produits correspondent parfaitement aux attentes actuelles des marchés.

Il est essentiel de garder à l’esprit que le développement du tourisme apporte à la fois des retombées positives comme négatives. Il peut être aussi préjudiciable que profitable. Il convient donc de prendre, dès le début, des mesures appropriées répondant aux critères du tourisme responsable dans la planification et la gestion de l’activité touristique afin qu’elle se positionne comme un véritable outil de développement local, de valorisation du patrimoine culturel et de préservation de la biodiversité.

En République Démocratique du Congo l’ICCN est  l'entreprise publique qui participe activement au développement du tourisme dans les aires protégées. Elle a trois missions : assurer la protection de la flore et de la faune, favoriser la recherche scientifique et le tourisme dans le respect de la conservation ainsi que gérer les stations de capture dans et en dehors des réserves.

La RDC est un pays continent et les potentialités de mise en tourisme sont grandes, particulièrement dans les parcs de Garamba et de Virunga. Néanmoins, le contexte géopolitique du pays depuis ces dernières années, n’est pas un climat propice ni à l’accueil des touristes ni au développement de l’activité.

Pourtant l’ICCN, conjointement avec l’Office National du Tourisme tente de renouer avec l’activité touristique dans les aires protégées du pays en développant notamment le partenariat public- privé et en invitant autant que possible les populations locales à initier leur propre projet.

Réseau des Aires protégées d'Afrique Centrale (RAPAC)
Atelier sur le tourisme responsable dans les aires protégées d'Afrique Centrale
www.rapac.org

Lu 3214 fois Dernière modification le mardi, 01 octobre 2013 23:12

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Réseaux Sociaux :

Copyright © 2017 - Congo Green Citizen. Tous droits réservés
Developped by IT Group